Auto-contrôle et interventions pharmaceutiques non pharmacologiques: quels retentissements sur la pression artérielle?

Glynn LG, Murphy AW, Smith SM, Schroeder K, Fahey T. Self-monitoring and other non-pharmacological interventions to improve the management of hypertension in primary care: a systematic review. Br J Gen Pract. 2010 Dec;60(581):e476-88. Review. PubMed PMID: 21144192; PubMed Central PMCID: PMC2991764.

Ce que cette étude nous apprend

  • Revue systématique et méta-analyse dont l’objectif a été de déterminer les retombées des interventions visant à améliorer le contrôle de la pression artérielle chez les patients atteints d’hypertension artérielle.
  • Cette revue de littérature a été réalisée à partir des bases de données Cochrane Controlled Trials Register, Medline et Embase. Deux auteurs ont évalué indépendamment les titres et résumés obtenus à partir de la recherche. Les désaccords ont été résolus par discussion et le verdict final a été donné par deux auteurs supplémentaires.
  • 72 études randomisées contrôlées incluses sur 9 531 études identifiées.
  • Dans le cas de l’auto-contrôle: réduction significative de la pression artérielle (PA) systolique: –2.5 mmHg [95% CI = –3.7 à –1.3 mmHg] (12 études), réduction de la PA diastolique: –1.8 mmHg [95% CI = –2.4 à –1.2 mmHg] (14 études) et pas d’amélioration significative du contrôle de la PA : OR 1.0, [95% CI = 0.8 à 1.2] (6 études)
  • Dans le cas d’interventions de type éducation des patients: 11 études ramènent une différence significative pour la PA systolique et 13 études ramènent aussi une différence significative pour la PA  diastolique mais résultats trop hétérogènes pour les combiner. Amélioration significative du contrôle de la PA : OR=0.83 [95% CI = 0.75 à 0.91]
  • Dans le cas d’interventions de type éducation des médecins: pas de diminution significative de la PA systolique (–2.0 mmHg [95% CI = –3.5 à 0,6 mmHg] p<0,05, résultats hétérogènes), ou PA diastolique (–0.4 mmHg [95% CI = –1.1 à 0.3 mmHg]).
  • Dans le cas d’interventions de type soins conduits par un pharmacien ou une infirmière: différence significative dans la majorité des études. Mais résultats trop hétérogènes pour les combiner.

Ce que nous savions déjà 

Ce qu’on se pose comme question  

  • Peut-on comparer les résultats obtenus avec différentes interventions pour mettre en évidence celle(s) qui semblerai(en)t être la (les) plus efficace(s)?
  • Comment inclure des études aux résultats moins hétérogènes et permettre de réaliser la méta-analyse?
  • Y aurait-il des différences quant aux résultats si l’évaluation ne porter que sur une population homogène de patients avec une PA non contrôlée versus une population hétérogène de patients avec une PA contrôlée et non contrôlée ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Continuer à éduquer les patients, et à les sensibiliser sur l’importance de l’auto-contrôle.
  • Instaurer des consultations pharmaceutiques au cours ou à la sortie de l’hospitalisation ou à l’officine pour favoriser l’éducation.
  • Evaluer les retombées spécifiques des adaptations ou modifications de traitement suggérées par le pharmacien.

Auteurs Mylène Breton

Relecteur 

Création 30 mars 2015

Publication 22 avril 2015

Quelles sont les retombées des soins pharmaceutiques dans la prise en charge des patients âgés?

Lee JK, Slack MK, Martin J, Ehrman C, Chisholm-Burns M. Geriatric patient care by U.S. pharmacists in healthcare teams: systematic review and meta-analyses. J Am Geriatr Soc. 2013 Jul;61(7):1119-27.  Epub 2013 Jun 24. Review. PubMed PMID: 23796001.

Ce que cette étude nous apprend

  • Revue systématique et méta-analyse dont l’objectif a été d’évaluer les effets des soins pharmaceutiques en gériatrie.
  • Revue qui n’a inclus que des études se déroulant aux Etats-Unis.
  • Réalisée à partir d’une base de données préexistante1 d’études publiées jusqu’en janvier 2009. Puis complétée par une autre recherche jusqu’en juillet 2012 en utilisant les bases de données NLM PubMed/MEDLINE, Ovid/MEDLINE, ABI/INFORM, Health Business Fulltext Elite, Academic Search Complete, International Pharmaceutical Abstracts , PsycINFO, Cochrane Database of Systematic Reviews, et Clinical-Trials.gov
  • Stratégie de recherche incluant les mots clés suivants: « older adults », « elderly », « senior », « frail », « aged elderly » et « aged » en plus du vocabulaire contrôlé de MEDLINE. La bibliographie des revues et méta-analyses a aussi fait l’objet d’une analyse pour identifier de potentiels articles oubliés.
  • Revue menée par un pharmacien expert en pratique gériatrique. Deux réviseurs ont analysé les articles et évalué l’éligibilité de manière indépendante puis se sont réunis pour consolider les données et statuer par consensus sur les différences.
  • La méta-analyse a été effectuée à l’aide du logiciel Comprehensive Meta analysis Program (Biostat, Englewood, NJ). Les données ont été analysées pour quatre catégories d’indicateurs : thérapeutique (p.ex mortalité, pression artérielle, INR), sécurité (p.ex. chutes, effets indésirables), hospitalisation (p.ex. nombre d’hospitalisation, durée) et observance.
  • 20 articles inclus sur 1431 articles identifiés par la recherche : 6 études randomisées contrôlées, 4 études de cohorte prospectives, 3 études de cohorte rétrospectives, 5 études pré-post, 2 études avant-après.
  • Avantage significatif des interventions et soins pharmaceutiques pour chaque catégorie d’indicateur :
    • Thérapeutique : SMD (Standardized mean difference) = -0,81 [95% CI : -0,94 à -0,67] ; -0,36 [95% CI : -0,54 à -0,17] après stratification ; p<0,001
    • Sécurité : SMD=-0,33 [95% CI : -0,44 à -0,22] ; p<0,00
    • Hospitalisation : SMD = -0,33 [95% CI : -0,44 à -0,23]; -0,41 [95% CI : -0,53 à -0,30] après stratification; p<0,001
    • Observance : SMD = -0,78 [95% CI : -0,97 à -0,59]; -0,36 [95% CI: -0,58 à -0,14] après stratification; p<0,001

Ce que nous savions déjà

Ce qu’on se pose comme question

  • L’inclusion de données d’études de la littérature grise dans la méta-analyse aurait-elle modifié les résultats et conclusions?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Évaluer la possibilité de mettre en place une présence pharmaceutique dans l’équipe médicale de gériatrie : création d’un poste ou réévaluation des besoins et des priorités pour une redistribution des activités pharmaceutiques.
  • Mesurer vos propres indicateurs et les comparer à ceux retrouvés dans la littérature.
  • Définir des axes d’amélioration et réfléchir aux changements à apporter s’il y a lieu.

1 créée pour une précédente revue systématique et méta-analyse (Chisholm-Burns MA, Kim Lee J, Spivey CA et al. US pharmacists’ effect as team members on patient care: Systematic review and meta-analyses. Med Care 2010;48:923–933). (blogue « Quels sont les effets de l’implication du pharmacien dans les soins directs au patient? »  publié le 8 avril 2015)

Auteur : Mylène Breton

Relecteur: Jean-François Bussières

Création : 11 mars 2015

Publication : 15 avril 2015

 

 

Quels sont les effets de l’implication du pharmacien dans les soins directs au patient?

Chisholm-Burns MA, Kim Lee J, Spivey CA, Slack M, Herrier RN, Hall-Lipsy E, Graff Zivin J, Abraham I, Palmer J, Martin JR, Kramer SS, Wunz T. US pharmacists’ effect as team members on patient care: systematic review and meta-analyses. Med  Care. 2010 Oct;48(10):923-33. Review. PubMed PMID: 20720510.

Ce que cette étude nous apprend

  • Revue systématique et méta-analyse dont l’objectif est d’évaluer l’impact des soins pharmaceutiques en terme de traitement, de sécurité et de paramètres « humains ».
  • A inclus des études conduites aux Etats-Unis uniquement.
  • Réalisée d’après “Cochrane Handbook and Systematic Reviews in Health Care: Meta-analysis in Context.” Les bases de données suivantes ont été utilisées: NLM PubMed (1950); Ovid/MEDLINE ABI/ INFORM, Health Business Fulltext Elite, Academic Search Complete, International Pharmaceutical Abstracts (IPA), PsycINFO, Cochrane Database of Systematic Reviews, National Guideline Clearinghouse, Database of Abstracts of Reviews of Effects, ClinicalTrials.gov, LexisNexis Academic Universe, and Google Scholar. En complément, la recherche a aussi été faite dans la bibliographie des revues systématiques, méta-analyses et revues de littérature identifiées.
  • Deux équipes (composées d’un pharmacien et d’un expert en sciences sociales) ont évalué les articles identifiés divisés en deux groupes. Les données ont été extraites indépendamment par ces mêmes équipes. La méta-analyse a été conduite à partir des résultats des études randomisées contrôlées grâce au logiciel Comprehensive Meta-analysis Program (Biostat, Inc, Englewood, NJ)
  • 298 articles inclus sur les 56 573 articles identifiés, dont 81 études randomisées contrôlées.
  • Interventions pharmaceutiques favorables dans 50 études sur 59 concernant la pression artérielle. Différence significative entre les groupes « intervention » et « témoin »  pour la pression artérielle diastolique : SMD = – 0,31 (p=0,001) (13 études) et pour la pression artérielle systolique: SMD = -0,49 (p<0,001).
  • Interventions pharmaceutiques favorables dans 32 études sur 36 concernant la concentration d’HbA1c. Différence significative: SMD = -0,63 (p=0,005) entre les groupes « intervention » et « témoin »(6 études).
  • Interventions pharmaceutiques favorables dans 44 études sur 54 concernant le taux de LDLc. Réduction significative : SMD = -0,3 (p=0,01) entre les groupes « intervention » et « témoin »(8 études).
  • Interventions pharmaceutiques favorables dans 26 études sur 54 concernant l’observance. Différence significative entre les groupes « intervention » et « témoin » : SMD = -0,58 (p=0,001) (14 études)
  • Interventions pharmaceutiques favorables dans 20 études sur 35 concernant les connaissances du patient. Différence significative entre les groupes « intervention » et « témoin » : SMD = -1,14 (p=0,001) (6 études)
  • Interventions pharmaceutiques favorables dans 4 études sur 31; mixtes dans 12 études et sans effets dans 14 études quant à la qualité de vie. Différence significative entre les groupes « intervention » et « témoin » : SMD = -0,13(p=0,003) (5 études)
  • Interventions pharmaceutiques favorables dans 22 études sur 28 concernant la survenue d’événements indésirables. Différence significative entre les groupes « intervention » et « témoin » : OR=0,53, réduction de 47% (p=0,01) dans le groupe intervention par rapport au groupe contrôle.

Ce que nous savions déjà

Ce qu’on se pose comme question 

  • Les études incluses ont-elles une puissance suffisante (une taille échantillonnale assez grande) pour détecter une différence significative?
  • Comme pour de nombreuses revues systématiques, les résultats auraient-ils été différents si des études non publiées avaient été incluses?
  • Quelques détails descriptifs plus précis auraient-ils pu être ajoutés aux interventions rapportant des résultats bénéfiques?
  • Serait-il possible de refaire une revue systématique similaire, mais en favorisant l’association d’études présentant des interventions similaires donc comparables?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Évaluer les retombées de vos propres interventions en mesurant les mêmes indicateurs.
  • Pour garantir la puissance de l’étude, veiller à utiliser un échantillon de taille suffisamment grande, si possible.
  • Comparer vos résultats à ceux rapportés dans cette étude.
  • Partager vos propres expériences et donner des détails des stratégies de prise en charge, des interventions visant à améliorer ces résultats.

Auteurs : Mylène Breton

Création : 26 mars 2015

Publication : 08 avril 2015

Quel impact a le pharmacien dans la gestion du traitement par warfarine?

Saokaew S, Permsuwan U, Chaiyakunapruk N, Nathisuwan S, Sukonthasarn A. Effectiveness of pharmacist-participated warfarin therapy management: a systematic review and meta-analysis. J Thromb Haemost. 2010 Nov;8(11):2418-27.Review. PubMed PMID: 20831620.

Ce que cette étude nous apprend

  • Revue et méta-analyse visant à comparer l’impact des pharmaciens dans la gestion du traitement par warfarine sur les événements hémorragiques et thrombo-emboliques par rapport aux soins classiques.
  • Inclusion d’études se déroulant dans plusieurs pays.
  • La revue systématique a été réalisée à partir des bases de données MEDLINE, SCOPUS, EMBASE, IPA, CINAHL, Cochrane CENTRAL, Thai Index Medicus et Thai Medical Index. La stratégie de recherche est basée sur l’utilisation de termes MeSH liés à « warfarin » and « pharmacists » et les mots clés  » warfarin », « anticoagulation » et « pharmacist ». Une recherche complémentaire dans la bibliographie des articles identifiés a également été réalisée.
  • La recherche a été conduite par deux auteurs de manière indépendante tout comme l’évaluation de la qualité des articles inclus. Cette évaluation a été réalisée à partir de la méthode Downs and Black’s pour l’ensemble des études et associée à l’utilisation de l’échelle Jadad pour les études contrôlées randomisées.
  • La méta-analyse a été réalisée en séparant les résultats des études contrôlées randomisées des autres études.
  • Les paramètres choisis pour l’analyse ont été les saignements associés à la warfarine, les événements thromboemboliques et la mortalité.
  • 24 articles inclus sur 661 articles identifiés par la recherche avec 5 études randomisées contrôlées, 9 études quasi-expérimentales, 10 études de cohorte.
  • Réduction significative des saignements de 49%  dans le groupe « intervention » versus le groupe contrôle pour un pool de quatre études randomisées contrôlées (RR=0.51 [95% CI, 0.28–0.94]) et de 29% pour les 19 autres études (RR= 0.71 [95%CI, 0.52–0.96] p= 0.028)
  • Diminution non significative des événements thrombo-emboliques  dans le groupe « intervention » versus le groupe « contrôle »  pour un pool de quatre études randomisées contrôlées (RR= 0.79 [95% CI, 0.33–1.93]; p = 0.61) et réduction significative de 63% pour 15 autres études (RR, 0.37  [95%CI, 0.26–0.53]; P < 0.001).
  • Diminution non significative de la mortalité toutes causes confondues dans le groupe « intervention » versus le groupe « contrôle » pour un pool de trois études randomisées contrôlées (RR= 0,93 [95% CI, 0,41-2,13] p=0,867) ainsi que pour un pool de quatre autres études de devis différents (RR= 0,85 [95% CI, 0,37-1,98] p=0,711)
  • Diminution non significative de la mortalité liée à la warfarine dans le groupe « intervention » versus le groupe « contrôle »  pour un pool de deux études randomisées contrôlées (RR= 0,65 [95% CI, 0,18-2,42] p=0,524) et réduction significative de 23%  pour 4 autres études (RR=0,77 [95% CI, 0,39-1,53] p=0,459).

Ce que nous savions déjà

Ce qu’on se pose comme question

  • Est-ce vraiment fiable de regrouper des résultats d’études présentant de grandes variabilités entre elles (p.ex. population, activités pharmaceutiques et interventions, soins habituels, système de santé, définition de « saignement »)?
  • L’inclusion d’études randomisées contrôlées présentant un suivi à plus long terme et une taille échantillonnale plus grande aurait-elle changé les résultats de la méta-analyse? Aurait-on mis en évidence une différence significative quant aux événements thrombo-emboliques et à la mortalité comme pour les études de devis différents (mais de moins bonne qualité) ?
  • L’ajout des études publiées dans les bases de données locales (auxquelles les auteurs n’avaient pas accès) aurait-il modifié les conclusions?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Réfléchir aux stratégies et interventions pour améliorer la prise en charge des patients sous anticoagulant et diminuer les complications associées (p.ex. éducation thérapeutique, recommandation de dosage, évaluation de la pharmacothérapie du patient dans son ensemble pour les interactions par exemple)
  • Évaluer l’efficience de vos propres interventions: rechercher les données de la littérature pour comparer votre méthode d’intervention, vos indicateurs de résultats, les points à améliorer etc…

 Auteur  Mylène Breton

Relecteur Jean-François Bussières

Création 13 mars 2015

Publication 1er avril 2015

La standardisation de la validation pharmaceutique en oncologie peut-elle réduire les erreurs médicamenteuses ?

Serrano Fabiá A, Cavero Rodrigo E, Albert Marí A, Almenar Cubells D, Jiménez Torres NV. Pharmaceutical validation as a process of improving the quality of antineoplastic treatment. J Oncol Pharm Pract. 2005 Jun;11(2):45-50

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude de cohorte prospective au sein des unités d’oncologie et d’hématologie d’un hôpital universitaire en Espagne.
  • L’objectif est d’évaluer de façon systématique les retombées d’un outil de validation pharmaceutique des ordonnances en hémato-oncologie dans un établissement de santé.
  • Échantillon de 11961 patients-jours dont 5851 ayant reçu l’intervention pharmaceutique (validation pharmaceutique) en 2002 et 6110 patients-jours n’ayant pas  reçu l’intervention pharmaceutique en 2001.
  • L’intervention pharmaceutique consistait à valider les étapes de prescription des antinéoplasiques d’une façon plus systématique incluant la prise en compte du diagnostic et des indications, la fréquence et le nombre de cycles, la date de dernière administration de chimiothérapie, la dose adaptée au patient avec notamment les paramètres biochimiques et hématologiques. Elle incluait également la validation des préparations incluant le type et le volume de médicaments et/ou de diluants, les conditions de préparation et la dose de chaque médicament antinéoplasique ou de soins de support. L’outil a été développé de façon multidisciplinaire (pharmaciens, oncologues et hématologues) afin de standardiser la validation pharmaceutique.
  • En 2001, 14,08 Erreurs Médicamenteuses (EM)/1000 patients-jours (pt-jr) ont été détectées, versus 19,83 EM/1000 pt-jr en 2002 ce qui montre une augmentation significative de 41% dans la détection des EM (p=0,015). Cette différence est significative à l’étape de prescription (p=0,0002) et concernant les antinéoplasiques (p=0,0009). Le taux d’EM/1000 pt-jr avec une signification clinique importante (sévérité > ou = 4 sur une échelle de 8) a plus que doublé entre 2001 (4,09EM/1000 pt-jr) et 2002 (8,89EM/1000 pt-jr) (p=0,0013). Le taux d’EM/1000 pt-jr est significativement plus élevé en hématologie (37,09EM/1000 pt-jr) qu’en oncologie (13,39EM/1000 pt-jr) (p<0,00001).

Ce que nous savions déjà

  • La validation pharmaceutique des ordonnances est incontournable ; toutefois, le processus de validation n’est pas forcément standardisé dans tous les établissements de santé.
  • Le rôle et les retombées du pharmacien en oncologie sont bien documentés. Nous avons recensé 4 études indexées démontrant une meilleure prévention des erreurs médicamenteuse grâce à la présence du pharmacien soient  PMID19662439 PMID21880891 PMID18052618 PMID19617304.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche de synthèse sur l’oncologie.
  • On peut consulter l’article Démarche pour la mise à niveau d’un secteur de soins pharmaceutiques : le cas de l’hémato-oncologie au CHU Sainte-Justine.

Ce qu’on se pose comme question

  • Les résultats sont-ils généralisables à d’autres cliniques et hôpitaux en oncologie ?
  • Les résultats auraient-ils été similaires si le groupe contrôle avait été inclut en même temps que le groupe intervention (avec standardisation de la validation pharmaceutique) ?
  • Les résultats auraient-ils été similaires avec une étude randomisée contrôlée ?
  • Quelle est la méthode optimale de validation pharmaceutique des ordonnances ?
  • Intègre-t-on suffisamment cet aspect à la formation des pharmaciens nord-américains compte tenu de l’importance accrue donnée à la prestation de soins directs aux patients ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Réfléchir à la mise en place structurée d’un processus systématique de validation pharmaceutique des ordonnances, en complément à la prestation de soins pharmaceutiques décentralisés en oncologie ambulatoire et en hospitalisation.
  • Comparer le taux d’EM de cette étude à votre taux local d’EM
  • Partager davantage les stratégies de prise en charge en oncologie.

 

Auteurs : Mathilde Billaux

Relecteur : Jean-François Bussières

Création : 12 janvier 2015

Publication : 25 mars 2015

Quel impact a la réconciliation médicamenteuse sur les écarts médicamenteux non intentionnels cliniquement significatifs ?

Kwan JL, Lo L, Sampson M, Shojania KG. Medication reconciliation during transitions of care as a patient safety strategy: a systematic review. Ann Intern Med. 2013 Mar 5;158(5 Pt 2):397-403.

Ce que cette étude nous apprend

  • Revue systématique et méta-analyse.
  • L’objectif était de résumer et d’analyser les données concernant l’impact de la réconciliation médicamenteuse sur les divergences médicamenteuses non intentionnelles cliniquement significatives (i.e erreurs lors de la represcription des médicaments pris habituellement par le patient et entraînant un événement indésirable), le nombre de visites aux urgences et de ré-hospitalisation dans les 30 jours suivant la sortie du patient.
  • Cette revue systématique a été réalisée à partir des bases de données MEDLINE, EMBASE et the Cochrane Central Register of Controlled Trials. Deux auteurs ont évalué indépendamment l’éligibilité des articles trouvés. Les désaccords ont été résolus par discussion, et un troisième auteur est intervenu si besoin. Les risques de biais ont été évalués grâce à l’outil the Cochrane Collaboration’s tool for assessing risk of bias et une méta-analyse a été réalisée à l’aide de Comprehensive Meta-Analysis (Biostat, Englewood, New Jersey). Les résultats des études de devis différents ont été rapportés sous forme d’effet médian et d’interquartile à l’aide de Microsoft Excel (Microsoft, Seattle, Washington).
  • Revue incluant 18 articles publiés entre 2004 et 2012 : issues de deux pays : Canada (cinq études avec une évaluation  post-intervention seule) et États-unis (5 études randomisées contrôlées, 1 étude quasi-randomisée, 3 études avant-après, 4 études post-intervention)
  • Des études d’autres pays ont été identifiées dans la recherche mais remplissaient des critères d’exclusion (i.e Etudes ne rapportant que la signification clinique des écarts identifiés, études ne distinguant pas les écarts intentionnels des non-intentionnels par une communication directe avec l’équipe médicale lors de changement de médicament.
  • La proportion médiane des divergences non intentionnelles ayant une signification ou répercussion clinique a été de 34% (interquartile : 28%-49%).
  • La proportion médiane des patients ayant au moins une divergence cliniquement significative a été de 45% (interquartile : 31%-56%).
  • Parmi les études évaluant l’effet de la réconciliation médicamenteuse sur la signification clinique des divergences non intentionnelles, seulement deux étaient des études randomisées contrôlées
  • Dans la première étude randomisée contrôlée, Schnipper et al. n’ont pas montré de différence significative quant au nombre d’effets indésirables entre le groupe intervention et le groupe témoin.
  • Dans la seconde étude randomisees contrôlée, Schnipper et al. ont montré une diminution relative de la survenue d’effet indésirable de 0,72 [95% CI, 0.52 to 0.99] grâce à la création de liste de médicaments de pré-admission pour faciliter la réconciliation. La différence est significative dans un seul des deux centres impliqués: 0.72 [CI, 0.52 à 0.99] (le second: 0.87 [CI, 0.57 à 1.32])
  • Trois études randomisées contrôlées ont rapporté une diminution du nombre de visites aux urgences et de ré-hospitalisations : réduction de 23% [CI, 5% à 37%]

Ce que nous savions déjà

  • Trois autres études évaluant des indicateurs de retombées similaires soit les effets indésirables liés aux divergences médicamenteuses ont déjà été identifiés dans le cadre du projet Impact Pharmacie : PMID22819386  PMID22819386 PMID17062324
  • En particulier, quatre autres revues systématiques focalisées sur ce thème ont été identifiées lors de l’ajout des revues systématiques et méta-analyses sur la page données du site soit : PMID22733210  PMID22242793 PMID21511543 PMID19737997

Ce qu’on se pose comme question

  • L’inclusion d’articles de la littérature grise aurait-elle modifiée les conclusions de cette revue systématique? Le nombre de résultats pouvant être poolés pour conduire la méta-analyse aurait-il été plus grand et donc modifié les conclusions?
  • N’aurait-il fallu inclure que les articles considérant le même paramètre principal que cette revue soit les divergences non intentionnelles cliniquement significatives?
  • Comment évaluer l’impact de la réconciliation médicamenteuse seule sur le risque d’erreurs médicamenteuses ayant une signification clinique, sur le nombre de ré-hospitalisations ou de visites aux urgences?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Mettre en place un processus de réconciliation médicamenteuse si possible :
  • Déterminer qui réalise le bilan médicamenteux (infirmière, pharmacien, étudiant…)
  • Identifier les sources possibles et pertinentes d’informations (interrogatoire du patient, ordonnance à l’entrée, pharmacie communautaire/ d’officine…)
  • Mettre en place un processus efficient pour obtenir une information fiable et rapidement
  • Processus fait de préférence à l’arrivée et à la sortie
    • Si déjà existant, évaluer ses pratiques pour discuter des points à améliorer si besoin.
    • En cas d’évaluation de l’impact, un suivi au-delà de la période classique des 30 jours post- sortie serait intéressant.
    • Dans le cas d’une étude de recherche évaluative, il est important de bien détailler la méthode de réconciliation employée.

Auteurs : Mylène Breton

Relecteur: Aurélie Guérin, Jean-François Bussières

Création : 02 mars 2015

Publication : 18 mars 2015

La présence d’un pharmacien au moment du transfert des patients de l’unité d’hémato-oncologie vers l’unité de soins intensifs peut-elle améliorer la prise en charge des patients ?

Coutsouvelis J, Corallo CE, Dooley MJ, Foo J, Whitfield A. Implementation of a pharmacist-initiated pharmaceutical handover for oncology and haematology patients being transferred to critical care units. Support Care Cancer. 2010 Jul;18(7):811-6

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude prospective au sein des unités d’oncologie et d’hématologie d’un hôpital en Australie.
  • L’objectif principal est d’implanter un plan de transfert pharmaceutique et d’évaluer ses retombées sur les erreurs médicamenteuses et les omissions associées et d’optimiser les délais d’administration de doses de médicaments
  • Échantillon de 52 patients dont 22 ayant reçu l’intervention pharmaceutique (période post) et 30 ne l’ayant pas reçu (période pré).
  • L’intervention pharmaceutique consistait à transférer les informations liées aux traitements de chimiothérapie, des soins de bouche, des facteurs de croissance hématopoïétique et des antibiotiques pour tous les patients transférés de l’unité d’hémato-oncologie vers les soins intensifs. Le pharmacien a effectué ce transfert de manière écrite via le dossier médical du patient et de manière verbale auprès de l’équipe médicale des soins intensifs.
  • Aucune intervention pharmaceutique n’était réalisée dans la période pré.
  • Le nombre de patients nécessitant une intervention pharmaceutique est passé de 100% en période pré à 68% en période post (p=0.001). Le nombre moyen d’interventions par transfert a été significativement réduit de 4,8 en pré versus 1,18 en post (p < 0,0001). Le nombre d’erreur ou d’omission par transfert a significativement diminué en moyenne de 4 en pré à 0.45 en post (p < 0,0001). Le nombre de demandes d’information/clarification par transfert est demeuré inchangé, soit de 0,83 en pré et de 073 en post (NS). La proportion des thérapies spécifiques administrées à temps a significativement augmenté, passant de 57% en pré à 96% en post p < 0,0001).
  • L’implantation du plan de transfert pharmaceutique a permis de réduire les erreurs médicamenteuses et les omissions et d’optimiser les délais d’administration de doses de médicaments.

Ce que nous savions déjà

Ce qu’on se pose comme question

  • Les résultats sont-ils généralisables à d’autres cliniques et hôpitaux en oncologie ?
  • Les résultats auraient-ils été similaires si le nombre de patients inclus avaient été plus important ?
  • Les résultats auraient-ils été similaires si l’inclusion des patients dans la période pré et dans la période post avait été effectuée en même temps ?
  • Les résultats auraient-ils été similaires avec une étude randomisée contrôlée ?
  • Quelle est la méthode optimale de transfert de patients vers un autre palier de soins ?
  • Intègre-t-on suffisamment cet aspect à la formation des pharmaciens nord-américains ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Réfléchir à la mise en place structurée d’un processus systématique de transfert de patients entre services ou paliers de soins
  • Comparer le taux d’erreurs médicamenteuses ou d’omission de cette étude à vos taux locaux
  • Partager davantage les stratégies de prise en charge en oncologie.

Auteurs : Mathilde Billaux

Relecteur : Jean-François Bussières

Création : 12 janvier 2015

Publication : 11 mars 2015

Mise à jour de la fiche synthèse – Oncologie

Dans le cadre de la phase 2 du projet Impact Pharmacie, nous amorçons la mise à jour de notre revue documentaire et des fiches synthèses applicables.  Notre première mise à jour porte sur la synthèse dans le secteur de l’oncologie en suivant les instructions du guide de mise à jour du site Impact Pharmacie.

Cette mise à jour nous a permis de mettre en évidence les éléments suivants :

  • Le rôle et les retombées des pharmaciens en oncologie sont bien documentés
  • Le nombre d’articles analysés a doublé grâce à la mise à jour (i.e. 43 articles) permettant un enrichissement des données disponibles sur le site
  • Nous dénombrons 22 indicateurs de retombées retrouvés avec une majorité d’impact positif du pharmacien en oncologie
  • Nous observons une implication grandissante et une diversification des activités pharmaceutiques en oncologie (i.e. 22 activités recensées)
  • Il est toutefois difficile de retrouver des articles pivots
  • Il y a un nombre encore limité d’articles comportant des indicateurs de retombées (8 articles)
  • D’autres études descriptives et d’évaluation des retombées de l’intervention pharmaceutique devraient être réalisées
  • Dans la foulée de cette mise à jour, nous travaillons à la réalisation d’une revue systématique sur le rôle et les retombées du pharmacien en oncologie.

Auteur : Mathilde Billaux

Relecteur : Jean-Francois Bussières

Création : 30 décembre 2014

Publication : 4 mars 2015

 

Le pharmacien peut-il aider les médecins à diminuer le nombre de prescriptions hors AMM et augmenter le nombre de déclarations de pharmacovigilance en oncologie ?

Cioffi P, Antonelli D, Belfiglio M, Melena S, Petrelli F, Grappasonni I. The impact of a pharmacist as a member of healthcare team on facilitating evidenced-based prescribing of innovative drugs in an Italian oncology department. J Oncol Pharm Pract. 2012 Jun;18(2):207-12.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle, prospective au sein des unités d’oncologie de deux hôpitaux en Italie.
  • Échantillon de 843 patients ayant reçu l’intervention pharmaceutique entre 2008 et 2010.
  • L’intervention pharmaceutique consistait à intervenir auprès des médecins afin de réduire le nombre de prescriptions hors Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) (aussi appelé emploi hors étiquette ou off-label) pour les médicaments innovants. Elle visait également à augmenter le nombre de déclaration de pharmacovigilance effectuée par les médecins. Des suggestions ont de plus été apportées afin de modifier des prescriptions potentiellement inappropriées.
  • Le pourcentage des prescriptions hors AMM est descendu de 28,3% en 2008 à 9,6% en 2010. Le nombre de déclarations de pharmacovigilance est passé de 10 en 2008 à 27 en 2010. Le pourcentage d’interventions pharmaceutiques acceptées était de 68,3%.

Ce que nous savions déjà

Ce qu’on se pose comme question

  • Les retombées de l’intervention pharmaceutique sont-elles durables dans le temps?
  • Les résultats sont-ils généralisables à d’autres cliniques et hôpitaux en oncologie ?
  • Les résultats auraient-ils été similaires si l’étude avait inclut un groupe contrôle ?
  • Les résultats auraient-ils été similaires avec une étude randomisée contrôlée ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Réfléchir à la mise en place structurée de soins pharmaceutiques en oncologie.
  • Partager davantage les stratégies de prise en charge en oncologie.

Auteur : Mathilde Billaux

Relecteur: Jean-François Bussières

Création : 30 décembre 2014

Publication : 18 février 2015

Le pharmacien peut-il améliorer la prise en charge des patients atteints d’un cancer du sein ou de l’ovaire dans une clinique ambulatoire d’oncologie ?

Liekweg A, Westfeld M, Braun M, Zivanovic O, Schink T, Kuhn W, Jaehde U. Pharmaceutical care for patients with breast and ovarian cancer. Support Care Cancer. 2012 Nov;20(11):2669-77

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude de cohorte, multicentrique, prospective au sein d’une clinique ambulatoire d’oncologie en Allemagne.
  • Échantillon de 98 patients, 48 dans le groupe contrôle et 50 ayant reçu l’intervention pharmaceutique.
  • L’intervention pharmaceutique incluait des visites régulières avec les patients. Les patients ont reçu des informations générales orales et écrites sur la chimiothérapie, les effets indésirables potentiels et les stratégies de prévention. En particulier, les patients ont reçu des conseils sur l’utilisation optimale des médicaments de support et notamment les anti-émétiques avec leur mode d’administration et leur posologie. De plus, le degré de satisfaction des patients en ce qui concerne l’éducation sur leur traitement anticancéreux a été mesuré.
  • Au cours du traitement, 35,4% des patients dans le groupe témoin ont eu une réponse complète aux anti-émétiques par rapport à 76,0% dans le groupe intervention (p <0,001). Les vomissements aigues ont été significativement réduits dans le groupe intervention (p <0,001). L’état général de santé des patients et 2 symptômes, « les nausées et vomissements » et la « perte d’appétit » ont été significativement améliorés dans le groupe intervention (p <0,05). La satisfaction des patients était significativement plus élevée dans le groupe intervention  (p <0,05).

Ce que nous savions déjà

 Ce qu’on se pose comme question

  • Les résultats auraient-ils été similaires avec une étude randomisée ?
  • Les résultats auraient-ils été similaires si le recrutement des patients du groupe contrôle et du groupe intervention avait été effectué en même temps ?
  • Les retombées de l’intervention pharmaceutique sont-elles durables dans le temps ?
  • Les résultats sont-ils généralisables à d’autres cliniques en oncologie et à l’hôpital ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Réfléchir à la mise en place structurée de soins pharmaceutiques en oncologie.
  • Partager davantage les stratégies de prise en charge en oncologie.

Auteur : Mathilde Billaux

Relecteur: Jean-François Bussières

Création : 30 décembre 2014

Publication : 11 mars 2015