Quelles sont les retombées d’un suivi du pharmacien au congé, incluant un bilan comparatif, sur les réadmissions?

Kilcup M, Schultz D, Carlson J, Wilson B. Postdischarge pharmacist medication reconciliation: impact on readmission rates and financial savings. J Am Pharm Assoc (2003). 2013 Jan-Feb;53(1):78-84. 

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude de cohorte rétrospective comprenant sept centres hospitaliers d’un même réseau de santé dans l’état de Washington, aux États-Unis.
  • Échantillon de 243 patients composant le groupe intervention et 251 patients composant le groupe contrôle, tous jugés à haut risque de réadmissions selon leur diagnostic, leur profil pharmacologique et leur niveau d’autonomie.
  • Les chercheurs ont évalué les effets d’une nouvelle procédure de bilans comparatifs des médicaments au congé. Les patients ont reçu un appel téléphonique d’une infirmière de liaison, 1 à 2 jours post-congé. L’infirmière a vérifié l’absence de signaux d’alarmes chez les patients et les a informé qu’un pharmacien clinique externe les contacterait par téléphone. Les pharmaciens ont contacté les participants par téléphone de trois à sept jours post-congé pour un bilan comparatif des médicaments. Avant l’appel, le pharmacien a comparé les dossiers médicaux électroniques au sommaire d’hospitalisation. Les pharmaciens n’appelaient plus les patients si 1) trois appels étaient déjà restés sans réponse, 2) plus de 7 jours s’étaient écoulés depuis le congé ou 3) le patient avait déjà eu un premier rendez-vous de suivi avec son médecin. En plus de la démarche de réconciliation médicamenteuse, le pharmacien répondait aux questions des patients et leur expliquait en détail les changements apportés à leur thérapie. Les résultats des entrevues étaient synthétisés puis envoyés à l’omnipraticien et/ou le médecin spécialiste, avec une emphase particulière sur les divergences notées par le pharmacien. La cohorte contrôle est composée de 251 patients n’ayant pas reçu d’appel de la part d’un pharmacien.
  • Seuls 2 des 243 patients du groupe intervention ont été réadmis dans les sept jours suivant le congé, comparativement à 11 des 251 patients du groupe contrôle (p=0,01).
  • Seuls 11 des 243 patients du groupe intervention ont été réadmis dans les 14 jours suivant le congé, comparativement à 22 des 251 patients du groupe contrôle (p=0,04).
  • Le nombre de réadmissions dans les 30 jours suivant le congé était semblable entre les deux groupes, soit 28 des 243 patients du groupe intervention et 34 des 251 patients du groupe contrôle (p=0,29).
  • Les économies nettes associées à l’intervention ont été estimées à 35 478 $ par patient, soit environ 1 518 600 $ par année.

Ce que nous savions déjà

Ce qu’on se pose comme questions

  • Le devis non expérimental et rétrospectif  porte-t-il atteinte à la crédibilité des résultats obtenus?
  • Le nombre significativement plus élevé de diagnostics d’insuffisance cardiaque à la réadmission dans le groupe intervention que dans le groupe contrôle peut-il avoir influencé les résultats?
  • Combien de réadmissions peuvent être directement reliées à la prise adéquate ou non des médicaments prescrits au congé?
  • Une taille d’échantillon plus grande aurait-elle permis de détecter une différence significative des réadmissions à 30 jours post-congé ou même plus tard?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Évaluer le niveau d’application des politiques et procédures relatives aux bilans comparatifs des médicaments au congé dans votre milieu de pratique.
  • Identifier les patients à haut risque de réadmissions à court terme et les prioriser pour la réalisation d’un bilan comparatif des médicaments au congé.
  • Transmettre les interventions réalisées et documentées dans le cadre du bilan comparatif des médicaments au congé aux intervenants communautaires pertinents.
  • Réfléchir à la faisabilité d’un service de suivi téléphonique à court terme post-congé et assuré par un pharmacien d’hôpital.

Auteur : Émile Demers

Relecteur: Mylène Breton

Création : 14 juillet 2015

Publication: 28 octobre 2015

 

Un bref conseil de 3 minutes aussi efficace qu’une intervention de 15 minutes dans la réduction de la pression artérielle et dans l’adhérence à la thérapie de patients hypertensifs?

Wong MC, Liu KQ, Wang HH, Lee CL, Kwan MW, Lee KW, Cheung Y, Lee GK, Morisky DE, Griffiths SM. Effectiveness of a pharmacist-led drug counseling on enhancing  antihypertensive adherence and blood pressure control: a randomized controlled trial. J Clin Pharmacol. 2013 Jul;53(7):753-61.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude randomisée contrôlée prospective, menée dans une clinique familiale de Hong Kong, Chine.
  • Échantillon de 274 patients dont 161 assignés au groupe contrôle et 113 au groupe intervention.
  • Les patients du groupe contrôle ont reçu les soins usuels standards comprenant l’enseignement sur la maladie d’hypertension artérielle et ses implications, ainsi qu’une discussion sur l’importance de l’adhérence à la thérapie anti-hypertensive dans le contrôle de la pression artérielle. Cette éducation thérapeutique a été faite par le médecin traitant et a duré de 2 à 3 minutes en moyenne. Dans le groupe contrôle, les patients ont bénéficié d’une intervention additionnelle de 15 à 20 minutes avec le pharmacien en plus des soins standards. Cette période a été adaptée aux besoins spécifiques du patient. Le pharmacien a, entre autres, abordé avec les patients leurs insécurités, a consolider leurs connaissances sur la maladie et a fait de l’éducation thérapeutique. Un dépliant résumant l’ensemble des éléments abordés leur a été remis. Les patients ont reçu un numéro sans frais à appeler pour des consultations gratuites avec le pharmacien durant la période d’étude en cas de besoin. La comparaison entre les groupes est basée sur l’adhérence des patients à la médication et sur leur variation de pression artérielle à 3 et 6 mois. L’adhérence a été auto-rapportée par les patients et a été évaluée à l’aide de l’échelle d’adhérence à la médication de Morisky (score allant de 0 à 8 points).
  • Concernant l’adhérence des patients à 3 mois, il n’y a pas de différence significative entre les deux groupes (p=0,107) dans le score de Morisky à 3 mois: 6,58 ±1,23 dans le groupe intervention versus 6,38± 1,17 dans le groupe contrôle.
  • Concernant l’adhérence des patients à 6 mois, il n’y a pas de différence significative entre les deux groupes dans le score de Morisky à 6 mois (p=0,199): 6,63 ±1,31 dans le groupe intervention versus 6,49± 1,23 dans le groupe contrôle.
  • La proportion de patients ayant une adhérence optimale à la médication est passée de 0 à 41,1% à 3 mois et à 61,9% à 6 mois (p<0,001) dans les deux groupes confondus.
  • Concernant la pression artérielle systolique des patients à 3 mois, il y a de différence significative entre les deux groupes (p=0,046): 130 ± 11,3 mmHg dans le groupe intervention versus 133 ± 10,8 mmHg dans le groupe contrôle.
  • Concernant la pression artérielle systolique des patients à 6 mois, il n’y a pas de différence significative entre les groupes (p=0,947): 131 ±13,1 mmHg dans le groupe intervention et  131± 10,6 mmHg dans le groupe contrôle.
  • Concernant la pression diastolique des patients à 3 mois, il n’y a pas de différence significative entre les groupes (p=0,123): 76,1 ±8,53 mmHg dans le groupe intervention versus 77,7± 6,33 mmHg dans le groupe contrôle.
  • Concernant la pression diastolique des patients à 6 mois, il n’y a pas de différence significative entre les groupes (p=0,238): 76,8 ±9,19 mmHg dans le groupe intervention versus 78,2± 7,42 mmHg dans le groupe contrôle.
  • La proportion de patients ayant un contrôle optimal de la pression artérielle est passée de 64.1% à 74,0% à 3 mois et à 74,5% à 6 mois (p=0,023) dans les deux groupes confondus.

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien en hypertension artérielle sont relativement bien documentés. Des études recensent son implication aux niveaux des conseils individuels aux patients, de l’enseignement à l’extérieur du département de pharmacie, de l’évaluation de la pharmacothérapie, de la recherche évaluative, des réunions multidisciplinaires, de la surveillance de la pharmacothérapie, du suivi de conformité, du suivi d’effets indésirables, des tournées cliniques et des réponses aux questions.
  • Quatre articles ont été recensés concernant les retombées du pharmacien dans la réduction de la pression artérielle systolique ou diastolique PMID20040704, PMID19029501, PMID16647628, PMID23821088.
  • Trois articles répertorient également des résultats concernant l’observance des patients soient PMID20040704, PMID23463811, PMID23821088.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et les fiches synthèses «Hypertension artérielle».

Ce qu’on se pose comme question

  • Pour des raisons éthiques, l’efficacité de la brève éducation thérapeutique du groupe contrôle n’a pas été évaluée en la comparant à une absence d’intervention. Les améliorations perçues au niveau de la pression artérielle et de l’adhérence étaient-elles attribuables à cette intervention ou sont-elles dues à des facteurs externes autres?
  • Est-il possible que l’absence d’aveugle ait poussé les patients à être anormalement plus adhérents durant la période de l’étude sachant qu’ils étaient évalués sur la base de ce critère?
  • Le choix de l’instrument de mesure de l’adhérence (questionnaire d’adhérence auto-rapportée par les patients) est-il adéquat dans le cadre de cette étude sans insu?
  • La courte durée de suivi permet-elle une appréciation juste des résultats de l’intervention à long terme?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Se questionner sur la pertinence des interventions du pharmacien en terme de rapport temps/efficacité.
  • Développer des stratégies d’éducation thérapeutique rapides et efficaces pour les patients.

Auteur: Émilie Mégrourèche
Relecteur: Mylène Breton
Création : 2 juillet 2015
Publication: 21 octobre 2015

Quelles sont les retombées d’un pharmacien ajustant l’antibiothérapie de patients septicémiques?

Jiang SP, Zhu ZY, Ma KF, Zheng X, Lu XY. Impact of pharmacist antimicrobial dosing adjustments in septic patients on continuous renal replacement therapy in  an intensive care unit. Scand J Infect Dis. 2013 Dec;45(12):891-9.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude avant-après prospective menée au Premier hôpital affilié à l’Université Zhejiang, à Hangzhou en Chine.
  • Échantillon de patients adultes admis aux soins intensifs pour sepsis ou choc septique et sous thérapie continue de remplacement rénal; 71 patients dans la phase avant et 73 patients dans la phase après.
  • Les chercheurs ont analysé rétrospectivement les dossiers de 71 patients éligibles de la phase avant, d’une durée de 365 jours. Durant cette phase, le pharmacien d’hôpital n’était jamais présent à l’unité de soins intensifs pour assurer l’ajustement de l’antibiothérapie. Les chercheurs ont analysé prospectivement les dossiers de 73 patients éligibles de la phase après, durant les 365 jours suivant la phase avant. Pour cette phase, les pharmaciens ont reçu une formation spécialisée en thérapie continue de remplacement rénal et en infectiologie des soins intensifs. Ils ont aussi reçu des aide-mémoire de poche sur l’ajustement des antibiotiques dans ce contexte précis. Durant cette phase, un pharmacien d’hôpital participait aux tournées cliniques quotidiennes et évaluait les dossiers des patients sous antibiothérapie pour sepsis et sous thérapie continue de remplacement rénal. Il évaluait les données de laboratoire disponibles et formulait ses recommandations de façon verbale et sur un formulaire développé spécifiquement pour l’étude. Le pharmacien était accompagné de deux résidents en pharmacie.
  • Le nombre d’erreurs de doses d’antibiotiques durant phase avant, soit 194 erreurs pour 71 patients, a significativement diminué durant la phase après, atteignant 54 erreurs pour 73 patients (p<0,001).
  • Le nombre d’effets indésirables (EI) reliés à l’antibiothérapie de la phase avant, soit 19 EI pour 71 patients, a significativement diminué durant la phase après, atteignant 8 EI pour 73 patients (p=0,048).
  • Le nombre de dosages de vancomycine atteignant le creux visé durant la phase avant, soit 31/47, a significativement augmenté durant la phase après, atteignant 47/56 (p<0,001).
  • La durée moyenne du séjour aux soins intensifs de la phase avant, soit 10,7 jours par patient, a significativement diminué durant la phase après, atteignant 7,7 jours par patient (p=0,037).
  • Les coûts de l’antibiothérapie aux soins intensifs de la phase avant, soit 5 129 $ ± 6 096 $ par admission, ont significativement diminués durant la phase après, atteignant 3 809 $ ± 3 691 $ (p=0,046).
  • Les coûts de l’hospitalisation aux soins intensifs de la phase avant, soit 13 463 $ ± 12 045 $ par admission, ont significativement diminués durant la phase après, atteignant 9 938 $ ± 8 811 $ (p=0,038).
  • Le taux de mortalité aux soins intensifs a connu une diminution non significative, passant de 52,9% à 47,9% (p=0,56).

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien en infectiologie sont bien documentés. Les activités pharmaceutiques relevées dans la littérature scientifique comprennent l’évaluation de la pharmacothérapie, les conseils aux patients individuels et en groupe, l’enseignement au sein et à l’extérieur du département de pharmacie, la pharmacocinétique et la surveillance de la pharmacothérapie, entre autres.
  • Une étude rapporte les retombées positives du pharmacien sur le nombre d’erreurs de doses d’antibiotiques PMID22541749 . Un article relate les retombées positives du pharmacien sur les coûts des antibiotiques par patient PMID9250230 alors qu’un autre rapporte des retombées neutres sur ces coûts PMID12774564 . Une étude cite les retombées neutres du pharmacien sur les coûts d’hospitalisation PMID23136356. Enfin, un article décrit les retombées neutres du pharmacien sur la mortalité aux soins intensifs PMID21937145.
  • On peut consulter le site Impact pharmacie, la fiche synthèse «Infectiologie» ou encore l’affiche «Rôles et retombées du pharmacien en infectiologie» présentée par l’URPP au congrès annuel de l’Association des pharmaciens en établissement de santé, à Sherbrooke (Qc) en 2014.

Ce qu’on se pose comme question

  • Serait-il envisageable d’utiliser un devis expérimental pour étudier les retombées du pharmacien auprès de cette patientèle particulière?
  • L’hétérogénéité des interventions faites par les différents pharmaciens impliqués dans la phase après affecte-t-elle la reproductibilité de l’étude?
  • Les résultats de coûts sont-ils généralisables ailleurs qu’en Chine?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Vérifier le niveau de prise en charge des patients en septicémie et sous thérapie continue de remplacement rénal lorsqu’un pharmacien clinique n’est pas présent aux soins intensifs.
  • Produire des aide-mémoire de poche sur l’ajustement de l’antibiothérapie chez les patients sous thérapie continue de remplacement rénal, destinés aux pharmaciens et aux médecins qui participent aux tournées cliniques des soins intensifs.
  • Impliquer les résidents en pharmacie dans le suivi de l’antibiothérapie aux soins intensifs.

Auteur : Émile Demers

Relecteur: Mylène Breton

Création : 6 juillet 2015

Publication: 14 octobre 2015

Le pharmacien comme éducateur thérapeutique : quelles sont les retombées chez les patients épileptiques?

Tang F, Zhu G, Jiao Z, Ma C, Chen N, Wang B. The effects of medication education and behavioral intervention on Chinese patients with epilepsy. Epilepsy Behav. 2014 Aug;37:157-64. doi: 10.1016/j.yebeh.2014.05.017. Epub 2014 Jul 12. PubMed PMID: 25022824.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude randomisée contrôlée réalisée en clinique externe de neurologie, au sein de l’hôpital universitaire Huashan à Shanghaï, en Chine.
  • Recrutement et randomisation de 124 patients épileptiques de 16 ans et plus.
  • Les patients éligibles devaient être sous anti-épileptiques depuis plus de 6 mois et avoir oublié une dose au moins une fois durant les 6 derniers mois. Cinquante-neuf patients ont été randomisés dans le premier groupe intervention et 65 patients ont été randomisés dans le deuxième groupe intervention. Les patients du premier groupe ont reçu une éducation thérapeutique écrite et orale de la part du pharmacien en clinique externe. Puis le pharmacien a réalisé le suivi mensuel de l’observance par téléphone pendant six mois.  Dans le deuxième groupe, en plus de cette même intervention, le pharmacien a ajouté un schéma thérapeutique personnalisé et imprimé . Ce schéma comprenait le nom et l’image des anti-épileptiques du patient, associés à des moments précis de la journée et adaptés au mode de vie de chaque participant. Le Morisky Medication Adherence Scale (MMAS-4) pour l’observance, le Quality of Life in Epilepsy Inventory (QOLIE-31) pour la qualité de vie, une échelle de connaissances de l’épilepsie montée par les chercheurs et le nombre de crises dans les six derniers mois sont les données qui ont été récoltées à la base et à six mois.
  • Le nombre de participants observants était plus élevé à six mois qu’à la base et ce, pour les deux groupes (p<0.0001). Il n’y avait pas de différences entre les deux groupes (p=0,827).
  • Le nombre de crises d’épilepsie dans les six derniers mois était plus faible à six mois qu’à la base et ce, pour les deux groupes (p<0.0001). Il n’y avait pas de différences entre les deux groupes (p=0,988).
  • Les connaissances des patients sur l’épilepsie étaient meilleures à 6 mois qu’à la base et ce, pour les deux groupes (p<0.0001). Il n’y avait pas de différences entre les deux groupes (p=0,231).
  • La qualité de vie des patients était meilleure à six mois qu’à la base et ce, pour les deux groupes (p<0.0001). Il n’y avait pas de différences entre les deux groupes (p=0,947).

Ce que nous savions déjà

  • Il existe peu de documentation sur le rôle et l’impact du pharmacien dans la prise en charge de l’épilepsie. Les activités pharmaceutiques recensées comprennent l’évaluation et la surveillance de la pharmacothérapie, les conseils aux patients ou encore la pharmacocinétique.
  • Une étude rapporte les retombées positives du pharmacien dans la qualité de vie telle que mesurée par QOLIE-31 ainsi que les retombées positives en termes de patients observants PMID22953768.
  • On peut consulter le site Impact pharmacie et la fiche synthèse «Épilepsie».

Ce qu’on se pose comme questions

  • Les résultats auraient-ils été aussi concluants s’ils avaient été comparés à un groupe contrôle sans intervention particulière du pharmacien?
  • Les résultats peuvent-ils être attribués aux interventions des autres professionnels de santé de la clinique externe, tels que le neurologue?
  • Quel est l’importance des retombées propres aux appels téléphoniques et de celles propres aux séances d’éducation thérapeutique sur l’observance?
  • Les résultats d’observance auraient-ils été aussi concluants s’ils avaient été mesurés autrement que selon le patient, comme par décompte de comprimés?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Évaluer la possibilité d’utiliser régulièrement des outils validés pour mesurer l’observance et la qualité des patients épileptiques dans votre milieu de pratique.
  • Instaurer un système de rappels téléphoniques ou informatiques, personnalisé ou automatique, auprès des patients épileptiques inobservants.
  • Identifier les patients dont l’inobservance les expose à un risque important de crises et leur proposer des pistes de solutions qui incluent des schémas thérapeutiques personnalisés.

Auteur : Émile Demers

Relecteur: Mylène Breton

Création : 12 juin 2015

Publication : 7 octobre 2015

Continuité des soins: augmenter la communication hôpital-communauté permet-il d’améliorer l’observance des patients à leur thérapie médicamenteuse?

Israel EN, Farley TM, Farris KB, Carter BL. Underutilization of cardiovascular medications: effect of a continuity-of-care program. Am J Health Syst Pharm. 2013 Sep 15;70(18):1592-600.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude randomisée contrôlée prospective, au sein d’un centre universitaire de soins tertiaires de l’Iowa, États-Unis.
  • Échantillon de 732 patients souffrant d’hypertension, d’hyperlipidémie, d’insuffisance cardiaque ou d’une maladie artérielle coronarienne dont 241 dans le groupe recevant des soins avancées,  245 dans le groupe de soins minimums et 246 dans le groupe de soins standards.
  • Les patients inclus dans l’étude ont été répartis aléatoirement dans les groupes de soins minimums, de soins avancés ou de soins standards (contrôle). Dans les deux premiers groupes, le pharmacien a effectué un bilan comparatif des médicaments à l’arrivée des patients et a identifié les problèmes liés à la pharmacothérapie dans les 24h suivant leur admission. Le pharmacien a aussi émis des recommandations à l’équipe de soins de l’hôpital et au médecin traitant en communautaire. Pour les patients du groupe de soins avancés, le pharmacien a en plus élaboré un plan de soins au congé contenant la liste des médicaments du patients. Il a ensuite émis des recommandations spécifiques pour optimiser les éléments qui ne respectaient pas les lignes directrices. La sous-utilisation des médicaments a été évaluée à l’admission, au congé, puis à 30 et à 90 jours suivant le congé.
  • Concernant la sous-utilisation des médicaments cardiovasculaires évaluée à l’admission, il n’y avait pas de différence significative entre les trois groupes: 66,7% (n=70) dans le groupe de soins avancés, 55,5% (n=61) dans le groupe de soins minimal et 58,2% (n=64) dans le groupe contrôle.
  • Concernant la sous-utilisation des médicaments cardiovasculaires évaluée au congé, il n’y avait pas de différence significative entre les trois groupes: 65,7% (n=67) dans le groupe de soins avancés, 55% (n=60) dans le groupe de soins minimal et 56,4% (n=62) dans le groupe contrôle.
  • Concernant la sous-utilisation des médicaments cardiovasculaires à 30 jours suivant le congé, il n’y avait pas de différence significative entre les trois groupes: 65,3% (n=66) dans le groupe de soins avancés, 52,8% (n=56) dans le groupe de soins minimal et 56,1% (n=60) dans le groupe contrôle.
  • Concernant la sous-utilisation des médicaments cardiovasculaires à 90 jours suivant le congé, il n’y avait pas de différence significative entre les trois groupes: 62,2% (n=61) dans le groupe de soins avancés, 50,5% (n=53) dans le groupe de soins minimal et 54,4% (n=56) dans le groupe contrôle.

Ce que nous savions déjà

Ce qu’on se pose comme question

  • Les pharmaciens de l’étude étaient inconnus du personnel de l’hôpital et des médecins en communautaire. Cet élément peut-il avoir influencer le taux d’acceptation par les médecins des recommandations effectuées?
  • Les médecins traitants en communautaires utilisaient-ils réellement les plans de soins envoyés par les pharmaciens de l’étude?
  • Les auteurs n’ont pas effectué d’analyse à priori de puissance et de calcul de taille d’échantillon. Cette omission peut-elle influencer la portée des résultats?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Réfléchir à des stratégies de communication entre les professionnels en milieu hospitalier et en milieu communautaire pour faciliter le transfert des patients et permettre la continuité des soins.
  • Élaborer des outils pour faciliter la communication entre les divers prestataires de soins pour permettre une meilleure prise en charge des patients.

Auteur: Émilie Mégrourèche
Relecteurs: Mylène Breton
Création : 28 mai 2015
Publication: 30 septembre 2015

Quelles sont les retombées d’un suivi du pharmacien en contexte post-infarctus?

Ho PM, Lambert-Kerzner A, Carey EP, Fahdi IE, Bryson CL, Melnyk SD, Bosworth
HB, Radcliff T, Davis R, Mun H, Weaver J, Barnett C, Barón A, Del Giacco EJ.
Multifaceted intervention to improve medication adherence and secondary
prevention measures after acute coronary syndrome hospital discharge: a
randomized clinical trial. JAMA Intern Med. 2014 Feb 1;174(2):186-93.

Ce que cette étude nous apprend

  • Essai randomisé contrôlé multicentrique mené aux États-Unis.
  • 253 patients admis pour syndrome coronarien aigu dans 4 centres hospitaliers américains affiliés au système de santé des Veterans Affairs.
  • Les patients ont été recrutés au moment du congé. Tous les patients ont reçu les soins usuels au congé (dépliants éducatifs, conseils sur la modification des habitudes de vie, coordonnées des intervenants, liste de médicaments). Les 129 patients randomisés dans le groupe contrôle ont fait l’objet de quatre interventions du pharmacien d’hôpital : 1) bilan comparatif des médicaments réalisé en clinique externe ou au téléphone, 7-10 jours post-congé; 2) séances d’éducation thérapeutique à une semaine et à un mois post-congé; 3) établissement d’un canal de communication entre le pharmacien et le médecin du patient; 4) rappels téléphoniques automatisés mensuels à propos de l’observance et des renouvellements. L’observance a été mesurée à 12 mois selon la fréquence de renouvellements pour les statines, les béta-bloquants, les IECA/ARA et le clopidogrel. La tension artérielle et le LDL-C ont été mesurés au congé et à 12 mois post-congé. Les coûts ont été mesurés dans la perspective du système de santé des Veterans Affairs.
  • Le nombre de patients pour qui les jours de traitement servis dépassait 80% était plus élevé chez les patients du groupe intervention que les patients du groupe contrôle pour les statines (p<0.001), pour les IECA/ARA (p=0.03), pour le clopidogrel (p=0.03) et pour les médicaments de cardiologie en général (p=0.003).
  • Le nombre moyen de jours de traitement servis était plus élevé chez les patients du groupe intervention que chez les patients du groupe contrôle pour les statines (p<0.001), pour les IECA/ARA (p=0.005), pour le clopidogrel (p=0.03) et pour les médicaments de cardiologie en général (p<0.001).
  • Il n’y avait pas de différence à 12 mois entre les deux groupes concernant la mortalité (p=0.86), le nombre de récidives de syndromes coronariens aigus (p=0.60), au niveau de la diminution moyenne de tension artérielle systolique (p=0.07) et diastolique (p=0.39) ni au niveau de la diminution moyenne des LDL-C (p=0.9).
  • Il n’y avait pas de différence à 12 mois entre les deux groupes au niveau des coûts moyens en soins hospitaliers, en soins ambulatoires, en interventions du pharmacien et en médicaments cardiaques (p=0.56).

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien dans l’infarctus du myocarde sont relativement bien documentés. Dans ce contexte, plusieurs activités pharmaceutiques ont été relevées dans la littérature, telles que les bilans comparatifs des médicaments, l’évaluation de la pharmacothérapie, les conseils individuels aux patients ou encore la surveillance de la pharmacothérapie.
  • Cinq études rapportent des retombées positives du pharmacien en infarctus du myocarde au niveau de la mortalité PMID19558249 PMID17896892 PMID20973686 PMID17896892 PMID20973686 . Une étude rapporte les retombées neutres du pharmacien en infarctus du myocarde au niveau des LDL-C et de la tension artérielle PMID19670953.
  • On peut consulter le site Impact pharmacie et la fiche synthèse «Infarctus du myocarde».

Ce qu’on se pose comme questions

  • À quel point les jours de traitement servis reflètent-ils la consommation réelle et telle que prescrite des médicaments visés?
  • Les résultats sont-ils généralisables à la population hors du système de santé des Veterans Affairs, vu le taux de patients de sexe masculin à 98%?
  • Les résultats de tension artérielle et de LDL-C auraient-ils été plus concluants si l’intervention était réservée aux patients connus comme inobservants à leurs traitements?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Établir des canaux de communication solides entre les médecins et les pharmaciens afin de convenir d’un suivi régulier des résultats de laboratoires importants.
  • Proposer des stratégies de renforcement de l’observance aux patients de votre milieu de pratique, incluant des rappels téléphoniques automatisés et/ou des séances d’éducation thérapeutique sur rendez-vous.

Auteur : Émile Demers

Relecteur: Mylène Breton

Création : 11 juin 2015

Publication : 23 septembre 2015

Et si le pharmacien pouvait faire le dépistage du VIH en pharmacie communautaire?

Weidle PJ, Lecher S, Botts LW, Jones L, Spach DH, Alvarez J, Jones R, Thomas V. HIV testing in community pharmacies and retail clinics: a model to expand access to screening for HIV infection. J Am Pharm Assoc (2003). 2014 Sep-Oct;54(5):486-92.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle prospective menée entre août 2011 et juillet 2013 au sein de pharmacies communautaires et de cliniques de santé desservant des populations rurales et urbaines aux États-Unis.
  • Un total de 21 sites participant au programme pilote soit 18 pharmacies communautaires et trois cliniques pour un total de 106 membres du personnel impliqués dans le projet.
  • Les pharmaciens, les infirmières et les infirmières praticiennes ont été formés en personne ou via vidéoconférence pour effectuer des tests de dépistage du VIH à partir d’échantillon de salive, à donner des informations sur le VIH et à communiquer les résultats des tests aux patients de manière confidentielle. Tous les sites participants ont dû obtenir une accréditation de la CLIA (Clinical Laboratory Improvement Amendments) pour faire des tests de laboratoire. Le service de dépistage a été publicisé pour les patients par la remise de dépliants et de pamphlets, par la parution d’articles dans le journal local et par les médias sociaux et sites Internet. Des conseils ont été prodigués aux patients désirant participer avant puis après avoir fait le test. Les patients avec un résultat préliminaire positif ont été référés à un médecin pour la confirmation des résultats. Le nombre de tests effectués et le temps requis à l’exécution de ceux-ci ont été évalués.
  • Nombre de tests de VIH effectués: 1540 tests (457 durant les événements de promotion des tests et 1087 dans les pharmacies/cliniques durant les heures d’ouvertures régulières);
  • Nombre de temps médian requis pour le conseil/consentement pré-test: 4 minutes;
  • Nombre de temps médian requis pour l’attente des résultats des tests: 23 minutes;
  • Nombre de temps médian requis pour le conseil post-test: 3 minutes;
  • Nombre de résultats préliminaires positifs: 24 tests.

Ce que nous savions déjà

Ce qu’on se pose comme question

  • La stigmatisation associée au VIH a-t-elle permis une appréciation juste des retombées d’un tel projet?
  • Les pharmaciens sont-ils habilités à fournir l’encadrement et le soutien nécessaire aux patients pour l’annonce d’un résultat positif au test de dépistage?
  • Le dépistage du VIH en pharmacie communautaire est-il intéressant d’un point vue coût-efficacité?
  • Le pharmacien pourrait-il offrir un service complet de dépistage des ITSS (infections transmissibles sexuellement et par le sang) en pharmacie?
  • Les patients sont-ils plus enclins à venir se faire tester en pharmacie plutôt que de recourir aux parcours usuels (médecin, cliniques, etc.)?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Réfléchir à la possibilité d’offrir des services de dépistages rapides du VIH et même d’un service de dépistage complet des ITSS en pharmacie communautaire.
  • Sensibiliser et éduquer la population sur la maladie via des interventions de santé publique et autres activités promotionnelles.
  • Développer des outils éducatifs et les partager.

Auteur : Émilie Mégrourèche
Relecteurs: Mylène Breton
Création 24 juillet 2015
Publication : 16 septembre 2015

Quel est l’impact de la présence du pharmacien auprès de l’omnipraticien dans la prise en charge de l’asthme?

Gums TH, Carter BL, Milavetz G, Buys L, Rosenkrans K, Uribe L, Coffey C, MacLaughlin EJ, Young RB, Ables AZ, Patel-Shori N, Wisniewski A. Physician-pharmacist collaborative management of asthma in primary care. Pharmacotherapy. 2014 Oct;34(10):1033-42.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude pré-post menée dans 11 officines d’omnipraticiens du Wisconsin, États-Unis.
  • Échantillon de 126 patients asthmatiques de 12 ans ou plus, suivis uniquement par leur omnipraticien et sans antécédents d’évènements graves reliés à l’asthme.
  • Phase pré : au recrutement, les infirmières des 11 cabinets d’omnipraticiens ont récolté rétrospectivement (9 derniers mois) les nombres de consultations médicales, de visites à l’urgence, d’hospitalisations, de traitements de corticostéroïdes oraux ainsi que le taux d’absence au travail ou à l’école lié à l’asthme. Les participants ont rempli l’Asthma Control Test (ACT) et l’Asthma Quality of Life Questionnaire (AQLQ-M). Phase intervention : les mêmes 126 patients ont été inclus. L’intervention a duré 9 mois et a consisté en 6 rencontres entre le participant et le pharmacien clinique (à la base puis à 1, 2, 4, 6 et 9 mois). Des visites supplémentaires et facultatives (à 3, 5, 7 et 8 mois) ont aussi été offertes aux patients. Les entrevues se sont déroulées au cabinet des omnipraticiens. Elles étaient standardisées et comprenaient une vérification de la technique d’utilisation des inhalateurs, la complétion de l’ACT et de l’AQLQ-M, une évaluation de la pharmacothérapie, des recommandations de modifications médicamenteuses, le renforcement de l’observance, la fixation d’objectifs de contrôle et de l’éducation thérapeutique. À 9 mois, les infirmières ont récolté rétrospectivement les mêmes données qu’à la phase pré. 102 patients ont rencontré le pharmacien au moins 1 fois. Phase post : 9 mois après la fin de la phase intervention, les mêmes 102 patients ont été contacté. Les infirmières ont récolté rétrospectivement les mêmes données qu’à la phase pré. 93 patients ont complété les trois phases de l’étude.
  • Le nombre moyen de visites à l’urgence ou d’hospitalisations par patient est demeuré stable, passant de 0,37 en pré, à 0,26 en intervention (p=0,052), puis à 0,36 en post (p=0,833).
  • Le nombre moyen de visites à l’urgence ou d’hospitalisations par patient a diminué pour les patients avec un mauvais contrôle de l’asthme à la base, passant de 0,42 en pré à 0,24 en intervention (p=0,016).
  • Le nombre moyen de visites à l’urgence ou d’hospitalisations par patient n’a pas diminué de façon durable pour les patients avec un mauvais contrôle de l’asthme à la base, passant de 0,42 en pré à 0,38 en post (p=0,64).
  • Le nombre de patients avec un asthme contrôlé a augmenté, passant de 38 (30,2%) en pré à 64 (50,8%) en intervention (p<0,0001).
  • Le nombre de patients avec un asthme contrôlé a augmenté de façon durable, passant de 38 (30,2%) en pré à 68 (54,0%) en post (p<0,0001).
  • Le score moyen ACT s’est amélioré, passant de 16,76 en pré à 18,87 en intervention (p<0.0001).
  • Le score moyen ACT s’est amélioré de façon durable, passant de 16,76 en pré à 19,02 en post (p<0,0001).
  • Le score moyen AQLQ-M s’est amélioré, passant de 20,65 en pré à 15,79 en intervention (p<0.0001).
  • Le score moyen AQLQ-M s’est amélioré de façon durable, passant de 20,65 en pré à 15,43 en post (p<0,0001).
  • Le taux de patients sous corticostéroïdes inhalés a augmenté, passant de 71,43% en pré à 83,33% en intervention (p=0,024).
  • Le taux de patients sous antagonistes des récepteurs aux leucotriènes est demeuré stable, passant de 26,98% en pré à 30,95% en intervention (p=0,488).

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien dans l’asthme sont bien documentés. Plusieurs articles décrivent le rôle du pharmacien en terme de conseils individuels au patient et d’évaluation de l’utilisation des médicaments. D’autres publications décrivent le rôle du pharmacien concernant les médicaments de prévention et de secours pour les crises d’asthme.
  • Deux études ont rapporté des retombées positives du pharmacien sur les visites à l’urgence PMID7711346 , PMID12635454 . Trois études ont mentionné des retombées positives du pharmacien sur les hospitalisations PMID11494786 , PMID11601666 , PMID12635454 . Une étude décrit l’impact du pharmacien sur les visites à l’urgence et les hospitalisations pour un problème en lien avec l’asthme PMID16602223 .
  • On peut consulter le site Impact pharmacie et la fiche synthèse «asthme».

Ce qu’on se pose comme questions

  • L’inclusion des données d’un groupe contrôle aurait-elle permis d’obtenir des résultats semblables?
  • L’intervention serait-elle réalisable et efficace en pharmacie communautaire?
  • Une durée de suivi de 12 mois par phase au lieu de 9 mois par phase aurait-elle permis de détecter des variations saisonnières dans le contrôle de l’asthme?
  • La collecte rétrospective de données sur 9 mois auprès des patients introduit-elle un biais de mémoire important?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Évaluer la possibilité d’utiliser des outils validés comme l’ACT ou l’AQLQ-M pour évaluer le contrôle de l’asthme des patients dans votre milieu de pratique.
  • Construire une grille d’éléments essentiels à vérifier pour le suivi de la pharmacothérapie de l’asthme et la partager avec vos collègues.
  • Proposer un suivi conjoint des patients asthmatiques basé sur une collaboration et un partage de données cliniques entre omnipraticiens et pharmaciens communautaires.

Auteur: Emile Demers

Relecteur: Mylène Breton

Création: 29 mai 2015

Publication: 9 septembre 2015

Quelle est l’implication des pharmaciens dans la recherche évaluative?

Awaisu A, Alsalimy N. Pharmacists’ involvement in and attitudes toward pharmacy practice research: A systematic review of the literature. Res Social Adm Pharm. 2014 Dec 31. 

Ce que cette étude nous apprend

  • Revue systématique qui vise à résumer et interpréter le point de vue et le comportement des pharmaciens en ce qui concerne leur implication dans la recherche en pratique pharmaceutique, ainsi que les barrières et les éléments facilitant la recherche en pratique pharmaceutique.
  • Revue incluant des études portant sur des pharmaciens communautaires, hospitaliers ou de centres de soins primaires.
  • La recherche a été réalisée à partir des bases de données électroniques MEDLINE, PubMed, EBSCO, ScienceDirect, ProQuest, et Google Scholar. Une recherche manuelle a été réalisée en complément à partir de la bibliographie des articles identifiés. La stratégie de recherche a inclus les termes MeSH et textes suivants: « pharmacist », « pharmacy », « research », « clinical research », « pharmacy practice and clinical research », « evidence-based practice », « attitude », « view », « perception », « opinion », « barriers », « involvement », « motivation », « willingness », « survey », « questionnaire », « qualitative », « focus group » et « interview ». Deux auteurs ont évalué de manière indépendante l’éligibilité des articles identifiés. Les désaccords ont été résolus par discussion et consensus entre les deux auteurs. Ils ont ensuite évalué la qualité méthodologique, la robustesse des résultats, et la validité interne et externe.
  • 15 études ont été incluses sur 608 études identifiées (5 études au Royaume-Uni, 3 études en Australie, 3 études au Canada).
  • La proportion de pharmaciens ayant déjà été impliqués dans une étude de recherche en pratique pharmaceutique a évolué au fil du temps: moins de 9% des pharmaciens d’après deux études publiées entre 1990 et 1999; puis 43%, 70%, et 33% des pharmaciens d’après trois études publiées entre 2000 et 2009 puis plus de 50% des pharmaciens d’après 3 études publiées entre 2010 et 2014.
  • Entre 1990 et 1999, moins de 50% des pharmaciens considéraient que la recherche en pratique comme une priorité (une étude) et 70-85% des pharmaciens s’accordaient à dire que la recherche axée sur la pratique est importante. Entre 2010 et 2014, l’ensemble des pharmaciens ayant répondu aux enquêtes (6 études) s’accordaient sur l’importance de faire de la recherche axée sur la pratique, et qu’elle faisait partie de leurs responsabilités.
  • 77% des pharmaciens ayant déjà fait de la recherche ont montré une volonté de s’impliquer versus 34% des pharmaciens n’ayant jamais participé d’après une étude publiée entre 2000-2009. La proportion de pharmaciens volontaires varie entre 40% et 84% pour la période 2010-2014.
  • 51% des pharmaciens sondés considèrent être assez formés pour conduire une recherche (1 étude, période 2010-2014).
  • Plus de 70% des pharmaciens hospitaliers au Qatar sont confiants pour conduire ce type de recherche (1 étude, période 2010-2014).
  • 50% et 80% des pharmaciens communautaires sont intéressés pour s’impliquer dans un réseau sur la recherche en pratique pharmaceutique (2 études, période 2010-2014).

Ce que l’on sait déjà

  • Au fil du temps l’intérêt des pharmaciens et leur implication dans la recherche évaluative et la recherche sur la pratique a évolué. De nombreuses études visent à évaluer les pratiques mais il en existe peu qui portent sur le rôle et les retombées du pharmaciens dans la recherche même.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse « Recherche évaluative« 

Ce que l’on se pose comme question

  • Comment se définit l’implication du pharmacien dans le recherche évaluative?
  • Comment est définie la recherche en pratique pharmaceutique d’une étude à une autre?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Réfléchir à l’évaluation de la qualité des études publiées pour améliorer la solidité des résultats.
  • Participer à des réseaux, des groupes de travail pour partager les connaissances dans le domaine de la recherche évaluative pour continuer à la développer.

Auteur Mylene Breton

Relecteur 

Création 29 mai 2015

Publication 2 septembre 2015

Nouveautés sur le site Impact Pharmacie !

Pour rappel, le site Impact Pharmacie, visant à mettre en valeur les rôles et les retombées des pharmaciens au travers des études scientifiques, a été lancé en octobre 2013. La phase I, durant laquelle plus d’un millier d’articles publiés entre 1990 et 2013 ont été répertoriés, a été achevée en octobre 2014. La phase II, actuellement en cours, a été débutée en novembre 2014.

L’objectif de cette phase II était de mettre à jour les données disponibles sur les rôles et les retombées des pharmaciens en ajoutant les derniers articles publiés depuis 2013.

Suite à quelques suggestions et remarques du lectorat, la création d’une nouvelle version du site a été associée à cette mise à jour. Plusieurs changements majeurs ont été apportés :

  • Vous pouvez désormais effectuer des recherches par mots-clés en haut à droite. Cette recherche peut être précisée par l’utilisation de filtres en cliquant sur recherche avancée (recherche selon pays, date de publication, devis, marqueurs, temps de l’étude)
  • La structure des pages synthèses a évolué. Pour faciliter votre navigation dans la page, l’ensemble des sections (six)  est présenté sous forme de menu déroulant. On y retrouve :
    • Les sections « Sélection des données », « Lignes directrices », « Enquêtes sur les pratiques » (anciennement « pratique au Canada »), « Autres références » (anciennement « références »), « Collaborateurs ».
    • La section « Aperçu des données » qui résume l’aspect quantitatif et qualitatif de la revue documentaire avec notamment un affichage graphique. Elle contient aussi les études impliquées dans les croisements avec d’autres thèmes (programmes, affections ou activités) et les activités « supplémentaires » décrite dans les études mais qui ne font pas partie du vocabulaire contrôlé défini pour le projet.
    • La section « Indicateurs » se divise en « Indicateurs de retombées » (anciennement « Description des retombées du pharmacien ») et « Indicateurs descriptifs » (anciennement « Description du rôle du pharmacien »). La classification des indicateurs reste la même. Les activités décrites dans l’étude se retrouvent désormais dans la section « Aperçu des données ».
  • Afin de vous rendre la consultation plus agréable, l’aspect esthétique a aussi été amélioré (couleurs du site, couleurs des liens, des émoticônes pour les indicateurs de retombées, possibilité de lire le titre de l’article en laissant le curseur de la souris sur les PMID…)

Nous espérons que toutes ces modifications vous plairont et vous donneront le goût de consulter Impact Pharmacie!

Un grand merci aux étudiants qui ont travaillé fort tout l’été: Maxime Bergeron, Emilie Mégrourèche, Émile Demers, Mylène Breton, Dorine Fournier et Jean-François Bussières, chercheur.

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Auteur: Mylène Breton

Relecteur: Jean-François Bussières

Création: 27 août 2015

Publication: 28 août 2015