Impact Pharmacie en fêtes !

Nous ne serons pas les trouble-fêtes,

En ces semaines de folles emplettes.

C’est bientôt la fin d’année,

Et nous n’allons pas cancaner

Avec moultes publications!

C’est donc la récréation

En cette période de glaciation.

Joyeux Noël !

IP 2312

Sébastien Sam Yue Chi, Anaïs Barbier, Jean-François Bussières, Jean-Philippe Doan, Elie El Khoury, Aurélie Guérin

 

Impact Pharmacie dans la presse scientifique 3

Dans le cadre du projet Impact Pharmacie, nous favorisons le partage des connaissances et plusieurs de nos travaux font l’objet de communications orales, affichées et écrites.  En cette fin d’année 2015, nous profitons de quelques blogues pour vous tenir au courant de notre rayonnement scientifique au cours des deux dernières années. Notons que toutes ces affiches ont été réalisées par des membres de l’équipe d’Impact Pharmacie.

Dans le cadre du congrès CSHP Professional Practice Conference tenu à Toronto, ON, Canada en 2014, deux affiches ont été publiées. Vous trouvez ci-dessous les titres des affiches en hyperlien qui vous permet de les consulter:

En outre, rappelons que l’Unité de recherche en pratique pharmaceutique (URPP) partage le contenu de l’ensemble de ses publications sur une librairie Zotero en ligne.

Bonne lecture!

Impact pharmacie dans la presse scientifique 2

Dans le cadre du projet Impact Pharmacie, nous favorisons le partage des connaissances et plusieurs de nos travaux font l’objet de communications orales, affichées et écrites.  En cette fin d’année 2015, nous profitons de quelques blogues pour vous tenir au courant de notre rayonnement scientifique au cours des deux dernières années. Notons que toutes ces affiches ont été réalisées par des membres de l’équipe d’Impact Pharmacie.

Dans le cadre du congrès de l’European Society of Clinical Phamacy tenu notamment le 18 octobre 2013, trois affiches ont été publiées. Vous trouvez ci-dessous le titre de l’affiche en hyperlien qui vous permet de les consulter .

En outre, rappelons que l’Unité de recherche en pratique pharmaceutique (URPP) partage le contenu de l’ensemble de ses publications sur une librairie Zotero en ligne.

Bonne lecture!

Impact Pharmacie dans la presse scientifique

Dans le cadre du projet Impact Pharmacie, nous favorisons le partage des connaissances et plusieurs de nos travaux font l’objet de communications orales, affichées et écrites.  En cette fin d’année 2015, nous profitons de quelques blogues pour vous tenir au courant de notre rayonnement scientifique au cours des deux dernières années.

Dans le cadre du congrès de l’Association des pharmaciens des établissements de santé (APES) du Québec tenu du 9 au 11 avril 2014, seize affiches ont été publiées. Vous trouvez ci-dessous le titre de chacune des affiches en hyperlien qui vous permet de consulter le contenu. Notons que toutes ces affiches ont été réalisées par des membres de l’équipe d’Impact Pharmacie.

En outre, rappelons que l’Unité de recherche en pratique pharmaceutique (URPP) partage le contenu de l’ensemble de ses publications sur une librairie Zotero en ligne.

Bonne lecture !

Comment le pharmacien peut-il contribuer à la diminution de prescriptions inutiles chez les patients âgés ou en fin de vie?

Tjia J, Velten SJ, Parsons C, Valluri S, Briesacher BA. Studies to reduce unnecessary medication use in frail older adults: a systematic review. Drugs Aging. 2013 May;30(5):285-307. doi: 10.1007/s40266-013-0064-1. Review. PubMed PMID: 23475597.

Ce que cette étude nous apprend

  • Revue systématique ayant comme objectif principal d’identifier les interventions permettant de réduire l’utilisation de médicaments inutiles chez les personnes âgées fragiles et comme objectif secondaire d’identifier celles se rapportant aux patients en fin de vie.
  • La recherche a été réalisée sur  les bases de données MEDLINE, EMBASE et International Pharmaceutical Abstracts. Les articles publiés entre janvier 1996 et septembre 2012 ont été ciblés. Les mots-clés employés comprenaient entre autres : prescription drugs, drug utilization, hospice, palliative care, appropriate, inappropriate. Une recherche manuelle complémentaire des bibliographies a aussi été menée. La sélection initiale des articles selon les titres et les résumés a été faite par un chercheur.Puis trois chercheurs ont évalué les articles entiers. Les divergences ont été résolues par consensus. Les chercheurs ont inclus les essais contrôlés avec ou sans randomisation, les essais cliniques, les études pré-post et les séries de cas avec 5 patients ou plus. Les articles relatifs aux interventions visant les les traitements ponctuels, p.ex. antibiotiques ou analgésiques au besoin, ainsi que les résumés de conférences et les études de patients aux soins intensifs ont été exclus.
  • Les stratégies de recherche ont été utilisées en 2010 puis en 2012. La première recherche a permis d’identifier 873 et la seconde 78 articles. Dix-huit et cinq de ces articles ont été inclus dans la revue, respectivement. Les recherches manuelles complémentaires ont permis d’inclure 13 études, pour un total de 36 études incluses. Elles représentent 13 906 participants dont les moyennes d’âge varient de 69,1 ans à 87,2 ans. Quatre articles ciblent les patients en fin de vie. La revue comprend 15 études randomisées contrôlées, 6 études pré-post et 11 séries de cas. L’implication du pharmacien est la caractéristique principale de 25 des 36 interventions étudiées.
  • 12 études décrivent les effets d’une revue médicamenteuse faite par le pharmacien. Des six interventions ayant fait l’objet d’une évaluation statistique, quatre d’entre elles donnent des résultats significatifs en faveur des revues médicamenteuses faites par le pharmacien.
  • 13 études décrivent les effets de l’inclusion du pharmacien au sein de l’équipe multidisciplinaire. Des 10 interventions ayant fait l’objet d’une évaluation statistique, huit d’entre elles donnent des résultats significatifs en faveur de la présence du pharmacien au sein de l’équipe.
  • Quatre études décrivent les effets des rétroactions personnalisées aux prescripteurs, dont certaines d’entre elles impliquent directement le pharmacien. Ces quatre études ont toutes fait l’objet d’une analyse statistique donnant des résultats significatifs en faveur de l’intervention.

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien en gériatrie et en soins palliatifs sont bien documentés. Les conseils aux patients, l’enseignement, la surveillance de la pharmacothérapie et les réponses aux questions ne sont que quelques exemples d’activités du pharmacien dans ces domaines, recensées dans la littérature scientifique.
  • On peut consulter le site «Impact Pharmacie» et les fiches synthèses «Gériatrie» ou «Soins palliatifs».
  • On peut aussi consulter l’affiche «Impact and Role of Pharmacists in Geriatrics», présentée au Symposium de l’ECSP, à Prague en République Tchèque, ou l’affiche «Rôle et retombées du pharmacien aux soins palliatifs», présentée au congrès annuel de l’Association des pharmaciens en établissements de santé, à Sherbrooke (Qc.) au Canada.

Ce qu’on se pose comme question

  • L’inclusion d’articles de la littérature grise et d’études non publiées aurait-elle révélé davantage d’activités du pharmacien bénéfiques?
  • Des données de coût-efficacité sont-elles disponibles pour déterminer les économies potentielles associées aux activités bénéfiques identifiées?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Vérifier si les revues médicamenteuses des patients âgés de votre milieu de pratique sont effectuées à l’aide de critères validés dans la littérature (p.ex. STOPP/START, critères de Beers).
  • Proposer l’ajout de pharmaciens cliniques aux équipes multidisciplinaires de soins palliatifs de votre milieu de pratique.
  • Faire une revue rétrospective des interventions du pharmacien en gériatrie ou en soins palliatifs de votre milieu de pratique afin de valider les retombées sur la diminution de prescriptions inutiles.

Auteur : Émile Demers

Relecteur: Mylène Breton

Création : 30 juillet 2015

Publication: 25 novembre 2015

 

La confiance en soi, le sommeil ou la présence du pharmacien : comment diminuer les erreurs en réanimation pédiatrique?

Porter E, Barcega B, Kim TY. Analysis of medication errors in simulated pediatric resuscitation by residents. West J Emerg Med. 2014 Jul;15(4):486-90. doi: 10.5811/westjem.2014.2.17922. PubMed PMID: 25035756; PubMed Central PMCID: PMC4100856.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle prospective menée au sein du centre de simulation de l’hôpital universitaire pour enfants de Loma Linda (CA), États-Unis.
  • Échantillon de 46 résidents de première et troisième année en médecine, rotation de médecine d’urgence pédiatrique.
  • Les chercheurs ont filmé et évalué les séances de simulation en réanimation pédiatrique. Les séances se déroulaient à l’aide de mannequins pouvant simuler des réponses physiologiques aux interventions des résidents. Les scénarios simulés ont été développés par une équipe multidisciplinaire d’infirmières, de pédiatres, d’intensivistes, d’urgentologues, d’inhalothérapeutes et de pharmaciens. Les chercheurs ont distribué un questionnaire aux résidents avant la simulation, évaluant leur niveau de confiance à l’aide d’échelles visuelles analogues. Tous les scénarios exigeaient au moins une prescription médicamenteuse. Des inhalothérapeutes et infirmières étaient présents durant toutes les simulations comme membres de l’équipe de soins, tandis que le pharmacien était présent à 46,9% des simulations, selon la disponibilité. Au final, les données de 49 simulations ont été incluses dans l’analyse.
  • Les pharmaciens ont corrigé 71,4% des erreurs médicamenteuses commises par les résidents, tandis que les infirmières et les inhalothérapeutes en ont corrigé tous deux 14,3%. Durant les 23 simulations avec pharmacien, trois erreurs médicamenteuses ont été commises et non-corrigées.
  • Une analyse univariée révèle que le taux d’erreurs lorsque le pharmacien était présent était de 13,0%, tandis qu’il était de 38,5% lorsqu’il était absent (p=0,04). Des associations significatives par analyses univariées ont aussi été faites entre les taux d’erreurs et le fait d’avoir dormi plus de huit heures la veille de la simulation (p=0,01), le niveau de confiance des résidents (p=0,04) et le nombre d’années d’études (p=0,04). Les associations non significatives concernent le fait d’avoir de l’expérience en réanimation pédiatrique (p=0,60) et le fait d’avoir utilisé des références durant la simulation (p=0,74).
  • Après régression logistique multivariée des associations significatives, seule la présence du pharmacien a présenté un effet protecteur significatif au niveau des erreurs médicamenteuse (p=0,02). L’effet protecteur n’était pas significatif pour le nombre d’années d’étude (p=0,80), ni les heures de sommeil la veille (p=0,28) ni le niveau de confiance en soi (p=0,10).

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien en pédiatrie sont assez bien documentés. Les activités pharmaceutiques recensées dans ce domaine vont du bilan comparatif des médicaments à la pharmacocinétique, en passant par les tournées cliniques, les réponses aux questions et la prévention, entre autres.
  • Deux études rapportent les retombées positives du pharmacien dans la réduction des erreurs médicamenteuses graves lorsque le pharmacien est membre de l’équipe de soins à l’étage PMID18574016, PMID17200262 . Une autre étude décrit les retombées positives du pharmacien dans la sévérité clinique des erreurs médicamenteuses détectées PMID22392558.
  • On peut consulter le site «Impact Pharmacie» et la fiche synthèse «Pédiatrie». On peut aussi consulter l’affiche «Retombées et rôle des pharmaciens en pédiatrie» présentée au Rendez-vous de la recherche pharmaceutique de la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal, en décembre 2013 à Montréal (Qc.), Canada.

Ce qu’on se pose comme questions

  • Les pharmaciens présents aux simulations prodiguaient-ils d’autres conseils aux résidents, mise à part la correction des erreurs médicamenteuses?
  • Un essai randomisé contrôlé avec une grande taille d’échantillon, avec la présence d’un pharmacien comme intervention, donnerait-il des résultats semblables?
  • Quelle était la gravité des erreurs potentielles interceptées et quelle était celle des erreurs réellement commises?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Vérifier si des pharmaciens participent à la préparation de cas simulés pour la formation des professionnels de la santé de votre milieu de pratique.
  • Parcourir la documentation relative aux cas de réanimation pédiatrique de votre établissement pour retracer les principales erreurs médicamenteuses commises et les transmettre aux prescripteurs de l’établissement.
  • Réfléchir à la possibilité d’impliquer le pharmacien dans les activités de réanimation de votre milieu de pratique, si ce n’est pas déjà fait.

Auteur : Émile Demers

Relecteur : Mylène Breton

Création : 29 juillet 2015

Publication : 18 novembre 2015

Le génotypage des patients en pharmacie communautaire: une nouvelle activité pour le pharmacien?

Ferreri SP, Greco AJ, Michaels NM, O’Connor SK, Chater RW, Viera AJ, Faruki H, McLeod HL, Roederer MW. Implementation of a pharmacogenomics service in a community pharmacy. J Am Pharm Assoc (2003). 2014 Mar-Apr;54(2):172-80.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle prospective se déroulant au sein d’une pharmacie communautaire en Caroline du Nord, États-Unis.
  • Recrutement de 18 patients sous clopidogrel, un médicament métabolisé par le cytochrome CYP2C19.
  • Cette étude a évalué la possibilité d’offrir le service de génotypage en pharmacie communautaire. Les patients traités par clopidogrel ont été invités à participer à un test pharmacogénétique de leur cytochrome CYP2C19. Les patients intéressés ont été contactés par téléphone et se sont vu donner un rendez-vous de 30 minutes. Au premier rendez-vous, un prélèvement buccal a été obtenu par le pharmacien. Les échantillons ont été envoyé à un laboratoire pour l’analyse. Lorsque le pharmacien recevait les résultats, celui-ci a émis des recommandations au médecin traitant en se basant sur un algorithme de traitement pré-établi. Il lui a ensuite envoyé ses recommandations par fax ou les lui a communiquées par téléphone. Lorsqu’une réponse à la suggestion était reçue, le pharmacien a recontacté le patient pour un second rendez-vous pour lui expliquer le résultat au test et discuter des changements de thérapie convenus avec son médecin. Le nombre de patients consentants, le taux d’acceptation des recommandations du pharmacien, le temps requis pour le test et le nombre de demande de remboursement acceptée par les assurances ont été évalués.
  • Taux de participation au test: 43,9% (18 patients sur 41 patients éligibles)
  • Taux d’acceptation par les médecins des recommandations de continuer le clopidogrel 75mg die pour les métabolisateurs extensifs *1/*1: 100% (9 sur 9)
  • Taux d’acceptation par les médecins des recommandations de cesser le clopidogrel 75 mg die et de débuter aggrenox 200mg/25 mg bid pour les métabolisateurs intermédiaires *1/*2: 50% (1 sur 2).
  • Taux d’acceptation par les médecins des recommandations de continuer le clopidogrel 75mg die et d’augmenter la surveillance pour les saignements pour les métabolisateurs ultra-rapides *1/*17: 75% (3 sur 4).
  • Taux d’acceptation par les médecins des recommandations de continuer le clopidogrel 75mg die pour les phénotypes métaboliques *2/*17: 100% (2 sur 2)
  • Taux d’acceptation par les médecins des recommandations de continuer le clopidogrel 75mg die et d’augmenter la surveillance pour les saignements pour les métabolisateurs ultra-rapides *17/*17: 100% (1 sur 1)
  • Nombre de jours moyen pour l’obtention des résultats de laboratoire: 5,6 jours
  • Nombre de jours moyen pour l’obtention de l’approbation des recommandations de la part du prescripteur: 12,9 jours
  • Temps total moyen requis par les pharmaciens pour compléter l’ensemble des étapes du service de génotypage: 76,6 minutes
  • Nombre de demandes de remboursement accepté par les assurances: 0 sur 12 soumissions effectuées.

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien en pharmacogénétique sont relativement peu documentés. Des études recensent toutefois son implication aux niveaux de l’interprétation des tests génétiques, de l’optimisation thérapeutique, de l’éducation et des conseils aux patients. Le pharmacien effectue également l’évaluation de la pharmacothérapie, fait de la recherche évaluative en plus de participer à des comités d’éthique.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse «Pharmacogénomique».

Ce qu’on se pose comme question

  • Les coûts impliqués par le service de génotypage surpassent-ils les bénéfices encourus par une telle intervention auprès des patients?
  • Est-il pertinent d’offrir un service de génotypage en pharmacie communautaire étant donné que la réponse des patients aux médicaments peut varier en fonction de leur génétique?
  • La taille de l’échantillon de patients ainsi que le milieu de pratique unique permettent-ils une représentation juste de la situation?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Réfléchir à la pertinence d’offrir le service de génotypage en pharmacies communautaires.
  • Effectuer une analyse pharmaco-économique de ce service.

Auteur : Émilie Mégrourèche
Relecteurs: Mylène Breton
Création 3 août 2015
Publication : 11 novembre 2015

Traitements en psychiatrie : comment prévenir les effets indésirables?

Houppa CA, Nelson LA, Elliott E, Sommi RW. Adverse drug reactions: a retrospective review of hospitalized patients at a state psychiatric hospital. Hosp Pharm. 2013 Dec;48(11):931-5.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle, rétrospective, menée dans un hôpital psychiatrique, aux États-Unis.
  • Inclusion de patients atteints de pathologies psychiatriques, ayant eu une réaction indésirable médicamenteuse probable ou certaine.
  • Les dossiers des patients ayant été hospitalisés ont été analysés. Les données concernant les réactions indésirables médicamenteuses, les réactions indésirables évitables et les interventions faites par le pharmacien ont été recensées. Les chercheurs ont classé les réactions indésirables selon leurs sévérités et leurs médicaments associés.
  • 64 réactions indésirables probables ou certaines ont été incluses dans l’étude, dont 87,5% était dues à un traitement psychiatrique.
  • 86% des réactions indésirables étaient modérées et 12,5% des réactions indésirables étaient graves.
  • 96,9% des réactions indésirables ont induit un changement de traitement. 9% des réactions indésirables ont induit un transfert dans un autre établissement de santé.
  • 29,7% (19/64) des réactions indésirables étaient évitables.
  • 100% des réactions indésirables médicamenteuses évitables ont induit un changement de thérapie et 21% ont induit un transfert dans un autre établissement de santé.
  • Les différentes causes de réactions indésirables évitables étaient les interactions médicamenteuses (n=8), les concentrations sériques suprathérapeutiques (n=8) et les antécédents d’allergie (n=4).
  • Le pharmacien est intervenu 102 fois pour prévenir les effets indésirables médicamenteux et 96.5% des médecins ont accepté les interventions du pharmacien. On retrouve différents critères ayant permis aux pharmaciens de prévenir les effets indésirables : traitement non approprié en fonction de l’âge, du poids, du stade de la maladie ou de l’état clinique (n=16), interactions médicamenteuses (n=15), dose inappropriée (n=15), surveillance de la thérapie requise (n=8), allergies ou réactions indésirables antérieures (n=7).

Ce que nous savions déjà

  • Les rôles et retombées du pharmacien en psychiatrie sont bien documentés. Le pharmacien participe en effet à l’évaluation de la pharmacothérapie, à l’éducation thérapeutique du patient. Il donne des conseils en groupe ou en individuel et a un rôle de prévention et gestion du risque. Il participe également à la tournée clinique.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse «Psychiatrie».

Ce qu’on se pose comme question

  • Les réactions indésirables médicamenteuses ayant été notifiées spontanément en suivant un protocole de pharmacovigilance intrinsèque à l’hôpital, peut-on craindre une sous-notification de ces réactions?
  • L’étude ayant été faite dans un centre hospitalo-universitaire, les résultats sont-ils transposables à des établissements de structure différente?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Promouvoir le système de notification des réactions indésirables.
  • Évaluer le type de médicaments fréquemment responsables d’effets indésirables.
  • Intervenir auprès des professionnels de santé pour les sensibiliser aux médicaments les plus à risque et évaluer l’impact de ces interventions.

Auteur: Dorine Fournier

Relecteur: Mylène Breton

Création: 21 juillet 2015

Publication: 4 novembre 2015

Le pharmacien comme éducateur thérapeutique : quelles sont les retombées chez les patients épileptiques?

Tang F, Zhu G, Jiao Z, Ma C, Chen N, Wang B. The effects of medication education and behavioral intervention on Chinese patients with epilepsy. Epilepsy Behav. 2014 Aug;37:157-64. doi: 10.1016/j.yebeh.2014.05.017. Epub 2014 Jul 12. PubMed PMID: 25022824.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude randomisée contrôlée réalisée en clinique externe de neurologie, au sein de l’hôpital universitaire Huashan à Shanghaï, en Chine.
  • Recrutement et randomisation de 124 patients épileptiques de 16 ans et plus.
  • Les patients éligibles devaient être sous anti-épileptiques depuis plus de 6 mois et avoir oublié une dose au moins une fois durant les 6 derniers mois. Cinquante-neuf patients ont été randomisés dans le premier groupe intervention et 65 patients ont été randomisés dans le deuxième groupe intervention. Les patients du premier groupe ont reçu une éducation thérapeutique écrite et orale de la part du pharmacien en clinique externe. Puis le pharmacien a réalisé le suivi mensuel de l’observance par téléphone pendant six mois.  Dans le deuxième groupe, en plus de cette même intervention, le pharmacien a ajouté un schéma thérapeutique personnalisé et imprimé . Ce schéma comprenait le nom et l’image des anti-épileptiques du patient, associés à des moments précis de la journée et adaptés au mode de vie de chaque participant. Le Morisky Medication Adherence Scale (MMAS-4) pour l’observance, le Quality of Life in Epilepsy Inventory (QOLIE-31) pour la qualité de vie, une échelle de connaissances de l’épilepsie montée par les chercheurs et le nombre de crises dans les six derniers mois sont les données qui ont été récoltées à la base et à six mois.
  • Le nombre de participants observants était plus élevé à six mois qu’à la base et ce, pour les deux groupes (p<0.0001). Il n’y avait pas de différences entre les deux groupes (p=0,827).
  • Le nombre de crises d’épilepsie dans les six derniers mois était plus faible à six mois qu’à la base et ce, pour les deux groupes (p<0.0001). Il n’y avait pas de différences entre les deux groupes (p=0,988).
  • Les connaissances des patients sur l’épilepsie étaient meilleures à 6 mois qu’à la base et ce, pour les deux groupes (p<0.0001). Il n’y avait pas de différences entre les deux groupes (p=0,231).
  • La qualité de vie des patients était meilleure à six mois qu’à la base et ce, pour les deux groupes (p<0.0001). Il n’y avait pas de différences entre les deux groupes (p=0,947).

Ce que nous savions déjà

  • Il existe peu de documentation sur le rôle et l’impact du pharmacien dans la prise en charge de l’épilepsie. Les activités pharmaceutiques recensées comprennent l’évaluation et la surveillance de la pharmacothérapie, les conseils aux patients ou encore la pharmacocinétique.
  • Une étude rapporte les retombées positives du pharmacien dans la qualité de vie telle que mesurée par QOLIE-31 ainsi que les retombées positives en termes de patients observants PMID22953768.
  • On peut consulter le site Impact pharmacie et la fiche synthèse «Épilepsie».

Ce qu’on se pose comme questions

  • Les résultats auraient-ils été aussi concluants s’ils avaient été comparés à un groupe contrôle sans intervention particulière du pharmacien?
  • Les résultats peuvent-ils être attribués aux interventions des autres professionnels de santé de la clinique externe, tels que le neurologue?
  • Quel est l’importance des retombées propres aux appels téléphoniques et de celles propres aux séances d’éducation thérapeutique sur l’observance?
  • Les résultats d’observance auraient-ils été aussi concluants s’ils avaient été mesurés autrement que selon le patient, comme par décompte de comprimés?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Évaluer la possibilité d’utiliser régulièrement des outils validés pour mesurer l’observance et la qualité des patients épileptiques dans votre milieu de pratique.
  • Instaurer un système de rappels téléphoniques ou informatiques, personnalisé ou automatique, auprès des patients épileptiques inobservants.
  • Identifier les patients dont l’inobservance les expose à un risque important de crises et leur proposer des pistes de solutions qui incluent des schémas thérapeutiques personnalisés.

Auteur : Émile Demers

Relecteur: Mylène Breton

Création : 12 juin 2015

Publication : 7 octobre 2015

Continuité des soins: augmenter la communication hôpital-communauté permet-il d’améliorer l’observance des patients à leur thérapie médicamenteuse?

Israel EN, Farley TM, Farris KB, Carter BL. Underutilization of cardiovascular medications: effect of a continuity-of-care program. Am J Health Syst Pharm. 2013 Sep 15;70(18):1592-600.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude randomisée contrôlée prospective, au sein d’un centre universitaire de soins tertiaires de l’Iowa, États-Unis.
  • Échantillon de 732 patients souffrant d’hypertension, d’hyperlipidémie, d’insuffisance cardiaque ou d’une maladie artérielle coronarienne dont 241 dans le groupe recevant des soins avancées,  245 dans le groupe de soins minimums et 246 dans le groupe de soins standards.
  • Les patients inclus dans l’étude ont été répartis aléatoirement dans les groupes de soins minimums, de soins avancés ou de soins standards (contrôle). Dans les deux premiers groupes, le pharmacien a effectué un bilan comparatif des médicaments à l’arrivée des patients et a identifié les problèmes liés à la pharmacothérapie dans les 24h suivant leur admission. Le pharmacien a aussi émis des recommandations à l’équipe de soins de l’hôpital et au médecin traitant en communautaire. Pour les patients du groupe de soins avancés, le pharmacien a en plus élaboré un plan de soins au congé contenant la liste des médicaments du patients. Il a ensuite émis des recommandations spécifiques pour optimiser les éléments qui ne respectaient pas les lignes directrices. La sous-utilisation des médicaments a été évaluée à l’admission, au congé, puis à 30 et à 90 jours suivant le congé.
  • Concernant la sous-utilisation des médicaments cardiovasculaires évaluée à l’admission, il n’y avait pas de différence significative entre les trois groupes: 66,7% (n=70) dans le groupe de soins avancés, 55,5% (n=61) dans le groupe de soins minimal et 58,2% (n=64) dans le groupe contrôle.
  • Concernant la sous-utilisation des médicaments cardiovasculaires évaluée au congé, il n’y avait pas de différence significative entre les trois groupes: 65,7% (n=67) dans le groupe de soins avancés, 55% (n=60) dans le groupe de soins minimal et 56,4% (n=62) dans le groupe contrôle.
  • Concernant la sous-utilisation des médicaments cardiovasculaires à 30 jours suivant le congé, il n’y avait pas de différence significative entre les trois groupes: 65,3% (n=66) dans le groupe de soins avancés, 52,8% (n=56) dans le groupe de soins minimal et 56,1% (n=60) dans le groupe contrôle.
  • Concernant la sous-utilisation des médicaments cardiovasculaires à 90 jours suivant le congé, il n’y avait pas de différence significative entre les trois groupes: 62,2% (n=61) dans le groupe de soins avancés, 50,5% (n=53) dans le groupe de soins minimal et 54,4% (n=56) dans le groupe contrôle.

Ce que nous savions déjà

Ce qu’on se pose comme question

  • Les pharmaciens de l’étude étaient inconnus du personnel de l’hôpital et des médecins en communautaire. Cet élément peut-il avoir influencer le taux d’acceptation par les médecins des recommandations effectuées?
  • Les médecins traitants en communautaires utilisaient-ils réellement les plans de soins envoyés par les pharmaciens de l’étude?
  • Les auteurs n’ont pas effectué d’analyse à priori de puissance et de calcul de taille d’échantillon. Cette omission peut-elle influencer la portée des résultats?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Réfléchir à des stratégies de communication entre les professionnels en milieu hospitalier et en milieu communautaire pour faciliter le transfert des patients et permettre la continuité des soins.
  • Élaborer des outils pour faciliter la communication entre les divers prestataires de soins pour permettre une meilleure prise en charge des patients.

Auteur: Émilie Mégrourèche
Relecteurs: Mylène Breton
Création : 28 mai 2015
Publication: 30 septembre 2015