Le pharmacien communautaire favorise t’il le bon usage des AINS chez les personnes âgées?

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Bear MD, Bartlett D, Evans P. Pharmacist Counseling and the Use of Nonsteroidal Anti-Inflammatory Drugs by Older Adults. Consult Pharm. 2017 Mar 1;32(3):161-168.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle prospective réalisée dans une pharmacie communautaire dans le Massachussetts, États-Unis.
  • L’étude se déroule du 1er septembre au 31 décembre 2015 et inclus 83 patients âgés de 60 ans et plus.
  • L’objectif de l’étude est de déterminer l’impact de la revue de médication pour la détection et l’usage des anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) chez les personnes âgées.
  • Parmi les 83 patients inclus, 39 ont recourt aux AINS.
  • Sur la base d’un questionnaire construit préalablement, pharmaciens et étudiants en pharmacie ont évalué  :
    • si la consommation était appropriée ou non,
    • la présence d’interactions médicamenteuses (IACE, Sartan, diurétique, aspirine, IPP et anti-H2)
    • la présence de comorbidités (insuffisance cardiaque, hypertension, ulcère ou saignement gastrique, insuffisance rénale)
  • Les pharmaciens ont également demandé aux patients s’ils avaient reçu des conseils antérieurs sur les AINS provenant d’autres professionnels de la santé.
  • Les pharmaciens ont ensuite donné des informations générales sur les risques associés aux AINS comme les effets indésirables, les indications approuvées.
  • Un suivi téléphonique a été réalisé après 4 à 20 semaines afin d’évaluer l’impact de l’intervention.

 

  • Parmi les 39/83 (47%)  patients consommant des AINS,  28/39 (71,8%) patients le faisaient de façon inappropriés.
  • Après l’intervention du pharmacien, le nombre de patients ayant un usage inapproprié a diminué et ne concerne plus que 19/39 patients (48,7%).
  • Parmi les 18 patients qui ont bénéficié du suivi téléphonique, 13 (72,2%) avaient une meilleure compréhension des risques associés aux AINS et 15 (83,3%) recommanderait à d’autres patients de bénéficier des conseils du pharmacien sur les AINS.

 

  • Sur les 83 patients inclus dans l’étude, 37 (44,6%) n’ont jamais reçu de conseils pharmaceutiques sur les AINS dont 20 patients sur les 39 identifiés utlisateurs d’ AINS.

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien en gériatrie sont relativement bien documentés. Plusieurs études ont été publiés sur la prise en charge des patients gériatriques par le pharmacien PMID11443021PMID17493184PMID22642783
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur la gériatrie.

Ce qu’on se pose comme question

  • L’intervention ne devrait elle pas cibler un public plus large puisque des AINS sont disponibles en vente libre ?
  • Quels sont les impacts de cette intervention à long terme sur les prescriptions et la consommation des AINS en vente libre?
  • Quels sont les impacts de cette intervention sur les motifs de consultations médicales ou aux urgences ?
  • Les résultats de l’étude seraient-ils identiques si l’échantillon de patients était plus grand ou avec un groupe contrôle?
  • La détection d’interactions médicamenteuses n’a porté que sur les IACE, Sartan, diurétique, aspirine, IPP et anti-H2. Qu’en est il des autres interations auprès de cette population polymédicamentée. (Anti-aggrégrant plaquettaire, corticoides, ISRS).
  • Quel était le motif de consommation des AINS afin d’identifier un profil ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Individualiser toute prise en charge des patients en regard des facteurs de risque individuels,  du profil de sécurité d’emploi propre à chaque AINS et des préférences personnelles du patient.
  • Promouvoir l’usage des AINS à la dose minimale efficace, pendant la durée la plus courte possible et réévaluer régulièrement la nécessité et l’efficacité des prescriptions.
  • Faire un conseil complet sur les AINS chez les personnes âgées et leur entourage en raison des comorbidités et de la polymédication.
  • Assurer le suivi des patients pour détecter la survenue d’effets indésirables.
  • Sensibiliser les patients aux dangers potentiels liés aux médicaments en vente libre.

Auteur : Sarah Pelletier, Éléonore Ferrand

Création : 4 août 2017

Le pharmacien communautaire améliore t’il l’adhérence et la qualité de vie des patients psychiatriques ?

McMillan SS, Kelly F, Hattingh HL, Fowler JL, Mihala G, Wheeler AJ. The impact of a person-centred community pharmacy mental health medication support service on consumer outcomes. J Ment Health. 2017 Jul 4:1-10.

 

20170807 visual abstract - McMillan

 

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle, prospective dans 100 pharmacies communautaires dans 3 états d’Australie.
  • L’étude inclut 418 patients âgés de plus de 18 ans, autonomes à domicile, entre octobre 2013 et novembre 2014, ayant un traitement pour une maladie psychiatrique commune (anxiété, dépression) ou une autre maladie psychiatrique suivis par un médecin généraliste pour lesquelles ont été identifié des problèmes liés aux médicaments. 295 patients ont completé le programme intégralement.
  • L’intervention du pharmacien consistait à offrir un suivi de 3 à 6 mois aux patients grâce à des entretiens physiques, téléphoniques ou parfois par courriel selon un programme de 6 étapes comprenant l’identification, la prévention, la gestion des problèmes liés aux médicaments, la promotion de bonnes habitudes de vie, un plan de traitement personnalisé.
  • La fréquence de suivi des patients varie entre 0 et 23 entrevues par patients.
  • La majorité d’entre eux (231/416) a bénéficié de 2 entrevues et plus, majoritairement en face à face (640/778) suivi par des appels téléphoniques (130/778) .
  • Sur la base de 2 entrevues, le temps moyen passé par le pharmacien pour réaliser l’intégralité de l’intervention est de 110 minutes.
  • L’intervention du pharmacien est associée à une amélioration significative du score moyen de satisfaction global  (T1 : 80.9 vs T2: 84.2 avec n=286, p<0,001) et du score de l’efficacité du traitement (T1 : 74.8 vs T2: 78.8, avec n=276, p<0,001) tous deux mesurés par l’outil Treatment Satisfaction Questionnaire for Medication (TSQM).
  • L’intervention du pharmacien est associée à une amélioration significative du score moyen de perception de la maladie mesuré par
    • L’outil Brief Illness Perception Questionnaire (BIPQ):  T1:44.8 vs  T2: 38.8, p<0.001.
    • L’outil  Short Form 12 Health Survey (SF-12) pour la composante mentale:  T1:49.3 vs T2:46.1, avec n= 267, p<0.001. Aucun changement n’a été constaté dans la composante physique entre T1 et T2.
  • A 6 mois, on note également une diminution des patients avec une basse adhérence (n=158, 56,6% vs n=121, 43,4%), et une augmentation des patients avec une moyenne adhérence (n=106, 42,4% vs n=144, 57,6%) (p=0,005) évalué avecle Modified Morisky Medication Adherence (MMMAS).
  • Le service offert a reçu une statisfaction positive (278/283) rapporté comme étant moteur de motivation (222/284), moteur d’autonomie pour la gestion de la maladie (222/284).

Ce que nous savions déjà

  • Les rôles et les retombées du pharmacien dans la prise des patients psychiatriques sont bien documentés. Nous avons recensé des articles indexés montrant une augmentation de l’adhérence médicamenteuse chez les patients psychiatriques dans les pharmacies communautaires (PMID15812103) et dans des centres hospitaliers (PMID12185826, PMID19933540).
  • Nous avons recensé deux études indexées démontrant simultanément l’augmentation de l’adhérence médicamenteuse et la satisfaction des patients par rapport à leur traitement : PMID26376830, PMID14524649
  • Une étude révèle la satisfaction des patients psychiatriques de l’intervention des pharmaciens communautaires pour la prise en charge de leur maladie : PMID12480116
  • On remarque également une amélioration des connaissances et croyances des patients envers leur maladie psychiatrique dans une étude : PMID15991756
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse Psychiatrie

Ce qu’on se pose comme questions

  • Les résultats de cette étude sont-ils généralisables à tous types de maladies psychiatriques ?
  • La mesure de l’adhérence médicamenteuse confirmée avec les renouvellements de prescriptions présenterait elle les mêmes résultats?
  • Quel est l’effet à plus long terme ?
  • Le résultat est il plus optimal avec les entrevues physiques ou téléphoniques ?
  • Le recours à un groupe contrôle aurait il donné les mêmes résultats ?
  • Quel est le coût associé à ce service et son impact en terme de consultations chez le spécialiste ou les visites aux urgences ?
  • Les chercheurs n’ont pas décrit ni le diagnostic, ni la date ni les traitements rendant la population hétérogène.

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Implanter des suivis des patients psychiatriques dans vos pharmacies communautaires ( téléphoniques ou face-à-face) et insister lors de l’initiation des traitements.
  • Disposer d’un espace dédié à l’entrevue avec les patients.
  • Utiliser des outils, lors des suivis, pour évaluer les perceptions, les satisfactions des patients et mesurer l’efficacité des traitements. Les questionnaires pourraient être remplis en salle d’attente.
  • Lire davantage sur les rôles et retombées du pharmacien dans cette population.

Auteurs : Mathilde Artus, Éléonore Ferrand

Création : 31/07/2017

Publication  :

Comment communiquer efficacement nos interventions pharmaceutiques aux prescripteurs ?

Renaudin P, Esteve MA, Berbis J, Delorme J, Pisano P, Honore S. Les interventions pharmaceutiques dans un centre hospitalier universitaire: influence du mode de transmission sur leur acceptation par le prescripteur, 2016. Le Pharmacien Hospitalier et Clinicien51(1), 2-8.

20171107 Renaudin 

Ce que cette étude nous apprend :

  • Étude observationnelle rétrospective, conduite à l’Hôpital de la Timone, Marseille, France.
  • Objectif : Déterminer quel mode de transmission de l’intervention pharmaceutique (IP) a le plus d’impact sur son acceptation par le prescripteur.
  • Recueil de 1159 IP collectées dans la base de données dont 723 incluses dans l’étude, entre 2014 et 2015 et analysées grâce au logiciel Act-IP®.
  • Une IP est considérée comme acceptée lorsque le prescripteur a modifié la prescription conformément à l’IP dans un délai maximum de 48h.
  • Le mode de transmission de l’IP est classé selon 4 catégories : oral, appel téléphonique, appel téléphonique + logiciel d’aide à la prescription, logiciel d’aide à la prescription.
  • 571/723 (79%) IP ont été acceptées VS 152/723 (21%) refusées.
  • Le mode de transmission des IP impliquait le logiciel d’aide à la prescription (587/723, 81,2%), un appel téléphonique en supplément de l’IP rédigée sur le logiciel de prescription (83/723, 11,5%), une transmission orale (30/723, 4,1%) et un appel téléphonique seul (23/723, 3,2%).
  • L’acceptation des IP est analysée selon le statut du pharmacien (interne ou sénior), du statut du prescripteur (interne ou sénior), la nature de l’IP (problèmes médicamenteux, recommandations), le mode de transmission, les services, au problème éventuel lié à l’informatique. L’analyse multivariée ajustée au service et au type de recommandation montre que le taux d’acceptation des IP était plus important si elle était transmise oralement (p = 0,041) ou par appel téléphonique + suivi transmission logiciel (p = 0,001).
  • L’analyse univariée des autres facteurs associés à l’acceptation des IP n’a pas montré de différence statistiquement significative.
  • Les principaux types de problèmes nécessitant une IP (surdosage (37,6,2%), non-conformités aux référentiels et contre-indication (16,2%), voies et/ou administration
    inappropriées (14,1%) , médicaments non indiqués (10,2%) ) sont semblables,en fréquence, aux données de la littérature.

Ce que nous savions déjà :

Ce qu’on se pose comme question :

  • L’acceptation des IP par le prescripteur pourrait être également due au caractère plus ou moins urgent et/ou majeur de l’IP, incitant le pharmacien à la transmettre oralement. Cela constitue-t-il un biais important ?
  • 31,6% des IP liées à l’informatique concernaient un surdosage surtout à cause d’un doublon de ligne de prescription et 32,6% liées à un sous-dosage surtout à cause d’une erreur d’unité de dose, quels sont les moyens mis en oeuvre pour réduire la part des erreurs informatiques ?

Ce que vous pouvez notamment faire :

  • Promouvoir les avantages de la communication orale entre le pharmacien, le médecin et les autres professionnels de santé. 
  • Participer aux tournées cliniques pour véhiculer une image de disponibilité du pharmacien.
  • Tracer et analyser les IP du pharmacien. ( p.ex outil Act-IP®).
  • Éduquer les professionnels de la santé à l’utilisation des logiciels.
  • Optimiser la qualité des outils informatiques pour réduire la part des erreurs de prescription par doublons ou unités de dosage.

 

Auteur : Perrine Scherrer, Éléonore Ferrand

Création : 28 juillet 2017

L’impact du pharmacien dans la prescription des opioïdes en médecine dentaire

20170620 Visual Abstract - Opioid in dental practice

Stewart A, Zborovancik KJ, Stiely KL. The impact of pharmacy services on
opioid prescribing in dental practice. J Am Pharm Assoc (2003). 2017 Mar –
Apr;57(2S):S78-S82.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle rétrospective dans une clinique dentaire sans frais pour les patients ayant un faible accès aux soins médicaux à Pittsburgh aux États-Unis.
  • L’étude se déroule de janvier 2010 à mars 2016 et inclus 102 prescriptions d’opioïde pour 89 patients.
  • Les pharmaciens sont intégrés soit complètement, partiellement ou aucunement avec les dentistes.
    • Intégration complète, le pharmacien collabore avec le dentiste pour la rédaction de toutes les prescriptions.
    • Intégration partielle, le dentiste a accès au pharmacien en cas de besoin.
    • Sans intégration, le dentiste est complètement indépendant.
  • Le taux de prescription d’opioïdes est analysé selon l’intégration du pharmacien incluant une analyse plus fine de l’adhérence des prescriptions d’opioïdes aux politiques de bon usage de la clinique. Le taux d’erreurs sur les prescriptions est également évalué.

 

  • L’intégration du pharmacien de façon complète ou partielle a permis de réduire significativement le taux de prescription des opioïdes : 0,5 prescriptions/100 contenait des opioïdes avec l’intégration du pharmacien tandis que 1,8 prescriptions/100 en contenait en l’absence du pharmacien. Les dentistes étaient 81% moins portés à prescrire des opioïdes lorsque le pharmacien était complètement intégré dans son travail.
  • Aucune différence significative n’a été trouvée dans l’adhésion à la politique sur les opioïdes de la clinique (limite d’une quantité pour 48h). En effet, 5 ordonnances rédigées en présence du pharmacien et 13 ordonnances en son absence ne respectaient pas la politique.
  • Il n’y a pas de différence significative non plus dans le taux d’erreurs sur les prescriptions. Au total, 20 prescriptions contenaient des erreurs dont 13 étaient rédigées par des dentistes sans intégration du pharmacien.

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien dans la prise en charge de la douleur sont relativement bien documentés. D’autres études sur la gestion des opioïdes ont été publiés PMID28292501PMID24246213
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur la douleur

Ce qu’on se pose comme question

  • Quel est l’impact clinique associé à la réduction de l’utilisation des opioides?
  • Quelle est la place réelle du pharmacien dans la pratique dentaire?
  • Comment mettre en place une telle collaboration?
  • Dans le contexte actuel de la crise des opioïdes, qu’est-ce que le pharmacien peut faire pour augmenter la responsabilisation des prescripteurs?
  • Sachant que le dentiste est l’un des plus grand prescripteur d’opioïdes chez les enfants et adolescents, quel serait l’impact du pharmacien sur la prescription d’opioïdes pour cette population?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Promouvoir la prescription d’analgésiques alternatifs aux opioïdes.
  • Sensibiliser les patients aux risques de dépendance.
  • Sensibiliser les patients aux effets indésirables.
  • Collaborer davantage avec les autres professionnels afin d’éviter une sur-prescription d’opioïdes et conduire une activité de déprescription.
  • Amorcer une réduction graduelle de la dose chez les patients sous opioïdes en proposant un soutien multidisciplinaire lorsque le sevrage progressif est difficile.
  • Repérer les patients ayant des antécédents d’abus et de dépendance liés à l’usage de drogues ou une maladie mentale active et leur éviter une exposition aux opioïdes.

 

 

 

Auteur : Sarah Pelletier, Éléonore Ferrand

Création : 19 juin 2017

Les rôles et retombées du pharmacien en format résumé visuel

Appelé également visual abstract ou graphical abstract, le résumé virtuel présentera dorénavant de façon simplifié le contenu, les messages et les résultats clés de l’étude.

Ce mode de dissémination des résultats de recherche innovant propose de réduire au maximum l’utilisation des mots en faveur d’éléments visuels comme des images, des symboles, des graphiques afin de communiquer les résultats scientifiques d’une étude.

L’unité de Recherche en Pratique Pharmaceutique a intégré pour chacun de ces travaux mais aussi pour chacunes des études bloguées, la conception et la production d’un résumé visuel afin de permettre un partage plus large de la recherche et adapté aux médias sociaux.

Ce nouveau moyen pour véhiculer une information scientifique fait suite aux travaux d’Apolline Adé qui a exploré le knowledge transfer ou l’application des connaissances dans le cadre de sa thèse pour le doctorat en pharmacie.

 

Exemple de Visual Abstract portant sur les biosimilaires:

20170323 KT8 PBUS2 résumé visuel 2b.jpg

 

 

 

 

 

 

 

« Intervenir », nouvelle chronique dans Québec Pharmacie

Impact Pharmacie s’est associé à l’équipe de Québec Pharmacie afin de mettre en valeur les articles pivots décrivant les rôles et les retombées des interventions du pharmacien dans la chronique « Intervenir ».

Cette chronique a pour objectif d’exposer les professionnels de la santé aux meilleurs preuves issues de la littérature scientifique pour permettre une collaboration optimale entre les pharmaciens exerçant en millieu officinal et en établissement de santé.

A tous les deux mois, une revue systématique d’intérêt sera présentée dans la chronique avec :

  • Une analyse détaillée de l’étude décrivant :
    • les objectifs de l’étude,
    • la description de l’étude,
    • les interventions du pharmacien,
    • la méthode de sélection des articles par les auteurs,
    • les résultats principaux,
    • la conclusion des auteurs.
  • Une section Que retenir de l’étude? incluant les limites et la validité externe,
  • Une section Liens avec la pratique présentant des outils disponibles pour se mettre en action (p.ex guides de pratique,  règles de l’entente AQPP-MSSS, ordonnances collectives),
  • Une section Que faire? en lien avec le sujet présenté,
  • Une section Questions  qui permet de comptabiliser des points de formation continue.

Pour en savoir plus:

  • Visitez la page Profession Santé qui présente dans son numéro de septembre la chronique Intervenir : « Pour mieux profiter de l’expertise pharmacienne »,

20171017 Image Revue présentation article 0

  • Consultez la première chronique Intervenir publiée dans Québec Pharmacie en juin 2017 qui présente une revue systématique de Cheema et coll. sur les meilleures données relatives aux rôles du pharmacien et aux retombées de ses interventions sur la prise en charge de l’hypertension artérielle.

20171017 Image Revue

A ce jour, Impact Pharmacie c’est plus de 2300 articles répartis en 100 sujets (41
activités pharmaceutiques, 30 pathologies, 29 programmes de soins) parmis lesquels se trouve plus de 130 revues sytématiques.

Ces articles pivots méritent d’être exposés afin de continuer notre réflexion sur la profession et demeurer en action.

 

 

Un pharmacien dans une unité ambulatoire d’oncologie permet-il de faire des économies?

Randolph LA, Walker CK, Nguyen AT, Zachariah SR. Impact of pharmacistinterventions on cost avoidance in an ambulatory cancer center. J Oncol PharmPract. 2016 Sep 27.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude randomisée contrôlée prospective réalisée entre novembre et décembre 2014 au centre ambulatoire d’oncologie du Integris Southwest Medical Center en Oklahoma City aux États-Unis.
  • Les patients inclus à l’étude sont ceux s’étant présentés au centre ambulatoire durant la période d’étude et qui sont âgées de 18 ans et plus.
  • Le résident résident en pharmacie présent pendant l’étude reste dans la salle de transfusion et, de plus, donne de l’information sur la chimiothérapie de façon hebdomadaire pour les patients nouvellement diagnostiqués du cancer. Chaque intervention faite par le pharmacien pendant ce mois a été documentée dans une catégorie et un coût à été associé à l’intervention en question. Les couts ont ensuite été extrapolés sur un an en soustrayant le salaire du pharmacien afin d’avoir le bénéfice net.
  •  Les économies faites lors de la période d’étude sont de 22 416 $US pour le résident et 18 062 $US pour le pharmacien central.
  • Les coûts totaux évités extrapolés à un an sont de 330 676 $US pour le résident en pharmacie et 234 806 $US pour le pharmacien central. La somme des deux donne 565 482 $US par année, ce qui équivaut à 282 741 $US par pharmacien.

Ce que nous savions déjà

Ce qu’on se pose comme question

  • Ces résultats sont-ils généralisables à l’ensemble des unités d’un hôpital?
  • Les coûts évités peuvent-ils être plus grands avec un pharmacien expérimenté au lieu du résident en pharmacie?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Instaurer un pharmacien dans votre unité d’oncologie afin de confirmer ou d’infirmer ces résultats

Auteur: Soraya Mamoun

Création: 10 novembre 2016

Publication: 11 octobre 2017

Quel est l’impact du pharmacien communautaire dans la gestion des psoriasis?

Tucker R, Stewart D. The role of community pharmacists in supporting self-management in patients with psoriasis. Int J Pharm Pract. 2016 Aug 4.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude avant-après prospective se déroulant dans des pharmacies communautaires à Cornwall et au Yorkshire and Humber region, au Royaume-Uni
  • Les patients avec une nouvelle prescription d’un produit topique contre le psoriasis entre mars 2015 et décembre 2015 sont inclus à l’étude
  • L’intervention du pharmacien consiste en deux consultations face-à-face avec le patient à 6 semaines d’intervalle. Par la suite, une première rencontre avec le patient a lieu où il remplit 3 questionnaires: Psoriasis Area and Severity Index (SAPASI), Person-Centred Dermatology Self-care Index (PEDESI) et Dermatology Life Quality Index (DLQI). Après un délai d’environ 6 semaines, le patient est rencontré de nouveau par le pharmacien.
  • La différence entre les scores des questionnaires au jour 0 et à la visite de suivi à 6 semaines est statistiquement significative   (p < 0,001).
  • À la visite de suivi, la proportion de patients avec une maladie légère a augmenté de 15% à 29% et la proportion avec maladie sévère a diminué de 32% à 19%. Par contre, la proportion de patients avec une atteinte modérée n’a pas changé (53% comparativement à 52%). La plupart des patients avec atteinte modérée ont eu une diminution de leur score SAPASI sauf 3 patients pour qui la maladie a augmenté en sévérité.

Ce que nous savions déjà

  • Selon nos données, aucun autre article ne mesure l’impact des pharmaciens chez les patients vivants avec le psoriasis.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse sur la dermatologie.

Ce qu’on se pose comme question

  • Un délai plus long que 6 semaines nous aurait-il donné les mêmes résultats?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Faire remplir un questionnaire de qualité de vie et de sévérité de l’atteinte pour vos patients avec une première prescription d’un médicament pour le psoriasis et le réviser avec eux périodiquement afin de constater les changements et d’inclure le patient dans les soins qui lui sont prodigués

Auteur: Soraya Mamoun

Création: 10/11/2016

Publication: 04/10/2017

Quel est l’impact de la révision médicamenteuse sur les couts, la persistance et la façon d’utiliser les médicaments?

Kolhatkar A, Cheng L, Chan FK, Harrison M, Law MR. The impact of medication reviews by community pharmacists. J Am Pharm Assoc (2003). 2016 Sep-Oct;56(5):513-520.e1.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude de cohorte rétrospective réalisée dans les pharmacies communautaires en Colombie Britannique au Canada.
  • Tous les résidents de la Colombie Britannique qui ont reçu une revue médicamenteuse par un pharmacien entre le 1 mai 2012 et le 30 juin 2013.
  • L’étude a utilisé le système PharmaNet de la Colombie britannique qui est une base de données administratives où toutes les prescriptions dispensées en milieu communautaire et en milieu hospitalier se trouvent. L’analyse se fait sur 2 cohortes qui ont reçu leur première revue médicale avec le pharmacien. La première cohorte inclut des patients pour qui la première revue de médicaments est un MR-S (medical review- standard) et la deuxième cohorte inclut des patients pour qui la première revue de médicaments est un MR-PC (medical review- pharmacist consult). Durant, un MR-S, le pharmacien et le patient revoient les médicaments pour améliorer leur usage et améliorer la connaissance sur les traitements. Par contre, si le pharmacien détecte au moins un problème dans la médication et qu’il prend action pour le résoudre, il peut réclamer un MR-PC.
  • Il y a une augmentation du nombre de prescriptions après une première revue de médicaments faite par un pharmacien chez le groupe MR-PC (p=0,0006). Aussi, les couts sont passés de 165$ à 191$ dans le groupe MR-PC et de 142$ à 162$ dans le groupe MR-S (MR-S: p=0,048 et MR-PC: p= 0,0007).
  • L’analyse ne montre aucun changement dans la continuité de plusieurs médicaments chroniques dont ceux pour le diabète et l’hypertension. Seules les statines font l’exception où il y a eu une légère augmentation de 0,52% (p= 0,005) dans le groupe MR-PC. Aussi, il y a eu une augmentation des renouvellements des benzodiazépines pour les deux groupes (MR-S: p= 0,001 et MR-PC: p= 0,001) et une diminution des renouvellements des inhibiteurs de la pompe à protons a été observé dans le groupe MR-PC (diminution de 0,13% par mois, p=0,007).

Ce que nous savions déjà

Ce qu’on se pose comme question

  • L’augmentation du nombre de médicaments après la revue médicamenteuse reflète-elle un besoin réel selon l’état clinique du patient?
  • Quelles sont les informations données lors de la rencontre avec le patient?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Instaurer un service de revue médicamenteuse sur rendez-vous dans votre pharmacie et en voir les résultats.
  • Discuter avec vos patients âgées du besoin de leurs médicaments médicament potentiellement inappropriés comme les benzodiazépines.

Auteurs: Soraya Mamoun

Création: 10 novembre 2016

Publication: 27 septembre 2017

 

Quel est l’impact du pharmacien dans le suivi de l’adhésion médicamenteuse et de la technique d’inhalation chez les patients vivant avec la maladie pulmonaire obstructive chronique?

Hesso I, Gebara SN, Kayyali R. Impact of community pharmacists in COPD management: Inhalation technique and medication adherence. Respir Med. 2016 Sep;118:22-30

Ce que cette étude nous apprend

  • Revue de littérature rétrospective sur le suivi en pharmacie communautaire incluant plusieurs pays à travers le monde
  • Les bases de données suivantes sont utilisées: Medline, Scopus, PubMed, Google scholar, Science direct. Les mots clés utilisés sont: pharmacie communautaire, pharmaciens communautaires, technique d’inhalation, inhalateur technique, gestion de la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), MPOC, adhésion médicamenteuse, patients avec affection respiratoire. La recherche est limitée à des articles écrits en anglais et publiés entre janvier 2005 et février 2015. De plus, une recherche manuelle a été faite afin d’identifier toute étude additionnelle qui remplit les critères d’inclusion dans les sources primaires.
  • Les résultats sont présentés en fonction des études sélectionnées par pays, en général l’adhésion est augmentée et la technique d’utilisation du dispositif d’inhalation est améliorée de façon significative.

Ce que nous savions déjà

Ce qu’on se pose comme question

  • Les données sont-elles applicables à plus grande échelle avec un échantillon de population plus grand?
  • Une durée d’étude plus longue nous donne-elles les mêmes résultats?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Réviser la technique d’inhalation de vos patients périodiquement
  • Identifier les barrières à l’adhésion et en discuter avec le patient afin de l’intégrer dans le processus de soins pharmaceutiques

Auteur: Soraya Mamoun

Création: 09 novembre 2016

Publication: 20 septembre 2017