Impact du programme RxVaccinate sur le taux d’immunisation contre le pneumoccoque

Westrick SC, Owen J, Hagel H, Owensby JK, Lertpichitkul T. Impact of the RxVaccinate program for pharmacy-based pneumococcal immunization: A cluster-randomized controlled trial. J Am Pharm Assoc (2003). 2016 Jan;56(1):29-36.e1. doi: 10.1016/j.japh.2015.11.010. PubMed PMID: 26802917.

Ce que cette étude nous apprend

  • Essai randomisé par grappe réalisé en 2014 impliquant des pharmacies communautaires aux États-Unis.
  • 53 pharmacies ont été randomisées dans le groupe «auto-apprentissage» et 43 pharmacies dans le groupe «mentorat».
  • Les objectifs de l’étude sont d’évaluer l’impact du programme RxVaccinate sur la vaccination contre le pneumoccoque dans les pharmacies communautaires ainsi que la perception des pharmaciens sur ce programme.
  • Le programme RxVaccinate a été conçu par l’Association américaine des pharmaciens (APhA). Le programme RxVaccinate comprend 2 phases et les pharmaciens qui y participent peuvent se retrouver dans l’un des 2 groupes: (1) webinaire en apprentissage autonome ou (2) webinaire en apprentissage autonome suivi des sessions de mentorat.
  • Le webinaire permet au pharmacien d’en apprendre davantage sur les recommandations actuelles en lien avec la vaccination contre le pneumoccoque, d’élaborer des stratégies d’intervention, d’identifier les patients à haut-risque et de donner des conseils aux patients sur l’importance de se faire vacciner contre le pneumocoque.
  • En ce qui concerne les sessions de mentorat, chaque session dure 4 heures et le but est d’aider les pharmaciens à élaborer des plans d’action et de recourir à divers outils pour les implanter. Par ailleurs, les pharmaciens se retrouvant dans ce groupe sont invités à faire du e-learning, utiliser une plateforme web pour interagir avec d’autres membres de la communauté et assister à des téléconférences.
  • Pour la période de 12 mois avant les sessions de mentorat jusqu’à 12 mois après, le nombre de vaccination contre le pneumoccoque pour le groupe «auto-apprentissage» a augmenté de manière significative soit de 28.9 à 42.3 (p<0.001).
  • Pour la période de 12 mois avant les sessions de mentorat jusqu’à 12 mois après, le nombre de vaccination contre le pneumoccoque pour le groupe «mentorat» a augmenté de manière significative soit de 20.4 à 52,3 (p<0.001).
  • De plus, l’augmentation du nombre de vaccins administrés contre le pneumoccoque est significativement plus élevé dans le groupe «mentorat» que dans le groupe «auto-apprentissage» (p<0.032).
  • Les résultats au sondage révèlent que 86.3% des répondants sont d’accord pour dire que le projet est utile pour augmenter les activités d’immunisation contre le pneumoccoque dans les pharmacies.
  • 93.5% des répondants trouvent que les webinaires leur ont apporté de nouvelles informations. 95% trouvent que cette activité les ont aidé à mieux comprendre le projet et 83.4% trouvent que celle-ci a permis d’améliorer les services d’immunisation.
  • Finalement, >90% des répondeurs ont trouvé que les sessions de mentorat les ont aidé à identifier des stratégies d’implantation.

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien dans la vaccination sont relativement bien documentés. Les interventions recensées dans ce domaine comprennent principalement les activités de sensibilisation face à l’importance de se faire vacciner, l’éducation sur l’efficacité et l’innocuité des vaccins et les conseils aux patients.
  • 1 étude mesure les coûts payés par participant pour l’administration d’un vaccin contre le pneumoccoque en pharmacie communautaire PMID25166292.
  • 1 étude a évalué l’efficacité d’une entrevue motivationnelle sur la volonté du patient à se faire vacciner PMID25615903.

Ce qu’on se pose comme questions

  • Avec l’évolution des technologies numériques, est-ce que l’apprentissage autonome via des modules en ligne pourrait prendre le dessus sur les sessions de formation en personne?
  • Étant donné que les chercheurs offrent une compensation financière aux pharmacies participantes et que le recrutement se fait principalement sur une base volontaire, les résultats auraient-ils pu être influencés par ces facteurs?
  • Aurait-il été pertinent de comparer ces techniques d’enseignement avec des cours magistraux traditionnels?

Ce que vous pouvez faire

  • Évaluer les différentes méthodes d’enseignement puis identifier leurs avantages et désavantages.
  • S’inspirer du programme RxVaccinate dans les contextes de formation continue en lien avec la vaccination.
  • Voir quelles sont les activités des pharmaciens concernant la vaccination proche de votre milieu de pratique (collaboration avec une infirmière, calendrier de vaccination, activités de promotion etc.)

Le pharmacien et la santé cardiovasculaire du patient: quel est l’impact de ses interventions?

Tsuyuki RT, Al Hamarneh YN, Jones CA, Hemmelgarn BR. The Effectiveness of Pharmacist Interventions on Cardiovascular Risk: The Multicenter Randomized Controlled RxEACH Trial. J Am Coll Cardiol. 2016 Jun 21;67(24):2846-54. doi:10.1016/j.jacc.2016.03.528. Epub 2016 Apr 4. PubMed PMID: 27058907.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude randomisée contrôlée prospective, effectuée dans 56 pharmacies communautaires en Alberta, Canada
  • Échantillon de 723 patients ayant un haut risque cardiovasculaire (p.ex. diabète, insuffisance rénale chronique, maladie coronarienne, score à l’échelle de Framingham élevé (> 20%) en plus d’avoir au moins un facteur de risque non contrôlé (tension artérielle > 140/90 ou >130/80 mmHg si diabétique, cholestérol à lipoprotéines de basse densité (LDL) > 2 mmol/L, HbA1c > 7% ou fumeur actif)
  • L’objectif de l’étude est d’évaluer l’efficacité d’un programme mis en place par des pharmacies concernant le dépistage et l’évaluation du risque cardiovasculaire incluant les interventions qui y sont associées.
  • Les patients éligibles à l’étude sont randomisés dans le groupe contrôle ou le groupe intervention. Le groupe contrôle reçoit les services pharmaceutiques habituels sans intervention spécifique. Pour ce qui est du groupe intervention, les patients reçoivent une consultation de la part du pharmacien sur la gestion de la thérapie médicamenteuse. Cette consultation comprend une évaluation des paramètres physiques du patient (tour de taille, poids, taille, tension artérielle), des valeurs de laboratoires (obtention des valeurs d’HbA1c, bilan lipidique si non effectué dans les 3 derniers mois, le débit de filtration glomérulaire (DFG) et le ratio créatinine-albumine (RAC) si non effectués dans les 12 derniers mois) et la mesure du risque cardiovasculaire à l’aide d’outils. De plus, le pharmacien donne des recommandations au patient à l’aide de lignes directrices canadiennes sur les facteurs de risques cardiovasculaires, ajuste la pharmacothérapie, communique fréquemment avec le médecin de famille du patient et finalement, effectue un suivi régulier toutes les 3-4 semaines pendant une période totale de 3 mois.
  • Pour la tension artérielle systolique à 3 mois, le groupe intervention a une diminution plus forte de 9,37 mmHg comparativement au groupe contrôle (valeurs moyennes de tension artérielle systolique à 3 mois pour le groupe contrôle: 136.27 mmHg vs groupe intervention: 127.24 mmHg) (p<0.001)
  • Pour la tension artérielle diastolique à 3 mois, le groupe intervention a une diminution plus forte de 2.92 mmHg comparativement au groupe contrôle (valeurs moyennes de tension artérielle diastolique à 3 mois pour le groupe contrôle: 79.95 mmHg vs groupe intervention: 76.96 mmHg) (p<0.001)
  • Pour le LDL à 3 mois, le groupe intervention a une diminution plus forte de 0.2 mmol/L comparativement au groupe contrôle (valeurs moyennes de LDL à 3 mois pour le groupe contrôle: 2.23 mmol/L vs groupe intervention: 2.07 mmol/L) (p=0.001)
  • Pour l’HbA1c à 3 mois, le groupe intervention a une diminution plus forte de 0.92% comparativement au groupe contrôle (valeurs moyennes de HbA1c à 3 mois pour le groupe contrôle: 8.54% vs groupe intervention: 7.60%) (p<0.001)
  • Pour la proportion de fumeurs à 3 mois, le groupe intervention a une diminution relative de 20,2% comparativement au groupe contrôle (nombre moyen de patients à 3 mois pour le groupe contrôle: 91/342 vs groupe intervention 69/350) (p<0.001)
  • Pour le risque cardiovasculaire à 3 mois, le groupe intervention a une diminution relative de 21% comparativement au groupe contrôle (p<0.001)

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien dans la prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaire (tension artérielle, dyslipidémie, diabète, tabagisme, obésité) sont bien documentés.
  • Parmi les activités pharmaceutiques recensées, on note les conseils individuels aux patients, les rappels au patient sur l’importance de contrôler les comorbidités, l’optimisation de la thérapie et le suivi des maladies chroniques.
  • Une revue systématique démontre l’effet positif des interventions du pharmacien dans la prévention secondaire des maladies CV en termes de coûts PMID23697478.

Ce qu’on se pose comme question

  • Pour des raisons éthiques, le suivi a duré 3 mois. Est-ce que les résultats observés auraient été semblables si la durée de suivi était plus longue?
  • Est-il possible que le suivi régulier aux 3-4 semaines avec le pharmacien ait encouragé les patients à apporter des changements à leurs habitudes de vie et à être observants à la médication plus que d’habitude?
  • Y a-t-il des interventions plus efficaces que d’autres pour gérer les facteurs de risque cardiovasculaires? Si tel est le cas, quelles sont-elles?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Évaluer l’impact de chacune des interventions individuellement pour voir s’il y en a une qui est plus efficace que les autres.
  • Sensibiliser les patients sur l’importance de contrôler les comorbidités et d’adopter de saines habitudes de vie.
  • Partager les stratégies de prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaires et le suivi à faire.

L’impact des pharmaciens VIH sur les erreurs des antirétroviraux chez les patients hospitalisés

Liedtke MD, Tomlin CR, Skrepnek GH, Farmer KC, Johnson PN, Rathbun

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle rétrospective réalisée dans un hôpital universitaire à Oklahoma (États-Unis).
  • L’objectif est d’examiner l’efficacité des pharmaciens spécialistes du VIH dans la surveillance des erreurs médicamenteuses dues aux traitements antirétroviraux des patients séropositifs hospitalisés par rapport aux patients suivis par des pharmaciens non spécialistes du VIH.
  • Les patients inclus dans l’étude sont séropositifs, âgés de plus 18 ans, recevant  au moins une dose d’antirétroviral pendant leur hospitalisation. Les patientes enceintes sont exclues.
  • L’étude a eu lieu  de 2011 à 2013, soit 2 ans. La phase pré interventionnelle a duré 12 mois. La phase interventionnelle suite à la mise en place de pharmaciens spécialistes du VIH a également duré 12 mois.
  • Durant la phase d’intervention, le pharmacien spécialiste du VIH établit tous les jours un dossier sur les patients recevant des antirétroviraux, examine leurs ordonnances électroniques, leur fonction rénale et contacte l’équipe médicale au besoin si erreurs.
  • Les erreurs retrouvées sont classées en 4 catégories : traitement incorrect, dose incorrecte, fréquence incorrecte ou interaction médicamenteuse. Elles sont aussi comptées si elles ne sont pas corrigées : sous 24h si l’erreur a eu lieu la semaine, le lundi si l’erreur a eu lieu le weekend ou le jour suivant un jour férié.
  • La population est de 330 admissions représentant 184 patients (153 admissions soit 96 patients séropositifs en pré intervention et  177 admissions soit 114 séropositifs  pendant la période d’intervention), avec une moyenne d’âge 47 ans.
  • Des réductions significatives concernant le nombre d’erreurs de dosages (22 erreurs dans le groupe pré-intervention vs 2 erreurs dans le groupe intervention avec p <0.001), le nombre d’erreurs de fréquence (8 erreurs dans le groupe pré-intervention vs 0 dans le groupe intervention avec p <0.001) et le nombre d’erreurs d’interactions médicamenteuses (49 erreurs dans le groupe pré-intervention vs 17 dans le groupe intervention avec p <0.001) sont mis en évidence.
  • Les types d’erreurs les plus fréquemment rencontrées avant la mise en place de la surveillance dans le service par le pharmacien spécialiste du VIH sont le dosage et la fréquence non adaptés à la fonction rénale et les interactions médicamenteuses.
  • Les médicaments impliqués dans les interactions médicamenteuses avant la surveillance dans le service par le pharmacien spécialiste du VIH sont : inhibiteur de protéase et warfarine (n=12), atazanavir et inhibiteur de la pompe à protons (n=11), inhibiteur de protéase et salmeterol  (n=10). Ceux après la surveillance dans le service par les pharmaciens spécialistes du VIH  sont : phénobarbital (n=1), rifampicine (n=1), clopidogrel (n=1), clarithromycine (n=2), antifongiques (n=3)

 

Ce que nous savions déjà

  • L’observance est un élément essentiel au succès du traitement et à l’atteinte des objectifs thérapeutiques.
  • Les erreurs médicamenteuses entrainent de nombreuses hospitalisations
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie, en particulier la fiche synthèse « VIH » pour en apprendre davantage sur l’impact du pharmacien dans ce domaine.

 

Ce qu’on se pose comme questions

  • Est-ce que les erreurs médicamenteuses sont liées à l’âge des patients ?
  • Quel est le niveau de connaissances des pharmaciens non spécialistes du VIH sur ce sujet ?

 

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Mettre au contact de patients séropositifs et sous traitement d’antirétroviraux des pharmaciens spécialistes du VIH
  • Renforcer la surveillance de la clairance rénale des patients séropositifs
  • Renforcer la surveillance des patients sous inhibiteurs de protéases

 

 

 

L’impact de la revue des médicaments avec suivi lors des admissions à l’hôpital des patients âgés polymédiqués

Mallet-Larrea A, Goyenechea E, Garcia-Cardenas V, Calvo B, Arteche JM, Aranegui P, Zubeldia JJ, Gastelurrutia MA, Martinez Martinez F, Benrimoj SI. The impact of a medication review with follow up service on hospital admissions in aged polypharmacy patients

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude randomisée contrôlée en Espagne avec  688 patients dans le groupe intervention et 715 dans le groupe contrôle soit 1403 patients
  • Les pharmaciens sont répartis dans les groupes  « intervention » ou « contrôle ». Les pharmaciens du groupe intervention réalisent la revue médicamenteuse avec suivi (RMS) consistant en un entretien avec le patient permettant la collecte d’informations relatives au patient dont notamment ses problèmes de santé, ses traitements, ses paramètres biologiques, ses habitudes. Les pharmacies du groupe interventionnel dispensent à leurs patients inclus la MRS tandis que les pharmaciens du groupe contrôle dispensent des soins standards à leurs patients, consistant en la dispensation des traitements prescrits par le médecin et des conseils pour des maux mineurs.
  • Les deux objectifs de l’étude sont d’estimer l’effet de la RMS sur les coûts d’hospitalisations et d’évaluer l’impact de la revue des médicaments avec suivi (RMS) réalisée par le pharmacien communautaire sur le nombre d’hospitalisations liées aux médicaments chez les personnes âgées polymédiquées
  • Les dossiers cliniques de ces patients hospitalisés durant les 6 mois de suivi sont récupérés. Un panel d’expert constitué de 3 spécialistes en médecine interne analysent ensuite à l’aveugle les hospitalisations de ces patients afin de définir si leur hospitalisation est liée aux médicaments et établissent le coût de leur hospitalisation grâce au groupe de diagnostic.
  • Les pharmaciens du groupe intervention ont reçu une formation de 3 jours abordant les sujets de management clinique du patient âgé, la méthode RMS et communication avec le patient et le docteur entre autres.
  • 42 hospitalisations sur 83 hospitalisations vérifiées sont dues aux médicaments soit 50.6%
  • Le pourcentage d’hospitalisations dues aux médicaments est  significativement inférieur pour les patients qui ont reçu la Revue des Médicaments avec Suivi (RMS) (26.2% vs 73.8%, p<0.05)
  • La probabilité d’être hospitalisé est 3.7 fois plus importante dans le groupe contrôle que dans le groupe interventionnel  (p<0.05).
  • Les coûts d’hospitalisations dues aux médicaments sont inférieurs pour les patients qui reçoivent la RMS [groupe intervention: €94 vs groupe contrôle: €301; p=0.018].

 

Ce que nous savions déjà

  • Les hospitalisations dues aux médicaments sont un problème important chez les populations âgées et polymédiquées
  • La preuve de l’impact du service pharmaceutique sur les hospitalisations reste incertaine
  • On peut consulter le site Impact pharmacie et la fiche synthèse «Gériatrie».

 

Ce qu’on se pose comme question

  •  Quel est le nombre d’hospitalisations toutes causes confondues ?

 

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Promouvoir la formation pour un développement continu afin d’enrichir ses connaissances en management de la personne âgée.
  • Dans les pharmacies communautaires, proposer de manière systématique aux patients à risques des entretiens afin d’évaluer le traitement.
  • Dans les hôpitaux, développer la revue médicamenteuse à plus de services.

 

 

Les interventions pharmaceutiques dans la prise en charge du diabète sucré de type 2 : revue systématique d’études randomisées contrôlées.

Pousinho S, Morgado M, Falcao A, Alves G. Pharmacist interventions in the management of type 2 diabetes mellitus : a systematic review of randomized controlled trials

Ce que cette étude nous apprend

  • Les études contrôlées randomisées incluses dans cette revue systématique ont démontré que les interventions pharmaceutiques sont dans un élan d’amélioration dans de nombreux résultats quand elles sont comparées avec les soins habituels comme l’hémoglobine glyquée (diminution significative dans 15 études sur 23) , la glycémie (diminution significative dans 5 études sur 26), la pression artérielle (diminution significative de la systolique dans 9 études sur 18 et de la diastolique dans 5 étude sur 15), le profil lipidique (diminution significative du cholestérol total, des triglycérides et des LDL dans 3 études sur 13, 2/12 et 4/15 respectivement et augmentation significative des HDL dans 1 étude sur 10), l’observance du traitement (augmentation significative dans 2 études sur 11)  et la qualité de vie liée à la santé (augmentation significative dans 1 étude sur 11)
  • La revue prend en compte 9 ans de publications.
  • Les bases de données utilisées afin d’identifier les essais contrôlés randomisés qui évaluent l’efficacité des interventions pharmaceutiques dans la prise en charge des patients atteints du diabète de type 2 par rapport aux patients atteints du diabète de type 2 recevant des soins habituels sont Pub Med, Cochrane et Web of science. Les données sont analysées par deux examinateurs indépendants.
  • L’objectif est d’identifier et résumer les principaux résultats des interventions pharmaceutiques dans la prise en charge du diabète de type 2
  • Les critères d’inclusion des articles sont : les études mentionnant un des résultats suivants : hémoglobine glyquée, glycémie (à jeun, post postprandiale, aléatoire), tension artérielle, observance des traitements, qualité de vie liée aux soins, profil lipidique (HDL-cholestérol, LDL-cholestérol, cholestérol total, triglycérides), indice de masse corporelle, risques de maladies coronariennes à 10 ans, résultats économiques, études dont l’intervention vise la prise en charge du diabète de type 2 par rapport aux soins habituels, études randomisées contrôlées ou études randomisées contrôlées par grappes, études évaluant l’efficacité des interventions délivrées par le pharmacien seulement ou en grande partie, études ayant lieu en pharmacie communautaire, en ambulatoire ou à l’hôpital.
  • Les résumés de conférences sont exclues de la revue systématique
  • 59 études éligibles, 36 études incluses. Suivi des études : de 45 jours à 24 mois. Nombre d’études selon le lieu : Asie (n=15), Amérique du Nord (n=11), Europe (n=5), Amérique du Sud (n=2), Australie (n=2), Afrique (n=1)
  • Les différents outils utilisés à travers les études sont : UKPDS risk engine, l’échelle d’observance de Morisky, The audit of diabetes dependent quality of life questionnaire (ADDQoL), EuroQol 5D questionnaire et le Framingham prediction model

 

Ce que nous savions déjà

  • Le diabète de type 2 est une maladie métabolique sérieuse avec une forte prévalence dans de nombreux pays à travers le monde, imposant de forts coûts inacceptables.
  • En regard de l’arsenal d’options thérapeutiques actuellement disponible pour lutter contre cette maladie, le contrôle métabolique reste sous utilisé par les patients atteints de diabète de type 2
  • Les rôles et les retombées du pharmacien dans la gestion de la continuité des soins sont peu documentés.
  • La prise en  charge du diabète nécessite une étroite collaboration entre le patient et l’équipe de soin multidisciplinaire, dans laquelle les pharmaciens peuvent également prendre part en offrant des programmes de soins pharmaceutiques
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse «diabète/endocrinologie» et «diabète»

 

Ce qu’on se pose comme question

  • Y a t-il une variation selon le niveau d’éducation et l’âge des patients ?

 

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Promouvoir le conseil aux patients dans toutes les structures de soin
  • Réaliser des études d’analyse économique supplémentaires dans le but d’évaluer la rentabilité des interventions pharmaceutiques et rechercher en profondeur dans les interventions les éléments contribuant le plus aux effets observés.
  • Réalisation de standards, d’outils validés pour vérifier certains résultats, pour que les données provenant de différentes études concernant ces résultats puissent être analysées ensemble.

 

 

Une activité interprofessionnelle peut-elle améliorer l’attitude des étudiants face à la collaboration médecin-pharmacien?

Shrader S, Hummel H, Byrd L, Wiley K. An introprofessional geriatric medication activity within a senior mentor program. Am J Pharm Educ. 2013 Feb 12;77(1):15.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude prospective avant-après, au sein d’une université de la Caroline du sud, États-Unis.
  • Échantillon de 241 étudiants dont 79 étudiants de 3ème année en pharmacie et 162 étudiants de 2ème année en médecine.
  • Dans le cadre d’un cours universitaire, des équipes ont été formées. Celles-ci étaient composées d’un étudiant de 3ème année en pharmacie et de deux étudiants de 2ème année en médecine. L’activité a consisté en la rencontre par l’équipe d’un patient mentor. Les trois étudiants ont alors fait l’entrevue du patient en plus de son histoire pharmacothérapeutique. Ils ont également fait une analyse en collaboration, ont discuté de la médication du patient et ont finalement écrit un texte dans lequel ils ont identifié les problèmes liés à la médication du patient en plus de réfléchir sur l’expérience interprofessionnelle. Les étudiants ont été appelés à remplir un sondage validé, «The Scale of Attitudes Toward Physician-Pharmacist Collaboration», pour mesurer leur attitude face à la collaboration interprofessionnelle avant et après l’activité. Une échelle de quatre points (allant de 1 (fortement en désaccord) à 4 (fortement d’accord)) a été utilisée.
  • Score médian des étudiants en médecine pour la question suivante: «les pharmaciens sont qualifiés pour évaluer et répondre aux besoins de traitement médicamenteux des patients»: 3 avant l’activité vs 3 après l’activité (différence non significative p>0,05);
  • Score médian des étudiants en médecine pour la question suivante: «pendant leurs études, les étudiants en pharmacie et en médecine devraient être impliqués ensemble dans des travaux d’équipe dans le but de comprendre les rôles respectifs de chacun»: 3 avant l’activité vs 3 après l’activité (différence non significative p>0,05);
  • Score médian des étudiants en médecine pour la question suivante: «les pharmaciens peuvent contribuer aux décisions au sujet des interactions médicamenteuses affectant le patient»: 4 avant l’activité vs 4 après l’activité (différence non significative p>0,05);
  • Score médian des étudiants en médecine pour la question suivante: «les pharmaciens ont une expertise spéciale dans le conseil au patient pour le traitement médicamenteux»: 3 avant l’activité vs 3 après l’activité (différence non significative p>0,05);
  • Score médian des étudiants en médecine pour la question suivante: «les pharmaciens et les médecins devraient contribuer tous les deux aux décisions au sujet du type et du dosage des médicaments donnés aux patients»: 3 avant l’activité vs 3 après l’activité (différence non significative p>0,05);
  • Score médian des étudiants en médecine pour la question suivante: «la fonction première des pharmaciens est de servir la prescription du médecin sans poser de questions»: 2 avant l’activité vs 2 après l’activité (différence non significative p>0,05);
  • Score médian des étudiants en médecine pour la question suivante: «les pharmaciens, tout comme les médecins, devraient avoir des responsabilités pour la surveillance des effets des médicaments sur les patients»: 3 avant l’activité vs 3 après l’activité (différence significative p<0,05);
  • Score médian des étudiants en médecine pour la question suivante: «les pharmaciens devraient clarifier une ordonnance de médecin lorsqu’ils pensent qu’il pourrait potentiellement y avoir un effet néfaste pour le patient »: 4 avant l’activité vs 4 après l’activité (différence significative p<0,05);
  • Score médian des étudiants en médecine pour la question suivante: «les médecins devraient consulter les pharmaciens pour aider les patients avec les effets secondaires ou réfractaires aux traitements médicamenteux»: 3 avant l’activité vs 3 après l’activité (différence non significative p>0,05);
  • Score médian des étudiants en médecine pour la question suivante: «les médecins devraient être mis au courant que les pharmaciens peuvent aider dans l’élaboration du bon traitement médicamenteux »: 4 avant l’activité vs 4 après l’activité (différence non significative p>0,05);
  • Score médian des étudiants en médecine pour la question suivante: «des relations interprofessionnelles entre les médecins et les pharmaciens devraient être incluses dans leur programme d’éducation professionnelle»: 3 avant l’activité vs 3 après l’activité (différence non significative p>0,05).

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien sont relativement bien documentés de manière générale.
  • Les professionnels de la santé sont de plus en plus appelés à travailler en collaboration afin de fournir des soins optimaux aux patients. Il est donc intéressant d’évaluer la perception des étudiants face au travail interdisciplinaire.

Ce qu’on se pose comme question

  • L’attitude déjà positive des étudiants en médecine à l’égard du travail interdisciplinaire a-t-elle limité la portée de l’amélioration des résultats avant versus après l’activité?
  • Le taux de participation générale au sondage n’était que de 65%. Les résultats auraient-ils été différents avec un meilleur taux de participation?
  • De telles activités peuvent-elles être menées conjointement avec des étudiants de toutes les professions de la santé?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Réfléchir à l’implantation d’activités interdisciplinaires dans le cursus académique des futurs professionnels de la santé afin de leur permettre d’identifier les rôles et la place de chacun des professionnels dans l’équipe de soins.

Auteur: Émilie Mégrourèche
Relecteurs: Mylène Breton
Création : 13 juillet 2015
Publication: 3 février 2016

Quel est l’impact du pharmacien hospitalier sur le taux de réadmission et de visite à l’urgence des patients admis en médecine interne une fois le congé d’hôpital reçu?

Phatak A, Prusi R, Ward B, Hansen LO, Williams MV, Vetter E, Chapman N,Postelnick M. Impact of pharmacist involvement in the transitional care of high-risk patients through medication reconciliation, medication education, and postdischarge call-backs (IPITCH Study). J Hosp Med. 2016 Jan;11(1):39-44

 

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude randomisée contrôlée, prospective à simple insu de 7 mois s’étant déroulée dans l’unité de médecine interne du Northwestern Memorial Hospital, un centre médical académique de Chicago (Illinois) aux États-Unis.
  • L’objectif principal de l’étude est d’évaluer l’impact d’une implication intensive du pharmacien lors des admissions de soins aiguës et sur une période s’étendant sur 30 jours suite au congé afin de suivre l’incidence d’effets secondaires et les taux de réadmissions à l’hôpital ainsi que les visites à l’urgence pour tous les patients admis à l’unité de médecine interne.
  • 278 patients y ont pris part et ont été randomisés soit dans le groupe contrôle soit dans le groupe d’intervention. Les patients inclus sont ceux ayant reçu un congé d’hôpital, 3 nouveaux médicaments ou au moins un médicament à haut risque (anticoagulant, antiplaquettaire, hypoglycémiant, immunosuppresseurs ou anti-infectieux) et participant à au moins 1 appel téléphonique de suivi suite au congé d’hôpital.
  • Les patients du groupe contrôle obtiennent un soin de base du pharmacien, ce qui implique une tournée quotidienne des patients pour évaluer la pharmacothérapie et pour vérifier la présence d’erreurs médicamenteuses ou de risques potentiels à l’utilisation des médicaments. Le bilan comparatif des médicaments (BCM) à l’admission a été réalisé par un agent hospitalier en regardant uniquement la liste de médicaments provenant de la clinique du médecin de famille principal sans consulter par la suite le patient. De plus, un examen physique et de la médication ont été effectués par un médecin ou une infirmière. Un pharmacien réalisait un suivi téléphonique 30 jours après le congé afin de questionner les patients sur l’incidence d’effets secondaires, détecter des erreurs médicamenteuses et s’il y a eu des visites à l’urgence ou des réadmissions.
  • Dans le groupe d’étude, le pharmacien ou un étudiant en pharmacie réalisait le BCM à l’admission en réconciliant avec le patient les médicaments réellement pris, effectuait un plan de soin personnalisé, rechercher les aberrances et en discutait avec le médecin, dispensait des conseils au congé d’hôpital. Trois appels téléphoniques de suivi étaient alors réalisés par des pharmaciens 3, 14 et 30 jours suite au congé pour vérifier les connaissances des médicaments, vérifier l’incidence d’effets secondaires, l’état de santé actuel, identifier des barrières à l’observance répondre aux questions, régler des problèmes d’accessibilité au médicament et s’il y a eu des visites à l’urgence ou des réadmissions.
  • Pour les 2 groupes, le degré de connaissance de l’indication des médicaments était mesuré avec le Hospital Consumer Assessment of Healthcare Providers and Systems (HCAHPS).
  • Les résultats permettent de constater que le groupe d’intervention a un taux de réadmission à l’hôpital ou de visite à urgence favorable (34 vs 55, p< 0,001), qu’aucune différence entre les 2 groupes n’a été observée en ce qui concerne les réadmissions dues à des médicaments, qu’une amélioration légère des connaissances sur l’indication a été notée par le score HCAHPS (47% à 56%) et qu’une amélioration considérable du nombre d’écarts médicamenteux détectés lors du BCM est observée lorsqu’il est fait par un pharmacien ou un étudiant en pharmacie (46,2% vs 19,9%, p<0,0001).

 

Ce que nous savions déjà

  • La réalisation d’un bilan comparatif des médicaments est une activité pharmaceutique essentielle à la réconciliation des médicaments du patient. Elle permet la continuité des soins et est un élément clé dans la prise en charge du patient en diminuant d’éventuelles erreurs médicamenteuses’
  • On peut notamment consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse « Bilan comparatif à l’arrivée » dans la section « Activités ».
  • D’autres articles pivots pour le thème peuvent être consultés sous ce même thème tels que le PMID22825240 et le PMID22733210.

 

Ce qu’on se pose comme questions

  • Pourquoi l’auteur n’a-t-il pas mis en évidence les raisons de perte au suivi puisqu’on dénombre beaucoup plus de patients du groupe contrôle que le groupe intervention (48 vs 15)?
  • L’impact du pharmacien sur le taux de réadmissions et de visites à l’urgence va-t-il au-delà des 30 jours de congé de l’hôpital?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • S’assurer que les BCM mis en place par les hôpitaux soient clairs et complets.

Auteurs : Nguyen Vu

Création : 18 janvier 2016

Publication :

Les pharmaciens faisant partis d’une équipe multidisciplinaire peuvent-ils favoriser l’observance chez les patients atteints d’hépatite C ?

Carrión JA, Gonzalez-Colominas E, García-Retortillo M, Cañete N, Cirera I, Coll S, Giménez MD, Márquez C, Martin-Escudero V, Castellví P, Navinés R, Castaño JR, Galeras JA, Salas E, Bory F, Martín-Santos R, Solà R. A multidisciplinary support programme increases the efficiency of pegylated interferon alfa-2a and ribavirin in hepatitis C. J Hepatol. 2013 Nov;59(5):926-33

Ce que cette étude nous apprend:

  • Étude de cohorte prospective ayant lieu dans le département de gastroentérologie de l’hôpital del Mar à Barcelone, Espagne.
  • 453 patients recevant un traitement d’antirétroviraux ont été repartis dans 3 groupes soit le groupe contrôle (2003-2004, n=147), le groupe faisant parti du programme multidisciplinaire de support (2005-2066,n=131), et le groupe faisant parti du programme multidisciplinaire de support après la validation (2007-2009,n=169).
  • L’étude a été effectuée sur 6 années. De 2003 à 2004, les patients atteints d’hépatite C étaient admis à l’hôpital et des traitements étaient  débutés. Deux hépatologues et une infirmière étaient présents 10 heures par semaine pour vérifier si le traitement fonctionnait bien et si des effets secondaires étaient apparus. De 2005 à 2006, les nouveaux patients atteints d’hépatite C admis à l’hôpital étaient cette fois-ci suivis par une équipe multidisciplinaire formée de deux hépatologues (40 h/semaine), de deux infirmières (40 h/semaine), d’un pharmacien (20 h/semaine), d’un psychologue (20 h/semaine), d’une assistante administrative (20 h/semaine) et d’un psychiatre si nécessaire. L’équipe suivait alors la progression de la maladie des patients et l’apparition d’effets secondaires. Le pharmacien devait fournir aux patients des explications sur les nouveaux traitements et vérifier son adhérence grâce à un questionnaire quotidien sur la prise de pilules pour la ribavirine et des injections pour le peg-INF. De 2007 à 2009, pour valider l’efficacité du programme, le même processus a été reconduit. Les suivis pour tous les groupes étaient effectués à la semaine 2, 4, 12, 24 et 48 durant le traitement et 24 semaines suivant la fin du traitement. Un patient était considéré comme étant non observant à son traitement lorsqu’il prenait moins de 80 % de la dose de chacun de leur médicament pendant moins de 80 % de la durée de son traitement.
  • La présence du pharmacien dans une équipe interdisciplinaire permet d’augmenter l’adhérence au traitement chez des patients atteints d’hépatite C. Le pourcentage de patients (tout génotype et tout traitement confondu) adhérents à leur traitement, et inclus dans le programme multidisciplinaire de support après validation (PMSV), est significativement plus grand que dans le groupe contrôle: 91.7% versus 78.95 (p=0.001).
  • Pour le génotype 1a/b, le groupe du PMSV était adhérent à 90.1 % versus 67.5 % pour le groupe contrôle (p=0.0005).
  • Pour le génotype 2/3, le groupe du PMSV était adhérent à 91.7 % versus 93.2 % pour le groupe contrôle (différence non significative).
  • Pour le génotype 4, le groupe du PMSV était adhérent à 100 % versus 81.8% pour le groupe contrôle (p=0.07).
  • Pour le Peg-interferon, le groupe du PMSV était non adhérent (<80% de la dose) à 8.2 % versus 17.7 % pour le groupe contrôle (p=0.0001).
  • Pour la ribavirine , le groupe du PMSV était non adhérent (<80%) à 7.1% versus 25% pour le groupe contrôle (p=0.007).

Ce que nous savions déjà

  • Le pharmacien permet d’augmenter l’adhérence au traitement chez des patients atteint d’hépatite C. Nous avons recensé une autre étude qui montrent les retombées positives de l’adhérence au traitement grâce aux pharmaciens soit LID165.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse « Gastro entérologie« 

Ce qu’on se pose comme question

  • Est-ce que les suivis effectués par les pharmaciens en communautaire sont aussi efficaces que les suivis effectués par les pharmaciens dans les hôpitaux ?
  • Le fait d’avoir une étude non randomisée sur plusieurs années peut-il influencer les résultats obtenus ?
  • Puisque l’étude a été effectuée sur plusieurs années, les nouvelles lignes directrices publiées sur l’hépatite C au fil du temps n’ont-elles pas permis d’obtenir une meilleure réponse virologique et moins d’effets secondaires favorisant ainsi l’adhérence au traitement?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Encourager le travail en équipe multidisciplinaire pour avoir un suivi optimal des patients atteints de maladies à haut risque
  • Mettre en place des stratégies d’éducation thérapeutique et de sensibilisation auprès des patients pour favoriser l’adhérence à leur traitement.
  • Utiliser des méthodes pour surveiller l’adhérence des patients comme des feuilles d’administration des médicaments, des appels téléphoniques ou des alarmes.

Auteur(s): Erlind Xhuti

Relecteur: Mylène Breton

Création: 2 octobre 2015

Publication:

L’usage d’antibiotiques en prophylaxie aprés une césarienne élective : le rôle que peut jouer le pharmacien!

Wang J, Dong M, Lu Y, Zhao X, Li X, Wen A. Impact of pharmacist interventions on rational prophylactic antibiotic use and cost saving in elective cesarean section. Int J Clin Pharmacol Ther. 2015 Aug;53(8):605-15.

Ce que cette étude nous apprend

  • Il s’agit d’une étude observationnelle avec groupe contrôle ayant pris place au sein du département de gynécologie et d’obstétrique d’un hôpital universitaire chinois en 2012.
  • L’objectif principal était d’évaluer l’impact des interventions des pharmaciens sur l’utilisation rationnelle de la prophylaxie antibiotique et les coûts associés lors de césariennes électives.
  • L’objectif secondaire était d’enseigner aux obstétriciens les recommandations chinoises sur la prescription d’une prophylaxie antibiotique dans un contexte de césarienne élective.
  • Les patientes étaient réparties en un groupe contrôle et un groupe expérimental en fonction de la date prévue pour leur césarienne. Les patientes ayant leur césarienne prévue au cours des mois de juin à août faisaient partie du groupe contrôle alors que les patientes qui subissaient leur césarienne dans les mois d’octobre à décembre étaient dans le groupe expérimental.
  • Les interventions du pharmacien auprès du groupe expérimental consistaient en l’enseignement aux obstétriciens (spectre des antibactériens, pharmacocinétique, pharmacodynamique et indications des antibiotiques), un monitoring des dossiers cliniques des patientes et des recommandations quant à l’initiation d’une prophylaxie antibiotique en fonction de critères préétablis (Recommandations écossaises et chinoises).
  • Les résultats des 2 groupes ont été recueillis et analysés à l’aveugle par un spécialiste en infectiologie. Les résultats étaient ensuite comparés afin de déterminer l’impact du pharmacien.
  • Les interventions du pharmacien ont entrainé une diminution significative du coût des antibiotiques par patient par jour de 2,96$US (p<0,001).
  • Des diminutions significatives du coût moyen pour les antibiotiques (345,30$US; p<0,001), pour les médicaments (234,20$US; p<0,001) ainsi que pour les hospitalisations (373,91$US; p<0,001) ont aussi été observées.
  • La durée du traitement antibiotique a également été significativement diminuée, soit de 2,19 jours (p<0,001).
  • Les résultats démontrent aussi une augmentation de 19,29% du nombre de prescriptions d’antibiotiques répondant à tous les critères (agent, dose, moment d’initiation, durée du traitement) des recommandations suivies.
  • Les interventions du pharmacien ont mené à un bénéfice net de 65 255,84$, en tenant compte du salaire horaire pour un pharmacien de 6,94$US en Chine.

 

Ce que nous savions déjà

  • Les accouchements par césariennes entrainent un risque plus grand d’infection, qui est grandement réduit par l’utilisation d’une prophylaxie antibiotique.
  • Une prescription inadéquate d’antibiotiques peut mener à une augmentation des coûts pour la société, un développement de résistance aux antibiotiques ainsi qu’à un risque d’effets secondaires important pour les patientes.
  • Plusieurs études démontrent l’impact positif du pharmacien et de l’équipe interdisciplinaire sur la prescription adéquate d’antibiotiques.
  • Vous pouvez consulter la page Infectiologie du site Impact Pharmacie pour en apprendre plus sur l’impact du pharmacien dans ce domaine.

 

Ce qu’on se pose comme questions

  • Quelle proportion de prescriptions en antibiothérapie de notre système de santé québécois correspond aux recommandations?
  • Les résultats de cette étude peuvent-ils s’appliquer dans notre contexte québécois où le travail interdisciplinaire est déjà mis en avant?
  • Le bénéfice net observé dans cette étude serait certainement diminué en tenant compte du salaire horaire des pharmaciens québécois. Les interventions de cette étude entraineraient-elles tout de même un bénéfice monétaire dans notre système de soins?
  • Est-ce que les résultats peuvent être généralisés à la prescription d’antibiotiques en général?

 

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Participer activement à la transmission d’informations sur l’usage rationnel des antibiotiques et sur la prévention du développement de résistance aux antibiotiques au sein de votre équipe interdisciplinaire.
  • Porter une attention particulière au respect des recommandations en matière d’antibiothérapie ou noter les raisons des divergences.

Impact Pharmacie est maintenant sur Facebook

Impact Pharmacie est présent dans les médias sociaux depuis avril 2014 avec son blogue sur WordPress.

Ce blogue est utilisé dans le cadre académique et il rejoint quelques milliers d’étudiants et de pharmaciens de la francophonie.

Afin d’accroître la portée de ce blogue, nous avons lancé en novembre 2016 une page Facebook.  Compte tenu du contexte actuel entourant la pratique de la pharmacie (!), nous pensons qu’il est utile, plus que jamais, de diffuser des preuves relatives aux rôles et retombées du pharmacien.

La page représente un outil supplémentaire pour communiquer avec vous et vous permet grâce aux notifications de :

  • Rester informé sur les rôles et retombées du pharmacien,
  • Recevoir les derniers articles commentés et blogués,
  • Vous donner la parole pour réagir,
  • Et de partager ces preuves à un public qui dépasse les frontières de la pharmacie !  Vos collègues, amis, proches savent-ils tous ce qui est publié sur les rôles et retombées du pharmacien ?

Au programme également, le calendrier de nos interventions auprès de la communauté des pharmaciens afin de savoir où nous retrouver et échanger de vive voix.  Avec plus de 9000 pharmaciens et plus de 1600 étudiants et résidents en pharmacie en formation au Québec et bien davantage dans toute la francophonie, faites circuler cette page et cliquer J’AIME et partager les manchettes qui vous apparaissent intéressantes !

Pour connaitre le chemin, suivez le lien  ! Page Facebook