Nouvelle version de la plateforme Impact Pharmacie – 4

Tel qu’annoncé la semaine dernière, nous profitons des prochains blogues pour mettre en évidence les changements apportés à la plate-forme Impact pharmacie dans le cadre de la phase 3.

Des fiches par articles améliorées

Grâce à la nouvelle version web de la base de données mise en place, nous sommes en mesure de présenter de nouvelles fiches fiches synthèses  par thématique améliorées ! Rappelons que la plate-forme Impact Pharmacie compte près de 2000 articles réparties en 104 thèmes.

Ces fiches articles comportent désormais:

  • Un onglet « Ajouter aux favoris »
  • La possibilité d’obtenir la fiche article en PDF (et non pas le PDF de l’article qui appartient au journal) et de l’imprimer
  • Le badge Altmétric permettant d’évaluer l’impact de l’article dans les médias sociaux
  • Une présentation plus claire du devis de l’étude
  • Une catégorisation des thèmes liés à l’article en principal ou secondaire
  • Un catégorisation des neuf types d’intervention (assurer le suivi des patients, demeurer compétent, effectuer un bilan comparatif des ordonnances, établie une relation de confiance avec le patients et les autres intervenants, évaluer les besoins du patient et de l’équipe traitante, gérer et préparer les médicaments, transfert de connaissances vers le patient et les autres intervenants, travailler en interdisciplinarité)
  • Une section « outils » (i.e.description des outils utilisés dans les articles pour évaluer certaines variables, notamment des échelles ou scores)
  • Le pourcentage d’indicateurs de retombées positifs
  • Le score URPP; quatre catégories dont:
    • A, incluant les revues systématique, méta-analyse, revue de littérature de bonne qualité, étude randomisée contrôlée
    • B, incluant les revues de littérature de moins bonne qualité, études avec/sans groupe contrôle de bonne qualité (i.e. critères d’inclusion/exclusion explicite, intervention bien décrite, discussion éclairée, conclusion justifiée)
    • C, incluant les études avec/sans groupe contrôle de moins bonne qualité (i.e. écarts méthodologiques, interventions peu/pas décrites, discussion non convaincante, conclusion discutable)
    • D, incluant toute autre étude, études de mauvaise qualité

IP fiche article

IP fiche article 2.png

 

Nouvelle version de la plateforme Impact Pharmacie – 3

Tel qu’annoncé la semaine dernière, nous profitons des prochains blogues pour mettre en évidence les changements apportés à la plate-forme Impact pharmacie dans le cadre de la phase 3.

Une mise en valeur des interventions pharmaceutiques

Grâce à la nouvelle version web de la base de données mise en place, nous sommes en mesure de présenter pour chaque fiche synthèse par thématique, un profil des interventions pharmaceutiques.  L’onglet 4-interventions de chaque page synthèse présente désormais une description l’intervention pharmaceutique effectuée par article retenu en précisant la catégorie de l’intervention (il y en a 9), l’hyperlien vers le PMID, le score URPP donné à chaque intervention, une description de l’intervention et des indicateurs de portée scientifique (i.e. Altmetrics, Twitter, Mendeley). Nous reviendrons plus tard sur ces indicateurs. À noter que le score URPP (un score maison de qualité des articles retenus) sera progressivement saisi d’ici octobre 2016.

En consultant cet onglet, vous pouvez parcourir rapidement les différentes interventions effectuées pour une thématique donnée (p.ex. affection – asthme) et identifier des changements potentiels à votre pratique.

IP-interventions

Nouvelle version de la plateforme Impact Pharmacie – 2

Tel qu’annoncé la semaine dernière, nous profitons des prochains blogues pour mettre en évidence les changements apportés à la plate-forme Impact pharmacie dans le cadre de la phase 3.

Des fiches synthèse améliorées

Grâce à la nouvelle version web de la base de données mise en place, nous sommes en mesure de présenter de nouvelles fiches fiches synthèses  par thématique améliorées ! Rappelons que la plate-forme Impact Pharmacie compte plus de 104 thèmes réparties en activités pharmaceutiques, en affections et en programmes de soins.

Ces fiches synthèse comportent désormais 10 onglets faciles à consulter soient:

  • Sélection des articles (i.e. notre stratégie de recherche incluant la date de mise à jour de la fiche synthèse)
  • Cartographie de sélection des articles (i.e. figure synthèse permettant d’identifier les nombres d’articles retrouvés, considérés, inclus et exclus)
  • Aperçu des données (i.e. un onglet dynamique qui donne un profil des articles, des PMID, des indicateurs descriptifs et de retombées … bref une vue d’ensemble de toutes les données recensées)
  • Interventions (i.e. un profil descriptif de chaque intervention) ; nous y reviendrons dans le prochain blogue
  • Indicateurs (i.e. un profil de toutes les indicateurs descriptifs et de retombées par catégories – une bonne façon d’identifier les impacts de l’activité du pharmacien en pratique)
  • Lignes directrices (i.e. des documents d’organismes gouvernementaux ou de sociétés savantes qui mettent en valeur le rôle du pharmacien)
  • Enquêtes sur les pratiques (i.e. des données qui soutiennent la présence du pharmacien dans un programme de soins donné ou autrement)
  • Autres références (i.e. autres documents / sites web considérés lors de la rédaction de la fiche synthèse)
  • Que retenir ? (i.e. un effort de synthèse pour un lecteur pressé)
  • Collaborateurs (i.e. les personnes impliquées dans la rédaction de la fiche synthèse)

IP-fichesynthese

Bien que la nouvelle plate-forme soit lancée en mai 2016, les travaux de mise à jour se poursuivent et les données de la plate-forme seront complètement mis à jour d’ici la fin octobre 2016.

Nouvelle version de la plateforme Impact Pharmacie – 1

Impact Pharmacie est un projet de l’Unité de recherche en pratique pharmaceutique (URPP) mis en ligne en octobre 2013. Cette plate-forme est le fruit du travail d’une équipe de pharmaciens chercheurs, d’assistants de recherche et d’étudiants en pharmacie. À ce jour, plus de 30 personnes ont contribué au développement et à la mise en ligne de contenus mettant en valeur les rôles et les retombées des pharmaciens.

Ce projet phare en est à sa troisième phase.  La première phase (2012-2014) a permis le développement de la méthode, de la plate-forme web et du blogue hebdomadaire avec notamment la contribution de l’assistante de recherche Aurélie Guérin.  La deuxième phase (2014-2015) a permis de bonifier significativement la base de données, de proposer une nouvelle mouture du site web et de sonder différents groupes de pharmaciens avec notamment la contribution de l’assistante de recherche Mylène Breton. La troisième phase a permis de bonifier davantage la méthode avec un mode opératoire normalisé, de reprogrammer entièrement la plate-forme et de développer un programme de stages à thématique optionnelle. À partir de l’été 2016, de nombreuses interventions seront lancées afin d’intéresser les pharmaciens et autres parties prenantes à ces données.  La troisième phase implique notamment Anaïs Barbier et Maxime Bergeron comme assistants de recherche.

Prenez note qu’à partir de maintenant, vous accédez sans frais à la nouvelle version de la plate-forme. Au cours des prochains blogues, nous mettrons en évidence les changements apportés.

Identification du rôle optimal du pharmacien dans la transition des soins: revue systématique

Ensing HT, Stuijt CC, van den Bemt BJ, van Dooren AA, Karapinar-Çarkit F, Koster ES, Bouvy ML. Identifying the Optimal Role for Pharmacists in Care Transitions: A Systematic Review. J Manag Care Spec Pharm. 2015 Aug;21(8):614-36

 

Ce que cette étude nous apprend

  • Revue systématique réalisée à partir d’études faites en Amérique du nord, en Europe, en Australie.
  • La revue de la littérature a été réalisée à partir de 3 bases de données : Medline, Embase et IPA (International Pharmaceutical Abstracts). Les études ont été inclues selon plusieurs critères d’inclusion et d’exclusion afin d’extraire les données suivantes : information générale de l’article (année, auteur), design de l’étude (uni ou multicentrique, type d’établissement), caractéristiques des patients (taille de l’échantillon, genre, âge, nombre de médicament, état de santé), méthode (critères exclusion/inclusion, soins usuels, intervention pharmaceutique, autres professionnels de santé impliqués), résultats de l’étude et conclusion. Plusieurs paramètres sont mesurés : mortalité, visite au département des urgences, événements indésirables liés aux médicaments, composante de réadmission et de visite au département des urgences, composante de réadmission et mortalité, composante de réadmission, visite aux urgences et mortalité. Plusieurs étapes ont été utilisées afin de catégoriser les résultats : seules les interventions des pharmaciens reportées dans le manuscrit original ont été utilisées, toutes les interventions des pharmaciens ont été revues et catégorisées indépendamment par deux auteurs/relecteurs créant ainsi un modèle comprenant toutes les composantes, les 15 interventions répertoriées sont structurées en 3 groupes (objectif et nature de l’intervention, moment de l’intervention dans la prise en charge), tous les résultats ont été extraits et l’étude était considérée comme valide si au moins un des résultats était significativement significatif, le nombre moyen des interventions a été comparé entre des études valides et non valides.
  • L’objectif de cette étude est d’identifier les interventions du pharmacien dans la continuité des programmes de soins qui améliorent les résultats cliniques.
  • Les critères d’inclusion des articles sont les suivants : étude randomisée contrôlée, étude publiée en anglais, participants adultes admis à l’hôpital et rentrés à domicile, intervention réalisée à l’hôpital et/ou en pharmacie communautaires et/ou au domicile du patient, l’intervention implique un pharmacien, un étudiant en pharmacie ou un technicien en pharmacie, le pharmacien a un rôle proactif, c’est-à-dire que pour toutes les interventions, le patient reçoit une intervention pharmaceutique active, les interventions étaient comparées avec un groupe contrôle qui recevait des soins usuels, l’intervention était réalisée dans le but d’améliorer la continuité des soins et de répondre à des problèmes médicamenteux, au moins un des paramètres suivants a été mesuré : mortalité, réadmission, visite au département des urgences, évènements indésirables médicamenteux
  • Exclusion : Intervention conduite seulement sur des populations pédiatriques ou psychiatriques, intervention dans un service de soins palliatifs ou de soins intensifs, intervention portant sur un type spécifique de médicament, intervention non en relation avec la continuité des soins
  • 30 études ont été inclues.
  • Suite à l’analyse des articles, l’ensemble des interventions ont été regroupées en 15 classes d’interventions : réconciliation à l’admission (n=11 études), recueil des informations du patient à l’admission (n=3), intégration du pharmacien dans l’équipe médicale (n=5), revue de la médication (niveau 1 d’analyse, n=3; niveau 2 d’analyse, n=2; niveau 3 d’analyse, n=8), conseil au patient à l’admission (n=9), réconciliation à la sortie (n=9), conseils aux patients à la sortie (n=13), lettre de sortie au patient (n=8), lettre d’information aux autres professionnels de santé (n=9), suivi du patient après la sortie de l’hôpital (n=visite à domicile, n=8; appel téléphonique, n=10; visite au centre de soins, n=1), suivi aux autres professionnels de santé (n=14), suivi renforcé après la sortie du patient (n=7), intervention adaptée pour certains patients en difficulté (n=6), aide à l’observance (n=6),dispensation d’une aide logistique concernant la médication (n=6).
  • Les catégories d’intervention les plus fréquemment déployées sont le suivi centré sur le patient (n=19 études), suivi centré sur les professionnels de santé (n=14), revue des thérapeutiques à l’admission (n=13), conseil au patient à la sortie (n=13), réconciliation à l’admission (n=11).
  • Les paramètres les plus souvent mesurés sont réadmission (n=24), mortalité (n=15), visite au département des urgences (n=10), événements indésirables liés aux médicaments (n=4).
  • L’ensemble des 30 études montre un effet cohérent sur les paramètres dans la revue. Seule une revue a reporté une augmentation significative du nombre de réadmissions 6 mois après la sortie de l’hôpital.
  • Le nombre moyen d’interventions différentes est approximativement le même entre les études valides et non valides (4.3 vs 5.1 respectivement) . Il en est de même pour les interventions pharmaceutiques centrées sur le patient (2.4 vs 2.9) (non significatif ; p>0.05 ).
  • 5 études, 3 valides et 2 non valides, ont étudié l’effet d’une intervention isolée après la sortie du patient indiquent des résultats contradictoires. Il apparait que dans les études dites valides, l’intervention est adaptée au patient alors qu’elle consiste à des entretiens de suivi dans les études non valides.
  • 10 études mentionnent 1 ou plusieurs étapes de la prise en charge de l’hôpital ou combinent des interventions à l’hôpital et à la sortie. Il est noté un haut niveau de preuve avec la réalisation d’une analyse médicamenteuse de niveau élevé ; 5 études valides soulignent ce type d’intervention alors qu’aucune étude non valide n’en fait mention. Dans 2 de 5 de ces études, le pharmacien est intégré à part entière à l’équipe médicale.
  • 5 études, 3 valides et 2 non valides, font mention de la réalisation de la réconciliation; 2 études valides combinent la réconciliation au conseil au patient lors de l’admission.
  • 5 études, 3 valides et 2 non valides, couvrent 3 étapes ou plus en passant de l’admission jusqu’au suivi après la sortie.
  • 7 études, dont 3 valides et 4 non valides combinent une intervention après la sortie du patient avec 1 ou plusieurs interventions réalisées à l’hôpital.

 

Ce que nous savions déjà

 

Ce qu’on se pose comme questions

  • Inclure seulement des études écrites en anglais ne peut-il pas aboutir à exclure des études pertinentes?
  • Quels sont les réels résultats des différentes interventions des pharmaciens?
  • Quelles interventions sont les plus pertinentes afin d’améliorer la continuité des soins?

 

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Mettre en place la réconciliation à l’arrivée et à la sortie du patient.
  • Mettre en place un suivi des patients après leur sortie de l’hôpital par l’intermédiaire de visites à domicile, d’appels téléphoniques ou d’entretiens aux centres de soins avec le patient.
  • S’assurer de la bonne compréhension du patient de son traitement.
  • Assurer une transition aux autres professionnels de santé, notamment le médecin traitant et la pharmacie communautaire, via une lettre documentant les changements dans le traitement du patient.

 

 

 

 

Quelles sont les preuves probantes et récentes sur l’impact économique du pharmacien dans le diabète?

Wang Y, Yeo QQ, Ko Y. Economic evaluations of pharmacist-managed services in people with diabetes mellitus: a systematic review. Diabet Med. 2015 Oct 3.

Ce que cette étude nous apprend

  • Revue systémique ayant pour but principal de réviser et d’évaluer la littérature la plus récente sur les issues économiques des activités du pharmacien dans le domaine du diabète (diabète 1 et 2)
  • Une recherche d’articles a été effectuée sur Medline, Embase, Scopus, International Pharmaceutical Abstracts (IPA), Cumulative Index to Nursing and Allied Health Literature (CINAHL) et Cochrane Library en utilisant 3 catégories de mots clés: pharmacist-managed services (e.g.‘pharmacists’), diabetes (e.g. ‘diabetes mellitus’), and economic evaluation (‘economics’). De plus, une recherche manuelle bibliographique a été conduite pour les articles potentiellement pertinents. La sélection des articles a été faite par 2 investigateurs de l’étude de façon totalement indépendante. En présence d’un désaccord, un consensus devait être déterminé sinon un troisième investigateur indépendant était consulté.
  • La recherche initiale a dénombré 3192 articles avec 988 doublons. Une deuxième étape de sélection basée sur le titre et le résumé (abstract) a éliminé 2046 articles. Une troisième étape basée sur la lecture des 158 articles a évincé 133 articles pour cause de devis moins rigoureux. 25 articles ont finalement été analysés aux fins de cette revue systématique.
  • Les articles sélectionnés devaient correspondre aux critères d’inclusion suivants : recherche originale; évaluation des services du pharmacien chez les patients diabétiques; évaluation économique; publication en anglais; texte complet; publication entre janvier 2006 et décembre 2014. Les articles exclus comprennent des protocoles, cas rapportés, éditoriaux, revues d’articles, résumés de conférences, lettres, commentaires, dissertations et les opinions d’experts.
  • Articles n’analysant pas séparément les diabétiques
  • Le coût des programmes inclut le coût d’initiation et de maintien des services du pharmacien alors que les issues économiques peuvent être soient des coûts ultérieurs avec ou sans le service pharmaceutique, les économies engendrés par le service, le coût estimé des évènements évités, etc. Toutes les devises étrangères ont été converties en dollars US en tenant compte de l’inflation et des parités de pouvoir d’achat.
  • Parmi les 25 articles, 19 proviennent des États-Unis ; une majorité (10) concerne les activités en milieu communautaire; on note 10 articles prospectifs avec un groupe d’autocontrôle, 10 articles prospectifs avec un groupe contrôle parallèle dont 5 sont randomisés et le reste sont des articles rétrospectifs avec un groupe contrôle concomitant, avec un modèle économique et une étude rétrospective sans comparaison. De plus, la plupart des études sont d’une durée égale ou inférieure à 12 mois, ont une moyenne de participants de 143 et vise l’éducation ciblée (24), monitoring pharmaco thérapeutique (21), les tests de laboratoires 9), service d’immunisation (2) et le monitoring pharmacocinétique (1).
  • 14 études tendent à montrer un impact économique positif du pharmacien à économiser entre 8 à 85 000$ US par personne par année lorsque l’on compare les services du pharmacien avec les soins traditionnels.
  • 1 étude documente que la prévention du pharmacien d’une seule complication cardiaque et cérébrale vasculaire du diabète pourrait sauver entre 62 803 à 114 576$ US en 2014.
  • 6 études semblent démontrer que le ratio bénéfices-coût d’une intervention du pharmacien s’étend de 1 :1 à 8.5 :1.

 

Ce que nous savions déjà

  • Il existe présentement très peu de littérature de qualité traitant des économies de la santé avec des retombées puisque la majorité des articles a tendance à identifier plutôt des indicateurs descriptifs. L’article pivot PMID10147228 peut également être consulté dans la base de données du site Impact Pharmacie.

 

Ce qu’on se pose comme questions

  • Est-ce que des investigateurs supplémentaires auraient pu être ajoutés afin de s’assurer, par un processus parallèle, que tous les articles pertinents au sujet soient bien compris dans l’analyse de la revue systématique?
  • Y a-t-il lieu de croire qu’un biais d’information est présent dans l’étude puisque les investigateurs n’ont pas contacté les auteurs des articles pour s’assurer qu’aucune information n’a été retenue de leur étude et que ces auteurs n’aient pas fait une sélection des résultats à publier.

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Réaliser que l’impact du pharmacien va au-delà de la mesure clinique et peut engendrer des bénéfices monétaires.

Auteurs : Nguyen Vu

Création : 18 janvier 2016

Publication :

Observance des anticancéreux oraux utilisés dans le traitement de la leucémie myéloïde chronique

Lam MS, Cheung N. Impact of oncology pharmacist-managed oral anticancer therapy in patients with chronic myelogenous leukemia. J Oncol Pharm Pract. 2015 Sep 28.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude comparative et rétrospective, au sein de deux cliniques d’oncologie en Californie du nord, États-Unis.
  • 45 patients inclus, âgés de plus de 18 ans, présentant un diagnostic de leucémie myéloïde chronique (LMC) et traité par inhibiteur de tyrosine kinase (TKI) sur une période allant du 1er janvier 2009 au 31 décembre 2014.
  • Les dossiers de prescriptions électroniques des patients répondant aux critères d’inclusion ont été revus. De nombreuses données sont récoltées dont notamment les interventions du pharmacien et l’historique médicamenteux. Deux pharmaciens ont ensuite collectés les informations de façon indépendante. Le taux d’observance des TKI était comparé à celui des patients présentant une LMC et ayant reçu       des soins usuels, sans pharmaciens, d’une autre clinique d’oncologie dont les résultats ont été précédemment reportés dans une autre étude (groupe contrôle). La première issue de l’étude était l’observance aux TKI, déterminée par le MPR (Medication Possession Ratio). L’observance était considérée comme grande si le MPR était supérieur ou égal à 90%; le patient était considéré comme non-observant si le MPR était inférieur à 90%. La deuxième issue incluait les interventions du pharmacien dans l’identification et la gestion des interactions médicamenteuses, des effets indésirables, des ajustements de doses, le suivi biologique.
  • En ce qui concerne le taux d’observance, il apparaît plus élevé dans le groupe ayant bénéficié d’une approche pharmaceutique : 88.7% dans le groupe intervention vs 65.8% dans le groupe contrôle avec p<0.0046.
  • Concernant les interventions pharmaceutiques réalisées, on note un total de 567 interventions dont 95 (16.8%) concernant la gestion des effets indésirables, 109 (19.2%) concernant la détection d’interactions médicamenteuses, 82 (14.5%) concernant l’ajustement de la dose de TKI, 200 (35.3%) à propos des résultats biologiques, 74 (13.1%) concernant les médicaments hors traitement de la LMC et 7 (1.2%) concernant d’autres interventions.

 

Ce que nous savions déjà

 

Ce qu’on se pose comme questions

  • Le groupe contrôle n’aurait-il pas dû être des patients des mêmes cliniques d’oncologie plutôt que de se référer à une étude préexistante?
  • Le MPR peut-il vraiment être considéré comme équivalent à l’observance des patients?
  • On se demande quel rôle a réellement joué le pharmacien dans l’amélioration de l’observance dans l’intervention décrite par l’étude?

 

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Mettre en place des séances d’éducation thérapeutique afin d’améliorer l’observance des patients sous chimiothérapies orales.
  • Mettre à disposition des patients de la documentation sur les chimiothérapies orales.

L’observance au traitement antidépresseur : un domaine dans lequel peut intervenir le pharmacien!

Aljumah K, Hassali MA. Impact of pharmacist intervention on adherence and measurable patient outcomes among depressed patients : a randomised controlled study. BMC Psychiatry. 2015 Sep 16;15 :219.

Ce que cette étude nous apprend

  • Il s’agit d’une étude randomisée contrôlée réalisée en Arabie Saoudite en 2014.
  • L’objectif de l’étude était d’évaluer l’impact d’une intervention basée sur une prise de décision partagée entre le patient et le professionnel de la santé réalisée par des pharmaciens sur l’observance, la satisfaction, les croyances générales et spécifiques, la qualité de vie et le contrôle de la condition de santé de patients souffrant de dépression majeure.
  • Les interventions des pharmaciens dans le groupe expérimental (n=119) consistaient en une première consultation d’environ 15 minutes et une deuxième consultation de 10 minutes 3 mois plus tard. Ces consultations avaient pour but de discuter des croyances des patients par rapport à leurs antidépresseurs et de leur donner de l’information sur leurs médicaments dans le but d’optimiser leur implication dans la prise de décision concernant leur traitement.
  • Les patients du groupe contrôle (n=120) recevaient les services usuels des pharmaciens, c’est-à-dire des conseils standards sur leurs antidépresseurs sans emphase sur leur implication dans leur traitement.
  • Les résultats étaient recueillis à 6 mois par un assistant en recherche qui ne savait pas à quel groupe étaient attribués les patients.
  • Les patients inclus dans l’étude étaient âgés de 18 à 60 ans, avaient reçu un nouveau diagnostic de dépression majeure (selon le DSM IV), n’avaient pas d’antécédents de psychose ou de maladie affective bipolaire, de dépendance ou d’utilisation de drogues ni de déficience cognitive pouvant interférer avec l’intervention à l’étude.
  • Les résultats de l’étude démontrent une amélioration significative de l’observance selon le score MMAS de 4,94 (IC 95%; p<0,0001) dans le groupe contrôle à 5,99 (IC 95%; p<0,0001) dans le groupe expérimental, représentant une amélioration de 18%.
  • Les données démontrent une augmentation significative de la satisfaction des patients par rapport à leur traitement selon le score TSQM de 82,89 (IC 95%; p<0,0001) dans le groupe contrôle à 88,71 (IC 95%; p<0,0001) dans le groupe expérimental, représentant une augmentation de 6%.
  • Une amélioration significative des croyances générales quant à la sur-utilisation des médicaments selon le BMQ-General de 12,63 (IC 95%; p<0,029) dans le groupe contrôle à 11,93 (IC 95%; p<0,029) dans le groupe expérimental est également notée.
  • Une amélioration significative des croyances spécifiques sur la dangerosité et les effets secondaires des médicaments selon le BMQ-Specific de 13,14 (IC 95%; p<0,024) dans le groupe contrôle à 12,05 (IC 95%; p<0,024) dans le groupe expérimental est noté.
  • Les résultats démontrent une amélioration significative des croyances globales sur les médicaments selon le BMQ de 38,12 (IC 95%; p<0,0001) dans le groupe contrôle à 35,36 (IC 95%; p<0,0001) dans le groupe expérimental.
  • Cette étude démontre une amélioration non significative de la sévérité de la maladie selon le MADRS de 20,86 (IC 95%; p=0,897) dans le groupe contrôle à 20,65 (IC 95%; p=0,897) dans le groupe expérimental et de la qualité de vie liée à l’état de santé selon le EQ-5D de 0,66 (IC 95%; p=0,722) dans le groupe contrôle à 0,68 (IC 95%; p=722) dans le groupe expérimental.

 

Ce que nous savions déjà

  • L’observance est un élément essentiel au succès du traitement et à l’atteinte des objectifs thérapeutiques.
  • Plusieurs études rapportent l’efficacité de l’implication du patient au sein de son traitement sur l’observance et la satisfaction du patient.
  • Vous pouvez consulter la fiche synthèse « Dépression » sur le site Impact Pharmacie pour en apprendre davantage.

 

Ce qu’on se pose comme questions

  • Est-ce que le fait d’avoir utilisé des échelles subjectives où les patients répondent eux-mêmes a surestimé les résultats?
  • Est-ce que ces résultats sont applicables à d’autres départements cliniques?
  • Comment les autres professionnels de la santé peuvent-ils aussi mettre en place des interventions visant l’implication du patient dans son traitement?

 

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Prendre le temps d’informer les patients avec un récent diagnostic de dépression majeure sur leur médication et répondre à leurs questions.
  • Effectuer des entrevues motivationnelles régulièrement (ex : aux 3 mois) afin de soulever certaines croyances erronées des patients et tenter de les corriger.

Retombées du pharmacien dans la prise en charge de la goutte

Goldfien RD, Ng MS, Yip G, Hwe A, Jacobson A, Pressman A, Avins AL. Effectiveness of a pharmacist-based gout care management programme in a large integrated health plan: results from a pilot study. BMJ Open. 2014 Jan 10;4(1):e003627. 

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude prospective au sein d’une clinique externe en Californie, ÉUA.
  • Échantillon de 100 patients  (âge moyen = 61 ans, 75% d’hommes) ayant reçu l’intervention pharmaceutique.
  • L’intervention pharmaceutique incluait la distribution de documents documentant les recommandations diététiques en vigueur au moment de l’étude, la prescription d’examens de laboratoires pertinents et la prescription de médicaments hypouricémiants et de médicaments pour le traitement des crises de goutte.
  • L’intervention pharmaceutique est associée à un taux de succès (i.e uricémie ≤6 mg/dL à deux dosages espacés d’au moins 3 mois) de 82% (78 patients sur 95).

 

Ce que nous savions déjà

  • Il existe très peu de documentation sur le rôle et les retombées du pharmacien dans la prise en charge de la goutte.

Ce qu’on se pose comme question

  • Quelle est l’imputabilité du pharmacien sur les résultats obtenus vs l’imputabilité du rhumatologue et des médicaments ?
  •  Les résultats auraient-ils été similaires avec une étude randomisée contrôlée ?
  • Les retombées de l’intervention sont-elles durables dans le temps ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Réfléchir à la mise en place structurée de soins pharmaceutiques pour la prise en charge de la goutte.
  • Partager davantage les stratégies de prise en charge de la goutte.

Auteur (s): 

Jennifer Corny, Aurélie Guérin

Création: 14 juillet 2014

Publication: xx xx 2014

Impact Pharmacie dans la presse scientifique 5

Dans le cadre du projet Impact Pharmacie, nous favorisons le partage des connaissances et plusieurs de nos travaux font l’objet de communications orales, affichées et écrites.  En cette fin d’année 2015, nous profitons de quelques blogues pour vous tenir au courant de notre rayonnement scientifique au cours des deux dernières années.

Dans le cadre du congrès de l’European Association of Hospital Pharmacist (EAHP) tenu du 25 au 27 mars 2015, à Hambourg, Allemagne, une affiche a été publiée :

Dans le cadre du congrès Professional practice conference (PPC) tenu en 2015, à Toronto, ON, Canada, plusieurs affiches ont été publiées :

Vous trouvez ci-dessus le titre de chacune des affiches en hyperlien qui vous permet de consulter le contenu. Notons que toutes ces affiches ont été réalisées par des membres de l’équipe d’Impact Pharmacie.

En outre, rappelons que l’Unité de recherche en pratique pharmaceutique (URPP) partage le contenu de l’ensemble de ses publications sur une librairie Zotero en ligne.

Bonne lecture !