Quelles sont les retombées d’un suivi du pharmacien en contexte post-infarctus?

Ho PM, Lambert-Kerzner A, Carey EP, Fahdi IE, Bryson CL, Melnyk SD, Bosworth
HB, Radcliff T, Davis R, Mun H, Weaver J, Barnett C, Barón A, Del Giacco EJ.
Multifaceted intervention to improve medication adherence and secondary
prevention measures after acute coronary syndrome hospital discharge: a
randomized clinical trial. JAMA Intern Med. 2014 Feb 1;174(2):186-93.

Ce que cette étude nous apprend

  • Essai randomisé contrôlé multicentrique mené aux États-Unis.
  • 253 patients admis pour syndrome coronarien aigu dans 4 centres hospitaliers américains affiliés au système de santé des Veterans Affairs.
  • Les patients ont été recrutés au moment du congé. Tous les patients ont reçu les soins usuels au congé (dépliants éducatifs, conseils sur la modification des habitudes de vie, coordonnées des intervenants, liste de médicaments). Les 129 patients randomisés dans le groupe contrôle ont fait l’objet de quatre interventions du pharmacien d’hôpital : 1) bilan comparatif des médicaments réalisé en clinique externe ou au téléphone, 7-10 jours post-congé; 2) séances d’éducation thérapeutique à une semaine et à un mois post-congé; 3) établissement d’un canal de communication entre le pharmacien et le médecin du patient; 4) rappels téléphoniques automatisés mensuels à propos de l’observance et des renouvellements. L’observance a été mesurée à 12 mois selon la fréquence de renouvellements pour les statines, les béta-bloquants, les IECA/ARA et le clopidogrel. La tension artérielle et le LDL-C ont été mesurés au congé et à 12 mois post-congé. Les coûts ont été mesurés dans la perspective du système de santé des Veterans Affairs.
  • Le nombre de patients pour qui les jours de traitement servis dépassait 80% était plus élevé chez les patients du groupe intervention que les patients du groupe contrôle pour les statines (p<0.001), pour les IECA/ARA (p=0.03), pour le clopidogrel (p=0.03) et pour les médicaments de cardiologie en général (p=0.003).
  • Le nombre moyen de jours de traitement servis était plus élevé chez les patients du groupe intervention que chez les patients du groupe contrôle pour les statines (p<0.001), pour les IECA/ARA (p=0.005), pour le clopidogrel (p=0.03) et pour les médicaments de cardiologie en général (p<0.001).
  • Il n’y avait pas de différence à 12 mois entre les deux groupes concernant la mortalité (p=0.86), le nombre de récidives de syndromes coronariens aigus (p=0.60), au niveau de la diminution moyenne de tension artérielle systolique (p=0.07) et diastolique (p=0.39) ni au niveau de la diminution moyenne des LDL-C (p=0.9).
  • Il n’y avait pas de différence à 12 mois entre les deux groupes au niveau des coûts moyens en soins hospitaliers, en soins ambulatoires, en interventions du pharmacien et en médicaments cardiaques (p=0.56).

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien dans l’infarctus du myocarde sont relativement bien documentés. Dans ce contexte, plusieurs activités pharmaceutiques ont été relevées dans la littérature, telles que les bilans comparatifs des médicaments, l’évaluation de la pharmacothérapie, les conseils individuels aux patients ou encore la surveillance de la pharmacothérapie.
  • Cinq études rapportent des retombées positives du pharmacien en infarctus du myocarde au niveau de la mortalité PMID19558249 PMID17896892 PMID20973686 PMID17896892 PMID20973686 . Une étude rapporte les retombées neutres du pharmacien en infarctus du myocarde au niveau des LDL-C et de la tension artérielle PMID19670953.
  • On peut consulter le site Impact pharmacie et la fiche synthèse «Infarctus du myocarde».

Ce qu’on se pose comme questions

  • À quel point les jours de traitement servis reflètent-ils la consommation réelle et telle que prescrite des médicaments visés?
  • Les résultats sont-ils généralisables à la population hors du système de santé des Veterans Affairs, vu le taux de patients de sexe masculin à 98%?
  • Les résultats de tension artérielle et de LDL-C auraient-ils été plus concluants si l’intervention était réservée aux patients connus comme inobservants à leurs traitements?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Établir des canaux de communication solides entre les médecins et les pharmaciens afin de convenir d’un suivi régulier des résultats de laboratoires importants.
  • Proposer des stratégies de renforcement de l’observance aux patients de votre milieu de pratique, incluant des rappels téléphoniques automatisés et/ou des séances d’éducation thérapeutique sur rendez-vous.

Auteur : Émile Demers

Relecteur: Mylène Breton

Création : 11 juin 2015

Publication : 23 septembre 2015

Et si le pharmacien pouvait faire le dépistage du VIH en pharmacie communautaire?

Weidle PJ, Lecher S, Botts LW, Jones L, Spach DH, Alvarez J, Jones R, Thomas V. HIV testing in community pharmacies and retail clinics: a model to expand access to screening for HIV infection. J Am Pharm Assoc (2003). 2014 Sep-Oct;54(5):486-92.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle prospective menée entre août 2011 et juillet 2013 au sein de pharmacies communautaires et de cliniques de santé desservant des populations rurales et urbaines aux États-Unis.
  • Un total de 21 sites participant au programme pilote soit 18 pharmacies communautaires et trois cliniques pour un total de 106 membres du personnel impliqués dans le projet.
  • Les pharmaciens, les infirmières et les infirmières praticiennes ont été formés en personne ou via vidéoconférence pour effectuer des tests de dépistage du VIH à partir d’échantillon de salive, à donner des informations sur le VIH et à communiquer les résultats des tests aux patients de manière confidentielle. Tous les sites participants ont dû obtenir une accréditation de la CLIA (Clinical Laboratory Improvement Amendments) pour faire des tests de laboratoire. Le service de dépistage a été publicisé pour les patients par la remise de dépliants et de pamphlets, par la parution d’articles dans le journal local et par les médias sociaux et sites Internet. Des conseils ont été prodigués aux patients désirant participer avant puis après avoir fait le test. Les patients avec un résultat préliminaire positif ont été référés à un médecin pour la confirmation des résultats. Le nombre de tests effectués et le temps requis à l’exécution de ceux-ci ont été évalués.
  • Nombre de tests de VIH effectués: 1540 tests (457 durant les événements de promotion des tests et 1087 dans les pharmacies/cliniques durant les heures d’ouvertures régulières);
  • Nombre de temps médian requis pour le conseil/consentement pré-test: 4 minutes;
  • Nombre de temps médian requis pour l’attente des résultats des tests: 23 minutes;
  • Nombre de temps médian requis pour le conseil post-test: 3 minutes;
  • Nombre de résultats préliminaires positifs: 24 tests.

Ce que nous savions déjà

Ce qu’on se pose comme question

  • La stigmatisation associée au VIH a-t-elle permis une appréciation juste des retombées d’un tel projet?
  • Les pharmaciens sont-ils habilités à fournir l’encadrement et le soutien nécessaire aux patients pour l’annonce d’un résultat positif au test de dépistage?
  • Le dépistage du VIH en pharmacie communautaire est-il intéressant d’un point vue coût-efficacité?
  • Le pharmacien pourrait-il offrir un service complet de dépistage des ITSS (infections transmissibles sexuellement et par le sang) en pharmacie?
  • Les patients sont-ils plus enclins à venir se faire tester en pharmacie plutôt que de recourir aux parcours usuels (médecin, cliniques, etc.)?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Réfléchir à la possibilité d’offrir des services de dépistages rapides du VIH et même d’un service de dépistage complet des ITSS en pharmacie communautaire.
  • Sensibiliser et éduquer la population sur la maladie via des interventions de santé publique et autres activités promotionnelles.
  • Développer des outils éducatifs et les partager.

Auteur : Émilie Mégrourèche
Relecteurs: Mylène Breton
Création 24 juillet 2015
Publication : 16 septembre 2015

Quel est l’impact de la présence du pharmacien auprès de l’omnipraticien dans la prise en charge de l’asthme?

Gums TH, Carter BL, Milavetz G, Buys L, Rosenkrans K, Uribe L, Coffey C, MacLaughlin EJ, Young RB, Ables AZ, Patel-Shori N, Wisniewski A. Physician-pharmacist collaborative management of asthma in primary care. Pharmacotherapy. 2014 Oct;34(10):1033-42.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude pré-post menée dans 11 officines d’omnipraticiens du Wisconsin, États-Unis.
  • Échantillon de 126 patients asthmatiques de 12 ans ou plus, suivis uniquement par leur omnipraticien et sans antécédents d’évènements graves reliés à l’asthme.
  • Phase pré : au recrutement, les infirmières des 11 cabinets d’omnipraticiens ont récolté rétrospectivement (9 derniers mois) les nombres de consultations médicales, de visites à l’urgence, d’hospitalisations, de traitements de corticostéroïdes oraux ainsi que le taux d’absence au travail ou à l’école lié à l’asthme. Les participants ont rempli l’Asthma Control Test (ACT) et l’Asthma Quality of Life Questionnaire (AQLQ-M). Phase intervention : les mêmes 126 patients ont été inclus. L’intervention a duré 9 mois et a consisté en 6 rencontres entre le participant et le pharmacien clinique (à la base puis à 1, 2, 4, 6 et 9 mois). Des visites supplémentaires et facultatives (à 3, 5, 7 et 8 mois) ont aussi été offertes aux patients. Les entrevues se sont déroulées au cabinet des omnipraticiens. Elles étaient standardisées et comprenaient une vérification de la technique d’utilisation des inhalateurs, la complétion de l’ACT et de l’AQLQ-M, une évaluation de la pharmacothérapie, des recommandations de modifications médicamenteuses, le renforcement de l’observance, la fixation d’objectifs de contrôle et de l’éducation thérapeutique. À 9 mois, les infirmières ont récolté rétrospectivement les mêmes données qu’à la phase pré. 102 patients ont rencontré le pharmacien au moins 1 fois. Phase post : 9 mois après la fin de la phase intervention, les mêmes 102 patients ont été contacté. Les infirmières ont récolté rétrospectivement les mêmes données qu’à la phase pré. 93 patients ont complété les trois phases de l’étude.
  • Le nombre moyen de visites à l’urgence ou d’hospitalisations par patient est demeuré stable, passant de 0,37 en pré, à 0,26 en intervention (p=0,052), puis à 0,36 en post (p=0,833).
  • Le nombre moyen de visites à l’urgence ou d’hospitalisations par patient a diminué pour les patients avec un mauvais contrôle de l’asthme à la base, passant de 0,42 en pré à 0,24 en intervention (p=0,016).
  • Le nombre moyen de visites à l’urgence ou d’hospitalisations par patient n’a pas diminué de façon durable pour les patients avec un mauvais contrôle de l’asthme à la base, passant de 0,42 en pré à 0,38 en post (p=0,64).
  • Le nombre de patients avec un asthme contrôlé a augmenté, passant de 38 (30,2%) en pré à 64 (50,8%) en intervention (p<0,0001).
  • Le nombre de patients avec un asthme contrôlé a augmenté de façon durable, passant de 38 (30,2%) en pré à 68 (54,0%) en post (p<0,0001).
  • Le score moyen ACT s’est amélioré, passant de 16,76 en pré à 18,87 en intervention (p<0.0001).
  • Le score moyen ACT s’est amélioré de façon durable, passant de 16,76 en pré à 19,02 en post (p<0,0001).
  • Le score moyen AQLQ-M s’est amélioré, passant de 20,65 en pré à 15,79 en intervention (p<0.0001).
  • Le score moyen AQLQ-M s’est amélioré de façon durable, passant de 20,65 en pré à 15,43 en post (p<0,0001).
  • Le taux de patients sous corticostéroïdes inhalés a augmenté, passant de 71,43% en pré à 83,33% en intervention (p=0,024).
  • Le taux de patients sous antagonistes des récepteurs aux leucotriènes est demeuré stable, passant de 26,98% en pré à 30,95% en intervention (p=0,488).

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien dans l’asthme sont bien documentés. Plusieurs articles décrivent le rôle du pharmacien en terme de conseils individuels au patient et d’évaluation de l’utilisation des médicaments. D’autres publications décrivent le rôle du pharmacien concernant les médicaments de prévention et de secours pour les crises d’asthme.
  • Deux études ont rapporté des retombées positives du pharmacien sur les visites à l’urgence PMID7711346 , PMID12635454 . Trois études ont mentionné des retombées positives du pharmacien sur les hospitalisations PMID11494786 , PMID11601666 , PMID12635454 . Une étude décrit l’impact du pharmacien sur les visites à l’urgence et les hospitalisations pour un problème en lien avec l’asthme PMID16602223 .
  • On peut consulter le site Impact pharmacie et la fiche synthèse «asthme».

Ce qu’on se pose comme questions

  • L’inclusion des données d’un groupe contrôle aurait-elle permis d’obtenir des résultats semblables?
  • L’intervention serait-elle réalisable et efficace en pharmacie communautaire?
  • Une durée de suivi de 12 mois par phase au lieu de 9 mois par phase aurait-elle permis de détecter des variations saisonnières dans le contrôle de l’asthme?
  • La collecte rétrospective de données sur 9 mois auprès des patients introduit-elle un biais de mémoire important?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Évaluer la possibilité d’utiliser des outils validés comme l’ACT ou l’AQLQ-M pour évaluer le contrôle de l’asthme des patients dans votre milieu de pratique.
  • Construire une grille d’éléments essentiels à vérifier pour le suivi de la pharmacothérapie de l’asthme et la partager avec vos collègues.
  • Proposer un suivi conjoint des patients asthmatiques basé sur une collaboration et un partage de données cliniques entre omnipraticiens et pharmaciens communautaires.

Auteur: Emile Demers

Relecteur: Mylène Breton

Création: 29 mai 2015

Publication: 9 septembre 2015

Quelle est l’implication des pharmaciens dans la recherche évaluative?

Awaisu A, Alsalimy N. Pharmacists’ involvement in and attitudes toward pharmacy practice research: A systematic review of the literature. Res Social Adm Pharm. 2014 Dec 31. 

Ce que cette étude nous apprend

  • Revue systématique qui vise à résumer et interpréter le point de vue et le comportement des pharmaciens en ce qui concerne leur implication dans la recherche en pratique pharmaceutique, ainsi que les barrières et les éléments facilitant la recherche en pratique pharmaceutique.
  • Revue incluant des études portant sur des pharmaciens communautaires, hospitaliers ou de centres de soins primaires.
  • La recherche a été réalisée à partir des bases de données électroniques MEDLINE, PubMed, EBSCO, ScienceDirect, ProQuest, et Google Scholar. Une recherche manuelle a été réalisée en complément à partir de la bibliographie des articles identifiés. La stratégie de recherche a inclus les termes MeSH et textes suivants: « pharmacist », « pharmacy », « research », « clinical research », « pharmacy practice and clinical research », « evidence-based practice », « attitude », « view », « perception », « opinion », « barriers », « involvement », « motivation », « willingness », « survey », « questionnaire », « qualitative », « focus group » et « interview ». Deux auteurs ont évalué de manière indépendante l’éligibilité des articles identifiés. Les désaccords ont été résolus par discussion et consensus entre les deux auteurs. Ils ont ensuite évalué la qualité méthodologique, la robustesse des résultats, et la validité interne et externe.
  • 15 études ont été incluses sur 608 études identifiées (5 études au Royaume-Uni, 3 études en Australie, 3 études au Canada).
  • La proportion de pharmaciens ayant déjà été impliqués dans une étude de recherche en pratique pharmaceutique a évolué au fil du temps: moins de 9% des pharmaciens d’après deux études publiées entre 1990 et 1999; puis 43%, 70%, et 33% des pharmaciens d’après trois études publiées entre 2000 et 2009 puis plus de 50% des pharmaciens d’après 3 études publiées entre 2010 et 2014.
  • Entre 1990 et 1999, moins de 50% des pharmaciens considéraient que la recherche en pratique comme une priorité (une étude) et 70-85% des pharmaciens s’accordaient à dire que la recherche axée sur la pratique est importante. Entre 2010 et 2014, l’ensemble des pharmaciens ayant répondu aux enquêtes (6 études) s’accordaient sur l’importance de faire de la recherche axée sur la pratique, et qu’elle faisait partie de leurs responsabilités.
  • 77% des pharmaciens ayant déjà fait de la recherche ont montré une volonté de s’impliquer versus 34% des pharmaciens n’ayant jamais participé d’après une étude publiée entre 2000-2009. La proportion de pharmaciens volontaires varie entre 40% et 84% pour la période 2010-2014.
  • 51% des pharmaciens sondés considèrent être assez formés pour conduire une recherche (1 étude, période 2010-2014).
  • Plus de 70% des pharmaciens hospitaliers au Qatar sont confiants pour conduire ce type de recherche (1 étude, période 2010-2014).
  • 50% et 80% des pharmaciens communautaires sont intéressés pour s’impliquer dans un réseau sur la recherche en pratique pharmaceutique (2 études, période 2010-2014).

Ce que l’on sait déjà

  • Au fil du temps l’intérêt des pharmaciens et leur implication dans la recherche évaluative et la recherche sur la pratique a évolué. De nombreuses études visent à évaluer les pratiques mais il en existe peu qui portent sur le rôle et les retombées du pharmaciens dans la recherche même.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse « Recherche évaluative« 

Ce que l’on se pose comme question

  • Comment se définit l’implication du pharmacien dans le recherche évaluative?
  • Comment est définie la recherche en pratique pharmaceutique d’une étude à une autre?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Réfléchir à l’évaluation de la qualité des études publiées pour améliorer la solidité des résultats.
  • Participer à des réseaux, des groupes de travail pour partager les connaissances dans le domaine de la recherche évaluative pour continuer à la développer.

Auteur Mylene Breton

Relecteur 

Création 29 mai 2015

Publication 2 septembre 2015

Quelles sont les retombées du pharmacien communautaire dans le dépistage et la prise en charge de l’arthrose du genou?

Marra CA, Cibere J, Grubisic M, Grindrod KA, Gastonguay L, Thomas JM, Embley P, Colley L, Tsuyuki RT, Khan KM, Esdaile JM. Pharmacist-initiated intervention trial in osteoarthritis: a multidisciplinary intervention for knee osteoarthritis. Arthritis Care Res (Hoboken). 2012 Dec;64(12):1837-45. doi: 10.1002/acr.21763. PubMed PMID: 22930542.

Ce que cette étude nous apprend

  • Essai randomisé en grappes et contrôlé se déroulant au sein de 32 pharmacies communautaires à Vancouver, au Canada.
  • Échantillon de 139 patients âgés de 50 ans ou plus et avec un IMC d’au moins 25 kg/m2. Les patients avec des douleurs et/ou raideurs aux genoux mais sans diagnostic d’arthrose aux genoux étaient éligibles. Après randomisation des pharmacies participantes, 73 patients ont été assignés à l’intervention et 66 patients ont été assignés au groupe contrôle.
  • Les participants du groupe intervention ont été reçus en consultation individuelle par le pharmacien. Ce dernier leur a fourni du matériel éducatif sur l’arthrose, les symptômes qui s’y rattachent et les médicaments utilisés à cet effet. Le pharmacien a complété une histoire médicamenteuse, a référé le participant à un physiothérapeute spécialisé en arthrose et a faxé une lettre à l’omnipraticien du participant. Cette lettre contenait les recommandations du pharmacien quant à la possibilité d’arthrose non diagnostiquée et quant aux modifications de la pharmacothérapie. Le physiothérapeute a évalué tous les patients du groupe intervention et leur a recommandé ou non un programme d’exercices, incluant 2 séances organisées par semaine pendant 6 semaines. Les participants du groupe contrôle ont reçu un pamphlet éducatif sur l’arthrose. Le résultat principal était la conformité entre les soins donnés et les indicateurs de qualité de la prise en charge de l’arthrose tels qu’identifiés par la Fondation de l’arthrite, mesurée à 6 mois. Les résultats secondaires étaient le Western Ontario and McMaster Universities Osteoarthritis Index (WOMAC), le Lower Extremities Function Scale (LEFS), le Health Utilities Index Mark 3 (HUI3) et le Paper Adaptive Test 5D (PAT-5D), mesurés à la base, à 3 mois et à 6 mois.
  • Le taux de conformité entre les soins fournis et les indicateurs de qualité de prise en charge de l’arthrose était plus élevé de 45.2% dans le groupe intervention que dans le groupe contrôle (p<0.0001).
  • Les patients du groupe intervention ont reçu des soins de meilleure qualité que les patients du groupe contrôle au niveau de l’évaluation de la douleur (p=0.02), des exercices recommandés (p<0.0001), de l’éducation thérapeutique (p<0.0001), de la perte de poids visée (p=0.004) et des radiographies recommandées (p<0.0001).
  • La douleur, la raideur et le handicap étaient moins importants dans le groupe intervention que dans le groupe contrôle, selon le score WOMAC à 3 mois (p<0.05) et à 6 mois (p<0.05).
  • La qualité de vie reliée aux activités quotidiennes était meilleure dans le groupe intervention que dans le groupe contrôle, selon le score PAT-5D à 3 mois (p<0.05) et à 6 mois (p<0.05).
  • La mobilité des membres inférieurs était meilleure dans le groupe intervention que dans le groupe contrôle, selon le score LEFS à 6 mois (p<0.05). La différence mesurée par le LEFS n’était pas significative à 3 mois (p>0.05).
  • La douleur était mieux contrôlée dans le groupe intervention que dans le groupe contrôle, selon le score HUI3 à 3 mois (p<0.05) et à 6 mois (p<0.05). Les différences mesurées par le HUI3 au niveau de l’état de santé général et de la qualité de vie générale n’étaient pas significatives à 3 mois (p>0.05) ni à 6 mois (p>0.05).

Ce que nous savions déjà

  • En douleur, le rôle et les retombées du pharmacien sont bien documentés. Plusieurs études font état des activités pharmaceutiques réalisées par le pharmacien dans ce domaine, notamment les conseils individuels aux patients, les réponses aux questions et l’évaluation de la pharmacothérapie.
  • Une étude rapporte les retombées positives du pharmacien sur le score WOMAC PMID17056608.
  • On peut consulter le site Impact pharmacie et la fiche synthèse «douleur».

Ce qu’on se pose comme questions

  • Quel a été le taux de patients inclus et exclus par les pharmaciens qui souffraient réellement d’arthrose du genou, c’est-à-dire les vrais positifs et les faux négatifs?
  • Le taux de participation faible et variable aux 12 séances de physiothérapie prescrites (49,6% ± 39,4%) a-t-il eu un impact sur les résultats obtenus?
  • L’impact des consultations en physiothérapie est-il généralisable aux physiothérapeutes non spécialisés en arthrose et hors d’un contexte d’étude clinique?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Évaluer la possibilité de contribuer au dépistage de l’arthrose chez les patients de votre milieu de pratique, à l’aide d’outils validés.
  • Communiquer avec les physiothérapeutes situés près de votre milieu de pratique pour en apprendre davantage sur la prise en charge des patients souffrant d’arthrose.
  • Vous familiariser avec les indicateurs de qualité de prise en charge de l’arthrose de la Fondation de l’arthrite.

Auteur : Émile Demers

Relecteur: Mylène Breton

Création : 3 juin 2015

Publication: 26 Août 2015

Une petite pause le temps d’un été

Le blogue « Le pharmacien est incontournable » prend sa pause estivale.

Ce blogue c’est déjà 60 billets publiés dont 43 analyses et critiques d’articles sur le rôle et les retombées des activités des pharmaciens.

Rendez-vous le 26 Août pour de nouveaux billets publiés chaque mercredi!

Un grand merci pour votre fidélité! Et n’hésitez pas à en parler autour de vous. L’abonnement pour suivre « Le pharmacien est incontournable » est gratuit!

Auteur: Mylène Breton

Création: 29 juin 2015

Publication: 1er juillet 2015

Gestion d’une clinique d’ajustement de la pharmacothérapie de l’insuffisance cardiaque: pharmaciens versus infirmières et médecins, quels résultats?

Martinez AS, Saef J, Paszczuk A, Bhatt-Chugani H. Implementation of a pharmacist-managed heart failure medication titration clinic. Am J Health Syst Pharm. 2013 Jun 15;70(12):1070-6. 

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude avant-après, rétrospective au sein d’une clinique d’insuffisance cardiaque aux États-Unis.
  • Échantillon de 55 patients dont 28 dans le groupe intervention et 27 dans le groupe contrôle.
  • Afin d’améliorer la prise en charge de la pharmacothérapie des patients insuffisants cardiaques, une clinique d’ajustement de la pharmacothérapie gérée par des pharmaciens a été mise en place. Les pharmaciens de la clinique ont évalué, ont initié et ajusté la thérapie en suivant des protocoles spécifiques. Ils ont suivi les paramètres clinico-biologiques des patients: demande de tests de laboratoire, suivi du poids, des signes vitaux et du statut volumique des patients. Les suivis ont été menés en personne ou par téléphone à des intervalles de deux semaines jusqu’à l’atteinte des doses cibles. Au cours des appels téléphonique, les pharmaciens ont accordé du temps pour l’enseignement au patient. Le groupe contrôle incluait les patients dont l’ajustement de la pharmacothérapie a été pris en charge par une infirmière ou un médecin avant la mise en place de la dite clinique.
  • Pourcentages de patients chez qui les doses cibles de IECA/ARA ont été atteintes: différence significative entre le groupe contrôle et le groupe intervention: 31% (n=28) et 52,9% (n=27) respectivement, p=0,007.
  • Pourcentages de patients chez qui les doses cibles de béta-bloquants ont été atteintes: différence significative entre le groupe contrôle et le groupe intervention: 24,7% (n=23) et 49% (n=23) respectivement, p=0,012.
  • Pourcentages moyens des doses cibles atteintes pour les IECA/ARA: différence significative entre le groupe contrôle et le groupe intervention p=0,004 (les pourcentages ne sont pas présentés dans l’article).
  • Pourcentages moyens des doses cibles atteintes pour les béta-bloquants: différence significative entre le groupe contrôle et le groupe intervention p=0,04 (les pourcentages ne sont pas présentés dans l’article).

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien dans l’insuffisance cardiaque sont relativement bien documentés. Des études recensent son implication aux niveaux des bilans comparatifs de médicaments à l’arrivée et au départ, des conseils aux patients individuels et en groupe, de l’éducation thérapeutique, de l’évaluation de l’utilisation des médicaments, de l’enseignement à l’extérieur du département de pharmacie, de l’évaluation de la pharmacothérapie, des réponses aux questions, aux niveaux des réunions multidisciplinaires, des suivis de conformité, de la surveillance de la pharmacothérapie, de la prescription des médicaments et des tournées cliniques.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse «Insuffisance cardiaque»

Ce qu’on se pose comme question

  • Le devis de l’étude était-il adéquat pour permettre une évaluation juste des retombées du travail du pharmacien dans une telle clinique?
  • L’étude n’a pas cherché à évaluer les retombées de la prise en charge des patients sur la mortalité et la morbidité. Peut-on espérer une différence au niveau de ces marqueurs?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Évaluer la possibilité de mise en place de cliniques d’ajustement gérées par des pharmaciens.
  • Réfléchir aux retombées possibles sur le système de santé.

Auteur : Émilie Mégrourèche
Relecteurs: Mylène Breton
Création : 22 mai 2015
Publication : 24 juin 2015

Le pharmacien prescripteur : quel impact en chirurgie?

Hale AR, Coombes ID, Stokes J, McDougall D, Whitfield K, Maycock E, Nissen L. Perioperative medication management: expanding the role of the preadmission clinic pharmacist in a single centre, randomised controlled trial of collaborative prescribing. BMJ Open. 2013 Jul 11;3(7). 

Ce que cette étude nous apprend

  • Essai randomisé contrôlé à simple insu, mené en clinique de pré-admission pour chirurgie élective au sein d’un centre de soins tertiaires de Brisbane, Australie.
  • Échantillon de 284 patients âgés de 18 ans ou plus, admis pour chirurgie élective dont 194 sont randomisés dans le groupe intervention et 190 dans le groupe contrôle.
  • Dans le groupe intervention, le pharmacien était le premier professionnel de la santé à évaluer le patient en vue de sa chirurgie.  Il a complété le bilan comparatif des médicaments à l’arrivée et a prescrit la poursuite ou la suspension de traitements chroniques. Le pharmacien a aussi prescrit une thromboprophylaxie appropriée suite à son évaluation des besoins et des risques. Les prescriptions ont été contre-signées par le chirurgien. L’intervention est comparée à la démarche habituelle, où le pharmacien complète le bilan comparatif des médicaments avant ou après les ordonnances d’admission du chirurgien. Ce dernier a rédigé toutes les prescriptions pour le groupe contrôle, incluant la thromboprophylaxie.
  • Le taux de divergence non intentionnelle entre les ordonnances à l’admission et le bilan comparatif des médicaments était plus faible dans le groupe intervention (p<0,001).
  • L’odds ratio d’une omission de represcrire un médicament à l’admission pour un patient du groupe contrôle, comparé à un patient du groupe intervention, était de 41,0 ([IC95% 20,6 – 81,8]; p<0,001).
  • Le taux de divergence non intentionnelle entre les ordonnances à l’admission et le bilan comparatif des médicaments était plus faible dans le groupe intervention au niveau des erreurs de nom de médicament (p<0,001), de dose (p<0,001), de fréquence d’administration (p<0,001), d’horaire d’administration (p<0,001), de forme galénique (p<0,001) et de dose maximale pour les ordonnances au besoin (p<0,001).
  • En clinique de pré-admission, les thromboprophylaxies étaient plus souvent prescrites de façon adéquate dans le groupe intervention (ordonnance du pharmacien contre-signée par le médecin) que dans le groupe contrôle (ordonnance du médecin) (p<0,001).
  • Le taux de documentation des besoins et contre-indications de thromboprophylaxie était plus élevé dans le groupe intervention que dans le groupe contrôle (p<0,001).

Ce que nous savions déjà

  • Il existe peu de documentation sur le rôle et les retombées du pharmacien en chirurgie. Aucune étude décrivant spécifiquement le rôle du pharmacien comme prescripteur dans un contexte de chirurgie élective n’a été documentée.
  • Plusieurs études décrivent les activités pharmaceutiques réalisées en contexte de chirurgie, notamment le bilan comparatif des médicaments à l’arrivée PMID20689119, PMID18165755, PMID11411447, PMID8442467 ,PMID17533206, PMID21798782PMID22165359.
  • Certaines études rapportent aussi les retombées positives du pharmacien sur le nombre de médicaments prescrits à une dose ou une fréquence incorrecte PMID22165359 et sur le nombre de patients ayant au moins une discordance entre l’admission et la période post-opératoires PMID17533206 .
  • Certains articles relatent le rôle du pharmacien sur le nombre d’erreurs lors de la réconciliation médicamenteuse PMID21798782, le type d’erreurs de médication PMID18165755 et le nombre de prescriptions comportant une erreur de médication PMID18165755.
  • On peut consulter le site Impact pharmacie et la fiche synthèse «chirurgie».
  • On peut également consulter l’affiche Impact and role of pharmacist in surgery, présentée au congrès de l’ESCP en octobre 2013 à Prague (République Tchèque).

Ce qu’on se pose comme question

  • La reproductibilité des résultats pourrait-elle être compromise par la nature mono-centrique de l’étude, ou par le fait que le groupe intervention n’ait compris qu’un seul pharmacien prescripteur spécialisé?
  • Le nombre de prescriptions par patient, plus élevé dans le groupe contrôle malgré la randomisation, pourrait-il affecter les résultats?
  • La formation spécialisée offerte au pharmacien prescripteur du groupe intervention aurait-elle permis de diminuer les écarts observés si elle avait aussi été offerte aux médecins prescripteurs du groupe contrôle?
  • Le modèle du pharmacien prescripteur en hôpital est-il réaliste, compte tenu de la capacité de formation et de la multiplicité des contextes de soins?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Évaluer le bilan comparatif des médicaments à l’arrivée en chirurgie de votre milieu de pratique, s’il y a lieu, en termes d’application systématique et de satisfaction.
  • Réfléchir à la possibilité d’implanter une pratique de prescription collaborative entre pharmaciens et médecins sur l’unité de chirurgie de votre milieu de pratique.

Auteur : Émile Demers

Relecteurs: Mylène Breton

Création : 25 mai 2015

Publication : 17 juin 2015

Quel est l’impact du pharmacien oeuvrant dans une clinique de polypharmacie au sein d’un hôpital militaire?

Ridderhoff KJ, Hull JR, Sandberg SK. Blanchfield Army Community Hospital Polypharmacy Clinic. J Manag Care Spec Pharm. 2015 Jan;21(1):8-11. 

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle prospective menée au Blanchfield Army Community Hospital de Fort Campbell, Kentucky (USA).
  • Données recueillies dans les dossiers médicaux de 28,000 soldats composant 4 équipes de combat d’infantrie.
  • En 2011, l’hôpital militaire a mis en place une nouvelle clinique conçue pour les soldats avec une polypharmacie considérée à risque d’évènements indésirables. Les critères spécifiques nécessaires pour qu’un soldat soit dirigé vers la clinique étaient : prise de plus de 3 médicaments chroniques, incluant au moins un psychotrope ou un dépresseur du système nerveux central. La clinique était composée d’un pharmacien militaire spécialisé en polypharmacie et d’un assistant technique en pharmacie. Des 28 000 soldats dont le dossier a été analysé, 895 d’entre eux ont rempli les critères de polypharmacie et se sont présentés à la clinique sur une période de 12 mois. Les chercheurs ont compilé toutes les interventions pertinentes du pharmacien militaire.
  • Durant la période d’étude, les soins pharmaceutiques prodigués ont permis la réalisation de 1574 interventions pharmaceutiques
  • Les trois activités les plus fréquentes du pharmacien militaire ont été le changement de médicaments (23,09% des consultations), la recommandation de tests de laboratoire (15,39% des consultations) et la cessation de médicaments (14,68% des consultations).
  • Le pharmacien militaire a changé 132 doses (11,8%).
  • Le pharmacien militaire a évité 93 interactions médicamenteuses (8,32%).
  • Le pharmacien militaire a corrigé 41 effets indésirables (3,67%).
  • Le pharmacien militaire a émis 10 recommandations de suivi rapproché de consommation de substances contrôlées (0,90%).
  • Le pharmacien militaire a généré 55 profils de restrictions de déploiement (4,92%).
  • Le pharmacien militaire a détruit 93 médicaments expirés ramenés par les soldats (8,32%).
  • Le pharmacien militaire a formulé 172 recommandations de tests de laboratoire (15,39%).
  • Le pharmacien militaire a ajouté 121 médicaments (10,8%).
  • Le pharmacien militaire a changé 258 médicaments (23,09%).
  • Le pharmacien militaire a cessé 164 médicaments (14,68%).
  • Le pharmacien militaire a évité 60 duplications thérapeutiques (5,37%)
  • Le pharmacien a mené une entrevue d’urgence auprès d’un soldat suicidaire (0,09%).

Ce que nous savions déjà

Ce qu’on se pose comme questions

  • Quelles retombées ces interventions pharmaceutiques ont-elles eu sur l’état de santé des soldats?
  • Ces interventions pharmaceutiques avaient-elles lieu à l’hôpital militaire avant la mise en place de la clinique de polypharmacie?
  • Quel est le niveau de satisfaction des soldats et de leurs proches face à ces interventions pharmaceutiques?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Évaluer la prise en charge des patients sous polypharmacie chronique dans votre milieu de pratique.
  • Dresser une liste d’éléments essentiels à vérifier chez tout patient sous polypharmacie chronique.
  • Recenser les interventions les plus fréquentes auprès des patients sous polypharmacie chronique dans votre milieu de pratique et les partager avec vos collègues.

Auteur : Émile Demers

Relecteurs: Mylène Breton, Jean-François Bussières

Création : 20 mai 2015

Publication : 10 juin 2015

 

Quel est l’impact des interventions pharmaceutiques en matière d’allergies médicamenteuses croisées?

Li W, Zhu LL, Zhou Q. Safe medication use based on knowledge of information about contraindications concerning cross allergy and comprehensive clinical intervention. Ther Clin Risk Manag. 2013;9:65-72.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle prospective réalisée au deuxième hôpital affilié à l’École de médecine de l’Université Zhejiang, à Hangzhou en Chine.
  • Les données relatives aux conseils pharmaceutiques et aux erreurs médicamenteuses ont été extraites du système informatique interne de l’hôpital, entre 2008 et 2012.
  • Les pharmaciens ont rassemblé toute information relative aux allergies croisées en parcourant les monographies des médicaments et les bases de données de l’Association pharmaceutique chinoise. Une équipe multidisciplinaire menée par les pharmaciens a implanté un programme de mesures éducatives et préventives sur les unités de soins et à la pharmacie centrale. Un système de pharmacovigilance a été mis en place pour avertir tout le personnel médical de chaque incident d’allergie croisée. Des protocoles standardisés de gestion des allergies croisées ont été implantés sur les unités de soins. Un champs réservé aux informations d’allergies croisées a été ajouté au logiciel de dossier-patient de la pharmacie centrale. Une échelle de risque validée a été utilisée pour évaluer la possibilité et la gravité des erreurs médicamenteuses. Le nombre et la nature des interventions des pharmaciens concernant les allergies croisées ont été recensés.
  • Suite à l’instauration du programme d’interventions pharmaceutiques, le nombre moyen d’erreurs médicamenteuses relatives aux allergies croisées a diminué de 97% (120 par année en 2008 à 3 par année en 2012).
  • Suite à l’instauration du programme d’interventions pharmaceutiques, le nombre moyen de questions posées aux pharmaciens par les médecins et les infirmières en matière d’allergies croisées a diminué de 67% (60 par mois avant août 2008 à 20 par mois en août 2009).
  • Suite à l’instauration du programme d’interventions pharmaceutiques, le taux de pharmaciens pouvant répondre adéquatement aux questions d’allergies croisées est passé de 60% avant août 2008 à 90% en août 2009.
  • Suite à l’instauration du programme d’interventions pharmaceutiques, la cote de risque attribuée aux possibilités et à la gravité potentielle d’erreurs médicamenteuses relatives aux allergies croisées est passée de 25/25 avant août 2008 à 6/25 en décembre 2012.

Ce que nous savions déjà

  • Il existe peu de documentation sur le rôle et l’impact du pharmacien en allergie. Les études réalisées à cet effet décrivent son implication notamment au niveau des conseils individuels aux patients et des réponses aux questions, ainsi qu’au sein des centres hospitaliers universitaires et des pharmacies communautaires.
  • On peut consulter le site Impact pharmacie et la fiche synthèse «Allergie».
  • On peut consulter l’affiche « Rôle et retombées du pharmacien en allergie » présentée au congrès annuel de l’APES en avril 2014, Sherbrooke, Canada.

Ce qu’on se pose comme questions

  • Est-il possible que les effets observés puissent s’expliquer par d’autres facteurs que le programme d’interventions pharmaceutiques?
  • Parmi l’ensemble des nouvelles mesures implantées en même temps, certaines seraient-elles plus importantes ou plus efficaces que d’autres?
  • La diminution des erreurs médicamenteuses a-t-elle permis pour autant de diminuer les effets indésirables reliés à ces erreurs?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Évaluer l’importance accordée à la prévention et à la gestion des allergies médicamenteuses croisées dans votre milieu de pratique.
  • Vérifier si les alertes, contre-indications et mises en gardes relatives aux allergies médicamenteuses croisées sont régulièrement mises à jour dans votre milieu de pratique.
  • Monter une banque de données d’allergies médicamenteuses croisées concernant les substances utilisées régulièrement dans votre milieu de pratique et la rendre disponible pour vos collègues.

Auteur : Émile Demers

Relecteurs: Mylène Breton

Création : 20 mai 2015

Publication : 3 juin 2015