Bilan comparatif des médicaments: son importance dans la continuité des soins

Van Hollebeke M, Talavera-Pons S, Mulliez A, Sautou V, Bommelaer G, Abergel A, Boyer A. Impact of medication reconciliation at discharge on continuity of patient care in France. Int J Clin Pharm. 2016 Jul 18. [Epub ahead of print] PubMed PMID: 27432017.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude randomisée contrôlée réalisée en 2016 en France à l’hôpital Clermont-Ferrand.
  • 124 patients inclus dans l’étude. Ils doivent être âgés de plus de 18 ans, admis au département de chirurgie digestive, parler couramment le français et aller à la même pharmacie communautaire depuis au moins les 3 derniers mois.
  • L’objectif de l’étude est d’évaluer l’impact du bilan comparatif au départ et la transmission de l’information du pharmacien hospitalier (PH) au pharmacien communautaire (PC) sur la continuité des soins au patient.
  • Le PH fait un premier bilan comparatif à l’admission et analyse toutes les prescriptions que le patient reçoit durant son séjour à l’hôpital. Au congé, le PH fait un bilan comparatif au départ. Il fait une consultation avec le patient pour lui expliquer les traitements et aussi les changements à la pharmacothérapie, s’il y a lieu.
  • Dans tout le processus, si le pharmacien note une divergence, celui-ci contacte le médecin pour obtenir des explications ou pour la corriger. Le bilan comparatif au départ et au congé est effectué de la même manière, que ce soit pour le groupe contrôle ou le groupe intervention.
  • La différence entre le groupe contrôle et le groupe intervention est qu’au congé, le PH communique avec le PC seulement pour les patients du groupe intervention. En effet, le PH envoie au PC les prescriptions au congé, la liste des médicaments avec les explications (indication, raison de l’ajout ou de la modification des médicaments) et les données cliniques et biologiques pertinentes. Toutes ces interventions ne sont pas effectuées pour le groupe contrôle. Au 7ème jour post-congé (+/- 2 jours), le PH envoie au PC un questionnaire. La continuité des soins, l’utilisation du formulaire des médicaments au congé et la satisfaction y sont évaluées.
  • Il n’y a pas de différence significative entre le groupe contrôle et le groupe intervention dans le nombre de patients qui se présentent à la pharmacie communautaire dans les délais suite au congé (respectivement 50 (94%) et 46 (90%), p=0.428).
  • Dans le groupe contrôle, il y a significativement plus de patients dont au moins 1 médicament n’est pas disponible lors de la dispensation à la pharmacie comparativement au groupe intervention (respectivement, 10 (22%) et 1 (2%), p<0.005).
    • Les ruptures de médicaments concernent surtout les anticancéreux, les agents immunomodulateurs, les anti-inflammatoires pour les maladies gastro-intestinales et les antiparasitaires.
  • Dans le groupe contrôle, il y a significativement plus de patients qui reçoivent une quantité incomplète de médicaments au moment de se rendre à la pharmacie comparativement au groupe intervention (respectivement, 11 (24%) et 3 (6%), p=0.013)
  • En ce qui concerne la satisfaction globale des pharmaciens par rapport à la liaison hôpital-pharmacie, dans le groupe contrôle, 12 (24%) des PC sont satisfaits tandis que dans le groupe intervention, 51 (96%) des pharmaciens sont satisfaits (p<0.005).
  • De plus, la majorité des PC trouvent que la liste des prescriptions au départ est utile pour leur pratique. Cependant, le plan de traitement est considéré comme le document le moins utile.
  • Pour le groupe contrôle, le temps moyen que le PH a besoin pour consulter le médecin et le patient est de 21 minutes comparativement à 35 minutes pour le groupe intervention. Cette différence de 14 minutes s’explique par le temps nécessaire pour expliquer l’étude et aussi de transférer les documents requis.

Ce que nous savons déjà

  • Les rôles et les retombées du pharmacien dans les bilans comparatifs médicamenteux sont très bien documentés.

Ce qu’on se pose comme question

  • Pour s’assurer qu’un traitement déjà débuté à l’hôpital ne soit pas interrompu, que fait le pharmacien s’il réalise que ledit médicament n’est plus en stock?
  • Dans la discussion de l’étude, les auteurs mentionnent que si le PH envoie les prescriptions de congé au PC, cela donne le temps au PC de commander les médicaments et les dispenser au moment opportun. Étant donné que la livraison des médicaments suite à une commande peut prendre au moins 12-24h, combien de temps à l’avance les PH doivent-ils envoyer les prescriptions de congé au PC?
  • Aurait-il été pertinent de voir combien de PC ont contacté les PH pour obtenir les informations manquantes dans le groupe contrôle?

Ce que vous pouvez faire

  • Instaurer une méthode qui permet le transfert adéquat des informations du milieu hospitalier au milieu communautaire.
  • Trouver des stratégies afin de gérer les ruptures de stock potentiels.
  • Vérifier auprès des hôpitaux si les pharmaciens hospitaliers faxent systématiquement les bilans comparatifs au congé aux pharmaciens communautaires.

Prise en charge des patients atteints de la maladie pulmonaire obstructive chronique: ce que le pharmacien peut faire

Xin C, Xia Z, Jiang C, Lin M, Li G. The impact of pharmacist-managed clinic on medication adherence and health-related quality of life in patients with COPD: a randomized controlled study. Patient Prefer Adherence. 2016 Jul 11;10:1197-203. doi: 10.2147/PPA.S110167. eCollection 2016. PubMed PMID: 27468229; PubMed Central PMCID: PMC4946831.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude randomisée contrôlée réalisée en 2015 dans un hôpital de la province de Zhejiang en Chine.
  • 244 patients inclus dans l’étude soit 122 patients dans le groupe contrôle et 122 patients dans le groupe intervention.
  • L’objectif de l’étude est d’évaluer l’impact d’une clinique gérée par un pharmacien sur l’adhésion médicamenteuse et la qualité de vie des patients atteints de la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC).
  • Cette étude comprend 2 groupes: un groupe contrôle et un groupe intervention.
    Les patients dans le groupe contrôle reçoivent les soins usuels prodigués par le médecin, mais ne reçoivent pas les services de prescription par le pharmacien clinicien.
  • Les patients dans le groupe intervention sont dans la clinique de MPOC gérée par un pharmacien. Ainsi, ils sont éduqués de manière individuelle. Tout d’abord, le pharmacien discute avec les patients sur la définition de la MPOC, la pathophysiologie de la maladie, l’importance d’être observant aux traitements et l’importance de la cessation tabagique. Puis, le pharmacien explique aux patients comment prendre les médicaments prescrits, comment utiliser les dispositifs (pompes) de manière optimale, les effets secondaires possibles, l’importance d’avoir une diète équilibrée et de se rendre aux rendez-vous de suivi.
  • Finalement, le pharmacien partage au patient son numéro de téléphone pour que celui-ci puisse le consulter lorsque nécessaire. Pour aider les patients à mieux comprendre le plan d’éducation, le pharmacien prépare beaucoup de matériel éducatif (p.ex. dépliants).
  • Pour le score à l’évaluation des renouvellements, il n’y a pas de différence significative entre le groupe contrôle et le groupe intervention au départ (respectivement, 77.4 +/- 12.2 et 78.8 +/- 12.3, p=0.798). Cependant, après 12 mois, le groupe intervention a un score significativement plus élevé que le groupe contrôle (respectivement, 93.1 +/- 14.2 et 3.2 +/- 12.7, p=0.003).
  • Au début de l’étude, 63 patients dans le groupe intervention et 61 patients dans le groupe contrôle ont un score d’au moins 80% à l’évaluation des renouvellements (p=0.904). Après 12 mois, ce sont plutôt 95 patients dans le groupe intervention et 58 patients dans le groupe contrôle qui ont un score d’au moins 80% à l’évaluation des renouvellements (p=0.002).
    • L’adhérence aux renouvellements (medication refill assessment (MRA)) permet d’évaluer si le patient est adhérent à la thérapie ou non.
  • Au départ, les scores initiaux au questionnaire de St-Georges sont de 50.9 +/- 4.7 pour le groupe intervention et 50.6 +/- 4.6 dans le groupe contrôle (p=0.949). À 12 mois, le groupe intervention a un score significativement plus élevé comparativement au groupe contrôle (respectivement, 42.7 +/- 3.2 et 52.4 +/- 5.2, p<0.05).
    • Le questionnaire de St-Georges est un outil validé qui permet de mesurer l’atteinte de la santé et la réponse au traitement chez les patients qui ont une atteinte respiratoire chronique. Ce questionnaire contient 50 énoncés divisés dans 3 domaines: impacts, activités et symptômes. Pour chacun des domaines, le score varie entre 0 et 100. Le score le plus faible indique que la maladie n’a aucun effet sur la vie du patient tandis qu’un score de 100 indique la pire santé pulmonaire du patient. Ce test est effectué tous les 6 mois.
  • Les résultats de l’étude montrent que 14 (12.2%) patients dans le groupe intervention ont eu une exacerbation aigüe de la MPOC versus 28 (24.7%) patients dans le groupe contrôle (p=0.024).
  • De plus, 11 patients dans le groupe intervention ont été hospitalisé versus 35 patients dans le groupe contrôle (p=0.015).
  • Finalement, au début de l’étude, 74% des patients se disent fumeurs. Après 12 mois, il y a significativement plus de patients dans le groupe intervention qui ont cessé de fumer par rapport au groupe contrôle (respectivement, 83 (71%) et 59 (52.2%), p=0.022).

Ce que nous savions déjà

  • Il existe un nombre raisonnable d’études qui recensent le rôle et les retombées du pharmacien dans la gestion de la MPOC.
  • 1 étude rapporte l’impact positif des pharmaciens dans la façon d’utiliser les inhalateurs de poudre auprès des personnes âgées PMID24293335.
  • 1 autre étude a un indicateur de résultat similaire sur les exacerbations de la MPOC PMID26479017.
  • 2 études recensées mesurent les retombées positives du pharmacien sur le nombre de réadmissions à l’hôpital suite à l’intervention PMID26003155 PMID25766720.

Ce qu’on se pose comme questions

  • Est-ce que les bénéfices associés à la clinique de MPOC gérée par un pharmacien seront maintenus si le suivi est effectué sur une plus longue période?
  • Mesurer l’observance au traitement en se fiant à la fréquence des renouvellements est-elle la méthode la plus efficace et la plus fiable?
  • Quelles sont les techniques que le pharmacien a utilisées pour encourager les patients de cesser de fumer?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Sensibiliser les patients atteints d’une MPOC sur l’importance d’avoir de saines habitudes de vie.
  • En pratique, lors du suivi, faire passer des questionnaires sur la qualité de vie auprès des patients pour avoir une idée du contrôle de la maladie.
  • Développer des stratégies éducatives pour les patients atteints d’une MPOC et les partager.

 

Le pharmacien et la gestion du diabète 2 non-contrôlé: un intervenant qui fait la différence!

Aguiar PM, da Silva CH, Chiann C, Dórea EL, Lyra DP Jr, Storpirtis S. Pharmacist-physician collaborative care model for patients with uncontrolled type 2 diabetes in Brazil: results from a randomized controlled trial. J Eval Clin Pract. 2016 Jul 25. doi: 10.1111/jep.12606. [Epub ahead of print] PubMed PMID: 27452158.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude randomisée contrôlée réalisée en 2014 à Sao Paulo, Brésil au sein d’un hôpital de soins secondaires.
  • 73 patients inclus dans l’étude soit 37 dans le groupe contrôle et 36 dans le groupe intervention. Les 2 groupes sont comparables selon les caractéristiques de base.
  • L’objectif de l’étude est d’évaluer l’effet d’un modèle de soins impliquant la collaboration pharmacien-médecin sur les issues cliniques des patients ayant un diabète de type 2 non-contrôlé.
  • Cette étude comprend 2 groupes: un groupe contrôle et un groupe intervention. Les participants du groupe contrôle reçoivent les soins usuels offerts par la clinique des maladies métaboliques. Cela inclut: suivi régulier avec l’équipe médicale à tous les 2-6 mois selon le contrôle glycémique. Durant ces visites, le médecin évalue la pharmacothérapie du patient et les paramètres cliniques. Si nécessaire, le patient est référé à des infirmières pour recevoir des conseils sur les habitudes de vie, l’auto-surveillance des glycémies, l’administration d’insuline, la distribution de dépliants informatifs et d’un carnet de glycémie.
  • Pour le groupe intervention, en plus des soins usuels, ils reçoivent les services d’un pharmacien clinicien (qui travaille en collaboration avec un médecin). Le pharmacien fait des consultations individuelles avec les patients (durée: 20-40 mins). Le patient reçoit aussi un suivi téléphonique régulier (durée: 3-20 mins) avec le pharmacien. Le pharmacien procède à une collecte de données complète sur le patient avec les sources à sa disposition. Le pharmacien fait des conseils sur les habitudes de vie et donne des conseils sur l’utilisation de la médication (efficacité, innocuité, adhésion). Il effectue ensuite une analyse de l’ensemble de l’information afin d’identifier les problèmes médicamenteux puis propose des interventions appropriées. Ces recommandations sont présentées à l’équipe médicale/au patient.
  • Les résultats montrent que durant l’étude, le pharmacien a identifié 189 problèmes liés à la médication avec une moyenne de 5.3 +/- 2.4 par patient.
  • Des 189 problèmes identifiés, 125 soit 66% ont été résolus directement avec le patient. Le reste a été résolu avec le médecin.
  • 96.9% des interventions pharmaceutiques suggérées par le pharmacien ont été acceptées par le médecin.
  • Au niveau de l’observance à 12 mois, le groupe intervention a une amélioration de 33.3% comparativement au groupe contrôle qui a une baisse de 5.4% (p<0.001).
  • Au 4-item Morisky-Green test (MMAS-4) à 12 mois, le groupe intervention a un score de 0.9 comparativement au groupe contrôle qui a un score de 0.1 (p=0.008).
    • Le 4-item Morisky-Green test est un outil validé qui évalue les attitudes du patient envers son traitement. Il classifie le patient comme étant adhérent si le patient répond négativement aux 4 énoncés dans le test.
  • En ce qui concerne le niveau d’hémoglobine glyquée (HbA1c) à 12 mois, le groupe intervention a une diminution de 0.79% comparativement au groupe contrôle qui a une diminution de 0.16%, p=0.01.
  • De plus, 25% des patients dans le groupe intervention ont atteint les cibles recommandées d’HbA1c selon le profil comparativement au groupe contrôle où 5.4% des patients l’ont atteint (p=0.02).
  • Pour la tension artérielle systolique à 12 mois, l’amélioration est non significative entre le groupe intervention et le groupe contrôle (respectivement, -12,5 mmHg vs -4.4 mmHg, p=0.071).
  • Pour la tension artérielle diastolique à 12 mois, l’amélioration est non significative entre le groupe intervention et le groupe contrôle (respectivement, -6.3 mmHg vs -3.2 mmHg, p=0.3).
  • Pour les lipoprotéines de faible densité (LDL) à 12 mois, le groupe intervention a une diminution non significative comparativement au groupe contrôle (respectivement, -10.2 mg/dL vs -12.2 mg/dL, p=0.768)

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien dans la prise en charge du diabète et du contrôle des comorbidités associées sont bien documentés.
  • 2 études ont été recensées avec des indicateurs de résultats similaires concernant la proportion de patients ayant atteints les cibles d’hémoglobine glyquée à 12 mois PMID23640349 PMID22672148.

Ce qu’on se pose comme questions

  • Qu’est-ce qui explique la diminution de l’observance dans le groupe contrôle à 12 mois?
  • Étant donné que l’étude s’est déroulée dans un seul centre, est-ce que cela peut affecter la généralisation des résultats à d’autres établissements de santé?
  • Si le suivi est plus long, les résultats de tension artérielle et de LDL peuvent-ils changer?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Réfléchir à la possibilité d’implanter un modèle de soins similaire pour les patients ayant un diabète non-contrôlé.
  • Effectuer une analyse des coûts d’une telle pratique.
  • Faire une évaluation de la qualité de vie et de la satisfaction auprès des patients diabétiques.

Programme collaboratif pharmacien-médecin sur la prise en charge du syndrome grippal: une étude multicentrique

Klepser ME, Klepser DG, Dering-Anderson AM, Morse JA, Smith JK, Klepser SA. Effectiveness of a pharmacist-physician collaborative program to manage influenza-like illness. J Am Pharm Assoc (2003). 2016 Jan;56(1):14-21. doi: 10.1016/j.japh.2015.11.008. PubMed PMID: 26802915.

Ce que cette étude nous apprend

  • Il s’agit d’une étude de cohorte prospective réalisée en 2014 dans 55 pharmacies communautaires au Michigan, Minnesota et Nebraska, États-Unis
  • L’objectif est d’évaluer l’efficacité d’un programme dans lequel les pharmaciens et les médecins travaillent conjointement pour identifier les patients ayant des symptômes grippaux et prescrire des médicaments selon une entente de pratique de collaboration.
  • Les patients subissent un bref examen physique et les signes vitaux sont pris en note: fréquence cardiaque, tension artérielle, fréquence respiratoire, température et saturation en oxygène. Puis, un test de détection rapide de l’influenza est effectué. Chaque pharmacie communautaire participante achète ou utilise le matériel nécessaire pour procéder à l’évaluation du patient.
  • Par la suite, le pharmacien informe le patient sur les résultats au test de détection rapide et à l’examen physique. Il y a 47 sites où la gestion du patient est menée par un programme collaboratif médecin-pharmacien. Si le patient répond aux critères suivants: symptômes grippaux depuis 48h ou moins, test de détection de l’influenza positif, le patient reçoit un traitement d’oseltamivir. Aussi, il y a 8 sites où le pharmacien est en consultation directe avec le médecin traitant du patient. Le pharmacien peut donc le contacter pour lui faire part du plan de traitement (p.ex. prendre un rendez-vous pour une visite de bureau, référer le patient à l’urgence, dispensation d’un antiviral ou traitement symptomatique). Si le patient n’a pas de médecin traitant ou si ce dernier ne peut être rejoint, le patient est dirigé à l’urgence. Par ailleurs, si le patient a des symptômes correspondant à une grippe, mais que le résultat au test est négatif, le pharmacien discute de la situation avec le patient et lui recommande des médicaments qui se trouvent en vente libre. Si à l’évaluation, le patient semble cliniquement instable selon le pharmacien, celui-ci appelle le médecin généraliste pour savoir où référer le patient. De plus, un résumé de l’état du patient est envoyé au médecin. Le pharmacien contacte chaque patient par téléphone 24 à 48h après la visite initiale pour faire un suivi.
  • Dans le cadre de cette étude, 121 patients ont eu un dépistage.
    • 45 patients sur 121 ont été exclus puis référés à leur fournisseur de soins primaires ou à l’urgence.
  • Ainsi, 75 patients sont éligibles à l’étude et de ceux-ci, 8 patients ont eu un résultat positif au test de dépistage rapide de l’influenza.
  • De plus, 34.6% des patients n’ont pas de médecin de famille et 38.7% des patients visitent la pharmacie en dehors des heures d’ouverture usuelles.
  • 3% des patients ont rapporté se sentir moins bien au suivi.

Ce que nous savons déjà

  • Il existe peu de documentation au sujet du rôle et des retombées du pharmacien dans la gestion de l’influenza.
  • Un autre article évalue aussi le rôle du pharmacien dans le dépistage de l’influenza PMID27076819.

Ce qu’on se pose comme questions

  • La validité externe de l’étude est-elle affectée par les critères d’exclusion trop stricts?
  • La petite taille de l’échantillon a-t-elle pu influencé la qualité des résultats obtenus?
  • N’y aurait-il pas un dédoublement de travail si le pharmacien effectue une brève évaluation physique puis réfère le patient au médecin par la suite?
  • Au suivi, pour quelle raison 3% des patients se sentent moins bien?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Évaluer la possibilité de créer une ordonnance collective entre pharmacien et médecin sur la prescription d’antiviraux contre la grippe.
  • Pour faciliter l’accès aux soins, faire un répertoire des différentes cliniques médicales situées à proximité de la pharmacie.
  • Réfléchir à un lieu dans la pharmacie communautaire et les outils nécessaires pour pouvoir effectuer une brève évaluation physique des patients.

Dépistage de l’influenza en pharmacie communautaire: une nouvelle approche?

Papastergiou J, Folkins C, Li W, Young L. Community pharmacy rapid influenza A and B screening: A novel approach to expedite patient access to care and improve clinical outcomes. Can Pharm J (Ott). 2016 Mar;149(2):83-9. doi: 10.1177/1715163516629157. Epub 2016 Mar 3. PubMed PMID: 27076819; PubMed Central PMCID: PMC4813520.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle menée dans 2 pharmacies communautaires en 2015, Toronto, Canada.
  • Inclut 59 patients qui sont âgés d’au moins 5 ans avec des symptômes de l’influenza.
  • L’étude contient 2 objectifs: 1) Investiguer sur l’impact et la faisabilité d’un service de dépistage de l’influenza mis en place par des pharmaciens communautaires. 2) Évaluer la proportion de cas influenza-positif qui a résulté en l’initiation d’une thérapie antivirale par les pharmaciens.
  • Des prélèvements nasaux sont collectés auprès des patients symptomatiques puis mélangés avec un réactif. Ensuite, le System Veritor de BD est utilisé pour dépister la grippe rapidement en détectant la présence d’antigènes des virus grippaux A et B dans les prélèvements nasaux. Il faut attendre environ 10 minutes avant d’obtenir un résultat. Par la suite, le résultat est interprété grâce au Veritor System Reader. Les cas positifs d’influenza sont rapportés aux médecins généralistes et les pharmaciens font des recommandations sur l’initiation d’une thérapie antivirale si nécessaire. Des soins de support sont proposés et un suivi téléphonique est fait dans les 48h suite à l’évaluation et ce, pour tous les patients.
  • Des 59 patients participant à l’étude, 61% d’entre eux étaient à haut risque de complications liées à l’influenza.
  • 20 patients sur 59 soit 34% des patients ont eu un résultat positif au dépistage de l’influenza.
  • De ceux qui ont eu un résultat positif, 40% ont reçu une prescription d’oseltamivir.
  • Le pharmacien a offert des soins de support pour tous les patient et l’utilisation de médicaments en vente libre a été recommandée à 85% des patients.
  • Les prescriptions sont transmises directement à la pharmacie dans 63% des cas et pour le 37% restant, les prescriptions sont obtenues après l’évaluation médicale par un médecin.

Ce que nous savions déjà

  • Il existe peu de documentation au sujet du rôle et des retombées du pharmacien dans la gestion de l’influenza.
  • 1 étude a mesuré l’effet des consultations pharmaceutiques auprès des patients qui refusent de se faire vacciner PMID26880320. Cette étude met donc en valeur le rôle du pharmacien dans la promotion de l’efficacité et de l’innocuité des vaccins.

Ce qu’on se pose comme question

  • Les patients ont-ils été sensibilisés sur l’importance de se faire vacciner annuellement? Cela permettrait alors de diminuer l’utilisation de l’oseltamivir ainsi que le risque de résistance.
  • Quel est l’efficacité de l’outil de dépistage System Veritor de BD? Fait-il beaucoup de faux positifs ou de faux négatifs?
  • Est-ce que les prélèvements nasaux auraient pu être colonisés par d’autres virus/bactéries?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Sensibiliser les patients sur l’importance de se faire vacciner contre la grippe annuellement, surtout si ce sont des patients à risque (p.ex. âge > 50 ans, patient ayant des maladies chroniques, grossesse, les enfants de bas âge).
  • Reconnaître les signes et symptômes associés à la grippe et intervenir en conséquence afin que les patients soient pris en charge rapidement.
  • Voir s’il est possible d’instaurer un tel service dans votre milieu de pratique.

 

Mise en place d’un programme permettant la prise en charge des patients cancéreux: quel est son efficacité?

Patel JM, Holle LM, Clement JM, Bunz T, Niemann C, Chamberlin KW. Impact of a pharmacist-led oral chemotherapy-monitoring program in patients with metastatic castrate-resistant prostate cancer. J Oncol Pharm Pract. 2015 Oct 22. pii: 1078155215612541. [Epub ahead of print] PubMed PMID: 26493871

Ce que cette étude nous apprend

  • Il s’agit d’une étude de cohorte rétrospective réalisée aux États-Unis en 2015.
  • L’objectif de l’étude est d’identifier le bénéfice clinique et quantifier l’utilité d’un programme de gestion des chimiothérapies mené par un pharmacien.
  • 31 patients inclus dans l’étude soit 14 patients dans le groupe pré-implantation et 17 dans le groupe post-implantation.
  • L’étude consiste en la comparaison de manière rétrospective de 2 cohortes de patients recevant de l’abiratérone, le bicalutamide ou de l’enzalutamide pour un cancer de la prostate métastatique hormono-résistant. La première cohorte est un groupe de patients vu par l’équipe d’oncologie 21 mois avant l’implantation du programme mené par un pharmacien sur la surveillance des anticancéreux. La deuxième cohorte est un autre groupe de patients vus 24 mois après l’implantation du programme. Le programme inclut plusieurs services: éducation aux patients sur la chimiothérapie prise par voie orale, gestion de l’efficacité, l’innocuité, l’adhésion, les interactions médicamenteuses et les soins de support. De plus, les patients peuvent être suivis à la fois avec l’oncologue et le pharmacien lors de visites cliniques ou avec le pharmacien seul, par téléphone ou par courriel.
  • Les issues mesurées sont le nombre d’interventions par patient, l’adhérence à la surveillance des paramètres de laboratoire ainsi que le temps global pendant lequel le patient est sous traitement.
  • Les résultats de l’étude démontrent que le groupe post-implantation a significativement plus d’interventions par patient comparativement au groupe pré-implantation (respectivement, 6.9 interventions vs 2.6 interventions) (p=0.004)
  • De plus, le groupe post-implantation a significativement plus de patients adhérents à la surveillance des paramètres de laboratoire comparativement au groupe pré-implantation (respectivement, 10 patients vs 3 patients) (p=0.04)
  • Cependant, il n’y a pas de différence significative entre le groupe pré-implantation et post-implantation en ce qui concerne le temps global pendant lequel le patient est sous traitement (respectivement, 8.1 mois vs 10.3 mois) (p=0.341)

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien en oncologie sont bien documentés.
  • Trois études recensent l’impact positif des interventions du pharmacien dans la gestion des effets indésirables associés à la chimiothérapie PMID24726204 PMID21414113 PMID23949839.
  • Trois études rapportent les retombées positives du pharmacien sur la détection des prescriptions inappropriées, d’erreurs ou d’omissions médicamenteuses PMID24726204 PMID19662439 PMID1880891.
  • Deux études ont évalué la satisfaction des patients suite aux interventions du pharmacien PMID24726204 PMID23179492.

Ce qu’on se pose comme questions

  • Les résultats auraient-ils été aussi concluants avec une étude randomisée contrôlée et une taille d’échantillon plus grande?
  • Les résultats sont-ils généralisables à une autre institution?
  • Est-ce que les résultats auraient été différents si les chercheurs regardaient séparément chaque médicament à l’étude?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Partager les stratégies afin de gérer la chimiothérapie (p.ex. effets secondaires, interactions médicamenteuses).
  • Évaluer le rapport coût-efficacité de l’utilisation de la chimiothérapie par voie orale.
  • Évaluer la possibilité d’instaurer un service de surveillance des paramètres de laboratoire géré par un pharmacien spécialisé en oncologie.

L’impact du pharmacien en urgence sur le temps d’administration des antibiotiques

Moussavi K, Nikitenko V. Pharmacist impact on time to antibiotic administration in patients with sepsis in an ED. Am J Emerg Med. 2016 Jul 20. pii: S0735-6757(16)30426-0. doi: 10.1016/j.ajem.2016.07.031. [Epub ahead of print] PubMed PMID: 27503060.

Ce que nous apprend cette étude

  • Étude observationnelle rétrospective réalisée en 2014 aux États-Unis.
  • 186 patients inclus dans l’étude soit 92 patients dans le groupe intervention et 94 patients dans le groupe contrôle.
  • L’objectif de l’étude est de déterminer si la présence du pharmacien clinicien dans le département d’urgence peut diminuer le temps entre la demande et l’administration des antibiotiques chez les patients adultes ayant un sepsis, un sepsis sévère ou un choc septique.
  • Une thérapie antibiotique instaurée rapidement est une méthode importante pour gérer les patients ayant un sepsis dans le département d’urgence. En effet, en agissant rapidement, le risque de mortalité et la durée d’hospitalisation sont réduits. Les lignes directrices du Surviving Sepsis Campaign (SSC) 2012 recommandent que les patients reçoivent un antibiotique à large spectre en dedans d’une heure lors de la reconnaissance d’un sepsis sévère ou d’un choc septique et en dedans de 3 heures lors de la reconnaissance d’un sepsis.
  • Dans cette étude, il y a 2 groupes: un groupe contrôle dans lequel le pharmacien n’est pas présent et un groupe intervention dans lequel les patients reçoivent des antibiotiques en présence du pharmacien.
  • Les responsabilités du pharmacien sont les suivantes: évaluation des prescriptions (vérification de la dose, voie d’administration, fréquence, le choix de la thérapie), offrir des services de consultation pharmaceutique, implanter et modifier des régimes médicamenteux, aider lors d’urgences médicales, développer des lignes directrices et protocoles, fournir des services de surveillance médicamenteuse, faciliter la préparation et la délivrance des médicaments, offrir de la formation auprès des infirmières, médecin et d’autres membres du département d’urgence.
  • Toutes les prescriptions sont rentrées dans la saisie informatique des ordonnances médicales (CPOE) et doivent être revues par le pharmacien lorsqu’il est présent. Les infirmières doivent attendre l’évaluation du pharmacien avant qu’elles puissent l’administrer. Cependant, durant les urgences médicales, ce processus peut ne pas être appliqué.
  • Les résultats montrent que le temps entre la demande et l’administration des antibiotiques est significativement plus rapide pour le groupe intervention que pour le groupe contrôle (respectivement, 0.61 heure vs 0.88 heure, p=0.001).
  • Davantage de patients dans le groupe intervention ont reçu les antibiotiques dans les délais recommandés par les lignes directrices du SSC 2012 (respectivement, 81 (88%) vs 68 (72%), p=0.0097).
  • Il y a significativement plus de patients dans le groupe intervention qui ont reçu un antibiotique approprié pour le traitement initial que dans le groupe contrôle (respectivement, 89 (97%) vs 76 (81%), p=0.0008).
  • Le temps entre la demande et l’administration du premier antibiotique approprié est significativement plus rapide pour le groupe intervention que pour le groupe contrôle (respectivement, 0.64 heure vs 1 heure, p<0.0001).
  • Finalement, 17 requêtes concernant les antibiotiques sont envoyées par les infirmières lorsque le pharmacien est absent contrairement à 1 requête lorsqu’il est présent (p=0.0001).

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien dans la gestion des antibiotiques et des maladies infectieuses sont bien documentés.
  • 1 autre étude évalue le nombre de prescriptions d’antibiotiques conformes aux recommandations PMID26104036.

Ce qu’on se pose comme question

  • Est-ce que des facteurs externes auraient pu influencer les résultats observés?
  • Le guide d’antibiothérapie Sanford 2014 a été utilisé pour savoir si l’antibiotique initial administré est approprié ou non. Les résultats seraient-ils différents si l’équipe médicale se fiait aux résultats de culture?
  • N’aurait-il pas été pertinent de mesurer l’impact de la diminution du temps sur la santé du patient (p.ex. diminution du risque de complications, réduction du séjour à l’hôpital etc.)?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Proposer l’ajout d’un pharmacien clinicien dans le département d’urgence de votre établissement de santé.
  • Développer des guides concernant l’utilisation appropriée des antibiotiques afin de prévenir l’utilisation excessive de ceux-ci et de diminuer le risque de résistance.
  • Mettre en place dans votre milieu de pratique un outil qui permet d’avoir des indicateurs de performance.

 

Optimisation de la thérapie antiparkinsonienne en pharmacie communautaire: quel est l’impact sur la qualité de vie du patient?

Henrichsmann M, Hempel G. Impact of medication therapy management in patients with Parkinson’s disease. Int J Clin Pharm. 2016 Feb;38(1):54-60. doi: 10.1007/s11096-015-0206-0. Epub 2015 Nov 21. PubMed PMID: 26590989.

Ce que cette étude nous apprend

  • Il s’agit d’une étude de cohorte prospective réalisée en Allemagne dans des pharmacies communautaires.
  • 90 patients inclus, âgés de plus de 19 ans, ayant un diagnostic de la maladie de Parkinson idiopathique et prenant au moins un médicament antiparkinsonien.
  • L’objectif de l’étude est d’évaluer l’amélioration de la qualité de vie des patients atteints de la maladie de Parkinson via une optimisation de leur thérapie médicamenteuse.
  • Les patients éligibles à l’étude doivent d’abord remplir un document concernant leurs informations personnelles (nom, âge, personnel traitant, allergies/intolérances, date du diagnostic, niveau de soins etc.). Par la suite, un professionnel de la santé (médecin, ergothérapeute/physiothérapeute, personnel soignant) leur fait passer le Unified Parkinson’s disease rating scale (UPDRS), le Movement Disorder Society Unified Parkinson’s disease rating scale (MDS-UDRS) ainsi qu’une auto-évaluation des activités de la vie quotidienne (AVQ) au patient.
  • Une revue de la médication est effectuée par le pharmacien dans le but d’identifier les problèmes reliés à la pharmacothérapie et ces derniers sont compilés dans un système informatique selon 6 catégories: choix du médicament, dose, interaction, effet secondaire, adhésion et prescription illisible. Plusieurs outils ont été utilisés pour mesurer l’adhérence au traitement et identifier les médicaments potentiellement inappropriés chez les personnes âgées.
  • Une fois que l’évaluation est terminée, le pharmacien rédige des recommandations sous forme de note Subjectif-Objectif-Analyse-Plan (SOAP) qu’il discute avec le patient et le médecin traitant. Les patients sont libres de contacter le pharmacien à n’importe quel moment, mais le pharmacien ne les contacte pas d’emblée avant que la période de 4 mois ne se soit écoulée.
  • Quatre mois plus tard, les patients sont contactés à nouveaux et les pharmaciens revoient quelles interventions ont été appliquées. À ce moment, l’UPDRS et le MDS-UDRS sont administrés à nouveau afin de mesurer l’effet de l’intervention.
  • L’amélioration à l’UPDRS et au MDS-UPDRS à 4 mois est significativement supérieure par rapport au score de départ (respectivement, score médian initial de 48.5 et de 67 puis score médian à 4 mois de 47 et de 63) (p<0.05).
  • Des 90 patients inclus dans l’étude, 329 problèmes reliés à la pharmacothérapie ont été identifiés. De ceux-ci, 115 problèmes cliniquement pertinents ont fait l’objet d’une intervention de la part du pharmacien.
  • Des 115 problèmes reliés à la pharmacothérapie, 78 interventions ont été discutées directement avec le patient et 37 avec le médecin.
  • Par ailleurs, dans la population à l’étude, 42 des 90 patients font de l’insomnie, 31/90 font de l’incontinence urinaire et 29/90 font de la constipation.
    • Au départ, 38/42 ont un somnifère, 27/31 ont un antispasmodique et 11/39 ont un laxatif.
    • Après l’intervention, presque tous les patients ont un antispasmodique, 27/29 ont un laxatif et 42/42 ont une prescription de somnifère.
  • 9.9% des patients ont une faible adhésion au traitement.

Ce que nous savions déjà

  • Il y a peu de documentation quant au rôle et à l’impact du pharmacien dans la prise en charge des patients atteints de la maladie de Parkinson.
  • En plus de celle-ci, 2 autres études rapportent les retombées positives du pharmacien sur la qualité de vie du patient PMID11936711 PMID22810890.
  • 2 études abordent l’impact du pharmacien dans le contrôle des symptômes de la maladie de Parkinson PMID22810890 PMID27271736.
  • 1 étude recensée concerne l’effet des interventions du pharmacien sur l’observance médicamenteuse PMID27271736.

Ce qu’on se pose comme question

  • La faible taille d’échantillon aurait-elle pu avoir une influence sur les résultats observés?
  • Les résultats auraient-ils été semblables avec une étude randomisée contrôlée?
  • Est-ce nécessaire d’ajouter un antispasmodique et un somnifère à presque tous les patients à l’étude? Puisque la moyenne d’âge des patients est de 73 ans et qu’ils sont polymédicamentés, les pharmaciens ont-ils vérifié si les symptômes rencontrés étaient associés à des effets secondaires de la médication?
  • L’auto-mesure de l’adhérence au traitement via un questionnaire donne-t-il un portrait juste de l’observance réelle?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Accorder une attention particulière à la présence de cascades médicamenteuses dans la pharmacothérapie des patients parkinsoniens.
  • Utiliser des outils d’évaluation des activités quotidiennes (AVQ) pour voir à quel point les symptômes de la maladie de Parkinson sont contrôlés.
  • Établir une relation de confiance avec les autres professionnels de la santé pour assurer la continuité des soins.

Impact du programme RxVaccinate sur le taux d’immunisation contre le pneumoccoque

Westrick SC, Owen J, Hagel H, Owensby JK, Lertpichitkul T. Impact of the RxVaccinate program for pharmacy-based pneumococcal immunization: A cluster-randomized controlled trial. J Am Pharm Assoc (2003). 2016 Jan;56(1):29-36.e1. doi: 10.1016/j.japh.2015.11.010. PubMed PMID: 26802917.

Ce que cette étude nous apprend

  • Essai randomisé par grappe réalisé en 2014 impliquant des pharmacies communautaires aux États-Unis.
  • 53 pharmacies ont été randomisées dans le groupe «auto-apprentissage» et 43 pharmacies dans le groupe «mentorat».
  • Les objectifs de l’étude sont d’évaluer l’impact du programme RxVaccinate sur la vaccination contre le pneumoccoque dans les pharmacies communautaires ainsi que la perception des pharmaciens sur ce programme.
  • Le programme RxVaccinate a été conçu par l’Association américaine des pharmaciens (APhA). Le programme RxVaccinate comprend 2 phases et les pharmaciens qui y participent peuvent se retrouver dans l’un des 2 groupes: (1) webinaire en apprentissage autonome ou (2) webinaire en apprentissage autonome suivi des sessions de mentorat.
  • Le webinaire permet au pharmacien d’en apprendre davantage sur les recommandations actuelles en lien avec la vaccination contre le pneumoccoque, d’élaborer des stratégies d’intervention, d’identifier les patients à haut-risque et de donner des conseils aux patients sur l’importance de se faire vacciner contre le pneumocoque.
  • En ce qui concerne les sessions de mentorat, chaque session dure 4 heures et le but est d’aider les pharmaciens à élaborer des plans d’action et de recourir à divers outils pour les implanter. Par ailleurs, les pharmaciens se retrouvant dans ce groupe sont invités à faire du e-learning, utiliser une plateforme web pour interagir avec d’autres membres de la communauté et assister à des téléconférences.
  • Pour la période de 12 mois avant les sessions de mentorat jusqu’à 12 mois après, le nombre de vaccination contre le pneumoccoque pour le groupe «auto-apprentissage» a augmenté de manière significative soit de 28.9 à 42.3 (p<0.001).
  • Pour la période de 12 mois avant les sessions de mentorat jusqu’à 12 mois après, le nombre de vaccination contre le pneumoccoque pour le groupe «mentorat» a augmenté de manière significative soit de 20.4 à 52,3 (p<0.001).
  • De plus, l’augmentation du nombre de vaccins administrés contre le pneumoccoque est significativement plus élevé dans le groupe «mentorat» que dans le groupe «auto-apprentissage» (p<0.032).
  • Les résultats au sondage révèlent que 86.3% des répondants sont d’accord pour dire que le projet est utile pour augmenter les activités d’immunisation contre le pneumoccoque dans les pharmacies.
  • 93.5% des répondants trouvent que les webinaires leur ont apporté de nouvelles informations. 95% trouvent que cette activité les ont aidé à mieux comprendre le projet et 83.4% trouvent que celle-ci a permis d’améliorer les services d’immunisation.
  • Finalement, >90% des répondeurs ont trouvé que les sessions de mentorat les ont aidé à identifier des stratégies d’implantation.

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien dans la vaccination sont relativement bien documentés. Les interventions recensées dans ce domaine comprennent principalement les activités de sensibilisation face à l’importance de se faire vacciner, l’éducation sur l’efficacité et l’innocuité des vaccins et les conseils aux patients.
  • 1 étude mesure les coûts payés par participant pour l’administration d’un vaccin contre le pneumoccoque en pharmacie communautaire PMID25166292.
  • 1 étude a évalué l’efficacité d’une entrevue motivationnelle sur la volonté du patient à se faire vacciner PMID25615903.

Ce qu’on se pose comme questions

  • Avec l’évolution des technologies numériques, est-ce que l’apprentissage autonome via des modules en ligne pourrait prendre le dessus sur les sessions de formation en personne?
  • Étant donné que les chercheurs offrent une compensation financière aux pharmacies participantes et que le recrutement se fait principalement sur une base volontaire, les résultats auraient-ils pu être influencés par ces facteurs?
  • Aurait-il été pertinent de comparer ces techniques d’enseignement avec des cours magistraux traditionnels?

Ce que vous pouvez faire

  • Évaluer les différentes méthodes d’enseignement puis identifier leurs avantages et désavantages.
  • S’inspirer du programme RxVaccinate dans les contextes de formation continue en lien avec la vaccination.
  • Voir quelles sont les activités des pharmaciens concernant la vaccination proche de votre milieu de pratique (collaboration avec une infirmière, calendrier de vaccination, activités de promotion etc.)

Le pharmacien et la santé cardiovasculaire du patient: quel est l’impact de ses interventions?

Tsuyuki RT, Al Hamarneh YN, Jones CA, Hemmelgarn BR. The Effectiveness of Pharmacist Interventions on Cardiovascular Risk: The Multicenter Randomized Controlled RxEACH Trial. J Am Coll Cardiol. 2016 Jun 21;67(24):2846-54. doi:10.1016/j.jacc.2016.03.528. Epub 2016 Apr 4. PubMed PMID: 27058907.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude randomisée contrôlée prospective, effectuée dans 56 pharmacies communautaires en Alberta, Canada
  • Échantillon de 723 patients ayant un haut risque cardiovasculaire (p.ex. diabète, insuffisance rénale chronique, maladie coronarienne, score à l’échelle de Framingham élevé (> 20%) en plus d’avoir au moins un facteur de risque non contrôlé (tension artérielle > 140/90 ou >130/80 mmHg si diabétique, cholestérol à lipoprotéines de basse densité (LDL) > 2 mmol/L, HbA1c > 7% ou fumeur actif)
  • L’objectif de l’étude est d’évaluer l’efficacité d’un programme mis en place par des pharmacies concernant le dépistage et l’évaluation du risque cardiovasculaire incluant les interventions qui y sont associées.
  • Les patients éligibles à l’étude sont randomisés dans le groupe contrôle ou le groupe intervention. Le groupe contrôle reçoit les services pharmaceutiques habituels sans intervention spécifique. Pour ce qui est du groupe intervention, les patients reçoivent une consultation de la part du pharmacien sur la gestion de la thérapie médicamenteuse. Cette consultation comprend une évaluation des paramètres physiques du patient (tour de taille, poids, taille, tension artérielle), des valeurs de laboratoires (obtention des valeurs d’HbA1c, bilan lipidique si non effectué dans les 3 derniers mois, le débit de filtration glomérulaire (DFG) et le ratio créatinine-albumine (RAC) si non effectués dans les 12 derniers mois) et la mesure du risque cardiovasculaire à l’aide d’outils. De plus, le pharmacien donne des recommandations au patient à l’aide de lignes directrices canadiennes sur les facteurs de risques cardiovasculaires, ajuste la pharmacothérapie, communique fréquemment avec le médecin de famille du patient et finalement, effectue un suivi régulier toutes les 3-4 semaines pendant une période totale de 3 mois.
  • Pour la tension artérielle systolique à 3 mois, le groupe intervention a une diminution plus forte de 9,37 mmHg comparativement au groupe contrôle (valeurs moyennes de tension artérielle systolique à 3 mois pour le groupe contrôle: 136.27 mmHg vs groupe intervention: 127.24 mmHg) (p<0.001)
  • Pour la tension artérielle diastolique à 3 mois, le groupe intervention a une diminution plus forte de 2.92 mmHg comparativement au groupe contrôle (valeurs moyennes de tension artérielle diastolique à 3 mois pour le groupe contrôle: 79.95 mmHg vs groupe intervention: 76.96 mmHg) (p<0.001)
  • Pour le LDL à 3 mois, le groupe intervention a une diminution plus forte de 0.2 mmol/L comparativement au groupe contrôle (valeurs moyennes de LDL à 3 mois pour le groupe contrôle: 2.23 mmol/L vs groupe intervention: 2.07 mmol/L) (p=0.001)
  • Pour l’HbA1c à 3 mois, le groupe intervention a une diminution plus forte de 0.92% comparativement au groupe contrôle (valeurs moyennes de HbA1c à 3 mois pour le groupe contrôle: 8.54% vs groupe intervention: 7.60%) (p<0.001)
  • Pour la proportion de fumeurs à 3 mois, le groupe intervention a une diminution relative de 20,2% comparativement au groupe contrôle (nombre moyen de patients à 3 mois pour le groupe contrôle: 91/342 vs groupe intervention 69/350) (p<0.001)
  • Pour le risque cardiovasculaire à 3 mois, le groupe intervention a une diminution relative de 21% comparativement au groupe contrôle (p<0.001)

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien dans la prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaire (tension artérielle, dyslipidémie, diabète, tabagisme, obésité) sont bien documentés.
  • Parmi les activités pharmaceutiques recensées, on note les conseils individuels aux patients, les rappels au patient sur l’importance de contrôler les comorbidités, l’optimisation de la thérapie et le suivi des maladies chroniques.
  • Une revue systématique démontre l’effet positif des interventions du pharmacien dans la prévention secondaire des maladies CV en termes de coûts PMID23697478.

Ce qu’on se pose comme question

  • Pour des raisons éthiques, le suivi a duré 3 mois. Est-ce que les résultats observés auraient été semblables si la durée de suivi était plus longue?
  • Est-il possible que le suivi régulier aux 3-4 semaines avec le pharmacien ait encouragé les patients à apporter des changements à leurs habitudes de vie et à être observants à la médication plus que d’habitude?
  • Y a-t-il des interventions plus efficaces que d’autres pour gérer les facteurs de risque cardiovasculaires? Si tel est le cas, quelles sont-elles?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Évaluer l’impact de chacune des interventions individuellement pour voir s’il y en a une qui est plus efficace que les autres.
  • Sensibiliser les patients sur l’importance de contrôler les comorbidités et d’adopter de saines habitudes de vie.
  • Partager les stratégies de prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaires et le suivi à faire.