Dépistage de l’influenza en pharmacie communautaire: une nouvelle approche?

Papastergiou J, Folkins C, Li W, Young L. Community pharmacy rapid influenza A and B screening: A novel approach to expedite patient access to care and improve clinical outcomes. Can Pharm J (Ott). 2016 Mar;149(2):83-9. doi: 10.1177/1715163516629157. Epub 2016 Mar 3. PubMed PMID: 27076819; PubMed Central PMCID: PMC4813520.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle menée dans 2 pharmacies communautaires en 2015, Toronto, Canada.
  • Inclut 59 patients qui sont âgés d’au moins 5 ans avec des symptômes de l’influenza.
  • L’étude contient 2 objectifs: 1) Investiguer sur l’impact et la faisabilité d’un service de dépistage de l’influenza mis en place par des pharmaciens communautaires. 2) Évaluer la proportion de cas influenza-positif qui a résulté en l’initiation d’une thérapie antivirale par les pharmaciens.
  • Des prélèvements nasaux sont collectés auprès des patients symptomatiques puis mélangés avec un réactif. Ensuite, le System Veritor de BD est utilisé pour dépister la grippe rapidement en détectant la présence d’antigènes des virus grippaux A et B dans les prélèvements nasaux. Il faut attendre environ 10 minutes avant d’obtenir un résultat. Par la suite, le résultat est interprété grâce au Veritor System Reader. Les cas positifs d’influenza sont rapportés aux médecins généralistes et les pharmaciens font des recommandations sur l’initiation d’une thérapie antivirale si nécessaire. Des soins de support sont proposés et un suivi téléphonique est fait dans les 48h suite à l’évaluation et ce, pour tous les patients.
  • Des 59 patients participant à l’étude, 61% d’entre eux étaient à haut risque de complications liées à l’influenza.
  • 20 patients sur 59 soit 34% des patients ont eu un résultat positif au dépistage de l’influenza.
  • De ceux qui ont eu un résultat positif, 40% ont reçu une prescription d’oseltamivir.
  • Le pharmacien a offert des soins de support pour tous les patient et l’utilisation de médicaments en vente libre a été recommandée à 85% des patients.
  • Les prescriptions sont transmises directement à la pharmacie dans 63% des cas et pour le 37% restant, les prescriptions sont obtenues après l’évaluation médicale par un médecin.

Ce que nous savions déjà

  • Il existe peu de documentation au sujet du rôle et des retombées du pharmacien dans la gestion de l’influenza.
  • 1 étude a mesuré l’effet des consultations pharmaceutiques auprès des patients qui refusent de se faire vacciner PMID26880320. Cette étude met donc en valeur le rôle du pharmacien dans la promotion de l’efficacité et de l’innocuité des vaccins.

Ce qu’on se pose comme question

  • Les patients ont-ils été sensibilisés sur l’importance de se faire vacciner annuellement? Cela permettrait alors de diminuer l’utilisation de l’oseltamivir ainsi que le risque de résistance.
  • Quel est l’efficacité de l’outil de dépistage System Veritor de BD? Fait-il beaucoup de faux positifs ou de faux négatifs?
  • Est-ce que les prélèvements nasaux auraient pu être colonisés par d’autres virus/bactéries?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Sensibiliser les patients sur l’importance de se faire vacciner contre la grippe annuellement, surtout si ce sont des patients à risque (p.ex. âge > 50 ans, patient ayant des maladies chroniques, grossesse, les enfants de bas âge).
  • Reconnaître les signes et symptômes associés à la grippe et intervenir en conséquence afin que les patients soient pris en charge rapidement.
  • Voir s’il est possible d’instaurer un tel service dans votre milieu de pratique.

 

Mise en place d’un programme permettant la prise en charge des patients cancéreux: quel est son efficacité?

Patel JM, Holle LM, Clement JM, Bunz T, Niemann C, Chamberlin KW. Impact of a pharmacist-led oral chemotherapy-monitoring program in patients with metastatic castrate-resistant prostate cancer. J Oncol Pharm Pract. 2015 Oct 22. pii: 1078155215612541. [Epub ahead of print] PubMed PMID: 26493871

Ce que cette étude nous apprend

  • Il s’agit d’une étude de cohorte rétrospective réalisée aux États-Unis en 2015.
  • L’objectif de l’étude est d’identifier le bénéfice clinique et quantifier l’utilité d’un programme de gestion des chimiothérapies mené par un pharmacien.
  • 31 patients inclus dans l’étude soit 14 patients dans le groupe pré-implantation et 17 dans le groupe post-implantation.
  • L’étude consiste en la comparaison de manière rétrospective de 2 cohortes de patients recevant de l’abiratérone, le bicalutamide ou de l’enzalutamide pour un cancer de la prostate métastatique hormono-résistant. La première cohorte est un groupe de patients vu par l’équipe d’oncologie 21 mois avant l’implantation du programme mené par un pharmacien sur la surveillance des anticancéreux. La deuxième cohorte est un autre groupe de patients vus 24 mois après l’implantation du programme. Le programme inclut plusieurs services: éducation aux patients sur la chimiothérapie prise par voie orale, gestion de l’efficacité, l’innocuité, l’adhésion, les interactions médicamenteuses et les soins de support. De plus, les patients peuvent être suivis à la fois avec l’oncologue et le pharmacien lors de visites cliniques ou avec le pharmacien seul, par téléphone ou par courriel.
  • Les issues mesurées sont le nombre d’interventions par patient, l’adhérence à la surveillance des paramètres de laboratoire ainsi que le temps global pendant lequel le patient est sous traitement.
  • Les résultats de l’étude démontrent que le groupe post-implantation a significativement plus d’interventions par patient comparativement au groupe pré-implantation (respectivement, 6.9 interventions vs 2.6 interventions) (p=0.004)
  • De plus, le groupe post-implantation a significativement plus de patients adhérents à la surveillance des paramètres de laboratoire comparativement au groupe pré-implantation (respectivement, 10 patients vs 3 patients) (p=0.04)
  • Cependant, il n’y a pas de différence significative entre le groupe pré-implantation et post-implantation en ce qui concerne le temps global pendant lequel le patient est sous traitement (respectivement, 8.1 mois vs 10.3 mois) (p=0.341)

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien en oncologie sont bien documentés.
  • Trois études recensent l’impact positif des interventions du pharmacien dans la gestion des effets indésirables associés à la chimiothérapie PMID24726204 PMID21414113 PMID23949839.
  • Trois études rapportent les retombées positives du pharmacien sur la détection des prescriptions inappropriées, d’erreurs ou d’omissions médicamenteuses PMID24726204 PMID19662439 PMID1880891.
  • Deux études ont évalué la satisfaction des patients suite aux interventions du pharmacien PMID24726204 PMID23179492.

Ce qu’on se pose comme questions

  • Les résultats auraient-ils été aussi concluants avec une étude randomisée contrôlée et une taille d’échantillon plus grande?
  • Les résultats sont-ils généralisables à une autre institution?
  • Est-ce que les résultats auraient été différents si les chercheurs regardaient séparément chaque médicament à l’étude?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Partager les stratégies afin de gérer la chimiothérapie (p.ex. effets secondaires, interactions médicamenteuses).
  • Évaluer le rapport coût-efficacité de l’utilisation de la chimiothérapie par voie orale.
  • Évaluer la possibilité d’instaurer un service de surveillance des paramètres de laboratoire géré par un pharmacien spécialisé en oncologie.

L’impact du pharmacien en urgence sur le temps d’administration des antibiotiques

Moussavi K, Nikitenko V. Pharmacist impact on time to antibiotic administration in patients with sepsis in an ED. Am J Emerg Med. 2016 Jul 20. pii: S0735-6757(16)30426-0. doi: 10.1016/j.ajem.2016.07.031. [Epub ahead of print] PubMed PMID: 27503060.

Ce que nous apprend cette étude

  • Étude observationnelle rétrospective réalisée en 2014 aux États-Unis.
  • 186 patients inclus dans l’étude soit 92 patients dans le groupe intervention et 94 patients dans le groupe contrôle.
  • L’objectif de l’étude est de déterminer si la présence du pharmacien clinicien dans le département d’urgence peut diminuer le temps entre la demande et l’administration des antibiotiques chez les patients adultes ayant un sepsis, un sepsis sévère ou un choc septique.
  • Une thérapie antibiotique instaurée rapidement est une méthode importante pour gérer les patients ayant un sepsis dans le département d’urgence. En effet, en agissant rapidement, le risque de mortalité et la durée d’hospitalisation sont réduits. Les lignes directrices du Surviving Sepsis Campaign (SSC) 2012 recommandent que les patients reçoivent un antibiotique à large spectre en dedans d’une heure lors de la reconnaissance d’un sepsis sévère ou d’un choc septique et en dedans de 3 heures lors de la reconnaissance d’un sepsis.
  • Dans cette étude, il y a 2 groupes: un groupe contrôle dans lequel le pharmacien n’est pas présent et un groupe intervention dans lequel les patients reçoivent des antibiotiques en présence du pharmacien.
  • Les responsabilités du pharmacien sont les suivantes: évaluation des prescriptions (vérification de la dose, voie d’administration, fréquence, le choix de la thérapie), offrir des services de consultation pharmaceutique, implanter et modifier des régimes médicamenteux, aider lors d’urgences médicales, développer des lignes directrices et protocoles, fournir des services de surveillance médicamenteuse, faciliter la préparation et la délivrance des médicaments, offrir de la formation auprès des infirmières, médecin et d’autres membres du département d’urgence.
  • Toutes les prescriptions sont rentrées dans la saisie informatique des ordonnances médicales (CPOE) et doivent être revues par le pharmacien lorsqu’il est présent. Les infirmières doivent attendre l’évaluation du pharmacien avant qu’elles puissent l’administrer. Cependant, durant les urgences médicales, ce processus peut ne pas être appliqué.
  • Les résultats montrent que le temps entre la demande et l’administration des antibiotiques est significativement plus rapide pour le groupe intervention que pour le groupe contrôle (respectivement, 0.61 heure vs 0.88 heure, p=0.001).
  • Davantage de patients dans le groupe intervention ont reçu les antibiotiques dans les délais recommandés par les lignes directrices du SSC 2012 (respectivement, 81 (88%) vs 68 (72%), p=0.0097).
  • Il y a significativement plus de patients dans le groupe intervention qui ont reçu un antibiotique approprié pour le traitement initial que dans le groupe contrôle (respectivement, 89 (97%) vs 76 (81%), p=0.0008).
  • Le temps entre la demande et l’administration du premier antibiotique approprié est significativement plus rapide pour le groupe intervention que pour le groupe contrôle (respectivement, 0.64 heure vs 1 heure, p<0.0001).
  • Finalement, 17 requêtes concernant les antibiotiques sont envoyées par les infirmières lorsque le pharmacien est absent contrairement à 1 requête lorsqu’il est présent (p=0.0001).

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien dans la gestion des antibiotiques et des maladies infectieuses sont bien documentés.
  • 1 autre étude évalue le nombre de prescriptions d’antibiotiques conformes aux recommandations PMID26104036.

Ce qu’on se pose comme question

  • Est-ce que des facteurs externes auraient pu influencer les résultats observés?
  • Le guide d’antibiothérapie Sanford 2014 a été utilisé pour savoir si l’antibiotique initial administré est approprié ou non. Les résultats seraient-ils différents si l’équipe médicale se fiait aux résultats de culture?
  • N’aurait-il pas été pertinent de mesurer l’impact de la diminution du temps sur la santé du patient (p.ex. diminution du risque de complications, réduction du séjour à l’hôpital etc.)?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Proposer l’ajout d’un pharmacien clinicien dans le département d’urgence de votre établissement de santé.
  • Développer des guides concernant l’utilisation appropriée des antibiotiques afin de prévenir l’utilisation excessive de ceux-ci et de diminuer le risque de résistance.
  • Mettre en place dans votre milieu de pratique un outil qui permet d’avoir des indicateurs de performance.

 

Optimisation de la thérapie antiparkinsonienne en pharmacie communautaire: quel est l’impact sur la qualité de vie du patient?

Henrichsmann M, Hempel G. Impact of medication therapy management in patients with Parkinson’s disease. Int J Clin Pharm. 2016 Feb;38(1):54-60. doi: 10.1007/s11096-015-0206-0. Epub 2015 Nov 21. PubMed PMID: 26590989.

Ce que cette étude nous apprend

  • Il s’agit d’une étude de cohorte prospective réalisée en Allemagne dans des pharmacies communautaires.
  • 90 patients inclus, âgés de plus de 19 ans, ayant un diagnostic de la maladie de Parkinson idiopathique et prenant au moins un médicament antiparkinsonien.
  • L’objectif de l’étude est d’évaluer l’amélioration de la qualité de vie des patients atteints de la maladie de Parkinson via une optimisation de leur thérapie médicamenteuse.
  • Les patients éligibles à l’étude doivent d’abord remplir un document concernant leurs informations personnelles (nom, âge, personnel traitant, allergies/intolérances, date du diagnostic, niveau de soins etc.). Par la suite, un professionnel de la santé (médecin, ergothérapeute/physiothérapeute, personnel soignant) leur fait passer le Unified Parkinson’s disease rating scale (UPDRS), le Movement Disorder Society Unified Parkinson’s disease rating scale (MDS-UDRS) ainsi qu’une auto-évaluation des activités de la vie quotidienne (AVQ) au patient.
  • Une revue de la médication est effectuée par le pharmacien dans le but d’identifier les problèmes reliés à la pharmacothérapie et ces derniers sont compilés dans un système informatique selon 6 catégories: choix du médicament, dose, interaction, effet secondaire, adhésion et prescription illisible. Plusieurs outils ont été utilisés pour mesurer l’adhérence au traitement et identifier les médicaments potentiellement inappropriés chez les personnes âgées.
  • Une fois que l’évaluation est terminée, le pharmacien rédige des recommandations sous forme de note Subjectif-Objectif-Analyse-Plan (SOAP) qu’il discute avec le patient et le médecin traitant. Les patients sont libres de contacter le pharmacien à n’importe quel moment, mais le pharmacien ne les contacte pas d’emblée avant que la période de 4 mois ne se soit écoulée.
  • Quatre mois plus tard, les patients sont contactés à nouveaux et les pharmaciens revoient quelles interventions ont été appliquées. À ce moment, l’UPDRS et le MDS-UDRS sont administrés à nouveau afin de mesurer l’effet de l’intervention.
  • L’amélioration à l’UPDRS et au MDS-UPDRS à 4 mois est significativement supérieure par rapport au score de départ (respectivement, score médian initial de 48.5 et de 67 puis score médian à 4 mois de 47 et de 63) (p<0.05).
  • Des 90 patients inclus dans l’étude, 329 problèmes reliés à la pharmacothérapie ont été identifiés. De ceux-ci, 115 problèmes cliniquement pertinents ont fait l’objet d’une intervention de la part du pharmacien.
  • Des 115 problèmes reliés à la pharmacothérapie, 78 interventions ont été discutées directement avec le patient et 37 avec le médecin.
  • Par ailleurs, dans la population à l’étude, 42 des 90 patients font de l’insomnie, 31/90 font de l’incontinence urinaire et 29/90 font de la constipation.
    • Au départ, 38/42 ont un somnifère, 27/31 ont un antispasmodique et 11/39 ont un laxatif.
    • Après l’intervention, presque tous les patients ont un antispasmodique, 27/29 ont un laxatif et 42/42 ont une prescription de somnifère.
  • 9.9% des patients ont une faible adhésion au traitement.

Ce que nous savions déjà

  • Il y a peu de documentation quant au rôle et à l’impact du pharmacien dans la prise en charge des patients atteints de la maladie de Parkinson.
  • En plus de celle-ci, 2 autres études rapportent les retombées positives du pharmacien sur la qualité de vie du patient PMID11936711 PMID22810890.
  • 2 études abordent l’impact du pharmacien dans le contrôle des symptômes de la maladie de Parkinson PMID22810890 PMID27271736.
  • 1 étude recensée concerne l’effet des interventions du pharmacien sur l’observance médicamenteuse PMID27271736.

Ce qu’on se pose comme question

  • La faible taille d’échantillon aurait-elle pu avoir une influence sur les résultats observés?
  • Les résultats auraient-ils été semblables avec une étude randomisée contrôlée?
  • Est-ce nécessaire d’ajouter un antispasmodique et un somnifère à presque tous les patients à l’étude? Puisque la moyenne d’âge des patients est de 73 ans et qu’ils sont polymédicamentés, les pharmaciens ont-ils vérifié si les symptômes rencontrés étaient associés à des effets secondaires de la médication?
  • L’auto-mesure de l’adhérence au traitement via un questionnaire donne-t-il un portrait juste de l’observance réelle?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Accorder une attention particulière à la présence de cascades médicamenteuses dans la pharmacothérapie des patients parkinsoniens.
  • Utiliser des outils d’évaluation des activités quotidiennes (AVQ) pour voir à quel point les symptômes de la maladie de Parkinson sont contrôlés.
  • Établir une relation de confiance avec les autres professionnels de la santé pour assurer la continuité des soins.

Impact du programme RxVaccinate sur le taux d’immunisation contre le pneumoccoque

Westrick SC, Owen J, Hagel H, Owensby JK, Lertpichitkul T. Impact of the RxVaccinate program for pharmacy-based pneumococcal immunization: A cluster-randomized controlled trial. J Am Pharm Assoc (2003). 2016 Jan;56(1):29-36.e1. doi: 10.1016/j.japh.2015.11.010. PubMed PMID: 26802917.

Ce que cette étude nous apprend

  • Essai randomisé par grappe réalisé en 2014 impliquant des pharmacies communautaires aux États-Unis.
  • 53 pharmacies ont été randomisées dans le groupe «auto-apprentissage» et 43 pharmacies dans le groupe «mentorat».
  • Les objectifs de l’étude sont d’évaluer l’impact du programme RxVaccinate sur la vaccination contre le pneumoccoque dans les pharmacies communautaires ainsi que la perception des pharmaciens sur ce programme.
  • Le programme RxVaccinate a été conçu par l’Association américaine des pharmaciens (APhA). Le programme RxVaccinate comprend 2 phases et les pharmaciens qui y participent peuvent se retrouver dans l’un des 2 groupes: (1) webinaire en apprentissage autonome ou (2) webinaire en apprentissage autonome suivi des sessions de mentorat.
  • Le webinaire permet au pharmacien d’en apprendre davantage sur les recommandations actuelles en lien avec la vaccination contre le pneumoccoque, d’élaborer des stratégies d’intervention, d’identifier les patients à haut-risque et de donner des conseils aux patients sur l’importance de se faire vacciner contre le pneumocoque.
  • En ce qui concerne les sessions de mentorat, chaque session dure 4 heures et le but est d’aider les pharmaciens à élaborer des plans d’action et de recourir à divers outils pour les implanter. Par ailleurs, les pharmaciens se retrouvant dans ce groupe sont invités à faire du e-learning, utiliser une plateforme web pour interagir avec d’autres membres de la communauté et assister à des téléconférences.
  • Pour la période de 12 mois avant les sessions de mentorat jusqu’à 12 mois après, le nombre de vaccination contre le pneumoccoque pour le groupe «auto-apprentissage» a augmenté de manière significative soit de 28.9 à 42.3 (p<0.001).
  • Pour la période de 12 mois avant les sessions de mentorat jusqu’à 12 mois après, le nombre de vaccination contre le pneumoccoque pour le groupe «mentorat» a augmenté de manière significative soit de 20.4 à 52,3 (p<0.001).
  • De plus, l’augmentation du nombre de vaccins administrés contre le pneumoccoque est significativement plus élevé dans le groupe «mentorat» que dans le groupe «auto-apprentissage» (p<0.032).
  • Les résultats au sondage révèlent que 86.3% des répondants sont d’accord pour dire que le projet est utile pour augmenter les activités d’immunisation contre le pneumoccoque dans les pharmacies.
  • 93.5% des répondants trouvent que les webinaires leur ont apporté de nouvelles informations. 95% trouvent que cette activité les ont aidé à mieux comprendre le projet et 83.4% trouvent que celle-ci a permis d’améliorer les services d’immunisation.
  • Finalement, >90% des répondeurs ont trouvé que les sessions de mentorat les ont aidé à identifier des stratégies d’implantation.

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien dans la vaccination sont relativement bien documentés. Les interventions recensées dans ce domaine comprennent principalement les activités de sensibilisation face à l’importance de se faire vacciner, l’éducation sur l’efficacité et l’innocuité des vaccins et les conseils aux patients.
  • 1 étude mesure les coûts payés par participant pour l’administration d’un vaccin contre le pneumoccoque en pharmacie communautaire PMID25166292.
  • 1 étude a évalué l’efficacité d’une entrevue motivationnelle sur la volonté du patient à se faire vacciner PMID25615903.

Ce qu’on se pose comme questions

  • Avec l’évolution des technologies numériques, est-ce que l’apprentissage autonome via des modules en ligne pourrait prendre le dessus sur les sessions de formation en personne?
  • Étant donné que les chercheurs offrent une compensation financière aux pharmacies participantes et que le recrutement se fait principalement sur une base volontaire, les résultats auraient-ils pu être influencés par ces facteurs?
  • Aurait-il été pertinent de comparer ces techniques d’enseignement avec des cours magistraux traditionnels?

Ce que vous pouvez faire

  • Évaluer les différentes méthodes d’enseignement puis identifier leurs avantages et désavantages.
  • S’inspirer du programme RxVaccinate dans les contextes de formation continue en lien avec la vaccination.
  • Voir quelles sont les activités des pharmaciens concernant la vaccination proche de votre milieu de pratique (collaboration avec une infirmière, calendrier de vaccination, activités de promotion etc.)

Le pharmacien et la santé cardiovasculaire du patient: quel est l’impact de ses interventions?

Tsuyuki RT, Al Hamarneh YN, Jones CA, Hemmelgarn BR. The Effectiveness of Pharmacist Interventions on Cardiovascular Risk: The Multicenter Randomized Controlled RxEACH Trial. J Am Coll Cardiol. 2016 Jun 21;67(24):2846-54. doi:10.1016/j.jacc.2016.03.528. Epub 2016 Apr 4. PubMed PMID: 27058907.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude randomisée contrôlée prospective, effectuée dans 56 pharmacies communautaires en Alberta, Canada
  • Échantillon de 723 patients ayant un haut risque cardiovasculaire (p.ex. diabète, insuffisance rénale chronique, maladie coronarienne, score à l’échelle de Framingham élevé (> 20%) en plus d’avoir au moins un facteur de risque non contrôlé (tension artérielle > 140/90 ou >130/80 mmHg si diabétique, cholestérol à lipoprotéines de basse densité (LDL) > 2 mmol/L, HbA1c > 7% ou fumeur actif)
  • L’objectif de l’étude est d’évaluer l’efficacité d’un programme mis en place par des pharmacies concernant le dépistage et l’évaluation du risque cardiovasculaire incluant les interventions qui y sont associées.
  • Les patients éligibles à l’étude sont randomisés dans le groupe contrôle ou le groupe intervention. Le groupe contrôle reçoit les services pharmaceutiques habituels sans intervention spécifique. Pour ce qui est du groupe intervention, les patients reçoivent une consultation de la part du pharmacien sur la gestion de la thérapie médicamenteuse. Cette consultation comprend une évaluation des paramètres physiques du patient (tour de taille, poids, taille, tension artérielle), des valeurs de laboratoires (obtention des valeurs d’HbA1c, bilan lipidique si non effectué dans les 3 derniers mois, le débit de filtration glomérulaire (DFG) et le ratio créatinine-albumine (RAC) si non effectués dans les 12 derniers mois) et la mesure du risque cardiovasculaire à l’aide d’outils. De plus, le pharmacien donne des recommandations au patient à l’aide de lignes directrices canadiennes sur les facteurs de risques cardiovasculaires, ajuste la pharmacothérapie, communique fréquemment avec le médecin de famille du patient et finalement, effectue un suivi régulier toutes les 3-4 semaines pendant une période totale de 3 mois.
  • Pour la tension artérielle systolique à 3 mois, le groupe intervention a une diminution plus forte de 9,37 mmHg comparativement au groupe contrôle (valeurs moyennes de tension artérielle systolique à 3 mois pour le groupe contrôle: 136.27 mmHg vs groupe intervention: 127.24 mmHg) (p<0.001)
  • Pour la tension artérielle diastolique à 3 mois, le groupe intervention a une diminution plus forte de 2.92 mmHg comparativement au groupe contrôle (valeurs moyennes de tension artérielle diastolique à 3 mois pour le groupe contrôle: 79.95 mmHg vs groupe intervention: 76.96 mmHg) (p<0.001)
  • Pour le LDL à 3 mois, le groupe intervention a une diminution plus forte de 0.2 mmol/L comparativement au groupe contrôle (valeurs moyennes de LDL à 3 mois pour le groupe contrôle: 2.23 mmol/L vs groupe intervention: 2.07 mmol/L) (p=0.001)
  • Pour l’HbA1c à 3 mois, le groupe intervention a une diminution plus forte de 0.92% comparativement au groupe contrôle (valeurs moyennes de HbA1c à 3 mois pour le groupe contrôle: 8.54% vs groupe intervention: 7.60%) (p<0.001)
  • Pour la proportion de fumeurs à 3 mois, le groupe intervention a une diminution relative de 20,2% comparativement au groupe contrôle (nombre moyen de patients à 3 mois pour le groupe contrôle: 91/342 vs groupe intervention 69/350) (p<0.001)
  • Pour le risque cardiovasculaire à 3 mois, le groupe intervention a une diminution relative de 21% comparativement au groupe contrôle (p<0.001)

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien dans la prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaire (tension artérielle, dyslipidémie, diabète, tabagisme, obésité) sont bien documentés.
  • Parmi les activités pharmaceutiques recensées, on note les conseils individuels aux patients, les rappels au patient sur l’importance de contrôler les comorbidités, l’optimisation de la thérapie et le suivi des maladies chroniques.
  • Une revue systématique démontre l’effet positif des interventions du pharmacien dans la prévention secondaire des maladies CV en termes de coûts PMID23697478.

Ce qu’on se pose comme question

  • Pour des raisons éthiques, le suivi a duré 3 mois. Est-ce que les résultats observés auraient été semblables si la durée de suivi était plus longue?
  • Est-il possible que le suivi régulier aux 3-4 semaines avec le pharmacien ait encouragé les patients à apporter des changements à leurs habitudes de vie et à être observants à la médication plus que d’habitude?
  • Y a-t-il des interventions plus efficaces que d’autres pour gérer les facteurs de risque cardiovasculaires? Si tel est le cas, quelles sont-elles?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Évaluer l’impact de chacune des interventions individuellement pour voir s’il y en a une qui est plus efficace que les autres.
  • Sensibiliser les patients sur l’importance de contrôler les comorbidités et d’adopter de saines habitudes de vie.
  • Partager les stratégies de prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaires et le suivi à faire.

L’impact des pharmaciens VIH sur les erreurs des antirétroviraux chez les patients hospitalisés

Liedtke MD, Tomlin CR, Skrepnek GH, Farmer KC, Johnson PN, Rathbun

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle rétrospective réalisée dans un hôpital universitaire à Oklahoma (États-Unis).
  • L’objectif est d’examiner l’efficacité des pharmaciens spécialistes du VIH dans la surveillance des erreurs médicamenteuses dues aux traitements antirétroviraux des patients séropositifs hospitalisés par rapport aux patients suivis par des pharmaciens non spécialistes du VIH.
  • Les patients inclus dans l’étude sont séropositifs, âgés de plus 18 ans, recevant  au moins une dose d’antirétroviral pendant leur hospitalisation. Les patientes enceintes sont exclues.
  • L’étude a eu lieu  de 2011 à 2013, soit 2 ans. La phase pré interventionnelle a duré 12 mois. La phase interventionnelle suite à la mise en place de pharmaciens spécialistes du VIH a également duré 12 mois.
  • Durant la phase d’intervention, le pharmacien spécialiste du VIH établit tous les jours un dossier sur les patients recevant des antirétroviraux, examine leurs ordonnances électroniques, leur fonction rénale et contacte l’équipe médicale au besoin si erreurs.
  • Les erreurs retrouvées sont classées en 4 catégories : traitement incorrect, dose incorrecte, fréquence incorrecte ou interaction médicamenteuse. Elles sont aussi comptées si elles ne sont pas corrigées : sous 24h si l’erreur a eu lieu la semaine, le lundi si l’erreur a eu lieu le weekend ou le jour suivant un jour férié.
  • La population est de 330 admissions représentant 184 patients (153 admissions soit 96 patients séropositifs en pré intervention et  177 admissions soit 114 séropositifs  pendant la période d’intervention), avec une moyenne d’âge 47 ans.
  • Des réductions significatives concernant le nombre d’erreurs de dosages (22 erreurs dans le groupe pré-intervention vs 2 erreurs dans le groupe intervention avec p <0.001), le nombre d’erreurs de fréquence (8 erreurs dans le groupe pré-intervention vs 0 dans le groupe intervention avec p <0.001) et le nombre d’erreurs d’interactions médicamenteuses (49 erreurs dans le groupe pré-intervention vs 17 dans le groupe intervention avec p <0.001) sont mis en évidence.
  • Les types d’erreurs les plus fréquemment rencontrées avant la mise en place de la surveillance dans le service par le pharmacien spécialiste du VIH sont le dosage et la fréquence non adaptés à la fonction rénale et les interactions médicamenteuses.
  • Les médicaments impliqués dans les interactions médicamenteuses avant la surveillance dans le service par le pharmacien spécialiste du VIH sont : inhibiteur de protéase et warfarine (n=12), atazanavir et inhibiteur de la pompe à protons (n=11), inhibiteur de protéase et salmeterol  (n=10). Ceux après la surveillance dans le service par les pharmaciens spécialistes du VIH  sont : phénobarbital (n=1), rifampicine (n=1), clopidogrel (n=1), clarithromycine (n=2), antifongiques (n=3)

 

Ce que nous savions déjà

  • L’observance est un élément essentiel au succès du traitement et à l’atteinte des objectifs thérapeutiques.
  • Les erreurs médicamenteuses entrainent de nombreuses hospitalisations
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie, en particulier la fiche synthèse « VIH » pour en apprendre davantage sur l’impact du pharmacien dans ce domaine.

 

Ce qu’on se pose comme questions

  • Est-ce que les erreurs médicamenteuses sont liées à l’âge des patients ?
  • Quel est le niveau de connaissances des pharmaciens non spécialistes du VIH sur ce sujet ?

 

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Mettre au contact de patients séropositifs et sous traitement d’antirétroviraux des pharmaciens spécialistes du VIH
  • Renforcer la surveillance de la clairance rénale des patients séropositifs
  • Renforcer la surveillance des patients sous inhibiteurs de protéases

 

 

 

L’impact de la revue des médicaments avec suivi lors des admissions à l’hôpital des patients âgés polymédiqués

Mallet-Larrea A, Goyenechea E, Garcia-Cardenas V, Calvo B, Arteche JM, Aranegui P, Zubeldia JJ, Gastelurrutia MA, Martinez Martinez F, Benrimoj SI. The impact of a medication review with follow up service on hospital admissions in aged polypharmacy patients

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude randomisée contrôlée en Espagne avec  688 patients dans le groupe intervention et 715 dans le groupe contrôle soit 1403 patients
  • Les pharmaciens sont répartis dans les groupes  « intervention » ou « contrôle ». Les pharmaciens du groupe intervention réalisent la revue médicamenteuse avec suivi (RMS) consistant en un entretien avec le patient permettant la collecte d’informations relatives au patient dont notamment ses problèmes de santé, ses traitements, ses paramètres biologiques, ses habitudes. Les pharmacies du groupe interventionnel dispensent à leurs patients inclus la MRS tandis que les pharmaciens du groupe contrôle dispensent des soins standards à leurs patients, consistant en la dispensation des traitements prescrits par le médecin et des conseils pour des maux mineurs.
  • Les deux objectifs de l’étude sont d’estimer l’effet de la RMS sur les coûts d’hospitalisations et d’évaluer l’impact de la revue des médicaments avec suivi (RMS) réalisée par le pharmacien communautaire sur le nombre d’hospitalisations liées aux médicaments chez les personnes âgées polymédiquées
  • Les dossiers cliniques de ces patients hospitalisés durant les 6 mois de suivi sont récupérés. Un panel d’expert constitué de 3 spécialistes en médecine interne analysent ensuite à l’aveugle les hospitalisations de ces patients afin de définir si leur hospitalisation est liée aux médicaments et établissent le coût de leur hospitalisation grâce au groupe de diagnostic.
  • Les pharmaciens du groupe intervention ont reçu une formation de 3 jours abordant les sujets de management clinique du patient âgé, la méthode RMS et communication avec le patient et le docteur entre autres.
  • 42 hospitalisations sur 83 hospitalisations vérifiées sont dues aux médicaments soit 50.6%
  • Le pourcentage d’hospitalisations dues aux médicaments est  significativement inférieur pour les patients qui ont reçu la Revue des Médicaments avec Suivi (RMS) (26.2% vs 73.8%, p<0.05)
  • La probabilité d’être hospitalisé est 3.7 fois plus importante dans le groupe contrôle que dans le groupe interventionnel  (p<0.05).
  • Les coûts d’hospitalisations dues aux médicaments sont inférieurs pour les patients qui reçoivent la RMS [groupe intervention: €94 vs groupe contrôle: €301; p=0.018].

 

Ce que nous savions déjà

  • Les hospitalisations dues aux médicaments sont un problème important chez les populations âgées et polymédiquées
  • La preuve de l’impact du service pharmaceutique sur les hospitalisations reste incertaine
  • On peut consulter le site Impact pharmacie et la fiche synthèse «Gériatrie».

 

Ce qu’on se pose comme question

  •  Quel est le nombre d’hospitalisations toutes causes confondues ?

 

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Promouvoir la formation pour un développement continu afin d’enrichir ses connaissances en management de la personne âgée.
  • Dans les pharmacies communautaires, proposer de manière systématique aux patients à risques des entretiens afin d’évaluer le traitement.
  • Dans les hôpitaux, développer la revue médicamenteuse à plus de services.

 

 

Les interventions pharmaceutiques dans la prise en charge du diabète sucré de type 2 : revue systématique d’études randomisées contrôlées.

Pousinho S, Morgado M, Falcao A, Alves G. Pharmacist interventions in the management of type 2 diabetes mellitus : a systematic review of randomized controlled trials

Ce que cette étude nous apprend

  • Les études contrôlées randomisées incluses dans cette revue systématique ont démontré que les interventions pharmaceutiques sont dans un élan d’amélioration dans de nombreux résultats quand elles sont comparées avec les soins habituels comme l’hémoglobine glyquée (diminution significative dans 15 études sur 23) , la glycémie (diminution significative dans 5 études sur 26), la pression artérielle (diminution significative de la systolique dans 9 études sur 18 et de la diastolique dans 5 étude sur 15), le profil lipidique (diminution significative du cholestérol total, des triglycérides et des LDL dans 3 études sur 13, 2/12 et 4/15 respectivement et augmentation significative des HDL dans 1 étude sur 10), l’observance du traitement (augmentation significative dans 2 études sur 11)  et la qualité de vie liée à la santé (augmentation significative dans 1 étude sur 11)
  • La revue prend en compte 9 ans de publications.
  • Les bases de données utilisées afin d’identifier les essais contrôlés randomisés qui évaluent l’efficacité des interventions pharmaceutiques dans la prise en charge des patients atteints du diabète de type 2 par rapport aux patients atteints du diabète de type 2 recevant des soins habituels sont Pub Med, Cochrane et Web of science. Les données sont analysées par deux examinateurs indépendants.
  • L’objectif est d’identifier et résumer les principaux résultats des interventions pharmaceutiques dans la prise en charge du diabète de type 2
  • Les critères d’inclusion des articles sont : les études mentionnant un des résultats suivants : hémoglobine glyquée, glycémie (à jeun, post postprandiale, aléatoire), tension artérielle, observance des traitements, qualité de vie liée aux soins, profil lipidique (HDL-cholestérol, LDL-cholestérol, cholestérol total, triglycérides), indice de masse corporelle, risques de maladies coronariennes à 10 ans, résultats économiques, études dont l’intervention vise la prise en charge du diabète de type 2 par rapport aux soins habituels, études randomisées contrôlées ou études randomisées contrôlées par grappes, études évaluant l’efficacité des interventions délivrées par le pharmacien seulement ou en grande partie, études ayant lieu en pharmacie communautaire, en ambulatoire ou à l’hôpital.
  • Les résumés de conférences sont exclues de la revue systématique
  • 59 études éligibles, 36 études incluses. Suivi des études : de 45 jours à 24 mois. Nombre d’études selon le lieu : Asie (n=15), Amérique du Nord (n=11), Europe (n=5), Amérique du Sud (n=2), Australie (n=2), Afrique (n=1)
  • Les différents outils utilisés à travers les études sont : UKPDS risk engine, l’échelle d’observance de Morisky, The audit of diabetes dependent quality of life questionnaire (ADDQoL), EuroQol 5D questionnaire et le Framingham prediction model

 

Ce que nous savions déjà

  • Le diabète de type 2 est une maladie métabolique sérieuse avec une forte prévalence dans de nombreux pays à travers le monde, imposant de forts coûts inacceptables.
  • En regard de l’arsenal d’options thérapeutiques actuellement disponible pour lutter contre cette maladie, le contrôle métabolique reste sous utilisé par les patients atteints de diabète de type 2
  • Les rôles et les retombées du pharmacien dans la gestion de la continuité des soins sont peu documentés.
  • La prise en  charge du diabète nécessite une étroite collaboration entre le patient et l’équipe de soin multidisciplinaire, dans laquelle les pharmaciens peuvent également prendre part en offrant des programmes de soins pharmaceutiques
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse «diabète/endocrinologie» et «diabète»

 

Ce qu’on se pose comme question

  • Y a t-il une variation selon le niveau d’éducation et l’âge des patients ?

 

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Promouvoir le conseil aux patients dans toutes les structures de soin
  • Réaliser des études d’analyse économique supplémentaires dans le but d’évaluer la rentabilité des interventions pharmaceutiques et rechercher en profondeur dans les interventions les éléments contribuant le plus aux effets observés.
  • Réalisation de standards, d’outils validés pour vérifier certains résultats, pour que les données provenant de différentes études concernant ces résultats puissent être analysées ensemble.

 

 

Quel est l’impact du pharmacien hospitalier sur le taux de réadmission et de visite à l’urgence des patients admis en médecine interne une fois le congé d’hôpital reçu?

Phatak A, Prusi R, Ward B, Hansen LO, Williams MV, Vetter E, Chapman N,Postelnick M. Impact of pharmacist involvement in the transitional care of high-risk patients through medication reconciliation, medication education, and postdischarge call-backs (IPITCH Study). J Hosp Med. 2016 Jan;11(1):39-44

 

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude randomisée contrôlée, prospective à simple insu de 7 mois s’étant déroulée dans l’unité de médecine interne du Northwestern Memorial Hospital, un centre médical académique de Chicago (Illinois) aux États-Unis.
  • L’objectif principal de l’étude est d’évaluer l’impact d’une implication intensive du pharmacien lors des admissions de soins aiguës et sur une période s’étendant sur 30 jours suite au congé afin de suivre l’incidence d’effets secondaires et les taux de réadmissions à l’hôpital ainsi que les visites à l’urgence pour tous les patients admis à l’unité de médecine interne.
  • 278 patients y ont pris part et ont été randomisés soit dans le groupe contrôle soit dans le groupe d’intervention. Les patients inclus sont ceux ayant reçu un congé d’hôpital, 3 nouveaux médicaments ou au moins un médicament à haut risque (anticoagulant, antiplaquettaire, hypoglycémiant, immunosuppresseurs ou anti-infectieux) et participant à au moins 1 appel téléphonique de suivi suite au congé d’hôpital.
  • Les patients du groupe contrôle obtiennent un soin de base du pharmacien, ce qui implique une tournée quotidienne des patients pour évaluer la pharmacothérapie et pour vérifier la présence d’erreurs médicamenteuses ou de risques potentiels à l’utilisation des médicaments. Le bilan comparatif des médicaments (BCM) à l’admission a été réalisé par un agent hospitalier en regardant uniquement la liste de médicaments provenant de la clinique du médecin de famille principal sans consulter par la suite le patient. De plus, un examen physique et de la médication ont été effectués par un médecin ou une infirmière. Un pharmacien réalisait un suivi téléphonique 30 jours après le congé afin de questionner les patients sur l’incidence d’effets secondaires, détecter des erreurs médicamenteuses et s’il y a eu des visites à l’urgence ou des réadmissions.
  • Dans le groupe d’étude, le pharmacien ou un étudiant en pharmacie réalisait le BCM à l’admission en réconciliant avec le patient les médicaments réellement pris, effectuait un plan de soin personnalisé, rechercher les aberrances et en discutait avec le médecin, dispensait des conseils au congé d’hôpital. Trois appels téléphoniques de suivi étaient alors réalisés par des pharmaciens 3, 14 et 30 jours suite au congé pour vérifier les connaissances des médicaments, vérifier l’incidence d’effets secondaires, l’état de santé actuel, identifier des barrières à l’observance répondre aux questions, régler des problèmes d’accessibilité au médicament et s’il y a eu des visites à l’urgence ou des réadmissions.
  • Pour les 2 groupes, le degré de connaissance de l’indication des médicaments était mesuré avec le Hospital Consumer Assessment of Healthcare Providers and Systems (HCAHPS).
  • Les résultats permettent de constater que le groupe d’intervention a un taux de réadmission à l’hôpital ou de visite à urgence favorable (34 vs 55, p< 0,001), qu’aucune différence entre les 2 groupes n’a été observée en ce qui concerne les réadmissions dues à des médicaments, qu’une amélioration légère des connaissances sur l’indication a été notée par le score HCAHPS (47% à 56%) et qu’une amélioration considérable du nombre d’écarts médicamenteux détectés lors du BCM est observée lorsqu’il est fait par un pharmacien ou un étudiant en pharmacie (46,2% vs 19,9%, p<0,0001).

 

Ce que nous savions déjà

  • La réalisation d’un bilan comparatif des médicaments est une activité pharmaceutique essentielle à la réconciliation des médicaments du patient. Elle permet la continuité des soins et est un élément clé dans la prise en charge du patient en diminuant d’éventuelles erreurs médicamenteuses’
  • On peut notamment consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse « Bilan comparatif à l’arrivée » dans la section « Activités ».
  • D’autres articles pivots pour le thème peuvent être consultés sous ce même thème tels que le PMID22825240 et le PMID22733210.

 

Ce qu’on se pose comme questions

  • Pourquoi l’auteur n’a-t-il pas mis en évidence les raisons de perte au suivi puisqu’on dénombre beaucoup plus de patients du groupe contrôle que le groupe intervention (48 vs 15)?
  • L’impact du pharmacien sur le taux de réadmissions et de visites à l’urgence va-t-il au-delà des 30 jours de congé de l’hôpital?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • S’assurer que les BCM mis en place par les hôpitaux soient clairs et complets.

Auteurs : Nguyen Vu

Création : 18 janvier 2016

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