Les pharmaciens en communautaire peuvent-ils aider à soulager les symptômes dépressifs chez les étudiants universitaires?

Phimarn W, Kaewphila P, Suttajit S, Saramunee K. Depression screening and advisory service provided by community pharmacist for depressive students in university. Springerplus. 2015 Sep 2;4:470

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude bi-phasique avec la phase 1 comme étude transversale et la phase 2 comme étude randomisée effectuée auprès d’une pharmacie communautaire sur le campus de l’université de Mahasarakham à Mahan Sarakham, Thailande.
  • Échantillon de 2 471 étudiants dans le domaine de la santé. Il y a eu 1 421 étudiants qui ont complété le questionnaire CES-D et 68 étudiants ont été randomisés au final. 34 étudiants étaient suivis en groupe par un pharmacien comme intervenant pivot et 34 étudiants étaient suivis individuellement par un pharmacien comme intervenant pivot.
  • Les étudiants universitaires thaïlandais qui étudient dans le domaine de la santé comme la médecine, les soins infirmiers ou la pharmacie sont souvent touchés par la dépression. Le but de cette étude était dans un premier temps d’identifier les étudiants qui sont dépressifs dans ce domaine grâce à un questionnaire de mesure de la dépression soit le Centre for Epidemilogic Studies-Depression Scale (CES-D). Ce questionnaire se composait de 20 questions à niveaux. Les niveaux étaient rarely=0, occasionnaly=1, some=2, most=3. Si les étudiants obtenaient un score supérieur à 22 dans le questionnaire, ils étaient considérés comme ayant une humeur dépressive. Aussi, les patients qui ont obtenu un score supérieur à 22 devaient compléter un questionnaire sur le suicide. Si un des étudiants répondaient OUI à ce questionnaire, on le référait automatiquement à l’hôpital. Les étudiants dépressifs et non suicidaires étaient par la suite suivis par un pharmacien pour les aider à contrôler et soigner leurs symptômes dépressifs.  Ces étudiants étaient randomisés dans 2 groupes soit le groupe 1 dans lequel le pharmacien aidait plusieurs étudiants en groupe et le groupe 2 dans lequel le pharmacien prodiguait les conseils individuellement auprès des étudiants. Dans le groupe 1, les pharmaciens expliquaient la dépression, les causes possibles de la maladie, les facteurs de risque, les signes et symptômes, les différents types de dépression, les traitements et les moyens pour s’auto-traiter. Les réunions en groupe durait 1 heure et était effectuées à la semaine 0, 4, 8 et 16. Pour le groupe 2, les pharmaciens donnaient au début (semaine 0) un livret sur la gestion de la dépression à chacun des étudiants qu’ils suivaient de manière individuelle. Le livret, qui était écrit par une équipe de recherche se divisait en 3 parties soient la première partie qui faisait une revue des symptômes dépressifs incluant la définition, la cause, les facteurs de risques, les signes et symptômes et la manière de s’auto-traiter, la deuxième partie qui permettait aux patients de noter des informations personnels et des informations cliniques sur leur condition et la dernière partie qui permettait d’entrer les activités que les patients faisaient pour réussir à soulager leurs symptômes dépressifs. Les patients étaient suivis à la semaine 0, 4, 8 et 16. Aussi, les étudiants devaient remplir un questionnaire sur la qualité de vie (SF-36) au début de l’étude soit à la semaine 0 et à la fin de l’étude soit à la semaine 16. Une fois l’étude terminée, les étudiants devaient remplir à nouveau le questionnaire CES-D pour voir les changements au niveau de leurs symptômes dépressifs.
  • Score moyen du CES-D: Groupe 1 à la semaine 0: 26,3 et groupe 1 à la semaine 16: 20,1; p<0,001
    Score moyen du CES-D: Groupe 2 à la semaine 0: 25,1 et groupe 2 à la semaine 16: 17,7; p<0,001
    Score moyen du CES-D: Groupe 1 à la semaine 0: 26,3 et groupe 2 à la semaine 0: 25,1; p=0,230
    Score moyen du CES-D: Groupe 1 à la semaine 16: 20,1 et groupe 2 à la semaine 16: 17,7; p=0,038
    Score de qualité de vie sur l’aspect physique des patients: Groupe 1 à la semaine 0: 43,9 et groupe 1 à la semaine 16: 51,7; p<0,001
    Score de qualité de vie sur l’aspect physique des patients: Groupe 2 à la semaine 0: 46,4 et groupe 2 à la semaine 16: 53,1; p=0,003
    Score de qualité de vie sur l’aspect physique des patients: Groupe 1 à la semaine 0: 43,9 et groupe 2 à la semaine 0: 46,4; p=0,215
    Score de qualité de vie sur l’aspect physique des patients: Groupe 1 à la semaine 16: 51,7 et groupe 2 à la semaine 16: 53,1; p=0,419
    Score de qualité de vie sur l’aspect mental des patients: Groupe 1 à la semaine 0: 40,0et groupe 1 à la semaine 16: 42,8; p<0,067
    Score de qualité de vie sur l’aspect mental des patients: Groupe 2 à la semaine 0: 37,9 et groupe 2 à la semaine 16: 43,1; p<0,036
    Score de qualité de vie sur l’aspect mental des patients: Groupe 1 à la semaine 0: 40,0et groupe 2 à la semaine 0: 37,9; p=0,349
    Score de qualité de vie sur l’aspect mental des patients: Groupe 1 à la semaine 16: 42,8 et groupe 2 à la semaine 16: 43,1; p=0,857

Ce que nous savions déjà

Ce qu’on se pose comme question

  • Quel est l’évolution de la dépression lorsque les patients ont uniquement accès aux soins et aux conseils des pharmaciens et non à ceux des autres professionnels de la santé?
  • Quelle est la meilleure formation disponible pour les pharmaciens pour aider les patients dépressifs à contrôler leurs signes et symptômes ?

Ce que vous pouvez faire notamment

  • Mettre en place un système de suivi auprès des patients dépressifs et utiliser davantage les outils cliniques disponibles pour vérifier s’il y a une amélioration de leurs signes et symptômes.
  • Fournir davantage d’outils pour aider à comprendre la maladie et des ressources à contacter si on a besoin de davantage d’aide pour contrôler la maladie.

Auteur(s): Erlind Xhuti

Relecteur: Mylène Breton

Création: 21 octobre 2015

 

Le pharmacien peut-il réduire la mortalité dans une unité cardiologique?

Zhai XB, Gu ZC, Liu XY. Effectiveness of the clinical pharmacist in reducing mortality in hospitalized cardiac patients: a propensity score-matched analysis. Ther Clin Risk Manag. 2016 Feb 18;12:241-50. doi: 10.2147/TCRM.S98300. eCollection 2016. PubMed PMID: 26937196; PubMed Central PMCID: PMC4762444.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude quasi-randomisée contrôlée de type prospectif menée dans un hôpital universitaire de 60 lits en cardiologie affilié à l’université Shanghai Jiao Tong en Chine.
  • Échantillon de 15 197 patients divisés dans la phase I et II de l’étude.
  • Durant la phase I (2010 à 2012, 28 mois) de l’étude, les pharmaciens n’intervenaient pas lorsqu’il y avait des problèmes reliés à la thérapie. Par contre, durant la phase II (2012 à 2015, 36 mois), les pharmaciens intervenaient lorsqu’ils voyaient des problèmes médicamenteux pouvant nuire à l’atteinte des résultats, causer ou contribuer à la mortalité. Les erreurs recensées étaient liées à des incompatibilités intraveineuses, des interactions, des erreurs de dosage, à une mauvaise indication ou au mauvais usage des antibiotiques. Le pharmacien discutait de ces cas avec le cardiologue et toutes les interventions, qu’elles soient acceptées ou non, étaient notées. L’efficacité du pharmacien a été évalué en mesurant le nombre d’erreurs médicamenteuses pouvant contribuer ou causer la mortalité décelées par le pharmacien, le taux d’acceptation des recommandations par les médecins et les causes de mortalité durant la phase I et II. Les auteurs ont dû réaliser un score de propension pour ajuster les données des deux groupes dont la différence était statistiquement significative.
  • Durant les 36 mois de la phase II, le pharmacien a effectué 1541 interventions dont 1416 (92%) ont été acceptées par le médecin.
  • La mortalité toute cause confondue avant ajustement par score de propension était de 88/5703 (1,5%) dans le groupe contrôle et 89/9494 (0,9%) dans le groupe à l’étude (p=0,0005).
  • La mortalité toute cause confondue après ajustement avec score de propension était de 68/4000 (1,7%) dans le groupe contrôle et 40/4000 (1,0%) dans le groupe à l’étude (p=0,0074).

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et l’impact du pharmacien en cardiologie sont bien documentés. Parmi les activités pharmaceutiques recensées, on note les conseils individuels aux patients, les réponses aux questions et le suivi de la thérapie.
  • Parmi les études démontrant un rôle positif du pharmacien en cardiologie on note: PMID21911628, PMID15338855
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse cardiologie.

Ce qu’on se pose comme questions

  • L’article pourrait-il être généralisable à la population canadienne?
  • Des résultats similaires pourraient-ils être reproductibles étant donné la difficulté à démontrer un impact du pharmacien sur la mortalité?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Évaluer la possibilité d’effectuer des études démontrant le rôle du pharmacien sur la mortalité.

Auteur: Marie-Ève Gendron

Création: 01/04/2016

 

 

Observance au traitement : comment le pharmacien peut-il contribuer à optimiser la prise optimale de la médication chronique?

Elliott RA, Boyd MJ, Salema NE, Davies J, Barber N, Mehta RL, Tanajewski L,Waring J, Latif A, Gkountouras G, Avery AJ, Chuter A, Craig C. Supporting adherence for people starting a new medication for a long-term condition through community pharmacies: a pragmatic randomised controlled trial of the New Medicine Service. BMJ Qual Saf. 2015 Dec 8.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude randomisée contrôlée effectuée dans 46 pharmacies communautaires en Angleterre
  • Randomisation stratifiée de 504 patients âgés de plus de 14 ans ayant reçu une nouvelle prescription pour une condition chronique (diabète de type 2, hypertension, anticoagulation MPOC ou asthme) en fonction de leur condition de santé
  • Les chercheurs ont évalué l’impact de l’intervention des pharmaciens du New Medicine Service (NMS), un groupe de pharmaciens dont le but est d’optimiser l’observance au traitement des patients débutant un nouveau traitement pour une condition chronique, en comparaison avec la pratique normale des pharmaciens.
  • Les patients des deux groupes recevaient les conseils d’usage sur leur nouvelle prescription. Les pharmaciens du groupe expérimental rappelaient leurs patients afin d’effectuer une intervention pharmaceutique 7 à 14 jours suivant la première rencontre, puis 14 à 21 jours suivant l’intervention pour effectuer un suivi. Ces appels téléphoniques avaient pour but d’identifier et de gérer tout problème lié à la nouvelle prescription. Les patients des deux groupes étaient finalement rappelés et questionnés sur leur observance au traitement à la semaine 10. Les patients étaient considérés non-observants s’ils avaient omis une dose de leur médication au cours des 7 jours précédents l’appel.
  • Les résultats bruts rapportent que 61% des patients (CI 95%, 54 – 67%) du groupe contrôle et 71% des patients (CI 95%, 64 – 77%) du groupe expérimental étaient observants à leur thérapie, représentant une différence de 10% entre les 2 groupes, en faveur du groupe expérimental.
  • L’analyse en intention de traiter ajustée en fonction de l’âge, du sexe, de la condition de santé et du nombre de médicaments des patients démontre une amélioration significative de l’observance au traitement dans le groupe expérimental : OR 1,67 (CI 95% 1,06 – 2,62; p=0,027).
  • L’intervention du NMS semble diminuer non significativement les coûts par patient de 21£ (CI 95% -59 à 100£, p=0,128).

 

Ce que nous savions déjà

  • Les conseils aux patients effectués par le pharmacien améliorent l’observance au traitement
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie, en particulier la fiche synthèse «Conseils aux patients – individuels» pour en apprendre plus sur l’impact du pharmacien sur l’observance.
  • Une grande majorité des fiches synthèses des différentes affections mentionne également l’impact du pharmacien sur l’observance au traitement.

 

Ce qu’on se pose comme questions

  • Est-ce que les patients continueront à être observant une fois l’intervention terminée?
  • Comment s’assurer d’une bonne observance à long terme?
  • En quoi consistait précisément l’intervention effectuée par les pharmaciens du groupe expérimental? Était-elle semblable d’un pharmacien à l’autre et d’une pharmacie à l’autre?

 

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Sélectionner certains patients se présentant avec une nouvelle prescription pour un traitement chronique et les rappeler périodiquement afin d’évaluer l’efficacité, l’innocuité et l’observance au traitement.
  • Se questionner sur une technique de mesure de l’observance des patients afin d’évaluer l’impact des interventions.

Analgésie post-intubation aux urgences : quel est le rôle du pharmacien?

Robey-Gavin E, Abuakar L. Impact of Clinical Pharmacists on Initiation of Postintubation Analgesia in the Emergency Department. J Emerg Med. 2015 Sep 30.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude de cohorte rétrospective, au sein du département des urgences d’un centre hospitalier universitaire de Chicago, États-Unis.
  • 82 patients ont été inclus : 41 patients inclus pré-intervention et 41 en post-intervention, âgés de plus de 18 ans, ayant subi une intervention aux urgences, recevant à la fois un agent sédatif et paralysant et dont la durée de passage aux urgences est de plus de 30 min après l’intubation.
  • L’objectif principal de l’étude est de comparer le taux d’initiation de l’analgésie post-intubation aux urgences avant et après l’intervention d’un pharmacien spécialisé dans la médecine d’urgence.
  • Les pharmaciens des urgences ont prodigué des soins pharmaceutiques (recommandations thérapeutiques, suivi antibiotique, information sur le médicament, optimisation du stock de l’unité, assistance en cas d’arrêt cardiaque, procédures de sédation, intubation…) de 10h à 20h30, 7 jours sur 7. La pharmacologie des sédatifs et analgésiques a été revue, incluant les effets thérapeutiques et indésirables de ces agents. De la documentation a été fournie et des informations sur la gestion des patients ont été données. Le pharmacien intervenait également pour fournir des conseils sur la compatibilité des médicaments et répondre aux questions. Les patients ont été identifiés en analysant la base de données reliée au cabinet de dispensation automatique. Les données sont récoltées sur 2 périodes : avant et après le début de l’intervention.
  • En ce qui concerne la durée de passage aux urgences, elle diminue de 8.2 dans le groupe pré-intervention à 6.2 heures dans le groupe post-intervention (aucune valeur de p).
  • En ce qui concerne l’initiation d’une analgésie post-intubation, elle augmente significativement passant de 20% dans le groupe pré-intervention à 49% groupe post-intervention (p=0.005).
  • En ce qui concerne le nombre de patient ayant reçu une intubation durant les heures de présence d’un pharmacien, il augmente de façon non significative de 19 (46%) (groupe pré-intervention) à 24 (59%) dans le groupe post-intervention.
  • Suite à l’intervention du pharmacien, le nombre de patient ayant reçu un sédatif ou un anxiolytique seul a diminué significativement de 73% dans le groupe pré-intervention à 51% dans le groupe post-intervention (p=0.04).
  • On note également une diminution du temps d’initiation de l’analgésie post intubation, passant de 98 min dans le groupe pré-intervention à 45 min dans le groupe post-intervention.

 

Ce que nous savions déjà

 

Ce qu’on se pose comme questions

  • Les améliorations notées en présence d’un pharmacien continuent elles en-dehors des horaires de présence du pharmacien?
  • Quels sont les actions du pharmacien ayant permis d’améliorer les pratiques relatives à l’analgésie post-intubation?

 

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Proposer l’ajout de pharmaciens cliniciens au département des urgences et mettre en place des soins pharmaceutiques axés sur la gestion de la douleur
  • Informer les autres professionnels de santé sur la pharmacologie des thérapeutiques antalgiques disponibles et les différents protocoles existant
  • Mettre à disposition de l’équipe soignante des documents informatifs relatifs à l’usage des analgésiques en post-intubation
  • Optimiser le stockage et les rangements des médicaments dans le département des urgences afin de permettre une action plus rapide en cas d’urgence

Les pharmaciens communautaires sont-ils aussi qualifiés que les médecins pour le suivi de l’INR ?

Gupta V, Kogut SJ, Thompson S. Evaluation of differences in percentage of international normalized ratios in range between pharmacist-led and physician-led anticoagulation management services. J Pharm Pract. 2015 Jun;28(3):249-55

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude rétrospective effectuée dans un centre médical à Rhode Island aux États-Unis
  • Échantillon de 237 personnes dont 96 dans le groupe contrôle et 135 dans le groupe intervention
  • Les chercheurs ont mené une étude de cohorte rétrospective. Les données de la cohorte contrôle sont issues des dossiers médicaux de la clinique sur une période de 6 mois et concernent les 96 patients dont la warfarine était suivie et ajustée par les médecins. Les données de la cohorte intervention sont issues des dossiers médicaux d’une période subséquente de 6 mois et concernent les 130 patients dont la warfarine était suivi et ajustée par des pharmaciens cliniques. Les pharmaciens avaient une entente de pratique collaborative avec les médecins pour ajuster les doses de warfarine selon les résultats de RNI. Les pharmaciens contactaient les patients par téléphone pour évaluer les causes possibles d’un écart de l’intervalle thérapeutique de RNI avant de proposer un ajustement du schéma de dosage. Durant les premières visites des patients, le pharmacien assurait une éducation thérapeutique au sujet de l’anticoagulation.
  • Temps dans l’intervalle thérapeutique: Cohorte intervention : 57,5% et cohorte contrôle : 50,0% (différence significative, p=0,004)
    Nombre de contrôles de RNI: Cohorte intervention : 1324 contrôles pour 130 patients et cohorte contrôle : 933 contrôles pour 96 patients (différence non significative, p=0,12)
    Temps dans l’intervalle thérapeutique étendu: Cohorte intervention : 72,8% et cohorte contrôle : 64,3% (différence significative, p<0,001)
    Nombre de valeurs de RNI < 1,5: Cohorte intervention : 5,1% et cohorte contrôle : 7,3% (différence significative, p=0,03)
    Nombre de valeurs de RNI < 1,8: Cohorte intervention : 15,2% et cohorte contrôle : 18,1% (différence non significative, p=0,06)
    Nombre de valeurs de RNI < 3,5: Cohorte intervention : 7,1% et cohorte contrôle : 11,4% (différence significative, p=0,004)
    Nombre de valeurs de RNI < 5,0:Cohorte intervention : 1,9% et cohorte contrôle : 2,1% (différence non significative, p=0,66)
    Nombre de patients avec une valeur de RNI < 1,8: Cohorte intervention : 62,8% et cohorte contrôle : 62,3% (différence non significative, p=0,99)
    Nombre de patients avec deux valeurs de RNI < 1,8: Cohorte intervention : 37,2% et cohorte contrôle : 48,5% (différence non significative, p=0,09)
    Nombre de patients avec une valeur de RNI > 3,5: Cohorte intervention : 20,2% et cohorte contrôle : 35,1% (différence significative, p=0,01)
    Nombre de patients avec deux valeurs de RNI > 3,5: Cohorte intervention : 17,7% et cohorte contrôle : 29,9% (différence significative, p=0,03)
    Nombre de patients avec une valeur de RNI > 5,0: Cohorte intervention : 13,9% et cohorte contrôle : 18,6% (différence non significative, p=0,34)
    Nombre de patients avec deux valeurs de RNI > 5,0: Cohorte intervention : 3,1% et cohorte contrôle : 3,1% (différence significative, p=0,005) Il existe de nombreuses études qui relatent le suivi de l’INR

Ce que nous savions déjà

Ce qu’on se pose comme questions

  • Quels sont les effets secondaires répertoriés lorsque l’INR n’est pas dans l’intervalle thérapeutique ?
  • Quels sont les meilleurs moyens et la meilleure fréquence pour assurer un suivi adéquat au niveau de l’INR ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Augmenter la fréquence des suivis auprès des patients qui prennent de la warfarine
  • Expliquer mieux la maladie aux patients et développer des nouveaux outils pratique pour permettre une prise en charge plus poussée du traitement anticoagulant

 

Auteur : Erlind Xhuti

Relecteur: Mylène Breton

Création : 21 octobre 2015

Publication: 

Quel est l’impact du pharmacien dans le traitement de la MPOC?

Van Boven JF, Stuurman-Bieze AG, Hiddink EG, Postma MJ. Effects of targeting disease and medication management interventions towards patients with COPD. Curr Med Res Opin. 2015 Nov 17:1-11.

Ce que cette étude nous apprend

  • Il s’agit d’une étude de type avant-après sans groupe contrôle ni randomisation ayant pris place dans 20 pharmacies communautaires des Pays-Bas.
  • Cette étude avait pour objectif d’évaluer l’efficience et le ratio coût-efficacité de l’intervention COPD (Chronic Obstructive Pulmonary Disease) du Medication Monitoring and Optimization (MeMO) chez des patients atteints de la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) en mesurant différents paramètres (contrôle de la maladie, dyspnée, exacerbations, qualité de vie, observance, coût) avant et après l’intervention.
  • Les 88 patients admis dans l’étude avaient reçu un diagnostic de maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), prenaient un costicostéroïde oral, avaient une observance sous-optimale à leur médication et un score sur le Clinical CPOD Questionnaire (CCQ) supérieur à 1.
  • Les interventions des pharmaciens consistaient en des enseignements des bonnes techniques d’inhalation (89% des patients), de l’information sur les médicaments (98% des patients) ainsi que des entrevues motivationnelles pour optimiser l’observance au traitement (58% des patients) et pour encourager la cessation tabagique.
  • Les pharmaciens travaillaient aussi en interdisciplinarité avec le médecin, le physiothérapeute ou le nutritionniste pour proposer des doses ou des changements de médicaments ou d’inhalateurs, de l’activité physique ou une diète spéciale.
  • Les pharmaciens rencontraient leurs patients pour une consultation initiale puis pour une 2e consultation 3 mois plus tard. Les pharmaciens surveillaient aussi l’observance à l’aide des dossiers des patients à 6 et à 9 mois et rencontraient le patient au besoin. Dans certains cas (ex : modification de la dose ou de l’inhalateur), une consultation de suivi était prévue entre les 2 premières consultations.
  • Les données sur le contrôle de la maladie du patient et sur l’observance étaient compilées au bout d’un an. Certaines issues étaient aussi mesurées à 3 mois afin d’évaluer l’impact à court terme des pharmaciens.
  • Les résultats de l’étude rapportent une diminution significative du nombre d’exacerbations par patient par année (-0,82, IC 95% -1,28-0,36; p<0,05) ainsi qu’une amélioration significative de la composante mentale du contrôle de leur maladie (-0,32, IC 95% -0,55-0,10; p<0,05).
  • Le contrôle de la maladie en général s’est amélioré (-0,12, IC 95% -0,28-0,03) et les coûts associés ont diminué (-333€, IC 95% -849-182€) mais de manière non significative.
  • L’intervention du pharmacien n’a pas entrainé de changement important au niveau de la qualité de vie, de l’observance et de la dyspnée des patients.

 

Ce que nous savions déjà

  • Ce genre d’intervention est souvent plus bénéfique chez les patients ayant déjà des problèmes au niveau de l’observance au traitement.
  • D’autres interventions visant à optimiser l’observance des patients souffrant de MPOC ont démontré un impact favorable sur la fréquence des exacerbations ainsi que sur les coûts liés au traitement. Vous pouvez visiter la page Asthme/Allergie/Pneumologie et la page MPOC du site Impact Pharmacie pour en apprendre plus.
  • Les autres programmes du MeMO sur des conditions chroniques (ostéoporose, dyslipidémie) ont démontré un impact favorable sur l’observance, la satisfaction des patients ainsi que sur le ratio coût-efficacité.

 

Ce qu’on se pose comme questions

  • Serions-nous arrivés à démontrer un impact favorable des interventions pharmaceutiques au niveau de l’observance et du contrôle de la maladie avec un échantillon plus grand?
  • Au cours de cette étude, les interventions ont été réalisées par des pharmaciens, des assistant-techniques en pharmacie et des consultants pharmaceutiques. On peut se questionner sur l’impact réel du pharmacien dans cette étude ou encore se demander si les résultats auraient été différents si seuls des pharmaciens avaient participé à l’intervention.
  • Est-ce que des interventions plus rapprochées (ex : tous les mois lors des renouvellements de la médication) auraient optimisées l’impact du pharmacien?

 

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Mettre en place en pharmacie un plan de suivi des patients atteints de MPOC en ciblant particulièrement ceux qui sont le plus à risque de non-observance.
  • Pour les patients atteints de MPOC et inobservants à leur thérapie pour qui il est mis en place une intervention, vérifier l’impact des suivis sur la fréquence des exacerbations de la maladie.

Existe-il une étude démontrant clairement l’impact individuel du pharmacien dans une équipe de soin sur la mortalité des patients hospitalisés pour causes cardiaques?

Zhai XB, Tian DD, Liu XY. The role of the clinical pharmacist in reducing mortality in hospitalized cardiac patients: A prospective, nonrandomized controlled trial using propensity score methods. Int J Clin Pharmacol Ther. 2015 Mar;53(3):220-9.

Ce que cette étude nous apprend

  • Cette étude prospective non randomisée contrôlée s’est déroulée dans 3 salles de cardiologie appartenant à 3 hôpitaux affiliés avec le Shanghai Jiatong University School of Medicine, à Shanghai en Chine
  • Elle vise tous les patients admis à l’hôpital dans l’une des 3 salles de l’unité de cardiologie.
  • Pour cette étude, 1 salle de cardiologie (60 lits) est constituée du groupe avec intervention et les 2 autres salles (70 et 100 lits) abritent les groupes contrôles. Pour diminuer les biais confondants potentiels au sein du même groupe entre les différentes phases, un score de propension a été développé en analysant les variables suivantes : l’âge, le sexe, le score d’acuité des infirmières (évalue la sévérité du problème de santé) et le diagnostic primaire à la sortie. Suite à l’utilisation du score, 2000 patients pour chacun des 4 groupes (Study unit Phase 1, Study unit Phase 2, Control unit Phase 1 et Control Unit Phase 2) ont été choisis.
  • Dans la première phase de l’étude, des pharmaciens cliniciens recueillent les données de bases des patients tant dans le groupe d’étude que les groupes contrôles sans intervenir lorsqu’il y a des problèmes reliés à l’usage du médicament.
  • Dans la deuxième phase, un pharmacien clinicien supérieur plus expérimenté réalise une recherche exhaustive des cas de décès dans le groupe d’intervention afin de déterminer toutes causes de morts susceptibles d’être responsables ou de contribuer au mauvais usage des médicaments tels que les erreurs ou une utilisation non appropriée d’antibiotiques. Une discussion est ensuite entreprise avec les cardiologues concernant ses observations et les corrections que les médecins cardiologues du groupe d’étude devraient effectuer après avoir établi un consensus concernant les problèmes identifiés. Deux pharmaciens cliniciens ont ensuite participé à des tournées médicales quotidiennes pour repérer et clarifier toutes incohérences médicamenteuses et en ont informé les médecins afin de les rectifier. Le groupe contrôle quant à lui, n’a pas eu accès aux soins de pharmaciens cliniciens durant cette phase.
  • Les résultats indiquent que 87.6% des interventions proposées par les pharmaciens cliniciens ont été acceptées par l’équipe de cardiologie, ce qui constitue 375 interventions sur un total de 428 dont quelques 137 contre-indications, 72 incompatibilités médicamenteuses, 44 patients expérimentant de dangereuses interactions, 60 doses ou fréquences inadéquates, 70 indications incorrectes et 45 utilisations irrationnelles d’antibiotiques.
  • Pour le groupe d’étude, une différence de 0.6% de l’incidence de morts toute cause confondue a été notée (de 24 morts/2000 patients à 11 morts/2000 patients), p-value : 0,03 considéré comme statistiquement significatif.
  • Pour les groupes contrôles sans interventions du pharmacien, une différence de 0,2% de l’incidence de morts toute cause confondue a été notée (de 24 morts/2000 patients à 11 morts/2000 patients), p-value : 0,26 considéré comme non significative, ce qui est attendu puisqu’il s’agit du groupe de comparaison.

 

Ce que nous savions déjà

  • Il existe présentement très peu de littérature traitant la pharmacovigilance, mais 2 autres articles, PMID18366244 et PMID21085884, que vous pourrez consulter en allant sur la fiche synthèse « Vigilance et effets indésirables » du site Impact Pharmacie, ont également des retombées positives sur le nombre d’effets secondaires détectés et déclarés. Cette page permettra d’en apprendre davantage sur l’impact du pharmacien sur la pharmacovigilance.

 

Ce qu’on se pose comme questions

  • Une randomisation aurait pu s’assurer que les groupes contrôles et le groupe d’étude contenaient des patients aux caractéristiques similaires afin d’ obtenir une comparaison plus juste.
  • Est-il éthique, même dans le cadre d’une étude mesurant l’impact individuelle du pharmacien, de faire un groupe contrôle sans pharmacien pouvant se traduire par une différence de vie sauvée en amont du début de l’étude.

 

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Prêter une attention particulière à l’interprétation des niveaux de risque affichés par les logiciels d’interactions qui génèrent des « pop-ups » automatiques.
  • Faire une recherche plus exhaustive sur les différents impacts du pharmacien dans la mortalité et ses retombées pour reconnaître l’importance de la profession dans la pharmacovigilance.
  • S’assurer qu’un service pharmaceutique en milieu hospitalier de qualité soit un standard de pratique dans toutes les unités.

Auteurs : Nguyen Vu

Création : 14 janvier 2016

Publication :

Qualité de vie, connaissance et comportement du patient cancéreux : rôle du pharmacien

Wang Y, Wu H, Xu F. Impact of Clinical Pharmacy Services on KAP and QOL in Cancer Patients: A Single-Center Experience. Biomed Res Int. 2015;2015:502431. doi: 10.1155/2015/502431. Epub 2015 Nov 30.

 

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude randomisée contrôlée prospective, au sein d’un département d’oncologie d’un centre hospitalier de Shanghai, Chine.
  • Échantillon de 149 patients de 18 à 70 ans, présentant un cancer traité par une chimiothérapie de moins de trois cycles et dont l’espérance de vie est supérieure à 6 mois. Dont 72 dans le groupe contrôle et 77 dans le groupe intervention.
  • Les patients ont été répartis de façon aléatoire dans l’un ou l’autre des 2 groupes. Les patients du groupe intervention reçoivent des soins pharmaceutiques incluant une éducation au traitement et des conseils psychologiques sous la forme d’entretiens de 30 minutes 2 fois par semaine pendant 2 mois et un livret fournissant aux patients les informations suivantes: les objectifs de la chimiothérapie, la préparation et l’évaluation de la chimiothérapie, la prévention et la gestion des effets indésirables et les précautions à prendre avec les chimiothérapies orales. L’éducation thérapeutique se concentre sur l’usage des médicaments, les règles hygiéno-diététiques. Les pharmaciens sont en tout temps en contact avec les patients (téléphone, mail) durant toute la période. Les patients sont encouragés à échanger à propos de leur médication avec les autres professionnels de santé ainsi qu’à leurs proches. Les patients du groupe contrôle reçoivent le service médical normal. La collecte des données s’effectue via un questionnaire portant sur la qualité de vie et un questionnaire de 25 questions permettant d’évaluer les connaissances, l’attitude et les comportements vis-à-vis de leur pathologie. Un score haut représente une grande connaissance, une attitude positive et un bon comportement. Les questionnaires ont été remplis avant et après l’intervention pharmaceutique par chacun des 2 groupes.
  • En ce qui concerne les réponses aux questionnaires sur les connaissances, l’attitude et le comportement des patients vis-à-vis de leur pathologie avant l’étude, le score est globalement similaire entre les 2 groupes avant l’étude malgré un score de connaissance un peu plus élevé dans le groupe contrôle. Après l’étude, le score est significativement plus élevé dans le groupe intervention vs groupe contrôle (connaissance : 17.71 vs 11.86, attitude : 16.04 vs 22.04; comportement : 4.92 vs 5.69) avec p<0.05.
  • En ce qui concerne les réponses au questionnaire concernant la qualité de vie des patients cancéreux avant l’étude, le score est similaire entre les 2 groupes mais il apparait significativement plus élevé dans le groupe intervention (59.09) que dans le groupe contrôle (52.78) avec p<0.05. On note une amélioration des fonctions cognitives et émotionnelles ainsi qu’une diminution des symptômes suivants : fatigue, nausées, vomissements, douleur, troubles du sommeil, constipation et diarrhées.

 

Ce que nous savions déjà

 

Ce qu’on se pose comme questions

  • L’amélioration des variables observées est-elle due plus aux entretiens pharmaceutiques ou au livret fourni aux patients?
  • Une étude unicentrique avec peu de participants est-elle assez représentative ?
  • L’intervention serait-elle réalisable en pharmacie communautaire?

 

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Mettre en place des entretiens pharmaceutiques visant à améliorer les connaissances et la qualité de vie des patients atteints d’un cancer.
  • Mettre à disposition de ces patients des livrets informatifs sur leur maladie et leurs traitements.
  • Évaluer la possibilité de mise en place d’outils permettant de mesurer la qualité de vie des patients cancéreux ainsi que leurs connaissances.

Nouvelle version de la plateforme Impact Pharmacie – 5

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