L’impact des pharmaciens VIH sur les erreurs des antirétroviraux chez les patients hospitalisés

Liedtke MD, Tomlin CR, Skrepnek GH, Farmer KC, Johnson PN, Rathbun

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle rétrospective réalisée dans un hôpital universitaire à Oklahoma (États-Unis).
  • L’objectif est d’examiner l’efficacité des pharmaciens spécialistes du VIH dans la surveillance des erreurs médicamenteuses dues aux traitements antirétroviraux des patients séropositifs hospitalisés par rapport aux patients suivis par des pharmaciens non spécialistes du VIH.
  • Les patients inclus dans l’étude sont séropositifs, âgés de plus 18 ans, recevant  au moins une dose d’antirétroviral pendant leur hospitalisation. Les patientes enceintes sont exclues.
  • L’étude a eu lieu  de 2011 à 2013, soit 2 ans. La phase pré interventionnelle a duré 12 mois. La phase interventionnelle suite à la mise en place de pharmaciens spécialistes du VIH a également duré 12 mois.
  • Durant la phase d’intervention, le pharmacien spécialiste du VIH établit tous les jours un dossier sur les patients recevant des antirétroviraux, examine leurs ordonnances électroniques, leur fonction rénale et contacte l’équipe médicale au besoin si erreurs.
  • Les erreurs retrouvées sont classées en 4 catégories : traitement incorrect, dose incorrecte, fréquence incorrecte ou interaction médicamenteuse. Elles sont aussi comptées si elles ne sont pas corrigées : sous 24h si l’erreur a eu lieu la semaine, le lundi si l’erreur a eu lieu le weekend ou le jour suivant un jour férié.
  • La population est de 330 admissions représentant 184 patients (153 admissions soit 96 patients séropositifs en pré intervention et  177 admissions soit 114 séropositifs  pendant la période d’intervention), avec une moyenne d’âge 47 ans.
  • Des réductions significatives concernant le nombre d’erreurs de dosages (22 erreurs dans le groupe pré-intervention vs 2 erreurs dans le groupe intervention avec p <0.001), le nombre d’erreurs de fréquence (8 erreurs dans le groupe pré-intervention vs 0 dans le groupe intervention avec p <0.001) et le nombre d’erreurs d’interactions médicamenteuses (49 erreurs dans le groupe pré-intervention vs 17 dans le groupe intervention avec p <0.001) sont mis en évidence.
  • Les types d’erreurs les plus fréquemment rencontrées avant la mise en place de la surveillance dans le service par le pharmacien spécialiste du VIH sont le dosage et la fréquence non adaptés à la fonction rénale et les interactions médicamenteuses.
  • Les médicaments impliqués dans les interactions médicamenteuses avant la surveillance dans le service par le pharmacien spécialiste du VIH sont : inhibiteur de protéase et warfarine (n=12), atazanavir et inhibiteur de la pompe à protons (n=11), inhibiteur de protéase et salmeterol  (n=10). Ceux après la surveillance dans le service par les pharmaciens spécialistes du VIH  sont : phénobarbital (n=1), rifampicine (n=1), clopidogrel (n=1), clarithromycine (n=2), antifongiques (n=3)

 

Ce que nous savions déjà

  • L’observance est un élément essentiel au succès du traitement et à l’atteinte des objectifs thérapeutiques.
  • Les erreurs médicamenteuses entrainent de nombreuses hospitalisations
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie, en particulier la fiche synthèse « VIH » pour en apprendre davantage sur l’impact du pharmacien dans ce domaine.

 

Ce qu’on se pose comme questions

  • Est-ce que les erreurs médicamenteuses sont liées à l’âge des patients ?
  • Quel est le niveau de connaissances des pharmaciens non spécialistes du VIH sur ce sujet ?

 

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Mettre au contact de patients séropositifs et sous traitement d’antirétroviraux des pharmaciens spécialistes du VIH
  • Renforcer la surveillance de la clairance rénale des patients séropositifs
  • Renforcer la surveillance des patients sous inhibiteurs de protéases

 

 

 

L’impact de la revue des médicaments avec suivi lors des admissions à l’hôpital des patients âgés polymédiqués

Mallet-Larrea A, Goyenechea E, Garcia-Cardenas V, Calvo B, Arteche JM, Aranegui P, Zubeldia JJ, Gastelurrutia MA, Martinez Martinez F, Benrimoj SI. The impact of a medication review with follow up service on hospital admissions in aged polypharmacy patients

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude randomisée contrôlée en Espagne avec  688 patients dans le groupe intervention et 715 dans le groupe contrôle soit 1403 patients
  • Les pharmaciens sont répartis dans les groupes  « intervention » ou « contrôle ». Les pharmaciens du groupe intervention réalisent la revue médicamenteuse avec suivi (RMS) consistant en un entretien avec le patient permettant la collecte d’informations relatives au patient dont notamment ses problèmes de santé, ses traitements, ses paramètres biologiques, ses habitudes. Les pharmacies du groupe interventionnel dispensent à leurs patients inclus la MRS tandis que les pharmaciens du groupe contrôle dispensent des soins standards à leurs patients, consistant en la dispensation des traitements prescrits par le médecin et des conseils pour des maux mineurs.
  • Les deux objectifs de l’étude sont d’estimer l’effet de la RMS sur les coûts d’hospitalisations et d’évaluer l’impact de la revue des médicaments avec suivi (RMS) réalisée par le pharmacien communautaire sur le nombre d’hospitalisations liées aux médicaments chez les personnes âgées polymédiquées
  • Les dossiers cliniques de ces patients hospitalisés durant les 6 mois de suivi sont récupérés. Un panel d’expert constitué de 3 spécialistes en médecine interne analysent ensuite à l’aveugle les hospitalisations de ces patients afin de définir si leur hospitalisation est liée aux médicaments et établissent le coût de leur hospitalisation grâce au groupe de diagnostic.
  • Les pharmaciens du groupe intervention ont reçu une formation de 3 jours abordant les sujets de management clinique du patient âgé, la méthode RMS et communication avec le patient et le docteur entre autres.
  • 42 hospitalisations sur 83 hospitalisations vérifiées sont dues aux médicaments soit 50.6%
  • Le pourcentage d’hospitalisations dues aux médicaments est  significativement inférieur pour les patients qui ont reçu la Revue des Médicaments avec Suivi (RMS) (26.2% vs 73.8%, p<0.05)
  • La probabilité d’être hospitalisé est 3.7 fois plus importante dans le groupe contrôle que dans le groupe interventionnel  (p<0.05).
  • Les coûts d’hospitalisations dues aux médicaments sont inférieurs pour les patients qui reçoivent la RMS [groupe intervention: €94 vs groupe contrôle: €301; p=0.018].

 

Ce que nous savions déjà

  • Les hospitalisations dues aux médicaments sont un problème important chez les populations âgées et polymédiquées
  • La preuve de l’impact du service pharmaceutique sur les hospitalisations reste incertaine
  • On peut consulter le site Impact pharmacie et la fiche synthèse «Gériatrie».

 

Ce qu’on se pose comme question

  •  Quel est le nombre d’hospitalisations toutes causes confondues ?

 

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Promouvoir la formation pour un développement continu afin d’enrichir ses connaissances en management de la personne âgée.
  • Dans les pharmacies communautaires, proposer de manière systématique aux patients à risques des entretiens afin d’évaluer le traitement.
  • Dans les hôpitaux, développer la revue médicamenteuse à plus de services.

 

 

Les interventions pharmaceutiques dans la prise en charge du diabète sucré de type 2 : revue systématique d’études randomisées contrôlées.

Pousinho S, Morgado M, Falcao A, Alves G. Pharmacist interventions in the management of type 2 diabetes mellitus : a systematic review of randomized controlled trials

Ce que cette étude nous apprend

  • Les études contrôlées randomisées incluses dans cette revue systématique ont démontré que les interventions pharmaceutiques sont dans un élan d’amélioration dans de nombreux résultats quand elles sont comparées avec les soins habituels comme l’hémoglobine glyquée (diminution significative dans 15 études sur 23) , la glycémie (diminution significative dans 5 études sur 26), la pression artérielle (diminution significative de la systolique dans 9 études sur 18 et de la diastolique dans 5 étude sur 15), le profil lipidique (diminution significative du cholestérol total, des triglycérides et des LDL dans 3 études sur 13, 2/12 et 4/15 respectivement et augmentation significative des HDL dans 1 étude sur 10), l’observance du traitement (augmentation significative dans 2 études sur 11)  et la qualité de vie liée à la santé (augmentation significative dans 1 étude sur 11)
  • La revue prend en compte 9 ans de publications.
  • Les bases de données utilisées afin d’identifier les essais contrôlés randomisés qui évaluent l’efficacité des interventions pharmaceutiques dans la prise en charge des patients atteints du diabète de type 2 par rapport aux patients atteints du diabète de type 2 recevant des soins habituels sont Pub Med, Cochrane et Web of science. Les données sont analysées par deux examinateurs indépendants.
  • L’objectif est d’identifier et résumer les principaux résultats des interventions pharmaceutiques dans la prise en charge du diabète de type 2
  • Les critères d’inclusion des articles sont : les études mentionnant un des résultats suivants : hémoglobine glyquée, glycémie (à jeun, post postprandiale, aléatoire), tension artérielle, observance des traitements, qualité de vie liée aux soins, profil lipidique (HDL-cholestérol, LDL-cholestérol, cholestérol total, triglycérides), indice de masse corporelle, risques de maladies coronariennes à 10 ans, résultats économiques, études dont l’intervention vise la prise en charge du diabète de type 2 par rapport aux soins habituels, études randomisées contrôlées ou études randomisées contrôlées par grappes, études évaluant l’efficacité des interventions délivrées par le pharmacien seulement ou en grande partie, études ayant lieu en pharmacie communautaire, en ambulatoire ou à l’hôpital.
  • Les résumés de conférences sont exclues de la revue systématique
  • 59 études éligibles, 36 études incluses. Suivi des études : de 45 jours à 24 mois. Nombre d’études selon le lieu : Asie (n=15), Amérique du Nord (n=11), Europe (n=5), Amérique du Sud (n=2), Australie (n=2), Afrique (n=1)
  • Les différents outils utilisés à travers les études sont : UKPDS risk engine, l’échelle d’observance de Morisky, The audit of diabetes dependent quality of life questionnaire (ADDQoL), EuroQol 5D questionnaire et le Framingham prediction model

 

Ce que nous savions déjà

  • Le diabète de type 2 est une maladie métabolique sérieuse avec une forte prévalence dans de nombreux pays à travers le monde, imposant de forts coûts inacceptables.
  • En regard de l’arsenal d’options thérapeutiques actuellement disponible pour lutter contre cette maladie, le contrôle métabolique reste sous utilisé par les patients atteints de diabète de type 2
  • Les rôles et les retombées du pharmacien dans la gestion de la continuité des soins sont peu documentés.
  • La prise en  charge du diabète nécessite une étroite collaboration entre le patient et l’équipe de soin multidisciplinaire, dans laquelle les pharmaciens peuvent également prendre part en offrant des programmes de soins pharmaceutiques
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse «diabète/endocrinologie» et «diabète»

 

Ce qu’on se pose comme question

  • Y a t-il une variation selon le niveau d’éducation et l’âge des patients ?

 

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Promouvoir le conseil aux patients dans toutes les structures de soin
  • Réaliser des études d’analyse économique supplémentaires dans le but d’évaluer la rentabilité des interventions pharmaceutiques et rechercher en profondeur dans les interventions les éléments contribuant le plus aux effets observés.
  • Réalisation de standards, d’outils validés pour vérifier certains résultats, pour que les données provenant de différentes études concernant ces résultats puissent être analysées ensemble.