Comment le pharmacien peut-il contribuer à la diminution de prescriptions inutiles chez les patients âgés ou en fin de vie?

Tjia J, Velten SJ, Parsons C, Valluri S, Briesacher BA. Studies to reduce unnecessary medication use in frail older adults: a systematic review. Drugs Aging. 2013 May;30(5):285-307. doi: 10.1007/s40266-013-0064-1. Review. PubMed PMID: 23475597.

Ce que cette étude nous apprend

  • Revue systématique ayant comme objectif principal d’identifier les interventions permettant de réduire l’utilisation de médicaments inutiles chez les personnes âgées fragiles et comme objectif secondaire d’identifier celles se rapportant aux patients en fin de vie.
  • La recherche a été réalisée sur  les bases de données MEDLINE, EMBASE et International Pharmaceutical Abstracts. Les articles publiés entre janvier 1996 et septembre 2012 ont été ciblés. Les mots-clés employés comprenaient entre autres : prescription drugs, drug utilization, hospice, palliative care, appropriate, inappropriate. Une recherche manuelle complémentaire des bibliographies a aussi été menée. La sélection initiale des articles selon les titres et les résumés a été faite par un chercheur.Puis trois chercheurs ont évalué les articles entiers. Les divergences ont été résolues par consensus. Les chercheurs ont inclus les essais contrôlés avec ou sans randomisation, les essais cliniques, les études pré-post et les séries de cas avec 5 patients ou plus. Les articles relatifs aux interventions visant les les traitements ponctuels, p.ex. antibiotiques ou analgésiques au besoin, ainsi que les résumés de conférences et les études de patients aux soins intensifs ont été exclus.
  • Les stratégies de recherche ont été utilisées en 2010 puis en 2012. La première recherche a permis d’identifier 873 et la seconde 78 articles. Dix-huit et cinq de ces articles ont été inclus dans la revue, respectivement. Les recherches manuelles complémentaires ont permis d’inclure 13 études, pour un total de 36 études incluses. Elles représentent 13 906 participants dont les moyennes d’âge varient de 69,1 ans à 87,2 ans. Quatre articles ciblent les patients en fin de vie. La revue comprend 15 études randomisées contrôlées, 6 études pré-post et 11 séries de cas. L’implication du pharmacien est la caractéristique principale de 25 des 36 interventions étudiées.
  • 12 études décrivent les effets d’une revue médicamenteuse faite par le pharmacien. Des six interventions ayant fait l’objet d’une évaluation statistique, quatre d’entre elles donnent des résultats significatifs en faveur des revues médicamenteuses faites par le pharmacien.
  • 13 études décrivent les effets de l’inclusion du pharmacien au sein de l’équipe multidisciplinaire. Des 10 interventions ayant fait l’objet d’une évaluation statistique, huit d’entre elles donnent des résultats significatifs en faveur de la présence du pharmacien au sein de l’équipe.
  • Quatre études décrivent les effets des rétroactions personnalisées aux prescripteurs, dont certaines d’entre elles impliquent directement le pharmacien. Ces quatre études ont toutes fait l’objet d’une analyse statistique donnant des résultats significatifs en faveur de l’intervention.

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien en gériatrie et en soins palliatifs sont bien documentés. Les conseils aux patients, l’enseignement, la surveillance de la pharmacothérapie et les réponses aux questions ne sont que quelques exemples d’activités du pharmacien dans ces domaines, recensées dans la littérature scientifique.
  • On peut consulter le site «Impact Pharmacie» et les fiches synthèses «Gériatrie» ou «Soins palliatifs».
  • On peut aussi consulter l’affiche «Impact and Role of Pharmacists in Geriatrics», présentée au Symposium de l’ECSP, à Prague en République Tchèque, ou l’affiche «Rôle et retombées du pharmacien aux soins palliatifs», présentée au congrès annuel de l’Association des pharmaciens en établissements de santé, à Sherbrooke (Qc.) au Canada.

Ce qu’on se pose comme question

  • L’inclusion d’articles de la littérature grise et d’études non publiées aurait-elle révélé davantage d’activités du pharmacien bénéfiques?
  • Des données de coût-efficacité sont-elles disponibles pour déterminer les économies potentielles associées aux activités bénéfiques identifiées?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Vérifier si les revues médicamenteuses des patients âgés de votre milieu de pratique sont effectuées à l’aide de critères validés dans la littérature (p.ex. STOPP/START, critères de Beers).
  • Proposer l’ajout de pharmaciens cliniques aux équipes multidisciplinaires de soins palliatifs de votre milieu de pratique.
  • Faire une revue rétrospective des interventions du pharmacien en gériatrie ou en soins palliatifs de votre milieu de pratique afin de valider les retombées sur la diminution de prescriptions inutiles.

Auteur : Émile Demers

Relecteur: Mylène Breton

Création : 30 juillet 2015

Publication: 25 novembre 2015

 

La confiance en soi, le sommeil ou la présence du pharmacien : comment diminuer les erreurs en réanimation pédiatrique?

Porter E, Barcega B, Kim TY. Analysis of medication errors in simulated pediatric resuscitation by residents. West J Emerg Med. 2014 Jul;15(4):486-90. doi: 10.5811/westjem.2014.2.17922. PubMed PMID: 25035756; PubMed Central PMCID: PMC4100856.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle prospective menée au sein du centre de simulation de l’hôpital universitaire pour enfants de Loma Linda (CA), États-Unis.
  • Échantillon de 46 résidents de première et troisième année en médecine, rotation de médecine d’urgence pédiatrique.
  • Les chercheurs ont filmé et évalué les séances de simulation en réanimation pédiatrique. Les séances se déroulaient à l’aide de mannequins pouvant simuler des réponses physiologiques aux interventions des résidents. Les scénarios simulés ont été développés par une équipe multidisciplinaire d’infirmières, de pédiatres, d’intensivistes, d’urgentologues, d’inhalothérapeutes et de pharmaciens. Les chercheurs ont distribué un questionnaire aux résidents avant la simulation, évaluant leur niveau de confiance à l’aide d’échelles visuelles analogues. Tous les scénarios exigeaient au moins une prescription médicamenteuse. Des inhalothérapeutes et infirmières étaient présents durant toutes les simulations comme membres de l’équipe de soins, tandis que le pharmacien était présent à 46,9% des simulations, selon la disponibilité. Au final, les données de 49 simulations ont été incluses dans l’analyse.
  • Les pharmaciens ont corrigé 71,4% des erreurs médicamenteuses commises par les résidents, tandis que les infirmières et les inhalothérapeutes en ont corrigé tous deux 14,3%. Durant les 23 simulations avec pharmacien, trois erreurs médicamenteuses ont été commises et non-corrigées.
  • Une analyse univariée révèle que le taux d’erreurs lorsque le pharmacien était présent était de 13,0%, tandis qu’il était de 38,5% lorsqu’il était absent (p=0,04). Des associations significatives par analyses univariées ont aussi été faites entre les taux d’erreurs et le fait d’avoir dormi plus de huit heures la veille de la simulation (p=0,01), le niveau de confiance des résidents (p=0,04) et le nombre d’années d’études (p=0,04). Les associations non significatives concernent le fait d’avoir de l’expérience en réanimation pédiatrique (p=0,60) et le fait d’avoir utilisé des références durant la simulation (p=0,74).
  • Après régression logistique multivariée des associations significatives, seule la présence du pharmacien a présenté un effet protecteur significatif au niveau des erreurs médicamenteuse (p=0,02). L’effet protecteur n’était pas significatif pour le nombre d’années d’étude (p=0,80), ni les heures de sommeil la veille (p=0,28) ni le niveau de confiance en soi (p=0,10).

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien en pédiatrie sont assez bien documentés. Les activités pharmaceutiques recensées dans ce domaine vont du bilan comparatif des médicaments à la pharmacocinétique, en passant par les tournées cliniques, les réponses aux questions et la prévention, entre autres.
  • Deux études rapportent les retombées positives du pharmacien dans la réduction des erreurs médicamenteuses graves lorsque le pharmacien est membre de l’équipe de soins à l’étage PMID18574016, PMID17200262 . Une autre étude décrit les retombées positives du pharmacien dans la sévérité clinique des erreurs médicamenteuses détectées PMID22392558.
  • On peut consulter le site «Impact Pharmacie» et la fiche synthèse «Pédiatrie». On peut aussi consulter l’affiche «Retombées et rôle des pharmaciens en pédiatrie» présentée au Rendez-vous de la recherche pharmaceutique de la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal, en décembre 2013 à Montréal (Qc.), Canada.

Ce qu’on se pose comme questions

  • Les pharmaciens présents aux simulations prodiguaient-ils d’autres conseils aux résidents, mise à part la correction des erreurs médicamenteuses?
  • Un essai randomisé contrôlé avec une grande taille d’échantillon, avec la présence d’un pharmacien comme intervention, donnerait-il des résultats semblables?
  • Quelle était la gravité des erreurs potentielles interceptées et quelle était celle des erreurs réellement commises?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Vérifier si des pharmaciens participent à la préparation de cas simulés pour la formation des professionnels de la santé de votre milieu de pratique.
  • Parcourir la documentation relative aux cas de réanimation pédiatrique de votre établissement pour retracer les principales erreurs médicamenteuses commises et les transmettre aux prescripteurs de l’établissement.
  • Réfléchir à la possibilité d’impliquer le pharmacien dans les activités de réanimation de votre milieu de pratique, si ce n’est pas déjà fait.

Auteur : Émile Demers

Relecteur : Mylène Breton

Création : 29 juillet 2015

Publication : 18 novembre 2015

Le génotypage des patients en pharmacie communautaire: une nouvelle activité pour le pharmacien?

Ferreri SP, Greco AJ, Michaels NM, O’Connor SK, Chater RW, Viera AJ, Faruki H, McLeod HL, Roederer MW. Implementation of a pharmacogenomics service in a community pharmacy. J Am Pharm Assoc (2003). 2014 Mar-Apr;54(2):172-80.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle prospective se déroulant au sein d’une pharmacie communautaire en Caroline du Nord, États-Unis.
  • Recrutement de 18 patients sous clopidogrel, un médicament métabolisé par le cytochrome CYP2C19.
  • Cette étude a évalué la possibilité d’offrir le service de génotypage en pharmacie communautaire. Les patients traités par clopidogrel ont été invités à participer à un test pharmacogénétique de leur cytochrome CYP2C19. Les patients intéressés ont été contactés par téléphone et se sont vu donner un rendez-vous de 30 minutes. Au premier rendez-vous, un prélèvement buccal a été obtenu par le pharmacien. Les échantillons ont été envoyé à un laboratoire pour l’analyse. Lorsque le pharmacien recevait les résultats, celui-ci a émis des recommandations au médecin traitant en se basant sur un algorithme de traitement pré-établi. Il lui a ensuite envoyé ses recommandations par fax ou les lui a communiquées par téléphone. Lorsqu’une réponse à la suggestion était reçue, le pharmacien a recontacté le patient pour un second rendez-vous pour lui expliquer le résultat au test et discuter des changements de thérapie convenus avec son médecin. Le nombre de patients consentants, le taux d’acceptation des recommandations du pharmacien, le temps requis pour le test et le nombre de demande de remboursement acceptée par les assurances ont été évalués.
  • Taux de participation au test: 43,9% (18 patients sur 41 patients éligibles)
  • Taux d’acceptation par les médecins des recommandations de continuer le clopidogrel 75mg die pour les métabolisateurs extensifs *1/*1: 100% (9 sur 9)
  • Taux d’acceptation par les médecins des recommandations de cesser le clopidogrel 75 mg die et de débuter aggrenox 200mg/25 mg bid pour les métabolisateurs intermédiaires *1/*2: 50% (1 sur 2).
  • Taux d’acceptation par les médecins des recommandations de continuer le clopidogrel 75mg die et d’augmenter la surveillance pour les saignements pour les métabolisateurs ultra-rapides *1/*17: 75% (3 sur 4).
  • Taux d’acceptation par les médecins des recommandations de continuer le clopidogrel 75mg die pour les phénotypes métaboliques *2/*17: 100% (2 sur 2)
  • Taux d’acceptation par les médecins des recommandations de continuer le clopidogrel 75mg die et d’augmenter la surveillance pour les saignements pour les métabolisateurs ultra-rapides *17/*17: 100% (1 sur 1)
  • Nombre de jours moyen pour l’obtention des résultats de laboratoire: 5,6 jours
  • Nombre de jours moyen pour l’obtention de l’approbation des recommandations de la part du prescripteur: 12,9 jours
  • Temps total moyen requis par les pharmaciens pour compléter l’ensemble des étapes du service de génotypage: 76,6 minutes
  • Nombre de demandes de remboursement accepté par les assurances: 0 sur 12 soumissions effectuées.

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien en pharmacogénétique sont relativement peu documentés. Des études recensent toutefois son implication aux niveaux de l’interprétation des tests génétiques, de l’optimisation thérapeutique, de l’éducation et des conseils aux patients. Le pharmacien effectue également l’évaluation de la pharmacothérapie, fait de la recherche évaluative en plus de participer à des comités d’éthique.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse «Pharmacogénomique».

Ce qu’on se pose comme question

  • Les coûts impliqués par le service de génotypage surpassent-ils les bénéfices encourus par une telle intervention auprès des patients?
  • Est-il pertinent d’offrir un service de génotypage en pharmacie communautaire étant donné que la réponse des patients aux médicaments peut varier en fonction de leur génétique?
  • La taille de l’échantillon de patients ainsi que le milieu de pratique unique permettent-ils une représentation juste de la situation?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Réfléchir à la pertinence d’offrir le service de génotypage en pharmacies communautaires.
  • Effectuer une analyse pharmaco-économique de ce service.

Auteur : Émilie Mégrourèche
Relecteurs: Mylène Breton
Création 3 août 2015
Publication : 11 novembre 2015

Traitements en psychiatrie : comment prévenir les effets indésirables?

Houppa CA, Nelson LA, Elliott E, Sommi RW. Adverse drug reactions: a retrospective review of hospitalized patients at a state psychiatric hospital. Hosp Pharm. 2013 Dec;48(11):931-5.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle, rétrospective, menée dans un hôpital psychiatrique, aux États-Unis.
  • Inclusion de patients atteints de pathologies psychiatriques, ayant eu une réaction indésirable médicamenteuse probable ou certaine.
  • Les dossiers des patients ayant été hospitalisés ont été analysés. Les données concernant les réactions indésirables médicamenteuses, les réactions indésirables évitables et les interventions faites par le pharmacien ont été recensées. Les chercheurs ont classé les réactions indésirables selon leurs sévérités et leurs médicaments associés.
  • 64 réactions indésirables probables ou certaines ont été incluses dans l’étude, dont 87,5% était dues à un traitement psychiatrique.
  • 86% des réactions indésirables étaient modérées et 12,5% des réactions indésirables étaient graves.
  • 96,9% des réactions indésirables ont induit un changement de traitement. 9% des réactions indésirables ont induit un transfert dans un autre établissement de santé.
  • 29,7% (19/64) des réactions indésirables étaient évitables.
  • 100% des réactions indésirables médicamenteuses évitables ont induit un changement de thérapie et 21% ont induit un transfert dans un autre établissement de santé.
  • Les différentes causes de réactions indésirables évitables étaient les interactions médicamenteuses (n=8), les concentrations sériques suprathérapeutiques (n=8) et les antécédents d’allergie (n=4).
  • Le pharmacien est intervenu 102 fois pour prévenir les effets indésirables médicamenteux et 96.5% des médecins ont accepté les interventions du pharmacien. On retrouve différents critères ayant permis aux pharmaciens de prévenir les effets indésirables : traitement non approprié en fonction de l’âge, du poids, du stade de la maladie ou de l’état clinique (n=16), interactions médicamenteuses (n=15), dose inappropriée (n=15), surveillance de la thérapie requise (n=8), allergies ou réactions indésirables antérieures (n=7).

Ce que nous savions déjà

  • Les rôles et retombées du pharmacien en psychiatrie sont bien documentés. Le pharmacien participe en effet à l’évaluation de la pharmacothérapie, à l’éducation thérapeutique du patient. Il donne des conseils en groupe ou en individuel et a un rôle de prévention et gestion du risque. Il participe également à la tournée clinique.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse «Psychiatrie».

Ce qu’on se pose comme question

  • Les réactions indésirables médicamenteuses ayant été notifiées spontanément en suivant un protocole de pharmacovigilance intrinsèque à l’hôpital, peut-on craindre une sous-notification de ces réactions?
  • L’étude ayant été faite dans un centre hospitalo-universitaire, les résultats sont-ils transposables à des établissements de structure différente?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Promouvoir le système de notification des réactions indésirables.
  • Évaluer le type de médicaments fréquemment responsables d’effets indésirables.
  • Intervenir auprès des professionnels de santé pour les sensibiliser aux médicaments les plus à risque et évaluer l’impact de ces interventions.

Auteur: Dorine Fournier

Relecteur: Mylène Breton

Création: 21 juillet 2015

Publication: 4 novembre 2015

Le pharmacien comme éducateur thérapeutique : quelles sont les retombées chez les patients épileptiques?

Tang F, Zhu G, Jiao Z, Ma C, Chen N, Wang B. The effects of medication education and behavioral intervention on Chinese patients with epilepsy. Epilepsy Behav. 2014 Aug;37:157-64. doi: 10.1016/j.yebeh.2014.05.017. Epub 2014 Jul 12. PubMed PMID: 25022824.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude randomisée contrôlée réalisée en clinique externe de neurologie, au sein de l’hôpital universitaire Huashan à Shanghaï, en Chine.
  • Recrutement et randomisation de 124 patients épileptiques de 16 ans et plus.
  • Les patients éligibles devaient être sous anti-épileptiques depuis plus de 6 mois et avoir oublié une dose au moins une fois durant les 6 derniers mois. Cinquante-neuf patients ont été randomisés dans le premier groupe intervention et 65 patients ont été randomisés dans le deuxième groupe intervention. Les patients du premier groupe ont reçu une éducation thérapeutique écrite et orale de la part du pharmacien en clinique externe. Puis le pharmacien a réalisé le suivi mensuel de l’observance par téléphone pendant six mois.  Dans le deuxième groupe, en plus de cette même intervention, le pharmacien a ajouté un schéma thérapeutique personnalisé et imprimé . Ce schéma comprenait le nom et l’image des anti-épileptiques du patient, associés à des moments précis de la journée et adaptés au mode de vie de chaque participant. Le Morisky Medication Adherence Scale (MMAS-4) pour l’observance, le Quality of Life in Epilepsy Inventory (QOLIE-31) pour la qualité de vie, une échelle de connaissances de l’épilepsie montée par les chercheurs et le nombre de crises dans les six derniers mois sont les données qui ont été récoltées à la base et à six mois.
  • Le nombre de participants observants était plus élevé à six mois qu’à la base et ce, pour les deux groupes (p<0.0001). Il n’y avait pas de différences entre les deux groupes (p=0,827).
  • Le nombre de crises d’épilepsie dans les six derniers mois était plus faible à six mois qu’à la base et ce, pour les deux groupes (p<0.0001). Il n’y avait pas de différences entre les deux groupes (p=0,988).
  • Les connaissances des patients sur l’épilepsie étaient meilleures à 6 mois qu’à la base et ce, pour les deux groupes (p<0.0001). Il n’y avait pas de différences entre les deux groupes (p=0,231).
  • La qualité de vie des patients était meilleure à six mois qu’à la base et ce, pour les deux groupes (p<0.0001). Il n’y avait pas de différences entre les deux groupes (p=0,947).

Ce que nous savions déjà

  • Il existe peu de documentation sur le rôle et l’impact du pharmacien dans la prise en charge de l’épilepsie. Les activités pharmaceutiques recensées comprennent l’évaluation et la surveillance de la pharmacothérapie, les conseils aux patients ou encore la pharmacocinétique.
  • Une étude rapporte les retombées positives du pharmacien dans la qualité de vie telle que mesurée par QOLIE-31 ainsi que les retombées positives en termes de patients observants PMID22953768.
  • On peut consulter le site Impact pharmacie et la fiche synthèse «Épilepsie».

Ce qu’on se pose comme questions

  • Les résultats auraient-ils été aussi concluants s’ils avaient été comparés à un groupe contrôle sans intervention particulière du pharmacien?
  • Les résultats peuvent-ils être attribués aux interventions des autres professionnels de santé de la clinique externe, tels que le neurologue?
  • Quel est l’importance des retombées propres aux appels téléphoniques et de celles propres aux séances d’éducation thérapeutique sur l’observance?
  • Les résultats d’observance auraient-ils été aussi concluants s’ils avaient été mesurés autrement que selon le patient, comme par décompte de comprimés?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Évaluer la possibilité d’utiliser régulièrement des outils validés pour mesurer l’observance et la qualité des patients épileptiques dans votre milieu de pratique.
  • Instaurer un système de rappels téléphoniques ou informatiques, personnalisé ou automatique, auprès des patients épileptiques inobservants.
  • Identifier les patients dont l’inobservance les expose à un risque important de crises et leur proposer des pistes de solutions qui incluent des schémas thérapeutiques personnalisés.

Auteur : Émile Demers

Relecteur: Mylène Breton

Création : 12 juin 2015

Publication : 7 octobre 2015

Continuité des soins: augmenter la communication hôpital-communauté permet-il d’améliorer l’observance des patients à leur thérapie médicamenteuse?

Israel EN, Farley TM, Farris KB, Carter BL. Underutilization of cardiovascular medications: effect of a continuity-of-care program. Am J Health Syst Pharm. 2013 Sep 15;70(18):1592-600.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude randomisée contrôlée prospective, au sein d’un centre universitaire de soins tertiaires de l’Iowa, États-Unis.
  • Échantillon de 732 patients souffrant d’hypertension, d’hyperlipidémie, d’insuffisance cardiaque ou d’une maladie artérielle coronarienne dont 241 dans le groupe recevant des soins avancées,  245 dans le groupe de soins minimums et 246 dans le groupe de soins standards.
  • Les patients inclus dans l’étude ont été répartis aléatoirement dans les groupes de soins minimums, de soins avancés ou de soins standards (contrôle). Dans les deux premiers groupes, le pharmacien a effectué un bilan comparatif des médicaments à l’arrivée des patients et a identifié les problèmes liés à la pharmacothérapie dans les 24h suivant leur admission. Le pharmacien a aussi émis des recommandations à l’équipe de soins de l’hôpital et au médecin traitant en communautaire. Pour les patients du groupe de soins avancés, le pharmacien a en plus élaboré un plan de soins au congé contenant la liste des médicaments du patients. Il a ensuite émis des recommandations spécifiques pour optimiser les éléments qui ne respectaient pas les lignes directrices. La sous-utilisation des médicaments a été évaluée à l’admission, au congé, puis à 30 et à 90 jours suivant le congé.
  • Concernant la sous-utilisation des médicaments cardiovasculaires évaluée à l’admission, il n’y avait pas de différence significative entre les trois groupes: 66,7% (n=70) dans le groupe de soins avancés, 55,5% (n=61) dans le groupe de soins minimal et 58,2% (n=64) dans le groupe contrôle.
  • Concernant la sous-utilisation des médicaments cardiovasculaires évaluée au congé, il n’y avait pas de différence significative entre les trois groupes: 65,7% (n=67) dans le groupe de soins avancés, 55% (n=60) dans le groupe de soins minimal et 56,4% (n=62) dans le groupe contrôle.
  • Concernant la sous-utilisation des médicaments cardiovasculaires à 30 jours suivant le congé, il n’y avait pas de différence significative entre les trois groupes: 65,3% (n=66) dans le groupe de soins avancés, 52,8% (n=56) dans le groupe de soins minimal et 56,1% (n=60) dans le groupe contrôle.
  • Concernant la sous-utilisation des médicaments cardiovasculaires à 90 jours suivant le congé, il n’y avait pas de différence significative entre les trois groupes: 62,2% (n=61) dans le groupe de soins avancés, 50,5% (n=53) dans le groupe de soins minimal et 54,4% (n=56) dans le groupe contrôle.

Ce que nous savions déjà

Ce qu’on se pose comme question

  • Les pharmaciens de l’étude étaient inconnus du personnel de l’hôpital et des médecins en communautaire. Cet élément peut-il avoir influencer le taux d’acceptation par les médecins des recommandations effectuées?
  • Les médecins traitants en communautaires utilisaient-ils réellement les plans de soins envoyés par les pharmaciens de l’étude?
  • Les auteurs n’ont pas effectué d’analyse à priori de puissance et de calcul de taille d’échantillon. Cette omission peut-elle influencer la portée des résultats?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Réfléchir à des stratégies de communication entre les professionnels en milieu hospitalier et en milieu communautaire pour faciliter le transfert des patients et permettre la continuité des soins.
  • Élaborer des outils pour faciliter la communication entre les divers prestataires de soins pour permettre une meilleure prise en charge des patients.

Auteur: Émilie Mégrourèche
Relecteurs: Mylène Breton
Création : 28 mai 2015
Publication: 30 septembre 2015

Quelles sont les retombées d’un suivi du pharmacien en contexte post-infarctus?

Ho PM, Lambert-Kerzner A, Carey EP, Fahdi IE, Bryson CL, Melnyk SD, Bosworth
HB, Radcliff T, Davis R, Mun H, Weaver J, Barnett C, Barón A, Del Giacco EJ.
Multifaceted intervention to improve medication adherence and secondary
prevention measures after acute coronary syndrome hospital discharge: a
randomized clinical trial. JAMA Intern Med. 2014 Feb 1;174(2):186-93.

Ce que cette étude nous apprend

  • Essai randomisé contrôlé multicentrique mené aux États-Unis.
  • 253 patients admis pour syndrome coronarien aigu dans 4 centres hospitaliers américains affiliés au système de santé des Veterans Affairs.
  • Les patients ont été recrutés au moment du congé. Tous les patients ont reçu les soins usuels au congé (dépliants éducatifs, conseils sur la modification des habitudes de vie, coordonnées des intervenants, liste de médicaments). Les 129 patients randomisés dans le groupe contrôle ont fait l’objet de quatre interventions du pharmacien d’hôpital : 1) bilan comparatif des médicaments réalisé en clinique externe ou au téléphone, 7-10 jours post-congé; 2) séances d’éducation thérapeutique à une semaine et à un mois post-congé; 3) établissement d’un canal de communication entre le pharmacien et le médecin du patient; 4) rappels téléphoniques automatisés mensuels à propos de l’observance et des renouvellements. L’observance a été mesurée à 12 mois selon la fréquence de renouvellements pour les statines, les béta-bloquants, les IECA/ARA et le clopidogrel. La tension artérielle et le LDL-C ont été mesurés au congé et à 12 mois post-congé. Les coûts ont été mesurés dans la perspective du système de santé des Veterans Affairs.
  • Le nombre de patients pour qui les jours de traitement servis dépassait 80% était plus élevé chez les patients du groupe intervention que les patients du groupe contrôle pour les statines (p<0.001), pour les IECA/ARA (p=0.03), pour le clopidogrel (p=0.03) et pour les médicaments de cardiologie en général (p=0.003).
  • Le nombre moyen de jours de traitement servis était plus élevé chez les patients du groupe intervention que chez les patients du groupe contrôle pour les statines (p<0.001), pour les IECA/ARA (p=0.005), pour le clopidogrel (p=0.03) et pour les médicaments de cardiologie en général (p<0.001).
  • Il n’y avait pas de différence à 12 mois entre les deux groupes concernant la mortalité (p=0.86), le nombre de récidives de syndromes coronariens aigus (p=0.60), au niveau de la diminution moyenne de tension artérielle systolique (p=0.07) et diastolique (p=0.39) ni au niveau de la diminution moyenne des LDL-C (p=0.9).
  • Il n’y avait pas de différence à 12 mois entre les deux groupes au niveau des coûts moyens en soins hospitaliers, en soins ambulatoires, en interventions du pharmacien et en médicaments cardiaques (p=0.56).

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien dans l’infarctus du myocarde sont relativement bien documentés. Dans ce contexte, plusieurs activités pharmaceutiques ont été relevées dans la littérature, telles que les bilans comparatifs des médicaments, l’évaluation de la pharmacothérapie, les conseils individuels aux patients ou encore la surveillance de la pharmacothérapie.
  • Cinq études rapportent des retombées positives du pharmacien en infarctus du myocarde au niveau de la mortalité PMID19558249 PMID17896892 PMID20973686 PMID17896892 PMID20973686 . Une étude rapporte les retombées neutres du pharmacien en infarctus du myocarde au niveau des LDL-C et de la tension artérielle PMID19670953.
  • On peut consulter le site Impact pharmacie et la fiche synthèse «Infarctus du myocarde».

Ce qu’on se pose comme questions

  • À quel point les jours de traitement servis reflètent-ils la consommation réelle et telle que prescrite des médicaments visés?
  • Les résultats sont-ils généralisables à la population hors du système de santé des Veterans Affairs, vu le taux de patients de sexe masculin à 98%?
  • Les résultats de tension artérielle et de LDL-C auraient-ils été plus concluants si l’intervention était réservée aux patients connus comme inobservants à leurs traitements?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Établir des canaux de communication solides entre les médecins et les pharmaciens afin de convenir d’un suivi régulier des résultats de laboratoires importants.
  • Proposer des stratégies de renforcement de l’observance aux patients de votre milieu de pratique, incluant des rappels téléphoniques automatisés et/ou des séances d’éducation thérapeutique sur rendez-vous.

Auteur : Émile Demers

Relecteur: Mylène Breton

Création : 11 juin 2015

Publication : 23 septembre 2015

Et si le pharmacien pouvait faire le dépistage du VIH en pharmacie communautaire?

Weidle PJ, Lecher S, Botts LW, Jones L, Spach DH, Alvarez J, Jones R, Thomas V. HIV testing in community pharmacies and retail clinics: a model to expand access to screening for HIV infection. J Am Pharm Assoc (2003). 2014 Sep-Oct;54(5):486-92.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle prospective menée entre août 2011 et juillet 2013 au sein de pharmacies communautaires et de cliniques de santé desservant des populations rurales et urbaines aux États-Unis.
  • Un total de 21 sites participant au programme pilote soit 18 pharmacies communautaires et trois cliniques pour un total de 106 membres du personnel impliqués dans le projet.
  • Les pharmaciens, les infirmières et les infirmières praticiennes ont été formés en personne ou via vidéoconférence pour effectuer des tests de dépistage du VIH à partir d’échantillon de salive, à donner des informations sur le VIH et à communiquer les résultats des tests aux patients de manière confidentielle. Tous les sites participants ont dû obtenir une accréditation de la CLIA (Clinical Laboratory Improvement Amendments) pour faire des tests de laboratoire. Le service de dépistage a été publicisé pour les patients par la remise de dépliants et de pamphlets, par la parution d’articles dans le journal local et par les médias sociaux et sites Internet. Des conseils ont été prodigués aux patients désirant participer avant puis après avoir fait le test. Les patients avec un résultat préliminaire positif ont été référés à un médecin pour la confirmation des résultats. Le nombre de tests effectués et le temps requis à l’exécution de ceux-ci ont été évalués.
  • Nombre de tests de VIH effectués: 1540 tests (457 durant les événements de promotion des tests et 1087 dans les pharmacies/cliniques durant les heures d’ouvertures régulières);
  • Nombre de temps médian requis pour le conseil/consentement pré-test: 4 minutes;
  • Nombre de temps médian requis pour l’attente des résultats des tests: 23 minutes;
  • Nombre de temps médian requis pour le conseil post-test: 3 minutes;
  • Nombre de résultats préliminaires positifs: 24 tests.

Ce que nous savions déjà

Ce qu’on se pose comme question

  • La stigmatisation associée au VIH a-t-elle permis une appréciation juste des retombées d’un tel projet?
  • Les pharmaciens sont-ils habilités à fournir l’encadrement et le soutien nécessaire aux patients pour l’annonce d’un résultat positif au test de dépistage?
  • Le dépistage du VIH en pharmacie communautaire est-il intéressant d’un point vue coût-efficacité?
  • Le pharmacien pourrait-il offrir un service complet de dépistage des ITSS (infections transmissibles sexuellement et par le sang) en pharmacie?
  • Les patients sont-ils plus enclins à venir se faire tester en pharmacie plutôt que de recourir aux parcours usuels (médecin, cliniques, etc.)?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Réfléchir à la possibilité d’offrir des services de dépistages rapides du VIH et même d’un service de dépistage complet des ITSS en pharmacie communautaire.
  • Sensibiliser et éduquer la population sur la maladie via des interventions de santé publique et autres activités promotionnelles.
  • Développer des outils éducatifs et les partager.

Auteur : Émilie Mégrourèche
Relecteurs: Mylène Breton
Création 24 juillet 2015
Publication : 16 septembre 2015

Quel est l’impact de la présence du pharmacien auprès de l’omnipraticien dans la prise en charge de l’asthme?

Gums TH, Carter BL, Milavetz G, Buys L, Rosenkrans K, Uribe L, Coffey C, MacLaughlin EJ, Young RB, Ables AZ, Patel-Shori N, Wisniewski A. Physician-pharmacist collaborative management of asthma in primary care. Pharmacotherapy. 2014 Oct;34(10):1033-42.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude pré-post menée dans 11 officines d’omnipraticiens du Wisconsin, États-Unis.
  • Échantillon de 126 patients asthmatiques de 12 ans ou plus, suivis uniquement par leur omnipraticien et sans antécédents d’évènements graves reliés à l’asthme.
  • Phase pré : au recrutement, les infirmières des 11 cabinets d’omnipraticiens ont récolté rétrospectivement (9 derniers mois) les nombres de consultations médicales, de visites à l’urgence, d’hospitalisations, de traitements de corticostéroïdes oraux ainsi que le taux d’absence au travail ou à l’école lié à l’asthme. Les participants ont rempli l’Asthma Control Test (ACT) et l’Asthma Quality of Life Questionnaire (AQLQ-M). Phase intervention : les mêmes 126 patients ont été inclus. L’intervention a duré 9 mois et a consisté en 6 rencontres entre le participant et le pharmacien clinique (à la base puis à 1, 2, 4, 6 et 9 mois). Des visites supplémentaires et facultatives (à 3, 5, 7 et 8 mois) ont aussi été offertes aux patients. Les entrevues se sont déroulées au cabinet des omnipraticiens. Elles étaient standardisées et comprenaient une vérification de la technique d’utilisation des inhalateurs, la complétion de l’ACT et de l’AQLQ-M, une évaluation de la pharmacothérapie, des recommandations de modifications médicamenteuses, le renforcement de l’observance, la fixation d’objectifs de contrôle et de l’éducation thérapeutique. À 9 mois, les infirmières ont récolté rétrospectivement les mêmes données qu’à la phase pré. 102 patients ont rencontré le pharmacien au moins 1 fois. Phase post : 9 mois après la fin de la phase intervention, les mêmes 102 patients ont été contacté. Les infirmières ont récolté rétrospectivement les mêmes données qu’à la phase pré. 93 patients ont complété les trois phases de l’étude.
  • Le nombre moyen de visites à l’urgence ou d’hospitalisations par patient est demeuré stable, passant de 0,37 en pré, à 0,26 en intervention (p=0,052), puis à 0,36 en post (p=0,833).
  • Le nombre moyen de visites à l’urgence ou d’hospitalisations par patient a diminué pour les patients avec un mauvais contrôle de l’asthme à la base, passant de 0,42 en pré à 0,24 en intervention (p=0,016).
  • Le nombre moyen de visites à l’urgence ou d’hospitalisations par patient n’a pas diminué de façon durable pour les patients avec un mauvais contrôle de l’asthme à la base, passant de 0,42 en pré à 0,38 en post (p=0,64).
  • Le nombre de patients avec un asthme contrôlé a augmenté, passant de 38 (30,2%) en pré à 64 (50,8%) en intervention (p<0,0001).
  • Le nombre de patients avec un asthme contrôlé a augmenté de façon durable, passant de 38 (30,2%) en pré à 68 (54,0%) en post (p<0,0001).
  • Le score moyen ACT s’est amélioré, passant de 16,76 en pré à 18,87 en intervention (p<0.0001).
  • Le score moyen ACT s’est amélioré de façon durable, passant de 16,76 en pré à 19,02 en post (p<0,0001).
  • Le score moyen AQLQ-M s’est amélioré, passant de 20,65 en pré à 15,79 en intervention (p<0.0001).
  • Le score moyen AQLQ-M s’est amélioré de façon durable, passant de 20,65 en pré à 15,43 en post (p<0,0001).
  • Le taux de patients sous corticostéroïdes inhalés a augmenté, passant de 71,43% en pré à 83,33% en intervention (p=0,024).
  • Le taux de patients sous antagonistes des récepteurs aux leucotriènes est demeuré stable, passant de 26,98% en pré à 30,95% en intervention (p=0,488).

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien dans l’asthme sont bien documentés. Plusieurs articles décrivent le rôle du pharmacien en terme de conseils individuels au patient et d’évaluation de l’utilisation des médicaments. D’autres publications décrivent le rôle du pharmacien concernant les médicaments de prévention et de secours pour les crises d’asthme.
  • Deux études ont rapporté des retombées positives du pharmacien sur les visites à l’urgence PMID7711346 , PMID12635454 . Trois études ont mentionné des retombées positives du pharmacien sur les hospitalisations PMID11494786 , PMID11601666 , PMID12635454 . Une étude décrit l’impact du pharmacien sur les visites à l’urgence et les hospitalisations pour un problème en lien avec l’asthme PMID16602223 .
  • On peut consulter le site Impact pharmacie et la fiche synthèse «asthme».

Ce qu’on se pose comme questions

  • L’inclusion des données d’un groupe contrôle aurait-elle permis d’obtenir des résultats semblables?
  • L’intervention serait-elle réalisable et efficace en pharmacie communautaire?
  • Une durée de suivi de 12 mois par phase au lieu de 9 mois par phase aurait-elle permis de détecter des variations saisonnières dans le contrôle de l’asthme?
  • La collecte rétrospective de données sur 9 mois auprès des patients introduit-elle un biais de mémoire important?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Évaluer la possibilité d’utiliser des outils validés comme l’ACT ou l’AQLQ-M pour évaluer le contrôle de l’asthme des patients dans votre milieu de pratique.
  • Construire une grille d’éléments essentiels à vérifier pour le suivi de la pharmacothérapie de l’asthme et la partager avec vos collègues.
  • Proposer un suivi conjoint des patients asthmatiques basé sur une collaboration et un partage de données cliniques entre omnipraticiens et pharmaciens communautaires.

Auteur: Emile Demers

Relecteur: Mylène Breton

Création: 29 mai 2015

Publication: 9 septembre 2015

Quelle est l’implication des pharmaciens dans la recherche évaluative?

Awaisu A, Alsalimy N. Pharmacists’ involvement in and attitudes toward pharmacy practice research: A systematic review of the literature. Res Social Adm Pharm. 2014 Dec 31. 

Ce que cette étude nous apprend

  • Revue systématique qui vise à résumer et interpréter le point de vue et le comportement des pharmaciens en ce qui concerne leur implication dans la recherche en pratique pharmaceutique, ainsi que les barrières et les éléments facilitant la recherche en pratique pharmaceutique.
  • Revue incluant des études portant sur des pharmaciens communautaires, hospitaliers ou de centres de soins primaires.
  • La recherche a été réalisée à partir des bases de données électroniques MEDLINE, PubMed, EBSCO, ScienceDirect, ProQuest, et Google Scholar. Une recherche manuelle a été réalisée en complément à partir de la bibliographie des articles identifiés. La stratégie de recherche a inclus les termes MeSH et textes suivants: « pharmacist », « pharmacy », « research », « clinical research », « pharmacy practice and clinical research », « evidence-based practice », « attitude », « view », « perception », « opinion », « barriers », « involvement », « motivation », « willingness », « survey », « questionnaire », « qualitative », « focus group » et « interview ». Deux auteurs ont évalué de manière indépendante l’éligibilité des articles identifiés. Les désaccords ont été résolus par discussion et consensus entre les deux auteurs. Ils ont ensuite évalué la qualité méthodologique, la robustesse des résultats, et la validité interne et externe.
  • 15 études ont été incluses sur 608 études identifiées (5 études au Royaume-Uni, 3 études en Australie, 3 études au Canada).
  • La proportion de pharmaciens ayant déjà été impliqués dans une étude de recherche en pratique pharmaceutique a évolué au fil du temps: moins de 9% des pharmaciens d’après deux études publiées entre 1990 et 1999; puis 43%, 70%, et 33% des pharmaciens d’après trois études publiées entre 2000 et 2009 puis plus de 50% des pharmaciens d’après 3 études publiées entre 2010 et 2014.
  • Entre 1990 et 1999, moins de 50% des pharmaciens considéraient que la recherche en pratique comme une priorité (une étude) et 70-85% des pharmaciens s’accordaient à dire que la recherche axée sur la pratique est importante. Entre 2010 et 2014, l’ensemble des pharmaciens ayant répondu aux enquêtes (6 études) s’accordaient sur l’importance de faire de la recherche axée sur la pratique, et qu’elle faisait partie de leurs responsabilités.
  • 77% des pharmaciens ayant déjà fait de la recherche ont montré une volonté de s’impliquer versus 34% des pharmaciens n’ayant jamais participé d’après une étude publiée entre 2000-2009. La proportion de pharmaciens volontaires varie entre 40% et 84% pour la période 2010-2014.
  • 51% des pharmaciens sondés considèrent être assez formés pour conduire une recherche (1 étude, période 2010-2014).
  • Plus de 70% des pharmaciens hospitaliers au Qatar sont confiants pour conduire ce type de recherche (1 étude, période 2010-2014).
  • 50% et 80% des pharmaciens communautaires sont intéressés pour s’impliquer dans un réseau sur la recherche en pratique pharmaceutique (2 études, période 2010-2014).

Ce que l’on sait déjà

  • Au fil du temps l’intérêt des pharmaciens et leur implication dans la recherche évaluative et la recherche sur la pratique a évolué. De nombreuses études visent à évaluer les pratiques mais il en existe peu qui portent sur le rôle et les retombées du pharmaciens dans la recherche même.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse « Recherche évaluative« 

Ce que l’on se pose comme question

  • Comment se définit l’implication du pharmacien dans le recherche évaluative?
  • Comment est définie la recherche en pratique pharmaceutique d’une étude à une autre?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Réfléchir à l’évaluation de la qualité des études publiées pour améliorer la solidité des résultats.
  • Participer à des réseaux, des groupes de travail pour partager les connaissances dans le domaine de la recherche évaluative pour continuer à la développer.

Auteur Mylene Breton

Relecteur 

Création 29 mai 2015

Publication 2 septembre 2015