Le pharmacien peut-il aider les médecins à diminuer le nombre de prescriptions hors AMM et augmenter le nombre de déclarations de pharmacovigilance en oncologie ?

Cioffi P, Antonelli D, Belfiglio M, Melena S, Petrelli F, Grappasonni I. The impact of a pharmacist as a member of healthcare team on facilitating evidenced-based prescribing of innovative drugs in an Italian oncology department. J Oncol Pharm Pract. 2012 Jun;18(2):207-12.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude observationnelle, prospective au sein des unités d’oncologie de deux hôpitaux en Italie.
  • Échantillon de 843 patients ayant reçu l’intervention pharmaceutique entre 2008 et 2010.
  • L’intervention pharmaceutique consistait à intervenir auprès des médecins afin de réduire le nombre de prescriptions hors Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) (aussi appelé emploi hors étiquette ou off-label) pour les médicaments innovants. Elle visait également à augmenter le nombre de déclaration de pharmacovigilance effectuée par les médecins. Des suggestions ont de plus été apportées afin de modifier des prescriptions potentiellement inappropriées.
  • Le pourcentage des prescriptions hors AMM est descendu de 28,3% en 2008 à 9,6% en 2010. Le nombre de déclarations de pharmacovigilance est passé de 10 en 2008 à 27 en 2010. Le pourcentage d’interventions pharmaceutiques acceptées était de 68,3%.

Ce que nous savions déjà

Ce qu’on se pose comme question

  • Les retombées de l’intervention pharmaceutique sont-elles durables dans le temps?
  • Les résultats sont-ils généralisables à d’autres cliniques et hôpitaux en oncologie ?
  • Les résultats auraient-ils été similaires si l’étude avait inclut un groupe contrôle ?
  • Les résultats auraient-ils été similaires avec une étude randomisée contrôlée ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Réfléchir à la mise en place structurée de soins pharmaceutiques en oncologie.
  • Partager davantage les stratégies de prise en charge en oncologie.

Auteur : Mathilde Billaux

Relecteur: Jean-François Bussières

Création : 30 décembre 2014

Publication : 18 février 2015

Le pharmacien peut-il améliorer la prise en charge des patients atteints d’un cancer du sein ou de l’ovaire dans une clinique ambulatoire d’oncologie ?

Liekweg A, Westfeld M, Braun M, Zivanovic O, Schink T, Kuhn W, Jaehde U. Pharmaceutical care for patients with breast and ovarian cancer. Support Care Cancer. 2012 Nov;20(11):2669-77

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude de cohorte, multicentrique, prospective au sein d’une clinique ambulatoire d’oncologie en Allemagne.
  • Échantillon de 98 patients, 48 dans le groupe contrôle et 50 ayant reçu l’intervention pharmaceutique.
  • L’intervention pharmaceutique incluait des visites régulières avec les patients. Les patients ont reçu des informations générales orales et écrites sur la chimiothérapie, les effets indésirables potentiels et les stratégies de prévention. En particulier, les patients ont reçu des conseils sur l’utilisation optimale des médicaments de support et notamment les anti-émétiques avec leur mode d’administration et leur posologie. De plus, le degré de satisfaction des patients en ce qui concerne l’éducation sur leur traitement anticancéreux a été mesuré.
  • Au cours du traitement, 35,4% des patients dans le groupe témoin ont eu une réponse complète aux anti-émétiques par rapport à 76,0% dans le groupe intervention (p <0,001). Les vomissements aigues ont été significativement réduits dans le groupe intervention (p <0,001). L’état général de santé des patients et 2 symptômes, « les nausées et vomissements » et la « perte d’appétit » ont été significativement améliorés dans le groupe intervention (p <0,05). La satisfaction des patients était significativement plus élevée dans le groupe intervention  (p <0,05).

Ce que nous savions déjà

 Ce qu’on se pose comme question

  • Les résultats auraient-ils été similaires avec une étude randomisée ?
  • Les résultats auraient-ils été similaires si le recrutement des patients du groupe contrôle et du groupe intervention avait été effectué en même temps ?
  • Les retombées de l’intervention pharmaceutique sont-elles durables dans le temps ?
  • Les résultats sont-ils généralisables à d’autres cliniques en oncologie et à l’hôpital ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Réfléchir à la mise en place structurée de soins pharmaceutiques en oncologie.
  • Partager davantage les stratégies de prise en charge en oncologie.

Auteur : Mathilde Billaux

Relecteur: Jean-François Bussières

Création : 30 décembre 2014

Publication : 11 mars 2015

Le pharmacien peut-il améliorer la prise en charge des patients grâce à un programme de soins continus dans une clinique ambulatoire d’oncologie ?

Edwards SJ, Abbott R, Edwards J, LeBlanc M, Dranitsaris G, Donnan J, Laing K, Whelan MA, MacKinnon NJ. Outcomes assessment of a pharmacist-directed seamless care program in an ambulatory oncology clinic. J Pharm Pract. 2014 Feb;27(1):46-52.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude randomisée, contrôlée, prospective au sein d’une clinique ambulatoire d’oncologie au Canada.
  • Échantillon de 200 patients, 100 dans le groupe contrôle et 100 ayant reçu l’intervention pharmaceutique.
  • L’intervention pharmaceutique incluait une visite initiale auprès des patients avant le début du traitement de la chimiothérapie et une série de consultations par suivi téléphonique. La visite consistait en l’élaboration de l’histoire médicamenteuse, la compréhension du traitement par le patient et la réalisation du bilan comparatif des médicaments, une vérification du schéma thérapeutique, un contrôle des interactions médicamenteuses, un nouveau calcul de la dose et la pertinence des résultats de laboratoire. Les pharmaciens étaient disponibles par contact téléphonique tout au long du traitement des patients.
  • 3,7 interventions pharmaceutiques par patient ont été réalisées.
  • Le principal problème relié à la médication identifié par les pharmaciens est l’absence de traitement pour une indication requise  (n = 148 ; 40%).

Ce que nous savions déjà

  • Le rôle et les retombées du pharmacien en oncologie sont bien documentés. Cependant on ne recense aucun indicateur similaire.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche de synthèse sur l’oncologie.
  • On peut consulter l’article Démarche pour la mise à niveau d’un secteur de soins pharmaceutiques : le cas de l’hémato-oncologie, Canadian Journal of Hospital Pharmacy, 2010.

Ce qu’on se pose comme question

  • Les retombées de l’intervention pharmaceutique sont-elles durables dans le temps?
  • Les résultats sont-ils généralisables à d’autres cliniques en oncologie et à l’hôpital ?
  • Les résultats auraient ils étaient similaires avec une présentation et une comparaison avec le groupe contrôle ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Réfléchir à la mise en place structurée de soins pharmaceutiques en oncologie.
  • Partager davantage les stratégies de prise en charge en oncologie.

Auteur: Mathilde Billaux

Relecteur: Aurélie Guérin

Création: 31 octobre 2014

Publication: 04 février 2015

Mise à niveau du secteur d’obstétrique gynécologie au CHU Sainte Justine

Retracer les meilleures preuves et les consulter, c’est bien … mais les utiliser en pratique c’est mieux.

Dans le cadre de notre pratique au CHU Sainte Justine, nous avons développé une méthode structurée de revue documentaire et de mise à niveau de secteurs de pratique décentralisée des pharmaciens. Cette méthode a déjà été utilisée pour la revue de nos pratiques en psychiatrie, hémato-oncologie, soins intensifs pédiatriques, soins intensifs de néonatologie, chirurgie et de fibrose kystique.

La présentation du cas de l’obstétrique gynécologie

À noter la publication de notre affiche lors du  Colloque du Réseau québécois de recherche sur  l’usage des médicaments, 22-23 septembre 2014, à Orford, Québec.

Les ajustements proposés au niveau de pratique suite à la revue de la documentation scientifique incluent la mesure de la satisfaction des patientes, la réalisation de revues d’utilisation de médicaments ou le suivi des patientes consultant au centre de procréation assistée, l’amélioration de l’accès à l’information pharmacothérapeutique en obstétrique-gynécologie pour l’ensemble du personnel soignant, l’élargissement de l’accès à l’automédication, la révision de l’organisation et la prise en charge des patientes ambulatoires.

Ce que vous pouvez notamment faire

Réfléchir à la mise en place structurée de soins pharmaceutiques en obstétrique gynécologie.

Partager davantage les stratégies de soins pharmaceutiques en obstétrique gynécologie.

Auteurs : Aurélie Guérin, Jean-François Bussières

Création : 29 octobre 2014

Publication : 28 janvier 2014

Rôle et retombées du pharmacien – une nouvelle chronique au sein du journal Québec pharmacie

Depuis 20 ans, la revue Québec Pharmacie propose la chronique « D’une page à l’autre » à ses lecteurs. Mise en place en 1993, cette chronique avait pour objectif d’exposer les pharmaciens québécois à la littérature primaire et aux articles pivots portant sur la pharmacothérapie sous la forme d’un résumé d’article, assorti d’une discussion pertinente à la pratique québécoise.

Après 20 ans, la chronique « D’une page à l’autre » du journal Québec Pharmacie, prend un virage, et l’équipe éditoriale va proposer une nouvelle chronique renommée « Retombées du pharmacien ». Les pharmaciens pourront ainsi visualiser en un coup d’œil deux analyses d’articles sur le rôle et les retombées des pharmaciens présentées sur une page. Un court commentaire permet également d’apprécier les limites de l’étude et de replacer l’étude dans un contexte québécois.

Vous êtes donc invité à la lecture de cette nouvelle chronique « Retombées du pharmacien » pour en apprendre davantage sur le rôle et les retombées du pharmacien.

 

Auteurs : Aurélie Guérin, Jean-François Bussières

Date de création : 16 octobre 2014

Date de publication : 21 janvier 2015

Les pharmaciens québécois sont-ils exposés à la littérature sur le rôle et les retombées du pharmacien ?

Alors que les pharmaciens sont exposés au cours de leur cursus universitaire aux meilleures preuves portant sur la pharmacothérapie, nous savons peu de choses sur leur exposition à la littérature sur la pratique pharmaceutique.

Nous avons évalué lors du congrès annuel de l’Ordre des Pharmaciens du Québec tenu à Montréal les 17 et 18 juin 2014, l’exposition des pharmaciens québécois à la littérature sur le rôle et les retombées du pharmacien. Nous avons également évalué la perception des pharmaciens vis à vis des preuves en pratique pharmaceutique et vis à vis de notre site Impact Pharmacie.

Vous pouvez consulter notre affiche présentée au Colloque du Réseau québécois de recherche sur  l’usage des médicaments, 22-23 septembre 2014, à Orford, Québec.

Auteurs : Aurélie Guérin, Jean-François Bussières

Création : 29 octobre 2014

Publication : 14 janvier 2014

Connaissez-vous les caractéristiques des revues systématiques présentant les interventions de pharmaciens ?

Le rôle du pharmacien est varié et il existe de nombreux articles évaluant les retombées des interventions pharmaceutiques.

Nous avons établi les caractéristiques des revues systématiques présentant les interventions du pharmacien et leurs retombées publiées au cours des cinq dernières années.

Un total de 46 revues systématiques a été recensé, dont le tiers (n=15/46, 33%) ont inclus une méta-analyse. Douze thèmes ont été représentés par des revues systématiques. Une médiane [min-max] de 14 [2-298] articles étaient inclus par revue systématique. Les activités les plus représentées était de donner des conseils aux patients (n=41 revues systématiques), de faire la revue du dossier des patients (n=29), d’évaluer la pharmacothérapie (n=27).

Vous pouvez consulter notre article publié au sein des Annales Pharmaceutiques Françaises.

 

Auteurs : Aurélie Guérin, Jean-François Bussières

Création : 29 octobre 2014

Publication : 07 janvier 2014

Le pharmacien publie-t-il davantage sur son rôle et ses retombées que les autres professionnels de santé ?

Dans le cadre du projet de recherche Impact Pharmacie, nous nous sommes intéressés aux données descriptives du rôle et des retombées relatives à l’activité du pharmacien tant en milieu communautaire qu’hospitalier.

Afin d’avoir une vue d’ensemble de l’évaluation des pratiques professionnelles, nous avons tenté de quantifier et comparer l’importance relative de ces preuves entre les principaux groupes de professionnels de la santé.

Il existe globalement davantage d’articles en pharmacie qu’en physiothérapie, ergothérapie, nutrition et inhalothérapie, mais moins qu’en soins infirmiers et médecine. Suite à une recherche documentaire plus précise, on retient qu’un plus grand nombre de revues systématiques et méta-analyses portant sur le rôle et les retombées des pharmaciens par rapport aux autres professionnels de la santé.

 

Vous pouvez consulter notre affiche présentée au Congrès de l’APES, le 9-11 avril 2014, à Sherbrooke, Québec.

 

Auteurs : Aurélie Guérin, Jean-François Bussières

Création : 29 octobre 2014

Publication : 17 décembre 2014

Le pharmacien peut-il optimiser le traitement des patients en gériatrie ?

Jean-Bart E, Faure R, Omrani S, Guilli T, Roubaud C, Krolak-Salmon P, Mouchoux C. [Role of clinical pharmacist in the therapeutical optimization in geriatric outpatient hospital]. Ann Pharm Fr. 2014 May;72(3):184-93.

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude prospective au sein d’un hôpital de jour (HDJ) de gériatrie d’un hôpital universitaire, Lyon, France.
  • Échantillon de 67 patients âgés de 65 ans et plus, venant pour des explorations cognitives à l’HDJ, entre août et octobre 2001.
  • L’intervention pharmaceutique incluait une analyse des traitements ambulatoires avec détection des médicaments potentiellement inappropriés, l’élaboration d’un plan de prise optimisé remis  au patient par le médecin hospitalier ainsi que la rédaction d’une observation pharmaceutique, comprenant des interventions pharmaceutiques codées selon la grille de la Société Française de Pharmacie Clinique et des informations sur la thérapeutique. L’observation pharmaceutique était insérée dans le compte-rendu puis envoyée par le médecin hospitalier au médecin de ville ayant adressé le patient.

    La durée moyenne de l’observation pharmaceutique était de 54±21 minutes par patient.

  • 91 interventions pharmaceutiques et 13 informations sur la thérapeutique ont été proposées.
  • Les interventions pharmaceutiques consistaient en des propositions d’arrêt de médicament (44%), de substitution ou un changement thérapeutique (18.7%), d’optimisation des modalités d’administration (14.3%), d’adaptation de posologie (12.1%), d’ajout de médicament (5.5%), de suivi thérapeutique (3.3%) et de suivi clinique (2.2%).
  • 18 (48.6%) des interventions pharmaceutiques ont été acceptées.

Ce que nous savions déjà

  • Le pharmacien impliqué dans en gériatrie améliore statistiquement la pertinence de la prescription. Nous avons recensé au moins trois articles indexés comportant des résultats similaires soit  PMID9545151,  PMID15903284,  PMID8610730.
  • Le pharmacien impliqué en gériatrie augmente statistiquement la proportion de recommandations acceptées et les changements de prescription par le prescripteur. Nous avons recensé au moins deux articles indexés comportant des résultats similaires soit PMID8610730PMID9786375.
  • On peut consulter le site Impact Pharmacie et la fiche synthèse Gériatrie.
  • On peut consulter l’affiche Gériatrie présentée au congrès de l’European Society of Clinical Pharmacy, Prague 2013.

Ce qu’on se pose comme question

  • Un suivi de l’acceptabilité des IP pourrait-il être réalisé auprès des médecins de ville pour évaluer l’impact des suggestions ainsi que mettre en place un réseau hôpital-ville?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Réfléchir à la mise en place structurée de soins pharmaceutiques en gériatrie.
  • Partager davantage vos stratégies de soins pharmaceutiques en gériatrie.

Auteur: Léna Cerruti

Relecteur: Aurélie Guérin

Création: 28 octobre 2014

Publication: 10 décembre 2014

Le pharmacien peut-il diminuer les coûts d’hospitalisation ?

Gallagher J, Byrne S, Woods N, Lynch D, McCarthy S. Cost-outcome description of clinical pharmacist interventions in a university teaching hospital. BMC Health Serv Res. 2014 Apr 17;14(1):177

Ce que cette étude nous apprend

  • Étude rétrospective, CHU de Cork, Irlande.
  • Échantillons de 2147 patients correspondant à l’ensemble des patients dont la thérapeutique a fait l’objet d’au moins une intervention pharmaceutique au cours de l’année 2012.
  • 4257 interventions pharmaceutiques ont été documentées.
  • Un total de 626 279€ de dépense aurait été évité par les interventions pharmaceutiques. Cette somme a été calculée sur les dépenses qui auraient été nécessaires sans l’intervention en termes d’événement indésirables et inclut les dépenses engagées pour payer le pharmacien.
  • Les interventions pharmaceutiques les plus communes concernaient les omissions de thérapeutique (n=1820) suivie des ajustements posologique (n=920) et des demandes de modifications de thérapie (n=421).

 

Ce que nous savions déjà

  • Les interventions pharmaceutiques permettent une diminution des coûts.
  • Une diminution des coûts est observée dans plusieurs thèmes traités au sein du site Impact Pharmacie.

Ce qu’on se pose comme question

  • Le taux d’intervention dont on ne connaît pas l’issue (acceptée ou refusée par le médecin) étant très importante (68.8%), les coûts évités ne sont-ils pas sur estimés ?

Ce que vous pouvez notamment faire

  • Développer les soins pharmaceutiques au sein de vos unités de soins.
  • Évaluer l’impact du pharmacien en utilisant le marqueur de coûts au sein de votre établissement.
  • Exposer les décideurs en santé aux données relatives aux rôles et retombées du pharmacien.

Auteur: Charlotte Ballandras

Relecteur: Aurélie Guérin

Création:  28 octobre 2014

Publication: 13 décembre 2014